‹ L'histoire de la France expliqueée au Musée de ClunyChapitre 51 sur 92 · ÉTUVES · texte numérisé non relu

ÉTUVES

Les Romains avaient importé en Gaule leur habitude des ablutions fréquentes ; mais les invasions barbares rasèrent les thermes, les villas, et nos aïeux pendant des siècles ne se lavèrent plus. Des croisades, qui mirent l'Occident en contact avec l'Orient, on rapporta des goûts de luxe et d'hygiène qui modifièrent les mœurs ; de cette époque datent les étuves, qui furent nombreuses et prospères dans les grandes villes du moyen âge. Hommes et femmes s'y baignaient nus, mais alternativement, ce qui n'empêcha pas la morale publique d'avoir à en pâtir ; dès le xme siècle, une ordonnance intervenait, défendant que les mêmes établissements servissent aux deux sexes. Sans doute cette prescription ne fut pas longtemps observée, car au xive les étuves étaient de nouveau fort mal famées ; au xve l'Église prêche contre leur « villité, paillardise et déshonnèterie » ; au xvie, on y va fêter et banqueter; au xvue, « pilier d'étuve » est une insulte ; à la fin du siècle, ces établissements sont tombés dans un tel discrédit que les honnêtes gens s'abstiennent d'y pénétrer. La malpropreté est remarquable pendant le règne somptueux de Louis XIV ; ce manque

PREMIER ÉTAGE - ni

de soins va durer jusqu'à ce que l'influence des mœurs anglaises nous ramène à quelque souci des règles hygiéniques.

Devant la baie qui donne sur la salle des Thermes :

Grille en fer forgé et doré. Art italien, commencement du xviiie siècle.

Buste d'enfant, par Pigalle (1714-1785).

Dessus de poêles en faïence, de Moulins, de Paris, xvme siècle.

Revenu dans le couloir XIII, le visiteur trouve à droite :

Passerelle XV — Faïences italiennes

En des vitrines murales, à droite de Ventrée :

Faïences de Faenza, des XVe et xvie siècles: grands plats, petits plats et petits pots de pharmacie décorés de figures; coupes, aiguières, écuellesgodronnées, plats d'église, plats armoriés, plats amatoires, carreaux de dallage.

Côté ouest, en deux vitrines, à droite et à gauche des marches :

Grands plats et petits plats, à reflets métalliques bleus, des ateliers de Deruta, xvie siècle (débuts vers 1500).

Côté sud, vitrine à droite de la baie :

Faïences de Gubbio, à reflets métalliques rouges, ornés de figures, portraits, devises, etc., xvie siècle (débuts vers 1500).

Plats et vases de pharmacie de Castel-Durante, à

décor de figures, arabesques, instruments de musique, etc., xvie siècle (débuts à la fin du xve siècle).

Côté sud, vitrine à gauche de la baie :

Grands plats et petits plats d'Urbino et de Pesaro,

décorés de motifs pompéiens, de figures, scènes mythologiques et de l'Ancien Testament (débuts à la fin du xve siècle;

pleine activité au xvie siècle; décadence artistique au milieu du xvne siècle).

Côté est, en deux vitrines :

Plats, écuelles, pots et couvercles, ustensiles de table et figurines d'Urbino et de Pesaro, xvie et xvne siècle.

Plats, coupes et pots, provenant d'ateliers qui imitent l'œuvre d'Urbino (ateliers de Lyon et de Nevers, au xvne et au xvme siècle).

Au milieu du panneau :

La Vierge adorant l'Enfant Jésus. Grand bas-relief en terre cuite émaillée, attribué à Andréa délia Robbia, XVe s.

Grand pilastre en terre cuite émaillée. École des délia Robbia.

A droite et à gauche :

Deux grands bas-reliefs en terre cuite émaillée, la Foi, la Tempérance, par Luca délia Robbia, XVe siècle.

Saint Jean enfant. Buste en terre cuite émaillée, par Andréa délia Robbia, XVe siècle.

Le Martyre de sainte Catherine. Deux bas-reliefs de l'école des délia Robbia, xvie siècle.

De la même école, une tête de négresse, un ange porteflambeau, un joueur de cornemuse, la Vierge et l'Enfant.

Saint Antoine le grand, disque en faïence peinte.

En une petite vitrine :

Terres cuites émaillées et non émaillées. Art italien, xvie siècle.

Côté nord, à proximité de Ventrée, en une vitrine murale :

Faïences italiennes, provenant d'ateliers divers : Venise, Castelli, Naples, des xvne et xvme siècles.

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