‹ L'histoire des idées théosophiques dans l'IndeChapitre 2 sur 41 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

plus une bien profonde action sur la société qui l'adopte. En se répandant de proche en proche, cet ensemble de conceptions et de pensées que nous avons réunies sous le nom de théosophie ne supplante point le capital héréditai -3 des croyances et des pratiques. Il s'y surajoute ou s'y juxtapose. Et le principe d'association qui crée les communautés n'est pas dans ces idées ; la société religieuse reste enfermée dans ses vieux cadres traditionnels. L'influence de la théosophie peut, à l'occasion, s'être fait sentir dans la conduite des individus ; elle a été nulle, ou peu s'en faut, sur l'institution brahmanique, comme telle. Ce sont toujours les mêmes intérêts qui cimentent les groupements.

Il n'en est pas de même si la théosophie, devenant franchement religieuse, descend des hauteurs de la spéculation pour être une ouvrière de vie individuelle et sociale. Dès lors ses conditions d'existence, son caractère, son champ d'action sont tout autres. C'est une étude captivante que celle d'une école qui se transforme en église. Peut-on la faire avec le bouddhisme ?

Cette question paraîtra oiseuse aux nombreuses personnes d'Amérique et d'Europe qui se disent indifféremment théosophes ou néo-bouddhistes. N'est-ce pas le « colonel » américain Olcott qui a rédigé ce catéchisme auquel un « grand-prêtre » de Ceylan a donné son adhésion sans réserve et dont il a recommandé l'emploi dans les écoles bouddhiques ? Le même écrivain, ayant résumé en quatorze articles les croyances fondamentales du bouddhisme, a eu la satisfaction de voir ce formulaire approuvé par les représentants des communautés de Ceylan, de la Birmanie et du Japon ; les moines de la Mongolie l'ont, paraît-il, reconnu aussi comme un fidèle

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