‹ L'histoire de la France expliqueée au Musée de ClunyChapitre 46 sur 92 · LES ORDRES MILITAIRES · texte numérisé non relu

LES ORDRES MILITAIRES

Au xne siècle, un mélange d'ardeur guerrière, que donne l'esprit féodal, et de ferveur pieuse, que propage l'Église, provoque les premières Croisades et suscite en même temps les Ordres spéciaux qui vont en incarner l'esprit. A la fois moines et soldats, ils se constituent pour défendre en Orient l'œuvre et la conquête de ces Croisades ; les Hospitaliers en 1100, les Templiers en 11 19, les Teutoniques en 1191. Leur puissance et leur richesse se développent aussitôt dans des proportions excessives; en 1314 Philippe le Bel, aidé du pape Clément V, abat l'ordre des Templiers pour s'emparer de ses biens ; peu de temps après, les Teutoniques sont écrasés.

Les Hospitaliers, établis d'abord à Jérusalem, ont couvert la Palestine d'une architecture française; chassés par les Musulmans en 1309, ils s'emparent de l'île de Rhodes et s'y installent fortement ; Chevaliers de Rhodes, ils protègent la Méditerranée avec courage et vigueur. La prise de Constantinople par les Turcs (Mahomet II, 1453) rend leur situation terriblement précaire (1480) ; mais les princes chrétiens se désintéressent et les abandonnent ; après une défense héroïque, ils sont encore une fois dépossédés en 1523, et, sous leur troisième nom, Chevaliers de Malte, ils sont par Charles-Quint établis dans cette île ; la lutte qu'ils soutiennent contre les Infidèles se prolonge pendant tout le xvie siècle. Ils portent encore sur leurs vêtements la croix, insigne des anciens croisés, mais leur tâche a virtuellement pris fin depuis l'avortement définitif des Croisades, c'est-à-dire depuis l'époque où non seulement il a fallu renoncer à imposer la croix aux pays musulmans de l'Asie et de l'Afrique, mais où le Croissant s'est au contraire implanté sur une vaste portion de l'Europe. Désormais, se survivant à eux-mêmes, ces Ordres ne confèrent plus à leurs membres que des titres et des emblèmes. En conséquence, d'autres vont naître à l'imitation de ceux-là, et tous seront purement honorifiques ; chaque royaume en possédera un ou plusieurs ; en mémoire de l'ancienne mission, les membres s'appelleront chevaliers, commandeurs, grands maîtres, et presque toujours la croix persistera à être l'insigne décoratif.

Par exception, quelques ordres adoptent un insigne profane (la Jarretière, ordre fondé en 1350 par Edouard III d'Angleterre; la Toison d'or, par Philippe le Bon, en 1429). Pour contre-balancer l'influence que le duc de Bourgogne tirait de cette fondation, Louis XI créa l'ordre de Saint-Michel. Mais bientôt celui-ci, trop prodigué, tombait en discrédit. Sous les derniers Valois, on l'appelait « le collier à toutes bêtes ». Après la paix de Bergerac, qui terminait la sixième guerre de religion (1577), Henri III espéra diminuer le prestige des Guises et grouper autour de lui seul les forces catholiques, en créant un nouvel ordre qu'il accorderait aux principaux chefs de la Ligue; l'Ordre du Saint-Esprit devait avoir cent membres, et le Roi pour Grand Maître. Cette institution ne procura point le bénéfice espéré, et Henri III se décida à faire assassiner Henri de Guise (Blois 1588) ; après quoi, il fut lui-même assassiné par les vengeurs de son ambitieux cousin (Jacques Clément, 1589). L'ordre du Saint-Esprit fut supprimé par la Constituante, en

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1791, rétabli en 1816 par Louis XVIII; il disparut en 1803. L'ordre de la Légion d'honneur l'avait remplacé virtuellement depuis 1804.

Aux murs de la salle :

Quatre tapisseries de la suite « Histoire de David et de Bethsabée. » Ateliers de Bruxelles vers 1520.

La Vierge et l'Enfant. Marbre. Art français, xive siècle.

La Vierge du Prieuré d'Arbois. iUbâtre. Art français, commencement du xvie siècle. (La figure de l'enfant est refaite.)

Au fond de la salle :

Deux tapisseries. Histoire de Daniel, Histoire de l'Enfant prodigue. Art flamand, vers 1500.

Salle XI 1 — Carrosses

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