L'histoire des idées théosophiques dans l'Inde
Pour expliquer l'origine des idées dont nous avons entrepris l'histoire et suivre leur épanouissement dans le brahmanisme, nous n'avons pas eu besoin de faire intervenir d'autres facteurs que la méditation de penseurs solitaires et la transmission directe de la doctrine du maître à son élève, à l'intérieur de chaque école. C'est dans les idées mêmes que s'est trouvé le principe de leurs changements : la pensée semble se développer par sa force propre ; elle ne subit que dans une faible mesure l'action d'agents qui lui sont extérieurs.
L'enseignement, il est vrai, n'a pas toujours gardé le caractère ésotérique qu'il avait eu à l'origine. Non seulement certaines écoles ont été assez nombreuses et assez ouvertes pour mériter le nom de sectes, mais encore la littérature semi-profane, semi-religieuse, nous montre que des conceptions nées dans des milieux philosophiques sont vite devenues le bien commun de tous les Hindous cultivés. Cependant, pour s'être répandues au dehors, ces idées n'en demeurent pas moins scolastiques. Des théories comme celles qui concernent le karman, les trois guna, les kalpa, ne changent pas d'aspect parce qu'elles sortent des cercles restreints où elles ont été élaborées. Le public qui les reçoit est tributaire de l'école. Il n'y a pas accommodation de l'idée à un autre milieu, à d'autres besoins.
Si la doctrine originelle n'est pas essentiellement affectée par de nouveaux contacts, elle n'exerce pas non