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CHAUSSURES DE FEMMES

1 1. Braun.

(XVIe et XVII* siècles.)

Quant à la devise « Honni soit qui mal y pense », elle a été donnée à l'Ordre de la Jarretière, fondée en 1350 par Edouard III, père du Prince Noir. Car la langue française, importée en Angleterre par les Normands, continuait, depuis le xie siècle, à être employée dans les actes officiels; c'est seulement en 1361 que ce même roi Edouard décida de lui substituer la langue anglaise.

Corporaliers, fragments d'orfrois et de parements d'autel, brodés de soie et d'or. Art italien, flamand, français, espagnol, des xve et xvie siècles.

Broderies, orfrois et galons en tissu de Cologne, à décor de personnages dont les visages sont peints et appliqués. Art rhénan, XVe et xvie siècle.

Contre le mur, côté ouest :

Chapes, chasubles, dalmatiques et corporaliers en

velours, à broderies de soie et d'or, xvne siècle.

Devant les fenêtres, côté sud :

Chasubles en soie brodée de soie et d'or, xvne siècle.

Manteau d'une statue de la Vierge, brodé de soie et d'or sur fond argent. Art espagnol, xvme siècle.

Devant les fenêtres, côté nord, en commençant par la gauche, première fenêtre :

Tissu façonné, dit « tissu poche », lin et soie rouge. Art italien, xive siècle.

Bande de soie grise, brodée de soies et d'or, à décor de grotesques, naïades, chimères, amours. Art italien, xvie siècle.

Pentes de soie jaune, brodées, à décor de figures polychromes, enfants sauvages. (Garniture du lit de Pierre de Gondi.) Art français, xvne siècle.

Devant la deuxième fenêtre :

Deux dalmatiques aux armes des ducs de Bar et de

GUIDE CUniY 12

Lorraine. Fin du xvie ou xvii» siècle. (Les orfrois héraldiques ont été ultérieurement remontés sur un tissu de soie à fleurs.)

Devant la troisième fenêtre :

Ornements sacerdotaux, en damas blanc brodé d'or. xvne ou commencement du xvine siècle. Provenant é'Autun.

Autour de la salle :

Six tapisseries, de la série Histoire de saint Etienne.

Art français, vers 1500. Proviennent de l'église Saint- Étienne, à Auxerre. Cette œuvre admirable nous représente, %n une série de tableaux que séparent des colonnettes ou des arbres, les épisodes de la vie de saint Etienne, et ceux qui accompagnèrent l'invention de ses reliques. En déploiement, l'ensemble mesure quarante-quatre mètres. Ces tentures étaient destinées à décorer le choeur de la cathédrale, au-dessus des stalles ; mais elles servirent peu à cet usage; pendant le sac d'Auxerre, par les huguenots, elles disparurent ; par acquisition et par échange, le musée de Cluny ies rassembla de nouveau. Un nettoyage récent vient de ressusciter leur splendide coloration. (Voir les salles XXVIII, XXIX et XXXI.)

En des cadres :

Le Christ bénissant le monde. Fragment de tapisserie iamande. (Ateliers de Bruxelles.) Vers 1500.

L'Adoration du Veau d'or. Broderie de soies, d'or, et d'argent. Art français, 1515. Provient d'un meuble du sacre de François Ier.

Adam et Eve au paradis terrestre. Broderie à hautrelief, en soie rehaussée d'or. Art anglais (?), xvne siècle.

Contre les murs :

Deux bahuts. Art français, xvi* siècle.

Deux dressoirs (restaurés). Art français, xvie siècle.

DEUXIÈME ÉTAGE- 17g

Formant êntadrttntnt #h# tapisseries :

Fragments décoratifs en bois sculpté, provenant de meubles français du xvi« siècle.

Fragments de frises et portions de clôtures provenant de diverses églises. Art français, commencement du XVIe s. La plupart de ces boiseries transportées dans les magasins de l'église abbatiale de Saint-Denis, à l'époque de la Révolution, ont été, par la suite, refendues, complétées d'additions modernes pour servir à la décoration murale de l'église, puis déposées, et récemment recueillies par le Musée de Cluny. Plusieurs de ces fragments en chêne tculpté peuvent être avec certitude désignés comme provenant de la chapelle du château de Gaillon, bâti, vers 1510, par Georges d'Amboise, archevêque de Rouen et frère de Jacques d'Amboise, abbé de Cluny, qui avait été, vingt ans plus tôt, le constructeur de l'hôtel de Cluny.

Remarquer notamment, à proximité des deux fenêtres sud :

Quatre panneaux en chêne sculpté, à décor de grotesques, provenant de cette même chapelle. Art franco-italen, 1510.

Salle XXV]]] Vêtements civils et broderies

Durant le moyen âge, tout comme de nos jours, le vêtement populaire, qui doit s'adapter aux exigences du travail, est simple, ajusté au corps, et varie peu ; il n'en va pas de même pour celui de la noblesse : du xne au xive siècle, les hommes aussi bien que les femmes avaient porté une longue robe, qui ♦omba en défaveur sous le règne de Charles VI. Alors, le luxe •le la toilette, qui 'i 'ailleurs s'annonçait dès le temps de saint louis, devient follement excessif; tes seigneurs adoptent des feabits serrés et courts, souvent mi-partis de deux couleurs, puis bariolés, et dont les teintes multiples reproduisent en tipsus les émaux du blason ; gentilshommes et dames sont chamarrés d'armoiries en soie et en velours. La chaussure des kommes, à l'imitation des armures, se termine en pointe (sou-

liers à la poulaine), et cette pointe s'amplifie jusqu'à atteindre une longueur démesurée ; quand sa courbure arrive à la hauteur du genou, il faut la maintenir par une cordelière. Simultanément, la coiffure se développe dans des proportions identiques; les femmes portent d'immenses hennins chargés de flocards et de rubans. Ces modes outrancières causent dans le peuple « une dérision non petite » ; lorsque la noblesse de France se fait battre à Azincourt (1415), on dit que ses habits écourtés lui seront « plus commodes pour fuir devant l'ennemi ».

Quant au port des fourrures, qui remonte aux époques barbares, et qui s'est perpétué sous les Mérovingiens et les Carolingiens, il persiste durant tout le moyen âge. En Tannée 1300, Paris compte 344 pelletiers. Nos aïeux employaient surtout l'écureuil du nord, sous les noms de petit-gris, vair et menu-vair ; il servait à la confection des manteaux, des couvertures, des chaussures ; la pantoufle de Cendrillon est de vair, et non de verre. Philippe le Long (1316), en six mois, utilise pour ses costumes 6 364 peaux; sur le berceau de Jean sans Peur (1371), une seule couverture nécessite 1 200 peaux d'hermine. Cette fourrure très coûteuse était exclusivement réservée à la noblesse.

Cependant la longue robe, répudiée par les élégants du xive siècle, n'a pas complètement disparu sous Louis XII; on la portera encore comme costume d'intérieur, car les salles des châteaux sont froides, et même la « robe de chambre » parviendra jusqu'à nous; mais, comme vêtement de ville, François Ier et ses somptueux amis la suppriment pour la remplacer par des habits courts ; cette mode définitive va permettre le port de l'épée qui désormais, et pour trois siècles, fera partie du costume civil.

Henri III, le roy-femme (ainsi le nomme d'Aubigné), adopte pour lui et ses mignons toutes les coquetteries menues du costume féminin : vêtu, coitié, peigné comme une femme, portant des perles au cou, dans les cheveux, aux oreilles, il invente même d'ajouter au bas du pourpoint cette panse qui renfle le ventre, tout comme les dames du xv* siècle avaient rembourré leur jupe pour simuler la grossesse ; en revanche, il supprime la braguette, trop masculine, et il adopte les chausses collantes, à la grecque, ou greguesque, et le nom de grègues leur restera.

La fantaisie de porter un masque, déjà lancée sous Charles VI, ressuscite sous François Ier, et cette mode s'accrédite; tout d'abord utile au mystère des aventures galantes, elle devien-

dra bientôt si indispensable que la bienséance elle-même prescrira aux dames de ne point sortir sans masque sur le visage ; toutefois ce masque, privilège de la noblesse, restera interdit aux bourgeoises.

En cinq vitrines plates ;

Vêtements civils, habit et veste, serge et soie à passements. France, xviie siècle.

Canons en foulard de soie brodés de soies; canons en soie, brodés de soies, d'or et d'argent, XVIIe siècle.

Garniture d'un corsage de femme, XVIIe siècle.

Paniers, haut-de-corps, corps de robe, etc. France,

XVIIIe siècle.

Dalmatiques de velours, brodées de soie et d'or. France, xvie siècle.

Dalmatiques de soie blanche, verte, brodées à relief.

France et Espagne, xviie siècle.

En trois vitrines murales :

Collet d'homme, en soie brodée d'or. France, seconde moitié du xvie siècle.

Les premiers éventails articulés, d'après le modèle importé de l'éventail chinois. Venise, xvie siècle. (Papier découpé imitant la dentelle de Venise, lamelles d'ivoire ou lamelles de mica peint.)

Éventails peints sur vélin, soie, papier, lamelles d'ivoire, etc. France, xvir8 et xvine siècle.

Gants de peau, brodée, peinte, etc. Fin du xvnr8 et commencement du xixe siècle.

Deux médaillons en satin broché polychrome. Art français, fin du xvrne siècle. Proviennent d'un boudoir de la reine Marie- Antoinette, à Trianon.

Robe vénitienne en soie, fin du xvie siècle.

Béguins de femmes, jeune* nlle», enfants et bonnet d'homme, xvme siècle.

Coiffures de femmes; province* cMvectes de l'Europe centrale, xvme siècle.

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