‹ L'histoire de Suède racontée à la jeunesse chrétienneChapitre 34 sur 36 · CHARLES XIV JEAN (BERNADOTTE · texte numérisé non relu

CHARLES XIV JEAN (BERNADOTTE

Du pied des Pyrénées, cette famille est venue remplacer celle de Wasa sur le trône de Gustave-Adolphe. Son fondateur est Bernadotte, maréchal d'empire, prince de Ponte-Corvo. Son règne s'écoule dans une paix profonde , qui a favorisé l'exécution de grands travaux puhlics, tels que la construction des canaux de Gœthà et deSœdertelje, et la réparation de celui de Hjelmaren. Une nouvelle route a été ouverte entre Trontheim et les provinces suédoises. Le cours des fleuves s'améliore ; les forteresses de Warnœs (Carlsborg) et de Kongsholm s'élèvent lentement. La sollicitude du monarque seporte à la fois sur le bien-être de l'armée , et sur les progrès de l'agriculture. Le sol, dans les bonnes années, produit déjà un excédant qui sert à couvrir le déficit des mauvaises. Malheureusement, la passion pour les liqueurs enivrantes est devenue si commune dans le peuple, que la

distillation de l'eau-de-vie forme une branche de commerce Sort importante. Ce penchant détruit dans son germe l'espoir des générations futures. Le gouvernement a compris l'imminence du danger. 11 s'est formé des sociétés de tempérance, à la tête desquelles figure le prince royal. Il parait même que cette année le clergé est entré en campagne contre ce dangereux

ennemi.

Un grand terrain marécageux (Dagsmosen , en Ostrogothie) a été conquis à l'agriculture par les soins du gouvernement. La propagation da la race ovine a reçu des encouragements qui ont porté leurs fruits, et une des bergeries les plus considérables du royaume, celle de Nœs, dans le Smoland, appartient à la couronne.

Le peuple attend un code, et les résultats des travaux d'un comité d'enseignement. Quoique le roi ne parle pas la langue du pays, la littérature a pris un grand essor sous son règne, qu'honorent encore des travaux historiques importants. Parmi les universités, celle d'Upsala est la plus favorisée. Le roi l'a magnifiquement dotée, etlui a donné une somme de 30,000 tbalers pour le nouveau local de sa bibliothèque. Mais ce qui reste à désirer pour la tranquillité de la Suède, c'est le progrès de la liberté constitutionnelle, progrès impatiemment attendu, et qui résultera tôt ou tard de la réforme d'une constitution qui, de l'aveu de tous, se ressent de la précipitation avec laquelle elle a été faite.

Deux peuples, d'une même origine, réunis sous un même sceptre , avec des constitutions aussi disparates que celles de Norvège et de Suède, forment une anomalie trop frappante pour être maintenue au temps où nous vivons. Tout porte à espérer que les bons esprits de la Scandinavie, reconnaissant le danger de leurs querelles intestines, ne s'occuperont enfin qu'à rechercher les moyens légaux de mettre plus d'harmonie et plus d'unité dans leurs institutions.

Le roi Charles-Jean a un fils, Oscar, prince royal, marié depuis 1823, à Joséphine, princesse de Leuchtenberg. De cette union sont nés plusieurs enfans. La Suède a les yeux fixés sur eux : son espoir repose sur cette génération nouvelle, qui croît pour son bonheur.

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