‹ L'Histoire des Angines Au cours du XIXe SiècleChapitre 10 sur 18 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les angines depuis Pasteur

Le lemps n'est plus où, un peu dédaigneux de la clinique, on songeait à faire de la bactériologie la base de la classification des apgines : c'est du moins Le l'avis des spécialistes et des cliniciens : on exigeait trop du microbe.

= N'était-ce pas se montrer bien difficile que de demander une réaction amygdalienne déterminée à un microbe comme le streptocoque, qui, inoculé à l'oreille d’un lapin, produit, suivant les cas, uñe simple rougeur, un érysipèle, un abcès ou une sep-. licémie. N'était-ce pas espérer trop que de croire à

Ja possibilité pour chaque microbe d'agir, dans une

flore aussi riche que celle de la bouche, assez indi- Re viduellement pour se créer son type d’angine ! Cest là pourtant ce qu’on entrevoyait presque il y a quel- Le que quinze ans.

AD Er

Pressentie par LASÈGUE, la qualité de maladie infectieuse de l’amvgdalite aiguë venait d’être proclamée par BoucHarp (1881) et admise par KANNEN- BERG et toute une série d'auteurs, parmi lesquels nous devons citer tout particulièrement : LANDOUZY, DUBOUSQUET-LABORDERIE, CARTAZ, JEANSELME, LE GENDRE, RICHARDIÈRE et SALLARD.

En 1892, CHaurFARD demandait qu'une classification, basée sur la bactériologie,remplaçât la clas- ‘sification objective léguée par le passé.

En 1895, LANDouzY se montrait plus pressant encore : « Ce n’est plus symplômatologiquement, disait-il, ce n'est plus anatomo-pathologiquement que nous avons le droit de juger et de prononcer en matière d’angines ; tout en ne négligeant rien de la vieille analyse de clinique, il nous faut juger étiolo- giquement, et le moyen nous en est offert par l’examen bactériologique. »

Dès cette époque cependant, au cours d’une revue générale sur la bactériologie des angines (189%), LEMOINE constatait la difficulté de pareîïlle entreprise pour tout ce qui n'estpas angine pseudo-membraneuse. Cependant la majorité des cliniciens et des spécialistes ont attendu, se sont appliqués à mieux connaitre le terrain sur ce que les microbes organisés livrent bataille à l'organisme et leurs classifications actuelles des angines, que l’on consulte RuauLr, LERMOYEZ, CHAUVEAU, MOURE, LAURENS, EscaT ou LANNOIS, sont baséessur la profondeur des lésions, leur aspect et leur localisation. É

“Poe

À leurexemple, nous pouvons diviser les angines aiguës de la façon suivante : angines calarrhales, vésiculeuses et pseudo-membraneuses : angines phlegmoneuses ; amygdaliles ulcéro-membraneuses: pemphigus primitif du pharynx: ; puis nous étudierons rapidement les pharyngites chroniques etenfin les angines spécifiques (tuberculose et syphilis).

Les angines aiguës ont chacune leurs particularités étiologiques, mais le mécanisme de leur développement offre de nombreux points communs à toutes. |

On se trouve en eflet en présence de divers épisodes de la lutte phagocytaire. La résistance locale et générale de l’économie joue un rôle capital dans l'apparition des angines. Normalement la défense est active: les agents pathogènes qui séjournent dans la bouche ou qui sont introduits par l'air inspiré, sont mis hors d'état de nuire par la phagocytose, qui s'exerce admirablement dans une région où abonde le tissu lymphoiïde. La victoire habituelle

. de l'organisme dans cette lulte perpétuellément

renouvelée peut être changée en déroute si la défense vient à faiblir ou si l'attaque est par trop vigoureuse. Souvent, d’ailleurs, une même cause agit par l'un et l’autre procédé. (Lannoiïs.) | L’affaiblissement de la défense relève à la fois des

causes générales et des causes locales ; ici aussi ces

deux mécanismes sont généralement combinés.

Pour les angines comme pour les autres infections les faibles, les débilités sont moins résistants.

Se

L’étiologie peut être plus intime encore : à côté des angines de cause interne, il existe en effet des cas où l’amygedale £<e contamine en quelque sorte par l’intérieur. BOUCHARD et après lui KANNENBERG;, LANDOUZY,CHAUFFARD,etc. ont insisté sur cet apport de microbes par voie sanguine. Il en est sans doute ainsi pour les angines des maladies générales, scarlatine, rougeole, etc., et pour les observations rapportées par FROLICH, où une angine succéda à une piqûre anatomique. nue

Les angines ne semblent pas avoir de prédilection spéciale pour l’un ou l’autre sexe ; elles sont surtout fréquentes chez les adolescents et les adultes.

Le refroidissement un peu prolongé sur une région quelconque, aux pieds aussi bien qu'à la gorge, se retrouve dans l’éliologie de la plupart des angines ; les clinats froids et humides, les saisons de transition favorisent leur apparition.

Le voisinage d’une. inflammation aiguë où chronique, rhinite, stomatite, etc., prédispose à l'angine tant par la possibilité de la propagation de l'inflammation que par la suppression des fonctions normales de défense de l'organisme. L'influence des rhinites est particulièrement importante à ce point de vue; le Coryza aigu descend à la gorge; la rhipite hypertrophique entraine l'obligation pour le malade de respirer par la bouche, c’est-à-dire de recevoir par la gorge un air qui n’a pas bénéficié de son passage à travers les fosses nagsales. |

Lo

Page 1