‹ L'histoire de Napoléon racontée par les grands écrivainsChapitre 83 sur 101 · LE TOMBEAU · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU

[Le rocher où Napoléon subit son long martyre sous un ciel brûlant, à 500 lieues de toute terre, devient, dès sa mort, un autel sur lequel il apparaît, à ses ennemis même, grandi par la seule consécration qui lui manquait encore : celle du malheur.]

Sur un écueil battu par la vague plaintive, Le nautonier de loin voit blanchir sur la rive Un tombeau près du bord par les flots déposé ; Le temps n'a pas encore bruni l'étroite pierre, Et sous le vert tissu de la ronce et du lierre On distingue... un sceptre brisé.

Ici gît... Point de nom ! demandez h la terre ! Ce nom, il est inscrit en sanglant caractère Des bords du Tanaïs au sommet du Cédar, Sur le bronze et le marbre, et sur le soin des braves, l'^t jusque dans le canir de ces troupeaux d'esclaves Qu'il foulait tremblants sous son char.

Depuis ces deux grands noms (ju'un siècle au siècli Jamais nom qu'ici-bas toute latiguc prononce [annonci- Sur l'aile de hi foudre aussi U)in no vola ; Jamais d'aucun mortel le pied qu'un souffle elTaco N'imprima sur lu ferre une plus forte trace : Kt ce pied s'usl arrêté là...

Il est là... Sous trois pas un enfant le me.'?ure ! Son ombre ne rend pas même un léger murmure, Le pied d'un ennemi foule en paix son cercueil. Sur ce front foudroyant le moucheron bourdonne, Et son ombre n'entend que le bruit monotone D'une vague contre un écueil.

Lamartine. Méditations poétiques.

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