CI. Braun
coupe en faïence de Saint-Porchaire.
(Milieu du XVI0 siècle.)
Passerelle XVI Faïences orientales et hispano-moresques
A gauche de Ventrée, en des vitrines garnissant la cloison nord : Faïences hispano-moresques desxive, xve etxvi6 siècles. Grands plats et aiguières, pièces d'une importance
exceptionnelle et d'une remarquable beauté, provenant des
ateliers de Majorque, de Valence.
A droite de l'entrée :
Plats, aiguières, ustensiles divers, faïences des ateliers de Manisès,de Majorque, de Malaga, des xvie et xvne siècles.
Azulejos (carreaux de dallage et plaques de revêtement). Art espagnol, xve, xvie et xvne siècle.
Dans les vitrines garnissant les cloisons de l'est et de V ouest : Collection de plats, assiettes, coupes, vases et aiguières en faïence de Rhodes (ateliers de Lindos), des xve et XVIe siècles. Pièces à décor polychrome de fleurs stylisées, d^animaux, de bateaux, de squames; plusieurs rehaussées d'or; sur quelques-unes (très rares, et rassemblées dans la vitrine occidentale) des personnages : l'un d'eux, vêtu à la mode turque, tient un livre où se lisent les lamentations d'un captif, pleurant sa liberté perdue.
Côté sud, au fond de la salle, à gauche, en une vitrine murale :
Deux vases, faïence de Syrie, xme siècle. Pièces d'une exceptionnelle rareté.
Deux vases, faïence de Syrie, XIVe siècle.
Vases et écuelles, faïence de Chypre, des xive et XVe siècles.
Grande jatte, faïence de Kutaïeh, xvie siècle.
Plaques de revêtement, faïence de Damas et faïence persane, des xvie et xvne siècles.
GUIDE CL. UH Y
ii4 ~ MUSÉE DE CLUNY
Côté sud, vitrine de droite :
Plats et assiettes, en faïence dite de Rhodes (localisation contestée), xve-xvie siècles, avec bassins, écuelles, vases, brûle-parfums, pieds de chandeliers, etc., en cuivre grave, niellé, damasquiné d'argent, provenant des ateliers de Mossoul, d'Egypte , de Venise, etc. , du xive au xvine siècle.
Entre ces deux vitrines :
Vitraux et fragments de vitraux (pièces composites). Art français, xvie et xvne siècle.
Salle XVI 1 — Émaux
Première vitrine haute, vers l'extrémité sud de la salle : Emaux champlevés de Limoges, du xne au xive siècle.
LES ÉMAUX CHAMPLEVÉS
L'émail est une vitrification, colorée par le moyen d'oxydes métalliques ; opaque ou transparent, selon qu'il est ou non additionné d'oxyde d'étain, il se pose à froid sur les poteries ou les métaux (cuivre, or, argent, fer) et se vitrine au four. Son origine est ignorée, et son emploi remonte à une très haute antiquité. Les Gaulois le connurent; peut-être leur fut-il révélé par les volcans d'Auvergne : les pierres volcaniques sont souvent un émail.
On distingue, en orfèvrerie, plusieurs sortes d'émaux. Les cloisonnés, dans lesquels le dessin est constitué par des lamelles de métal rapportées et soudées perpendiculairement au champ de la plaque qui sert de fond; la pâte d'émail se dépose dans les chambres ainsi obtenues. Les champlevés, dans lesquels la plaque même est creusée au burin, les cloisons étant réservées en saillies, en sorte que le champ se trouve levé par une taille d'épargne. Les translucides sur relief, dans lesquels le métal, généralement précieux, moulé ou ciselé en bas-relief, est rehaussé d'émaux transparents. Les émaux peints, dans lesquels l'œuvre s'exécute picturalement sur la plaque unie. A signaler encore les émaux à jour, les émaux en « résille de verre », exceptionnels.
L'antiquité, Byzance, l'Orient et l'Extrême Orient, usent de cloisonnés ; les champlevés sont employés au moyen âge et
notamment, du xne au xive siècle, à Limoges et sur les bords du Rhin; en Espagne aussi. Les émaux peints apparaissent au xve siècle, en Italie et à Limoges ; ils sont florissants pendant la Renaissance, et leur histoire se prolonge jusqu a nos jours.
L'orfèvrerie émaillée de Limoges, bien antérieure au xne siècle, obtient à cette époque une vogue universelle ; dans toute la chrétienté on se dispute les œuvres des ateliers limousins, et elles pénètrent jusqu'en Chine.
Les procédés de cet art présentent plusieurs phases successives. Pendant une première partie du xne siècle, le fond est de métal, uni ou guilloché, pointillé, et les personnages se détachent entièrement émaillés, rehaussés de traits métalliques; les chairs sont d'un blanc rosé. Par la suite, le souci de donner plus d'expression aux visages, plus de variété au dessin, fit qu'on réserva les parties nues, dont les traits dès lors furent gravés (fin du xne siècle). Bientôt un nouveau progrès substitua à ces têtes gravées des têtes en relief, fondues ou ciselées, qui se rivaient à la plaque. Enfin, des figures entières, en haut-relief et même en ronde bosse, furent rapportées et fixées après remaillage.
Les colorations ont également varié ; au début le bleu domine, et surtout le bleu lapis (au contraire des émaux rhénans qui se caractérisent fréquemment par des fonds verts). Au xive siècle, le bleu devient très vif et s'oppose à des rouges puissants. Peut-être convient-il alors d'attribuer cette transformation radicale du goût à des influences étrangères ? (Le Prince Noir et les Anglais régnent à Bordeaux. D'autre part, l'Espagne produit alors des émaux d'une coloration analogue.)
Vers cette époque, Limoges ne travaille plus seulement pour les églises, mais produit aussi des ornements et des ustensibs divers à l'usage des particuliers. Cette vulgarisation du succès achève dès lors une décadence qui s'annonçait depuis le commencement du siècle. L'influence des princes, oncles de Charles VI, et le goût croissant du luxe ont bientôt détourné la faveur publique vers les émaux translucides sur relief, qui tout d'abord nous arrivent d'Italie. L'ancienne gloire limousine est abattue ; mais elle se relève presque aussitôt par son école d'émaux peints. (Voir plus loin, même salle.)
L'Adoration des Mages ; Saint Nicolas parlant à
Monseigneur Etienne de Muret. Deux plaques, émail
Ii6 - MUSÉE DE CLUNY
champlevé de Limoges, fin du XIIe siècle. Proviennent de l'abbaye de Grandmont, près Limoges.
Petite châsse et fragments de châsse à fond dit vermiculé. Email champlevé de Limoges, fin du xne siècle.
La Crucifixion. Plaque cintrée, émail champlevé. Art rhénan, XIIe siècle.
Châsse de Thomas Becket. Email champlevé de Limoges, vers 1220.
Châsse de saint Sébastien. Même origine et même époque.
Christ de majesté. Plaque de reliure. Art français, Limoges, fin du xnG siècle.
Grande châsse (avec têtes en relief). Email champlevé de Limoges, commencement du xnr8 siècle.
Deux grandes châsses de sainte Fausta (avec figures en relief). Email champlevé de Limoges, xme siècle. Proviennent du trésor de Segry.
Deux couvertures d'évangéliaires (avec figures d'applique émaiilées). Email champlevé de Limoges, xme siècle.
Deux tablettes d'autel. Même style, même origine et même époque.
Croix processionnelle. Email champlevé de Limoges. Première moitié du xme siècle.
Colombe eucharistique. Email champlevé de Limoges, xme siècle.
Petite châsse (émaux bleu foncé, rouge et vert) . Limoges, ou E-pagne, xivc siècle.
Croix processionnelle (émaux bleu foncé, rouge et vert pâle). Limoges, XIVe siècle.
En une vitrine plate, à proximité, côté sud :
Pièces de harnachement et mors de bride, en bronze émaillé. Art français ou espagnol, xive siècle.
Chaîne de suspension (?) en bronze émaillé. Art espagnol (?), XIVe siècle.
Collection d'annelets volants. France, Espagne et Italie, du xme au XVe siècle.
Vervelles de faucon, mêmes époques. Ces pièces sont fort rares. Elles se fixaient à la patte du faucon.
En face, deux vitrines plaies, devant la tapisserie ; dans l'une :
Figures d'applique en bronxe ciselé et doré. Art français, Limoges, xme siècle.
Deux gemellions (bassins à laver). Email champlevéde Limoges, xme siècle.
Deux autels portatifs. Art allemand, Xie et xne siècle.