‹ L'histoire de Napoléon racontée par les grands écrivainsChapitre 41 sur 101 · UN CRI DANS UN BUISSON · texte numérisé non relu

UN CRI DANS UN BUISSON

)A / ma Jambe est trop lourde ! il faut qu'on me I V arrache !

LE DUC

It je sais ce que c'est que le sang que je crache !

TOUTE LA PLAINE, hurlant dç douleur.

ih!... ah!...

(Dans les ombres blêmissantes qui précèdent l'aube, au grondement d'un orage lointain, sous des nuages bas et noirs qui courent, tout prend une forme effrayante ; des panaches ondulent dans les blés, les talus se hérissent de colbacks fantastiques, un grand coup de vant fait faire aux buissons des gestes inquiétants.)

Et tous ces bras ! tous ces bras que je vois ! lous ces poignets sans mains, toutes ces mains sans

[doigts !

lonstrueuse moisson qu'un large vent qui passe emble coucher vers moi pour me maudire 1...

(Et défaillant, jetant en avant des malus suppliantes.)

Grâce !

irâce, vieux cuirassier qui tends en gémissant '^atroces gants crispins aux manchettes de sang 1 ^râce, pauvre petit voltigeur de la Garde, 'ui lèves lentement cette face hagarde?

— Ne me regardez pas avec ces yeux I — Pourquoi Rampez-vous, tout d'un coup, en silence, vers moi Dieu ! vous voulez crier quelque chose, il me semble!. Pourquoi reprenez-vous haleine tous ensemble!... Pourquoi vous ouvrez-vous, bouches pleines d'horreui

(Et courbé par l'épouvante, voulant fuir, ne pas entendre.

Quoi? Qu'allez- vous crier? Quoi?

Page 1