‹ L'histoire de la France expliqueée au Musée de ClunyChapitre 70 sur 92 · LA LICORNE · texte numérisé non relu

LA LICORNE

La licorne, animal chimérique dont l'invention se perd dans les temps les plus reculés et qui semble nous venir d'Extrême Orient, était symbole de virginité, de pureté. Pour cette raison, on considérait la corne de cet animal comme douée de la vertu de dénoncer les traîtrises et la présence du poison dans les aliments ; elle constituait le meilleur des antidotes. Or l'empoisonnement fut un péril perpétuel pour les rois ou les seigneurs du moyen âge et surtout de la Renaissance ; les moindres morceaux de cette corne rare étaient donc extrêmement recherchés ; au xvie siècle, ils coûtaient dix fois plus cher que l'or. Les rois de France possédaient, depuis Charles le Chauve (843), une

©orne entière que le sultan de Bagdad, Haroun-al-Rachid, avait envoyée à Charlemagne, en 807, et qui était précieusement conservée au Trésor de l'église abbatiale de Saint- Denis. Sans doute les souverains recoururent à son efficacité, car on y voit plusieurs encoches. En 1793, les zoologistes purent examiner eette pièce célèbre depuis mille ans, et y reconnurent une dent de narval. Le palais des Doges, à Venise, possède une corne semblable, mais d'une dimension moins importante.

La licorne, en raison de ses attributs, servit d'emblème aux apothicaires, aux vierges , aux magistrats. Consécutivement, lorsqu'elle apparaît comme support héraldique, elle désigne la noblesse de robe (voir les tapisseries dites de la Dame à la Licorne), par opposition au Lion qui désigne la noblesse d'épée.

A proximité, en une vitrine plate, posée sur une table du xvic siècle :

Livres d'heures. Art français, XIVe, XVe et xvie siècle.

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