LES CROIX PROCESSIONNELLES
Au moyen âge, le crucifix ne restait pas en permanence exposé sur l'autel ; l'officiant l'y plaçait lui-même, pour célébrer la messe ; dans certaines cérémonies, on le promenait autour de 1 église ou au dehors : pour ces processions, il s'adaptait à une hampe, comme, pour l'office, il s'adaptait à un pied.
Contre le mur, face aux verrières :
Six tapisseries, dites de la Dame à la Licorne,
art français, fin du XVe siècle. Ces tentures, aux armes de
la famille Le Viste, proviennent du château de Boussac. Maintes légendes fantaisistes ont été inspirées par ces tentures célèbres dans lesquelles on croyait reconnaître, à cause des croissants figurés au blason, un souvenir de Zim- Zizimi, qui fut l'hôte de Pierre d'Aubusson, seigneur de Boussac, en 1482. L'écusson est maintenant identifié; la présence simultanée de deux animaux héraldiques (lion, symbole de force, pour la noblesse d'épée, et licorne, symbole d'incorruptibilité, pour la noblesse de robe) signifie simplement l'alliance de deux familles, dont l'une est d'épée, l'autre de robe. L'ensemble, probablement composé pour une demoiselle Le Viste à l'occasion de son mariage, paraît figurer une allégorie des cinq sens, bien conforme à l'esprit de l'époque : la Vue (la dame présente le miroir à la licorne) ; l'Ouïe (la dame joue de l'orgue) ; le Goût (la dame offre des noisettes au perroquet et le singe mange une cerise) ; l'Odorat (la dame tresse des guirlandes de fleurs et le singe flaire une rose) ; le Toucher (la dame touche la licorne et la hampe). La sixième tenture, de dimensions plus importantes, représenterait, sinon un sixième sens, du moins l'hommage à celle qui charme tous les sens : a Mon seul désir. » — Ces six tapisseries furent acquises par le musée en 1882.