LE CALENDRIER
Durant tout le moyen âge, les fêtes religieuses donnaient leur nom aux divisions de l'année, et constituaient le calendrier usuel : ces fêtes étant mobiles, les désignations se trouvaient inconstantes et parfois même variaient d'un pays à l'autre. Bien plus, l'année commençait à Pâques, et, de ce fait, une différence de plusieurs semaines se produisait dans la durée de l'an. Henri III, par un édit du 4 août 1564, décida que Tannée commencerait au Ier janvier. Puis, en 1581, le pape Grégoire XIII institua le calendrier auquel il donna son nom [grégorien) et qui, malgré ses défectuosités, s'est conservé jusqu'à nos jours.
Livre d'heures, manuscrit français du xve siècle, avec inscriptions familiales, naissances, baptêmes, décès, jusqu'à la fin du xvme siècle. (Ce manuscrit est typique d'une coutume; il représente ce qui, durant des siècles, a constitué chez nous le plus sûr document de l'état civil.)
l'état civil
L'usage des noms de famille dans la chrétienté ne date guère que du xie siècle. Jusqu'alors les noms de baptême existaient
seuls; mais, dans l'énorme promiscuité des Croisades où ces noms se répétaient à l'infini, ils apparurent insuffisants ; en même temps que chaque chevalier adoptait des armoiries distinctives (voir le blason), on prit l'habitude de joindre au nom de baptême un qualificatif, surnom qui se tirait d'une particularité physique ou morale, ou de quelque aventure, et qui resta patronymique. Cette coutume nouvelle des familles noblet s'étendit ultérieurement à la bourgeoisie des villes, puis au peuple des campagnes. Cependant, qu'il fût noble ou vilain, nul n'avait d'état civil : on naissait, on mourait, sans qu'il en restât trace ; l'âge des rois eux-mêmes fut parfois incertain (Louis VI, Charles Vil, etc.). Le chef de famille, lorsqu'il savait écrire, ou, à son défaut, le chapelain dans les maisons seigneuriales, inscrivait les enterrements et dates mémorables sur us livre de prières qui se transmettait de génération en génération. Les mariages étaient mentionnés avec plus de soin, pour deux raisons : l'une nobiliaire, car il importait à chacun de connaître ses alliances, ses origines, ses quartiers de noblesse ; l'autre religieuse, et celle-ci était prépondérante, car l'Église prohibait le mariage à certains degrés de parenté.
Elle avait donc recommandé aux prêtres d'enregistrer le» mariages, et aussi les naissances, les décès, au Livre de la paroisse ; ces inscriptions étaient fort irrégulières. Le concile de Trente les prescrivit formellement, en 1563; ses ordres furent bientôt négligés. Des ordonnances royales ne se virent guère mieux observées. Encore faut-il noter que depuis la révocation de l'édit de Nantes (16J5) jusqu'en 178g, les protestants se trouvaient exclus de toute inscription, puisqu'ils étaient hors de l'Église. Nos registres actuels datent de 1792.
Au fond de la salle, contre la cloison, est, en une vitrine plate :
Autres manuscrits, livres d'heures, enluminures, des xve et xvie siècles.