LA COIFFURE
Peu de modes ont subi autant de traasioimations que celle de la coiffure : chapels, bonnets, aumusses (cache-oreilles), coiffes, chaperons, etc.
Du ixe au xue siècle, les chapels s'ornaient de plumes de paon ou de flamant ; au xme et au xiv6, la mode fut aux décorations d'orfroi, chargées d'or, de perles, de pierres précieuses ; ce luxe des coiffures se développa prodigieusement vers la fin du xive, sous l'influence d'Isabeau de Bavière, la joyeuse épouse du roi fou, Charles VI : Yescoffion de cette époque était une sorte d'énorme coussin enrésillé de joailleries ; il était parfois de linges empesés (voir le portrait de Jeanne de Laval, épouse du bon roi René) ; il précédait le hennin, plus important encore, dont le cône mince alla jusqu'à mesurer un mètre de longueur pour les dames nobles, et soixante centimètres dans l'atour des simples bourgeoises.
Le hennin s'ornait, en arrière, d'un voile ou fiocard, qui pendait jusqu'à terre et qu'on relevait sous le bras gauche, quand on montait à cheval. Le chaperon, plus simple et fort compliqué néanmoins, varia considérablement aussi, du xue aa xive siècle ; commun aux hommes et aux femmes, il était fait de drap, de velours ou de soie. Le chaperon lémînin n'était qu'une coiffe relevée sur le front, couvrant la nuque et les oreilles ; à la fin du xve, il se raccourcit par derrière et s'allonge sur les côtés ; au xvie il n'est plus qu'une bande d'étoffe posée sur la tête et pendant en anière, de velours pour les dames nobles, de drap pour les « sous-dames ». Emin le xvine abandonna définitivement le chaperon aux bourgeoises, dont il devint l'insigne distinctif .
Quant au chapeau masculin, il comportait troia parties : la visagère, qui encadre le visage ; le çuleron, qui couvre le chef, et la cornette qui pend sur le dos ou sur le côté et qui s'amplifie au point de descendre jusqu'à la ceinture, à laquelle il s'enroule. La chausse de soie que nos profe seurs de Faculté portent aujourd'hui sur l'épaule est un vestige de l'ancien chaperon.
Outre le chaperon, les homme* portèrent, à partir du xuie siècle, des chapels de feutre dont la forme et la dimen-
sion se modifièrent sans cesse; on les ornait d'une enseigne ou affique , génc ralement en métal plus ou moins précieux, parfois émaillé ou enrichi de pierreries, toujours décoré de quelque symbole (voir aux Bronzes et Etains). Louis XI portait à son chapeau de simples enseignes de plomb à l'image de la Vierge et des saints.
Au milieu de la salle, en un meuble à volets :
Échantillons de velours, frappés, ciselés, bouclés, etc. Damas, brocarts et brocatelles. Art italien, français espagnol, du XIVe au xvne siècle.
Sur un épi, entre les deux fenêtres :
Spécimens de broderies, du xie au xvie siècle.
Deux fragments de tissus d'or, à décor d'animaux. Art oriental, XIe et xne siècle.
Galon de soie bleue brodée d'or, aux armes de France, xine siècle.
Tissu de soie bleue, brodé d'or de Chypre, décor d'animaux chimériques, xiv6 siècle.
Tableaux en broderies de soie. Art français ou italien, xve siècle.
Saint Pierre, broderie de soie rehaussée d'or. Art italien, fin du xvie siècle.
A proximité de la porte :
Deux scènes de la vie des saints. Tableaux en broderie de soie, rehaussée de fils d'argent et d'or. Art italien, fim du XVe siècle.
Lit de poupée, en soie brodée d'or. France, fin du xviie siècle.
Aux murs :
Deux panneaux de tapisserie de la série • Histoire de saint Etienne ». Art français, vers 1500. (Voir p. 178.)
Petite tapisserie à personnages, seigneurs et dames, avec inscriptions galantes. Art allemand, fin du XVe siècle.
184 — MUSÉE DE CLUXY
Parement d'autel. Tissu brodé de soie, d'argent et d'or, en quatre compartiments : légendes de saint Marc et de saint Jean. Œuvre de Cologne, xive siècle.
Tenture de linon brodé de soie : scènes tirées de l'Ancien Testament. Art suisse, 1574.
Fragments décoratifs en bois sculpté, provenant de meubles français du XVIe siècle.
Deux frises en bois sculpté, par Alonso Berruguete. Art espagnol, première moitié du xvie siècle.
Près de la porte :
Tête de saint Pierre. Fragment de tapisserie. Art français, 1594. Ce morceau est le dernier reste des douze tapisseries de la série « Histoire de saint Pierre », exécutées à Paris par Dubourg, d'après les cartons de Lerambert. pour l'église Saint-Merry.
Salle XXIX — Dentelles