‹ L'histoire de SavoieChapitre 7 sur 7 · VI. Page C^ . — M. Avet, rapporteur · texte numérisé non relu

VI. Page C^ . — M. Avet, rapporteur

VII. Page 90 . — M. le comle de Santa Rosa, fils du ministre qui, en 4821, dans les circonstances les plus difficiles, a su se concilier l'estime de tous les partis. Le digne héritier du nom de ce dern-er, car il ne lui a presque pas laissé d'autre patrimoine, a été successivement intendant de la province du Faucigny, intendant général, conseiller d'état et secrétaire général du ministère dirigé par M. de Cavour. Il remplissait ces fondions lorsque la mort l'a frappé jeune encore. Son dévouement au-dessus de ses forces Ta empêché de soigner une ancienne et grave affection qui l'a enlevé trop tôt à sa famille, à ses amis et à sa patrie.

VIII. Page 91. — C'est M. Avel qui a élé chargé de porter \t toast à Pie IX.

IX. Page \02. — Personne ne peut nier qu'alors tous les parlis, qui malheureusement divisaient la France, se disposaient à proliler des agitations du renouvellement présidentiel pour escalader le pouvoir. Le plus audacieux d'entre eux, celui de la République sociale el radicale, utopie dont la réalisation serait la ruine complète de notre patrie^ avait déjà inauguré la guerre civile sous la direction des Barbes, Blanqui, Ledru-Rollin, etc. Ces journées fralricides avaient ensanglanté les rues de Paris et coûté à la France 20,000 victimes et i\ généraux, plus que n'en ont fait périr chacune des grandes batailles de l'Empire.

L'ouvrier et membre de l'assemblée nationale Lagrange, est celui qui, avec son bon sens naturel, a le mieux peint la situation lorsque, conduit prisonnier à Mazas, il disait du prince Louis Napoléon, dans son langage inculte :

LeB a hUn joue son jeu; nous coulions le f, c/e-

dans^ c'est lui qui nous y a mis.

X. Page ^06. —MM. Ricciel Paretli, tous deux deGéne^. XL Page iOl, — M. Emmanuel Arago.

XIL Page 432. — Je puis, à l'égard des Voraces tués hors de la ville, certifier le fait suivant : Un habiLint d'une commune voisine accourait à Chambéry à Fappel du tocsin ; il était sans arme et se trouva tout-à-coup en face d'un individu de haute taille armé d'un fusil qui l'apostropha ainsi : yih! tu vas à Chambéry pour tuer mes frères^ eh bien tu n iras pas plus loin ; à ces mots, il se précipite sur lui pour le percer avec sa baïonnette; heureusement ce dernier, doué d*une grande force, a pu détourner Tarme qu'il a arrachée des mains de l'insurgé dont il a ensuite brisé le crâne d'un coup de crosse. Dans l'ardeur de la lutte, celui qui avait ainsi échappé à une mort presque certaine, ne s'était pas aperçu que la baïonnette qu'il avait détournée de sa poitrine était allée lui faire une blessure à la cuisse, et que son pantalon »o

couTrnit de ^ang : ce n'est que sur Tobseryaiion du premier coinpalriote qu'il a rencontré en entrant dans la Tilhr par le faubourg' Monlniélian, et h qui il racontititce qui vi»niil de lui arriver, qu'il s'esl décidé à aller à l'hôpilal pour se faire soigner, et encore il n*a voulu s'y rendre qu'après avoir conduit son interlocuteur sur le lieu du combat. Trois jours de traitement ont permis au blessé. de rentrer chez lui.

Je liens ces détails d'un homme digne de foi que je connais intimement, de celui même que le blessé a rencontré le premier en arrivant dans la ville.

Xin. Page 436. — M. le baron du Bourget.

XIV. Page <î3. — Un officier supérieur, appartenant à une des familles les plus distinguées de la Savoie, M. le général Hector de Sonnaz, mort général d'armée, rangéqui- Talant à celui de maréchal, demandait, au début de la campagne, 40,000 hommes pour aller s'emparer des gorges du Tyrol, y laisser 20,000 hommes bien fortifiés chargés d'empêcher Tarrivée de tout renfort à l'armée aulrichienne, et pour revenir en arrière avec l'autre moilié de ses forces qui, sur son passage, organiserait et soutiendrait l'insurrection générale du pays.

Le général Biiva, ancien élève de l'Ecole polythecnique, militaire distingué aussi, mais peut-être un peu méthodique, a trouvé ce plan trop hardi et en a proposé iia autre moins aventureux.

Au lieu d'adopter complètement le plan de l'un ou l'autre de ces généraux, le roi a pris un terme moyen qui n'a donné à aucun d'eux les forces suflisanles pour le succès.

M. de Sonnaz, avec les 20,000 houjmes seulement qu'il avait à sa disposition, n'a pu arriver jusqu'aux défilés du Tyrol; et le général Bava a perdu un temps précieux à faire le siège régulier de Peschiera, sans rien entreprendre de sérieux. J'ai entendu des hommes compétents

exprimer le regret que les iuspiralious du général de Sonnaz n'aient pas servi de base au plan de campagne.

XV. Page 462. — Sur avis donné par M. l'Intendant général Mercier, d'une négociation entamée par la ville de Cbambéry pour le percement du tunnel à travers la montagne de Lépine, le Conseil divisionnaire s'est engagé à fournir pour les roules d'accès un subside proportionné à la grandeur de l'œuvre et à son utilité générale. Une convention fut conclue, le \'i février IS52, par leConseil municipal qui passait, avec M. Penet de Lyon, un con- Irat par lequel ce dernier s'engageait à construire ce tunnel pour le prix de 1,800,000 fr., moyennant la concession d'nn péage, la promesse par la ville de garantir l'intérêt du cinq pour cent de ce capital et d'en procurer l'amortissement pendant la durée &d la concession.

Le 8 mars suivant, ce projet fut soumis au ministre des travaux publics.

Mais bientôt après M. Clément Reyre, officier de la légion d'honneur, délégué spécial et fondé de pouvoir d'une compagnie rivale formée à Lyon, s'engageait à faire exécuter ce tunnel moyennant une concession de 99 ans et une garantie d'intérêt cinq pour cent du capital employé, conformément aux éludes et projets faits par 51. l'ingénieur Le Uailre.

Dans la session du 45 au 27 novembre 48(j2, le Conseil divisionnaire a délibéré à l'unanimité qu'il concourrait pour un cinquième à la garantie d'intérêts du capital dépensé, demandée, par la compagnie concessionnaire. Foir pages 23, 238, 34G et 380 d» compte-rendu.

XVI. Page 470. — J'ai eu sous les yeux une lettre écrite à un ami de Cbambéry, par un personnage qui occupait une haute posiliion à Turin: en lui annonçant, entre autres choses, la nomination do M. Magenta au poste d'intendant général en Savoie, il ajoutait : ce n'est pas un acfminUfrateur qu'on vous envoie^ mais un instru^ tnent.

Ce qui donne plus de poids à ces paroles, c'est que ce fonclionnaire, sTanl de venir administrer la Savoie, el après l'avoir quittée pour aller successivement remplir les mêmes fonctions à Gênes el à Bologne, a toujours manifesté des sympathies et des tendances tout-à-fait opposées à celles qui ont caractérisé son administration à Chambéry.

Mon opinion personnelle est qu'il avait pour mission, non pas de désaffectionncr la Savoie au Piémont, mais d'irriter le roi contre elle par d'hostiles rapports, aOn d'obtenir plus facilement^ quand le moment serait venu, sa renonciation à la portion de ses Etals qui avait été le berceau de la glorieuse dynastie des princes de la maison de Savoie.

C'est à cette intrigue que se rattache l'envoi à M. Uallazzi, alors ministre de l'Intérieur, d'une note contenant demande de la dcslilulion ou du changement de trentedeux magistrats, fonctionnaires et employés savoisiens.

Je ne puis que trop garantir rautbenlicité de celte liste de proscription.

XVII. Page 471 . — Le général piémontois de Broglie en mission en Savoie après la bataille de Novare, a été, en arrivant, Tobjet d'une hostile el violente démonstration dont sans doute, l'initiative ne venait pas de Chambéry où il était presque inconnu.

Quelques jours auparavant, à la fin de mars 48î9, au moment où l'on recevait la nouvelle du désastre de Novare, il y eut dans la matinée des tentatives de désordre : quelques individus se rendirent auprès de IVf. rintendant général Mercier, pour lui demander que la garde du château fut ûlée aux troupes de ligne et confiée à la garde nationale, afin de prévenir, disaienl-ils, l'enlèvement el le départ pour le Piémont des sommes déposées dans les caisses de la Trésorerie.jPeJB^nt la-discussion ;\ laquelle prirent part MM. Forrst, syndic, et Martin, vice-

syndic, que rintendant général avait fait appeler, lo nommé Brionis, tapissier,'se rendait à Thôtel de ville avec •le.'drapeau de la République française qu'il voulait arborer sur le balcon : les employés ne le lui permirent pas, et le poste qui n'avait mis aucun obstacle à son entrée, le laissa sortir le drapeau à la main. Cette démonstration causa un grande émotion mêlée de crainte aux abords de r^hôtel.

Au moment où Urionis remplissait sa mission, quelques personnes, bien connues, se présentèrent li Tlntcndant général pour lui donner des conseils ofFicicux et pour exercer une pression sur ses déterminations : M. Mercier leur opposa une résistance ferme et énergique. Le petit nombre de soldats présents à Chambéry fut réuni au chAteau dont on doubla les .postes ; la garde nationale et les pompiers furent mis sous les armes; deux compagnies furent spécialement chargées de la garde de rhôlel de ville; on prit en même temps des mesures pour surveiller les imprimeries et empêcher toute publication.

Le Conseil municipal fit, par une proclamation, appel à la saresse et à la loyauté de la population. Grâces à ces mesures, et au concours dévoué et intelligent des autorités administratives^ militaires, judiciaires et communales, la grande agitation qui s'était produite se calma un peu l'après-midi, et les tentatives de désordre ne se manifestèrent plus d'une mnnière aussi alarmante que dans la matinée. La tranquillité se rétablit entièrement le soir, lorsque le courrier de Turin apporta la nouvelle de l'abdication de Charles-Albert, et l'avènement au trône de Victor-Emmanuel*

Il est probable que le parti révolutionnaire du Piémont voulait profiter des malheurs de la patrie pour renverser la monarchie, et qu'il avait donné le mot d'ordre à ses aililiés de Chambéry.

Ce mouvement pouvait avoir de graves résultats sil

n avait pas été immédiatemeul comprimé par la fermeté de M. Mercier acluelloment conseiller à la Cour de cassalion à Paris, ^ncrgiqucment secondé par MM. le lieulenanl-ffénéral de Maiigny, le gén<5ral Gabel, chef d'étal major, cl Dufour, avocat général.

XVIII. Page ^90. — Vertot d'Aubcruf, né le 25 novembre 'IG.ij, était un historien d'un stylo attachant, mais d'une critique faible et peu sûre.

On cite de lui , Tannecdote suivante : Ayant reçu sur lesiége|deMallc, des mémoires très circonslanciés cl très authentiques qui contredisaient un peu le récit qu'il Tenait d'en terminer, il se contenta de répoudre : c'est trop tard, mon sie'ge est fait,

L'hisloire ainsi fiiite perd se<; admirables attributs si bien exprimés par l'orateur romain quand il l'appelle : Le témoin des temps, la lumière de la cerité, la vie de la mémoire, Vérole de la vie, la messagère de Vanf/^tiYe. (Extrait de la bibliographie de l'abbé Vertot).

XIX. Page ^9^. — Pendant un séjour que M. de Saint- Genis a fait^ en ^869, à MoAliers, nous avons parlé de son ouvrage dont le 3"»*' volume allait paraître ipcessnmmenl, et je lui ai communiqué quelques documenls bons j\ confullcr, entre autres un volume des comptesrendus du Conseil divisionnaire, y compris celui de sa dernière session publié en oclobre I8C9. En me le rendant plus tard, il a bien voulu me dire que leur lecture lui avait fait modifier la conclusion par laquelle il termine son histoire.

Je suis donc heureux d'avoir une part indirecte à la réparation, un peu t«irdivc, que le texte reproduit ci-avant donne à notre chère Savoie.

J'y vois aussi w^ gage du loyal empressement que l'auteur mettra à fîiire disparaître, dans une seconde édition, toutes les erreurs qu'un examen plus sérieux lui fera reconnaître dans celle qui vient d'être publiée.

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