LA JOURNÉE DE L'EMPEREUR AUX TUILERIES
[Quand Napoléon, entre deux campagnes, vient passer quelque temps à Paris, il y mène une existence de travail rigoureusement réglée à travers le décorum et l'étiquette minutieuse de la cour.]
Tous les matins à neuf heures, l'Empereur sortait de ses appartements, habillé comme il devait Têtre toute la journée. Les ofticiers de service étaient les premiers admis ; Napoléon donnait ses ordres pour la journée. Immédiatement après, les grandes entrées étaient introduites. Elles se composaient des personnages du plus haut rang qui y avaient droit par leurs charges ou par une faveur spéciale. Les officiers de la maison impériale qui n'étaient point de service avaient également l'avantage d'y être admis. Napoléon s'adressait successivement à chaque personne et écoutait avec bienveillance ce qu'on désirait lui dire. Sa tournée finie, il saluait et chacun se retirait. Souvent quelques personnes, voulant l'entretenir en particulier, attendaient que tout le monde fût sorti et, se rapprochant de l'Empereur, restaient seules avec lui et en obtenaient le moment d'audience qui leur était nécessaire.
A neuf heures et demie, le déjeuner de Napoléon était servi. Le préfet du palais allait le prévenir, le
précédait dans le salon où il devait déjeuner et ; assistait seul avec le maître d'hôtel qui remplissai tous les services de détail. Napoléon déjeunait sur u: petit guéridon en bois d'acajou recouvert d'une ser viette. Le préfet du palais se tenait, son chapeau sou le bras, debout auprès de cette petite table. Souvent le déjeuner ne durait pas huit minutes ; quelquefois il recevait pendant son repas des savants et des artiste de grand talent, avec lesquels il s'entretenait. Il pas sait ensuite dans son cabinet, où il donnait audienc aux ministres et aux directeurs généraux qui arrivaiec avec leurs portefeuilles. Ces différents travaux duraier: jusqu'à six heures du soir et n'étaient jamais intei rompus que les jours de conseil des ministres, ou d conseil d'Etat ; le dîner était régulièrement servi six heures. Aux Tuileries et à Saint-Cloud, Leui Majestés dînaient seuls, excepté le dimanche, où toul la famille impériale était admise à la table du souv< rain.
L'Empereur, l'Impératrice et Madame Mère étaiei assis sur des fauteuils, et les autres rois, reines, prince princessefi, n'avaient que des chaises meublantes. Il n' avait qu'un seul service, relevé par le dessert ; h mets les plus simples étaient ceux que Napoléon pn ferait. Il ne buvait que du chambertin et le buva rarement pur. Le service était fait par les pages, s< condés par les valets de chambre, les maîtres d'hôte les écuyers tranchants, et jamais par la livrée ; dîner durait ordinairement quinze à vingt minutes.
Rentré dans le salon, un page présentait à l'Emp reur un plateau de vermeil sur lequel étaient m tasse et un sucrier ; le chef d'office versait le caf l'Impératrice prenait la lasse de l'Empereur ; le paj et lo chef d'office se retiraient. Le préfet du pala
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attendait que l'Impératrice eût versé le café dans la soucoupe et l'eût présenté à Napoléon puis il s'éloignait. Alors l'Empereur et l'Impératrice restaient seuls, jusqu'à l'heure du coucher, à moins qu'il n'y eût réception après le dîner.
BaussiiT. Mémoires anecdolir/ues.
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