‹ L'histoire de la France expliqueée au Musée de ClunyChapitre 35 sur 92 · LE PEIGNE · texte numérisé non relu

LE PEIGNE

Les peignes trouvés dans les tombes gréco-romaines de l'Egypte, et datant du 111e ou ive siècle, ne diffèrent ni comme forme ni comme matière (généralement ivoire ou buis) de ceux que nous a légués le moyen âge, et que nous utilisons encore aujourd'hui sous le nom de « peignes fins ».

Jusqu'au xive siècle, ils sont le plus souvent décorés de sujets religieux ; on a cru qu'il convenait, pour cette raison, d'y reconnaître toujours des peignes liturgiques, c'est-à-dire ayant servi à une cérémonie du culte , au cours de laquelle un clerc peigne ou fait le simulacre de peigner l'évêque intronisé. Mais les peignes destinés à l'usage ordinaire purent être parfois décorés de motifs religieux, parce que ces motifs furent longtemps les seuls que l'on traitât sur les objets mobiliers ou sur les monuments, quelle qu'en fût la destination. Sitôt que l'art commence à s'émanciper de la religion, au xive siècle, le décor des peignes devient profane et galant. Tous ces peignes du moyen âge sont à deux rangs de dents plus ou moins serrées ; le démêloir n'existe pas encore et sans doute son office est rempli par le gravouère, stylet d'ivoire qui sert à débrouiller les nœuds de la chevelure. Les dames se faisaient peigner par leurs chambrières; les hommes, souvent en guerre et casqués, prenaient vraisemblablement peu de soin de leur tête; des romans et des fabliaux nous montrent le chevalier, au retour de quelque campagne, assis sur un carreau et posant la tête sur les genoux de sa dame ou de sa fiancée, qui lui cherche les poux, tandis qu'il s'endort sous le toucher des doigts.

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