LIVRE QUATRIEME
SOMMAIRE
Le Prince d'Orange fait arrester six Députée des Ettats de HoUmic. Leur prétendu crime. Il en donne adtis aux Estais de Hollande, qmi s'en allarmenl et se séparent avec confusion. Il fait dire aux Estât* Généraux, que c'est en vertu de leur resolution du 5 Juin qu'il a fuit cette exécution. Les prisonniers sont conduits à Louvestein. Le Qmtf de Nassau, que le Prince avoii envoyé avec quelques troupes ser» Amsterdam, manque de la surprendre. Le Magistrat se met en estai de soustenir le siège. Il envoyé des députés au Comte, qui lui font mur* avec quelle facilité Von peut faire jterir les assiégeons, comme en efid les assiégés inondent une partie de la campagne. Le Prince va à fermée, et devant que de partir de la liage il escrit aux six Prmnueex, pour justifier son procédé. Voyant le peu ^apparence de réussir, il tuf' che de faire accommoder le* affaires par r intervention des Estais Généraux, qui s'y disposent, mai» devant que leurs Députés se pussemt rendre an camp, la ville capitule, promet d'agréer Pestai de la guare* et souffre que les deux frères Bickers s'abdiquent de la Afagistrêtsr*- Le siège est levé, et le. Prince, au lieu (Centrer dans la ville, s'en retourne à la Haye. Le Magistral d'Amsterdam, se défiant de Pwteutk** de ses ennemi*, fait fortifier la ville. Celui de Dordreckl justifie te* action» de Jacob de Witt, promet de dédommager sa personne et &* enfant*, cl défend aux Député*, qui vont à P Assemblée, de se tnm^ aux délibération*, que le* prisonniers ne soyent mis en libertés **** leurs bonnes intentions ne sont que lien faiblement secondées. Les perat* des jtrison /tiers intercèdent pour eux, et obtiennent leur liberté, en ff*~ mettant qu'ils sortiront dn Magistrat. Le Prince envoyé aux Estel* Généraux, et à ceux de Hollande, le* ramas qui l'ont obligé à hW faire arrester, mai* Von ne les lit pas. Les E*tals de Hollande «*■ sentent à Pestai de la guerre. Ceux de Zeelande approuvent et louait Paction du Prince. Ceux des autres Protinces en parlent en de* ter* mes plus réservés. Ta* Prince va se divertir à In chasse en OueUrt, on il tombe malade, se fait ramener à lit Haye et meurt. Ftatierm des Ministres envers le Prince agonisant et decedé; son aage et su qualité*. Les uns s'affligent, les autres *e réjouissent de sa mort. 1m sentiment* différent* des deux Princesses, mère et veufve du defuud. V Assemblée des E*tat* Généraux donne adri* de cet accident aux Prorinces. Changement de tante la forme du Gouvernement. Ils ordonnent
mi Gouverneurs de ne reconnoistre point d'autres ordres que ceux de f Estai immédiatement. Les villes de Hollande reslablissent les personnes, que Von avoii dépossédées de leur dignité. Les Estats de cette Promet sont convoqués. Ils lèvent tous les ombrages, que Us autres hmsee* pouvaient avoir de leur ressentiment, et tâchent de restallir Uwene confidence entr'elles. Ils proposent la convocation d'une As* umbUt extraordinaire, a quoy les Estats Généraux acquiescent. Les Bdets d'Utrechi prétendent qu'elle se doit tenir au lieu, où F Union a eue frite. Les autres Provinces s'y opposent. La Hollande envoyé des Dépités par tout, pour les y convier, et témoigne à la Zeelande de Pindûutm à faire une liaison plus estroite de leurs inierests. Ils reumest à leur Souveraineté plusieurs droits, que les Princes avoient Ismts aux Gouverneurs. Ils permettent aux villes, qui ont séance en km Assemblées, de créer leurs Magistrats, dont le Prince defunct fmsU pas toujours bien usé. L'exemple de Nimmegue et de Dordrecht. Us se reservent la disposition de tous les offices, de police, de justice, 4e finances et de guerre, et la dispensation des grâces et des pardons. Patentions du Prince sur le Marquisat de Bergues. Trailté pour cela *** le Boy d * Espagne. Comment la nouvelle de cette mort est receue en fronce; en Eupagne. Le jugement, que le Cardinal Mazarin en fiât. La Princesse Royale accouche d'un fils. Les Estats Généraux H éonnent advie à ceux des Provinces. La Douairière recommande le jeme Prince à F Estât, mais sans effect. Les Estats de Groningue dûment le Gouvernement de leur Province au Comte de Nassau. Ceux & Mande suppriment la qualité de Premier Noble. Démeslé entre ks deux Princesses pour la tulele. Plusieurs autres Princes la demandent, et enir9 autres r Electeur de Brandebourg, qui y est admis, tant f* le justice, que par V accord que les Princesses font entr'elles. Grand 4smedé des quatre premières villes de Zeelande avec les Tuteurs du fùste. Les affaires de France. Intrigues de la Fronde. Mouvements de Bourdeaux. Le Parlement de Paris parle pour la liberté des Prinfl* et contre la conduite du Cardinal. Les Princes sont mis en liberté, k Cerdinal sort du Roiaume. Le Prince de C onde se brouille avec k fronde, et en suite avec la Cour, et se retire en Guyenne. Les Es- Ptywli profilent d^s desordres de la France. Les dispositions des deux famines à la paix. Déprédations des François. Le démeslé avec le &f de Portugal et la négociation de son Ambassadeur,
Nous avons promis au livre précèdent de rapporter en ccluicy
toutes les particularités d'une des plus grandes actions, que Ton
*» veûes en cet Estât depuis qu'il subsiste. Le Prince d'Orange,
animé par ses propres interests, mais bien plus par les mauvais
conseils de quelques gens qui l'approchoient, accusoit les Estats
de Hollande, ou quelques uns de leurs Députés, d'avoir voulu se
détacher de l'Union, diviser l'Estat, et y jetter des semences de
desordres, capables de le dissiper et de l'ubisuicr. Les Estats de
302 arrestation des six membres des Etats de Hollande.
Hollande de leur costé, pour justifier leur intention et leur pn cédé, escrivirent aux six Provinces la lettre circulaire, dont il estd parlé cy devant. Mais à peine estoit clic partie, que le Mi ce, que les Estât s de la Province avoient obligé de faire sorti de la prison un officier de la Marine, parce que les Estats Gcm raux, au nom desquels il l'avoit fait arrester, n'ont point de jn risdiction en cette Province, arresta sur un prétendu ordre de mesmes Estats, qui fût désavoué* depuis, six Députés aux Estait ou au Conseil d'Estat de Hollande, dont le Prince estoit Minûtn et sujet. En voicy les circonstances.
Le Prince d'Orange, comme Gouverneur de la Province, estoit en possession d'envoyer quérir, ou le Conseiller Pensionikt, ou bien quelques uns des Députés de rassemblée des Estait iê Hollande, pour leur recommander les affaires, qu'il desiroit toi résoudre, ou bien pour leur dire son advis et son sentiment tachant celles que Ton y devoit mettre en délibération. Sous ce prétexte il envoya dire Sâmedy 30 Juillet, ù huit heures du me* tin, à Jacob de AVitt, alors ancien Bourguemnistre de Dordrecht et Député au Conseil d'Estat de Hollande, qu'il aeroitfaîcft aise de lui parler devant qu'il entrast dans l'Assemblée. H •» usa de la mesme manière à l'égard de Jean de Wael et d'Albert lluyl, dont l'un estoit Bourgueraaistre et l'autre Pau»* nairc de la ville de Haerlem, de Jean Duyst de Voorhoa)? Bourguemai8trc de Delft et Député au Conseil d'Estat de la Province, de Nanning Keyscr, Pensionaire de la ville de Boni et de Nicolas Stcllingwcrvc, Secrétaire de MedembKct tous Députés à rassemblée des Estats de Hollande. Ils y aDe* rent tous, et à mesure qu'ils arrivoient dans l'antichambre » vallct du Prince, qui les attendoit, les faisoit passer en des quf* tiers séparés de l'appartement de la Princesse Royale, qui esteit à, la Campagne, et incontinent après Cuyck de Metcren, Lieutenant Colonel de ses gardes, les vint arrester, et les fit en sofa monter au second estage, où il les enferma separemment sous 11 clef, en la garde de quelques soldats de sa compagnie (1). CeŒ
(1) La nouvelle de cette arrestation jeta le trouble dans l'a bléc des Etats. Voir les Méhiom* de M. van der Cap cil eu, T. U p. 2S1. vVeelc Ledcn van de Vergaderinirhc der Hccrcn Staten v« Hollant, op (l'ont fangene keimis.se van arrest der ses Ilccrcn, endc i marche naer Amsterdam, vertrocken siibitelick u\t de Yergaderiagl der Staten van Hollant naer haere Stedeii, daer van Ruysch, ;
ArretUttion de* m membre* des Etats de Hollande. 303
qui se souvenoient de ce qui s'cstoit passe en Tan 1618, lorsque le Prince Maurice, qui s'estoit fait autoriser par les Estats Généraux, avoit fait an-ester quelques Ministres de In Province de Hollande, reroarquoient en cette rencontre, que le Prince, qui nutoit en cela l'exemple de son oncle, en usoit d'une mesme ■tniere; comme en effect c'estoit le mesme principe qui faisoit agir l'an et l'autre, et le mesme esprit qui regnoit en leurs Contais, par un insigne attentat, à ce que les Estats de Hollande diMÛnt, à la Souveraineté de leur Province.
Le Prince en vouloit particulièrement à de "VVitt, parce que Ion de la grande deputation il avoit répondu, au nom du Magbtrat de Dordrecht, avec trop de générosité, et avec beaucoup de vigueur et de fermeté au discours d'Aertsbergue. Il se trouvât bien offensé du refus, que la ville de Delft avoit fait de
aari» van Dordrecht, d'eerste was (*); Mecrman van Dclft was ende Uecf absent» als ooek Bickcr ende van TV a ver en (f). — Yoir aussi ▼m Àitzema, III. p. 445: „dic (de Statcn van Holland) dacr «fl, niet sonder groote vreese ende alteratie, liacr separcrende, clck na ter Steden togen ora Maendach weder te komen." Plusieurs membres d» Etats de Hollande étaient pourtant absents le 1 Août, sans doute par crainte de subir le mcine sort que ceux qui avaient été arrêtés. Voir h Résolution des Etats de Hollande de ce jour. v Is nae deliberatic, goedtgevondcn, dat aile de Ledcn by sérieuse brieven aenstondts door «pressen te dcpcschcrcn, op het aldercrnste sullcn verden versocht, toe respective Gccommitleerdcn, sonder uytstcl, hcrwacrtsnacdcnHagc tfteveerdigen, ten eyiulc, oui in desc gantsch ouvcrwachlc ende perplexe «ttbii te iuogcn dclibcrcrcn ende resolvercn, wat ten aensien van dese dioevige constituée best ter liandt sal diencn te verden ghenomen, *»oo de weyaige aenwcsendc Lrden sig gantsch bekommert, ende ooek wbeqiiaein zijn vindeude, om yets in reguard van M voorsz. werck te WolTeren." Voir aussi la Résolution des Etutc de llollïiiule du lcndc- "■in. 3L van der Capellcn s'étonne de si peu de fermeté. , Ick Wde van de booehdravende geesten venvacht meer wyslicyt ende cou- Hg*, om in 't begin, door autoriteyt van de JStaten, te vcrsocckcn ^paratic, ende te gedencken op remédie." T. II. p. 2S1.
('} M. Rujsch fui apr6s la mort du Prince, le 17 De. 16S0, nommé Greffier des Eut» Ghhwtx, à la de ma n. Je dos Etats de Hollande. Voir Résolution des Etat* de Hollande du H Décembre 1G50. Vuyex ce que dit de lui Ste 1 1 i n p wer f dans «a Ici ire du 14 I>etmbn 1650, communiquée en partie a la séance de la Société d'Histoire a Utreclil du 7 Mai ftCO. (De boeren seppen dat sljn llooghrjt e-*u ^ntller vnn doeu hadde ende daeiuiu Iumu per f«4 ombooden he?fl ende dal liv iuct patent verr»>t»t ii." [Ocuvrct il? Li Suàt'lv — '•mrfew* 1K50, p.145 n.) i;fj Baorguemallre U* Amsterdam.
30* Arrestation des six membres des Etats de HMmde.
lui donner audiance, mais non de la personne de Duyst de Voorhout, qui en l'aage qu'il avoit, et de l'humeur qu*il ertoifc, n'estoit pas capable d'une grande résolution (1). Stellisgt werve s'estoit fait députer par la ville de Medemblick, pour W aller dire, qu'il ne prist pas la peine d'aller jusque» à cette «« tremité" de la Province, et pour lui porter la résolution, qoeJi: Magistrat y avoit prise contre l'intention du Prince. Il luiaM; nussy parlé dans l'assemblée des Estats de Hollande, au sujette la cassation des troupes, avec plus de liberté, que las EriaMti qui sont nourris dans une flatterie perpétuelle, ne peuvent SMfcy frir, me8me de ceux qui ne dépendent pas d'eux. Il n'a voit ]Mi esté fort bien receu à Harlem et à Horn, mais il n'avoit pahkri de ressentiment particulier contre les Ministres de ces deux vmm§i qu'il avoit fait emprisonner. Du moins il n'en avoit point dé»^ jet, et il y en eut mesme qui croyoient, qu'il ne les avoit Mu arrester, que pour les purger du soupçon que l'on avoit dekjr intention. Je ne le voudrois pas asseurer, et comme je nïvapctt cecy que sur ce que j'en a y oui dire à des personnes, qui .ffL grande part aux affaires de cette Province, et beaucoup de SOSi* noissance de celles de ce temps là, sans autre preuve, je ne pftJJ tens pas laisser dans l'esprit du lecteur un mauvais préjugé ooft tre la probité de ces deux personnages, mais j'aime mieuxfltt parler comme d'une conjecture plustost que comme d'une dhftt* bien avérée. Il est vray pourtant, que le Prince donna sa Mlik dence et son amitié ù Ruyl bientost après son élargisaeaeiMtfi qu'il fit avoir un cmploy considérable à Keyser (2). ;■ V
Après que le Prince eut en cette manière fait arrester et »^ fermer les six Députés, il envoya quérir Jacob Cats, Conaeffltf Pensionnée de Hollande et Wcst-Frise, et lui ordonna de dits aux Estats de la Province, que n'ayant pas pu dissimuler pb* longtemps la mauvaise conduite de quelques Députés de T Assemblé^ qui semoient la division entre les villes et les Provinces, il lip
(1) ,De Heer Duyst van Voorhout een Man van negen Gl sestig Jaer, die volgens costuyme van Dclfl binnen een jaer doeù vsi self moest afsiacn (afgaau), en zijnde iudispoost." Van Aitsema III. p. 449.
(2) Voir sur M. Albert Ruyl, Schcltcma, SlaalHnâig Ne4$\ fond, in voce. — *Dc ITecr Keyser was alrcdc nocli by *t levenYI den Prins gecligeert Fiscacl vau 't CollcgieterAdmiralitcytin'tNoarde quartier." Van Aitzema, III. p. 461; Scbeltema, in voce.
e doutoit point qu'eues n'y tassent desja entrées {a). Au temps qu'il envoya Cats aux Estats de Hollande, il fit îx Estais Généraux par le Président de leur Assemblée, vertu de leur resolution du 5 Juin, il avoit fait arrestcr » Députés de Hollande, et qu'il avoit envoyé de l'infan- ; de la cavallerie à Amsterdam, sous la conduite du Gour de Frise ; qu'il avoit fait l'un et l'autre pour des raisons ^portantes, lesquelles il leur communiqueroit par escrit (b). it lait dire la mesme chose aux Estats de Hollande, qui cependant la Cour du Palais se remplir de gens de guerres que toute la compagnie des gardes, qui n'entroit ordieat en garde que par brigades, avoit eu ordre de se rendre ipeau, sous prétexte de faire exercice, et d'aller tirer au dam les dunes, et que les compagnies colonelles, qui estantes estrangeres, avoient occupé les portes et les avenues, te qu'ils se trouvoient comme assiégés dans la salle de leur Idée, ordonnèrent que les villes feroient partir quelques uns tri Députés, pour en faire rapport à leurs committents, à a de revenir dans le premier jour d'Aoust. Les Députés uûers demeurèrent cependant arrestés sous la clef du Prinau lendemain au soir, qu'il les fit conduire, sous une
Keoe justificative, n. XXV. [M. Cats, peu fait pour se et ferme dans une telle conjoncture ne put cacher son trouble; îgea de couleur et semblait ne pas pouvoir retenir les noms de que le Prince avait arrêtes. , De Hcer Cats was nict weynigh t» ende vraegbde na de namen van de gesaiseerde, ende verï dat hy de memorie swack hebbende, nict wiste of hy de soude konnen onthouden; daer op seyde de Prins, schrijft se ende self in de ealerve nen ende inckt haleu. Ondcrtussehcu
.'JOG Entreprise contre Amsterdam.
bonne escorte d'infanterie et de cavallcrie, au enasteau de I0 vestein, ou ils furent enfermés scparcinmcnt, et gardés contt des criminels de Icsc Majesté (1).
La cavallcrie, tirée de plusieurs garnisons, prenoit eepenfa la route d'Amsterdam, et le Comte de Nassau estoit party pi Palier recevoir à deux lieues de là des mains de CorneiH Acrssens de Sommelsdyck, Colonel de cavallcrie, et 1 Fridcric de Donna, Colonel du régiment de Gueldre, l'un en fi dent et l'autre cousin germain du Prince d'Orange, qnt dévoient aller prendre à Scherpenzcel, et l'amener à Abeori Le malheur voulut qu'une partie de la cavallerie, conduite p le capitaine Mo m, s'égara si fort dans l'obscurité de la M* qui estoit extrêmement noire et pluvieuse, que faute de géà qui sceussent bien le chemin, elle se trouva au mesme lieu & elle estoit partie, après avoir marché plus d'une heure et àm de sorte que ne pouvant pas arriver au rendez-vous à l'heure f lui avoit esté donnée, le Comte de Nassau ne put pas se fti tre en estât d'exécuter son entreprise, qu'il ne fust grand jiOi et c'est ce qui l'empcscha de le hasarder. Mais ce qui teto de ruiner son dessein, ce fut que le messager de Hambourg, 1 rencontrant vers le poinct du jour au milieu de ces troupe*,Jl Officiers, qui, à la reserve de deux ou trois, n'avoient point I connoissance du tout du dessein du Prince, ny ordre d'an qui que ce soit, le laissèrent passer, et le messager en dans la ville à l'ouverture de la porte, y donna l'aUarme, «^ portant les premières nouvelles de la marche de ces troupes. I Prince y avoit fait entrer le soir précèdent Gentillot, MfO du régiment François de Don champ, homme d'exécution,^ capable de tout entreprendre avec succès, si le cœur suivent toÉ jours les mouvements de la raison. Il s'estoit fait accompsjpl de cinquante hommes choisis de toutes les nations, afin dé ï charger point les François seuls de l'envie de cette action, etï leur avoit donné pour toutes armes que des espées et des JÙW lets de poche. Il avoit ordre de se saisir d'une des portes, A •
(1) On trouve dans les Archives de fa Maison d'Orange, IV. JK m Tordre du Prince de conduire les prisonniers au château de LoevestsU , alwaer hij (le Colonel van Mctercn) deselve wel ende sorgkfd diglijek sal hebben te logerrn ende bewarcn, hacrluijden ondertussAfc bejeghenende ende tract émule met aile behoorlicke discrets eai civiliteit."
Entreprise contre» Amsterdam. 307
par là entrée aux troupes, ce qui lui estoit d'autant plus oie, que la garde s'y faisoit négligemment, comme en temps
paix, et dans une ville, laquelle estant au cœur du Fais, et igné* des frontières, ne pouvoit pas craindre les surprises (1).
sorte qu'il y a grande apparence, que sans l'advis du messa- ', il n'y avoit rien qui pust empescher le Comte de Nassau sb rendre maistre de la ville. Une partie de l'armée Suédoise Ht logée au Fais de Liège, pour l'obliger de contribuer à la me qui avoit esté promise à la Couronne de Suéde par la i de l'Empire, et dans le premier estonnement d'une nouvelle snrnreaaate, ceux d'Amsterdam se persuadèrent aisément, que itoient ces troupes, ou bien celles du Duc de Lorraine, qui voehoient souvent des frontières, qui venoient piller la ville. Des quatre Bourguemaistrcs, qui sont ordinairement en fonca à Amsterdam* l'un estait decedé, et les autres estoient abiti, ou à l'assemblée des Estats et en d autres emplois à la ije, ou bien pour leurs affaires particulières à la campagne; fanent que Corneille Bicker, Seigneur de Swieten, se «tant seul Bourguemaistre, et faisant agir sous lui Jean aidecoper, Seigneur de Maarsevecn, en ce temps là tkerin et depuis Bourguemaistre de la ville, fit hausser les atleris, mettre les bourgeois et les soldats sous les armes, imer l'artillerie, qui y est très belle, sur le rempart, battre le iboor, et faire des levées de soldats et de matelots, les uns à I et les autres à vingt sols par jour. Cette ville est remplie
quantité de gens, qui vivent, comme l'on dit, du jour à la ■née, et qui sentant les incommodités d'un siège, qui les cmsckeroit de gagner leur vie, eussent esté fort inquiétés, et eusat incommodé les autres, au lieu qu'en se faisant cnroller ils rient de quoy subsister, et entroient dans les interests du Ma- •toi L'on en forma plusieurs compagnies en fort peu d'heu- *; l'on mit en estât huit vaisseaux de guerre, et Ton arma niques fregattes, pour la seureté du port du costé de la mer, tpour celle de la rivière au dessus de la ville.
(1) Voir le mémoire du Comte Guillaume Frédéric, concernant ■tnprise contre Amsterdam, dans les Archives, IV. p. 380: ,...als ' poort opgaet, kompt de portier met de slcutels en cen sergeant met tt Hian, setten sich by de poort, 4 musquetiers en 4 pycken, tôt dat open is, dan gaen se weder in de corteguarde, oft sie gaen wercken. r komen ook acht burgers met; die ghaen gheliccl wcch, als de rt open is" etc.
308 Entrante contre Amsterdam.
C'est mie chose estrangc, et ncantmoins très véritable» que pfa d'un mois devant que ces troupes eussent ordre de marcher va Amsterdam, plusieurs marchands avoient des lettres de de Dantsig et d'ailleurs, qui parloient du siège d'J comme d'une chose présente, ou qui devoit arriTer infaillittaMÉl Mais ceux qui connoissent la situation de cette ville, M mm d'un golfe, que la mer Septentrionale forme an milieu ds I Guddre, de la Hollande, d'Utreoht, de Frise et d'Over-lsd sur la rivière d'Amstcl, et des marais qui la rendent maeflsrti ble, sinon par de petites levées et chaussées, souvent qrït* impossible do l'assiéger, et que le succès du dessein du Eritf dépendoit absolument de la surprise. Le premier jour dm éʧ ne permit pas aux assiégés de partager le travail et la gué entre eux pour leur soulagement commun, parce que tam\ I monde indistinctement vouloit donner des preuves de se* JE et de son affection pour la conservation de la ville, meme^W ques aux Anabaptistes, qui bien qu'ils condamnent le peffcitf l'employ des armes, no manquèrent point do se trouver afflJj aux postes qu'on leur assignent. Quelques mestiers, qui OÉt*| serment particulier à la ville, et qui sont tous composés degMI forts et robustes, furent les premiers à offrir leur service Ai travailler aux fortifications, que Ton repara autant que le taflp et Testât de leurs bastions irreguliers le pouvoient permettrai & avoient des moyens plus faciles pour faire déloger ces nom— I voisins. Ils n 'avoient qu'à ouvrir leurs eBcluses, et à percer qdiques digues, pour inonder la campagne, et pour faire périr esslP qui y avoient leurs quartiers; mais les Estats Généraux, f| avoient sujet de l'appréhender, prièrent ceux de Hollande |4| l'empcschcr, et le Magistrat mesme consideroit qu'en perdaaftflft troupes il destruisoit les plus considérables forces de lVBstsbsf incommodoit extrêmement la Province, aussy bien qu'une 'fÈm des habitants de la ville, en couvrant leurs terres d'eau salée, i Le Comte de Nassau, voyant son entreprise faillie, WÇt^ dans la ville un Trompette avec une lettre, quoy qu'il eust orji de la rendre lui inesme, parce que sans cela elle estait initia] Le Prince escrivoit au Magistrat, qu'il a voit esté si mal lëfltff nu dernier voyage qu'il avoit fait à Amsterdam, qu'il avoit êjM obligé d'y envoyer le Comte de Nassau, à la teste de quetojÉI troupes, avec ordre de disposer les esprits et les affaires en sorte que ceux qui venoient de lui donner tant de marques de ko mauvaise volonté, ne le pussent plus empescher, quand il y serai
Echec de PettreprU*. 309
miié, de représenter au Magistrat ce qu'il jugeroit estre du serrée de l'Estat et du bien de la ville (c). Jusques alors Ton parait encore douter de l'intention du Prince, mais cette lettre ijant achevé de la découvrir, le Seigneur deMaarsevcen,aceonpagné d'une autre personne du Magistrat, fut trouver le Comte ans son quartier, à la portée du canon do la ville, et lui dit de la part du Magistrat, que les Bourgucmaistres avoient agréa* Uenent receu la lettre, que le Prince leur avoit escrite, mais qrïb auraient eouhaitté, que le porteur n'eust pas esté si bien mrf; qu'incontinent après les premiers advis, qu'ils avoient eus de la marche de ces troupes vers leur ville, ils avoient envoyé prier les Estats de Hollande, par un exprès, de les assister de kir conseil et de leur autorité en cette rencontre, de sorte qu'ils ■e pouvoient pas faire réponse à la lettre du Prince, qu'ils ne lOetnent l'intention du Souverain de la Province; que les Bourgtenaistrea le prioient de ne presser pas la ville, et de ne l'ineomaoder paa davantage, en faisant approcher ses troupes, parce frïb seroient contraints de se servir des moyens et des armes, qte Dieu et la nature leur avoit mis entre les mains, pour la •Anee de leur ville (1).
Ce discours résolu ayant surpris le Comte, jusques à le mettre •en de réplique, Maarsevocn, le voyant tout estonné, continua
W f&entveste, voorsienige, secr disercete, bysondere goede Vrundol Laetstmael in XJ Stadt zijude voor den dienst van 't Landt, zijn *J mo vreemt van TJ. L. bcjegcnt geweest, dut om dicrgclijcke nict ■w onderworpen te wesen, hebben Graef TVilhclm vau Nassau, ■rt sqn byhebbcnde troupen, in U. L. Stadt willcu schicken, met oral, em ailes daer in ruste en stilte te liouden, op dat het geenc wy B. L aoch voor te dragon hebben, den dienst van *t Landt raecken- ^ 0bs niet door eenige quaiijck geintentioneerde en kome bclet te iwden. Daer toe wy dan van U. L. begeeren de goede baudt te willea bonden. Ende ons hier op vcrlatcndc, bevclen wy U. L. in de podectïe des Alderhooghsten, ende verblijvcn XJ. L. goedeu vriendt. fo&rstont G. P. d'Orange. Gedatcert liage den 29 Julii 1 650." [C'est probablement de cette lettre que le Comte Guillaume Frédé- *ic frit mention dans son rapport au Prince le 31 Juillet 1050: „ct fa tenir la lettre de V. A. au Magistrat, lequel calant longtemps en délibération, jusques à cinq heures du soir, envoya à la fin deux échorins dans un jacht vers moy " etc. Archives, IV. p. 333 sv.]
(1) Archiver ibidem.
310 Evhec de PeHtrfprise.
do lui dire, qu'en lui parlant, comme il venoit de faire, il iwi* exécuté Tordre dc9 Bourguemaistres, ses committents; man qi!0 y vouloit bien âjouster, que comme son amy et serviteur perSailier il lui conseillait de se retirer, parce que ny sa permet ny ses troupes n'estoient pas en scurcté* dans leurs quartiers; qis la ville estoit remplie d'un peuple, composé de toutes sortes il nations et d'humeurs, qui se pourroit emporter à des extrouA, que le Magistrat n'approuverait pas, mais qu'il ne pourrait fil cmpcschcr; qu'il estoit fort facile de le faire périr avec tMÉl son armée, et que l'on commençoit desja à y parler ai ss*V qu'il y avoit lieu de craindre, que les Bourguemaistres nefossM contraints, quoy qu'avec regret, d'employer les derniers reaessv violents en effect, mais que plusieurs jugeoiont nécessaires et topiques pour la conservation de la ville.
De fait Ton avoit mis en délibération dans lTiostel de ville, d Ton ne couperait pas la digue, qui couvre la terre le long deFYtj du costc de la porte St. Antoine, pour y faire entrer l'eau de si mer, qui aurait inondé une partie des deux Provinces, de EsV landc et d'Utrccht, et des trente six personnes, dont le Goassl de la ville est composé, il n'y en eut que deux, qui emp que l'on ne conclust a- l'affirmative (1). Ncantmoins pour quelque satisfaction au peuple, le Magistrat fit ouvrir deux et* cluses, et couper quelques petites levées, dont les ouvertures iMS* rcrent assé's d'eau dans le païs, pour faire connoistre an Frinw» qu'il ne tenoit qu'a, la ville de le noyer, avec tout ce qeïï avoit fait venir de troupes.
Le Comte avertit le Prince du mauvais succès de l'entrepris^ et le surprit tellement par cet advis, que le Prince ne posnsfc pas dissimuler son déplaisir, se leva brusquement de table, et s* put pas se donner la patience d'achever son souper, mais I s'enfermer dans son cabinet. Il ne laissa pas de partir le main après le presche, dans l'espérance qu'il avoit de pouvez forcer la ville de ployer, en la menaçant des incommodités fta
(1) Voir van Aitzrmu, III. p. 446. *In de Vroedtschap ende BsA aldaer wiert voorgcslaghcu al s een présente remédie tôt het dissolf»' ren van de bclcpcrmg, dat men de Zce-dijck doorsteecken eadsfc sluyscn opencn soude. Ilct ecrste haperde macr aen twee stemiMèi rude van die twee stemmen was de Burçcmeester And ri es Biekei een." Wapcnaar dans sa description d'Amsterdam (Be*ckrijvi*g t» AmskrJam) met l\ chose en doute. T. V. p. 127 (édition in-8°.). .
Echec de F entreprit*. 311
Joflg uege, qui auroit ruiné son commerce. Devant que de partir de ia Haye il donna audiance aux deux Cours de Justice, qui ilienat en corps lo prier de n'entreprendre pns le voyage, et do m styiniastrer point à un'affaire, dont l'événement ne pouvoit fis est» favorable à l'Ëstat, ny à sa personne. Mais il leur répondit, qu'il agissoit en vertu de Tordre des Estats Généraux, et que si elles jugeoient, que Ton y dust procéder autrement, elln pouvaient s'adresser à eux, et y faire leurs remonstrances, et fis s'ils loi donnoient d'autres ordres, il les executeroit punctwBwnfint (J). Neantmoins comme il n'estoit pas bien asseuré, si les Estais des six Provinces approuveraient ce qu'il faisoit en verts d'une résolution, que quelques uns de leurs députés avoient prise touchant un'affaire, qui avait si mal rcussy, et dont les suites estoient capables de ruiner l'Estat, il leur escrivit le mesme jour, 31 Juillet, que les Estats Généraux ayant désiré, qu'il sjouist ordre à ce que le repos de l'Estat ne fust point troublé. et à ee que tout ce qui y pourroit contribuer fust détourné, il mît, en vertu de leur resolution du 5 Juin dernier, fait arrester {■tiques Messieurs de Hollande, après avoir inutilement employé ton les moyens imaginables, pour tâcher de ramener les esprits égttt» k la raison par la douceur, et dautant qu'entre les villes de Hollande, celle d'Amsterdam avoit le plus traversé ses bonnes ■stations, il y avoit envoyé quelques troupes, sous la conduite da Comte de Nassau, afin d'empescher cette ville de se détâessr de l'Union, et qu'il esperoit, que les Provinces n 'approuve roient pas seulement ce qu'il avoit fait, mais aussy qu'elles tiendroient la main à ce que ce qui restoit encore à faire fust exécuté (*x
(4) Résolution des Etats de Hollande du 1 Août 1 650. * Ts by den
Bsedt-Pens. rapport gcdaen, dat ....' beyde de Iloven van Justifie op
psten audientie by Syne Hoogh. hebben gehadt, endc den sclven met
Ted redenen ende motiven hebben ghesocht te disponnercn, dat hy sijn
njse naer Amsterdam soude willcn nac laten, ende van het begonnen
*«ck desisteren ; dat Syne Hoogh. daer op tôt antwoordt haddc ge-
0OTH, geschiede uyt last van de Heeren Statcn Gêner.; ende inge-
vslle meer-gemelte Hoven van Justitie yet dienthalven meyndcu anders
ghedsen te moeten worden, dat de selve haer dienden te addrcsscrcn
an de Heeren Staten Gencr., dat hy soude naer komen, sulcks dat by
fafltr Ho. Mo. soude werden geresolvccrt." [Voir le récit de i'audiuncc
ie la Cour Suprême dans la pièce justificative, n. XXVI.]
(e) Pièce justificative, n. XXVII.
313 Intervention des BUtt* Généreux.
Dans rcspcmnce qu'il avoit, que cette lettre prodniroii son à fect, il se nût en chemin, mais en arrivant à la maison qsiftj la moitié du chemin de Harlem à Amsterdam, Louis de DUi s au, Seigneur de Beverweert, Sergent de bataille de l'ml de ces Provinces et Gouverneur de Bcrgues-op-Zoom, qniaVn point eu de part à ectt 'affaire, ny de connoissanee de ton desss en lui faisant voir de dessus la digue qui couvre le pais A costé la mer qui en bat le pied, et de l'autre toute la camptgi inondée, l'épouvanta estrangement par cet horrible spectacle par l'appréhension, qu'il lui donna de la perte de «et troupe Elle dépendoit absolument du caprice de ses ennemis, et entai noit après elle celle de son honneur, et de la fortune de sa Ml son; c'est pourquoy il pria Beverweert d'aller à la Haye,ot4 faire en sorte que les Estats Généraux lui envoyassent de» D pûtes, qui l'obligeassent à y retourner, afin do couvrir paH uno retraitte, qui sans cela ne lui pouvoit pas estre àvaBtagff se (l). Le Seigneur do Mathencssc, amy do Beverweèr employant son crédit, qui estoit grand, ménagea si bien les * prits, que l'autre se pouvant aucunement assenrer du mtùùki sa négociation, s'en retourna le raesme jour & l'armée devÉ Amsterdam.
Les Députés de Hollande, ayant sceu que le Prince avoft à pondu aux Cours de Justice, qui Pavoient voulu emposcher 4fià 1er à Amsterdam, que ce qu'il faisoit estoit de Tordre des Ifltd Généraux, et en vertu de leur resolution du 5 Juin, represetitt rent à l'Assemblée des Estats Généraux, Lundy 1 jour d'AoMl que puisque le Prince se servoit de ce prétexte, c'estoit k «■ à faire cesser le désordre présent, et à prévenir celui que IVm devoit craindre encore. On dit aux Députés de Hollande, (p sentant le mal et connoissant la constitution du corps de kl
(1) Voir van Aitzema, III. p. 447. *Pc Hecr van Bevej weert was uyt het Legher cxpresselijck alhicr (h la Haye) ghekntf Maendacli, om het ooprh enric de direct ic te hebben op het gheenety (ieneralitcvt soude mogen voorçrhenomen wonlcn; ende bleeek dat 84 Hoogh. desc hacr Ho. Mog. Résolut in acngenaem was, om, ab h Accoort met Amsterdam gecn panck wildn nemen, echter met reputtil te moghea weder komen." Voir aussi Wagenuar, Be$ckrijting a Amsterdam , V. p. 127.
nsiderable, à revenir à la Haye, pour y assister aux délits importantes de l'Assemblée, à faire cesser les hostilités, neommoder point le commerce d'Amsterdam (g)% L'on ne
pas faire un plus grand plaisir au Prince, qui ne voyoit 'apparence d'en sortir avec honneur; c'est pourquoy ses rot résoudre cette deputation tout d'une voix, mesmes du sment des Députés ordinaires de Zeelande, quoy qu'ils il pas un pouvoir suffisant pour cela, à ce qu'ils disoient.
resolution ne disoit pas un mot des troupes, parce que li l'avoient prise vouloient éviter adroitement l'occasion rler, afin de se reserver la liberté d'advoûer ou de desl'action du Prince, après qu'Os auroîent veu le succès du Da oroyoient aussy obliger la ville d'Amsterdam et les illes de la Province, par cette entremise, à s'accommoder iiments des autres Alliés et à consentir à ce que Ton ne A les troupes que suivant l'advis du Conseil d'Estat. Mais
Ton y considéra le plus ce fut la réputation du Prince rge, dont ils avoient desja appris l'intention par le Sieur rerweert.
rince sçavoit, qu'après la démarche qu'il venoit de faire, Kwvoit pas retourner sur ses pas, sans se faire un tort bfe| que sa retraitte, sous quelque prétexte qu'il la fist, lit honteuse, et que mettant l'affaire en négociation, il y , rencontrer les mesmes difficultés qui l'avoient jette dans ordres. C'est pourquoy, résolu de traitter avec la ville
Issolntion des Etats Généraux du 1 Août 1650. [Voir aussi
.des Etats de Hollande du même jour.]
die du S Août. # .... om ... deselve te disponceren van de be-
314 Capitulation d* Amsterdam.
directement, et sans l'intervention d'un tiers, s'il y royoit lu soit peu d'apparence, il escrivit au Magistrat, devant que Baver weert fust revenu, que son intention estoit d'entrer daai fa ville. Le Magistrat ayant reçcu cette lettre, lui envoya qutn Députés, Corneille de Qraef, Baron de Zuidpolsbrak Bourguemaistre, Simon van der Doos et Nicolas Tulp Eschevins, et Pierre Cloucq (1), Conseiller, qui le primat! s'expliquer un peu plus amplement sur ce qu'il leur avoit «Mil et de quelle façon il pretendoit entrer dans la ville. Il leur fi que son intention estoit d'y entrer avec des troupes et d'y Um garnison. Les Députés de leur costé le pressèrent d'alaipi celles qu'il avoit amenées, et le Prince repartit, qu'il les na voyeroit à leurs premières garnisons, dés qu'ils seroient d'aeooa des conditions. On le fut dés le lendemain, et après quelpi allées et venues le traitté fut signé. Il portoit, que la viD d'Amsterdam s'accommoderoit à l'advis des six Provinces tel chant Testât de la guerre; que le Prince tâcherait de le fia régler sur le pied de la proposition, que lui et le Conseil à% tat a voient faite le 15 Juillet, et qu'en attendant le consente— des autres Provinces, il subsisterait ainsy qu'il avoit esté arittA de l'advis du Conseil d'Estat, tant que la guerre entre la Fm0 et l'Espagne durerait, c'est à dire trais ou quatre ans an pki et que si dans ce temps là la paix entre les deux Couronnât! se faisoit point, les Provinces s'en accommoderaient entre tfa ainsy qu'elles le jugeraient à propos pour le bien de l'Estatj qs la ville consen tir oit à ce que les compagnies, que les Estais à Hollande avoient licentices, fussent payées de leurs arreragtt,« aiderait à donner ordre à ce qu'elles fussent bien payées k Mb» nir; que s'il plaisoit au Prince d'entrer dans la ville, il y stf> reçeu en la mesme manière que ses prédécesseurs, Gouverne» de la Province, y avoient esté reçcus, et mesines qu'en la mstii qualité on lui donneroit audiance dans le Conseil, s'il le désirai que la ville d'Amsterdam ferait des devoirs dans l'assemblés 4 Estats de Hollande, afin que l'ancienne amitié et confidence h restablic, et qu'il ne fust plus parlé du passé; et qu'après <p ces articles auraient esté signés, les troupes seroient renvoyé à leurs garnisons (/i).
(h) Pièce justificative, n. XXXV11I.
(1) Pierre Kloek.
Exclusion des Bikker frères. 315
L'on y ajousta un article séparé, et comme secret, par lequel André et Corneille Bicker, frères, l'un ancien Bourgueluiftre, et l'autre Bourguemaistre en fonction, dont ils s'estaient •quitta en gens d'honneur, estaient obligés de s'abdiquer de la Ifagistrature, et d'y renoncer pour l'avenir, quoy qu'en toute lev conduite ils eussent donné des preuves continuelles d'une probité sans exemple, et d'un zèle très ardont pour le bien de rEstat et de la ville. G'estoit une chose bien dure de traitter de cette façon deux personnes d'un mérite extraordinaire, et qui notait très dignement servi en toutes les occasions (1). C'est pourqooy le Conseil de la ville eut de la répugnance à y consentir, et ne les auroit pas sacrifiés en effect au ressentiment du Prince, ■u les artifices de quelques uns, qui ont bien sçeu occuper le peste des disgraciés, et s'y maintenir tant qu'Os ont vescu; et si en deux personnages en renonçant volontairement aux dignités, s/Os possedoient dans la ville, n'eussent protesté qu'ils préféraient le repos de la ville à leur satisfaction particulière, et à Aterest de leur famille (2). Le Conseil les en remercia, promit de reconnoistre cet important service en leurs personnes et en
(1) w L'exclusion des deux Bikres (*) de la magistrature d'Ain ifankm est une espèce de réparation pour S. À." Lettre de Brasut à Mazarin du 10 Août 1650. Archives, IV. p. 393.
(S) Il faut comparer ce récit avec ce que dit van Aitzema, III
p. 447. *My is naderhant gheloofwaerdigh vcrhaelt, als soo hardt ghe-
faagoen wiert op de exclusie van de Bicker s, dat het advijs van
fa IUcdt niet was om sulckx toe te staeii ; macr naeder instantie te
doen, om de exclusie te deciiiieren. Des onaengesien quamen N. ende
ft in het Torentje ende eyschten de Stock ende het Zeghel om het
«coort ofte tractaet met de Prins te bevestigen. De Heer van
jSvictcn seyde, den Raedt hadde beslooten, men soude cerst naerder
isrtaotie doen om de exclusie te bcletten. N. eude N. seyde, sooda-
njgjbe instantie soude doch te vergeefs zijn, nemende alsoo de eene
de Stock, ende andere het Zcghcl, en voeren nae het Lcgcr, vol-
treckende het accoort met tcykcnen en zcgelen. Sy waren naeu-
wéijei gegaen, of de Heer van Cortenhoven quam in diligentie
tôt Amsterdam, verseeckereude dat de Statcn Geuerael door een aen-
eienlijcke Deputatie deu Prins souden gaen versoecken om wederom
n den Hage te komen ; dienvolgens dat de exclusie niet noodigh was."
H Bikker.
316 Exclusion des Bikker frères.
leur postérité, et voulut qu'il fust expressément stipulé, que oetts abdication se feroit sans préjudice de leur honneur et de Mr réputation. Le Prince y consentit, et destruisit par ce moyeu U me8me tout ce qu'il avoit publié contre ces prétendus crinriwfr on les accusant d'avoir voulu diviser l1 Estât et violer PUnk»*, c'est à dire d'un crime d'Estat, qui approchoit de celui de Le* Majesté au premier chef.
Ce procédé du Prince à l'égard des deux frères surprit extif niement ceux, qui sça voient quels services ils a voient rendus lit Maison d'Orange, et particulièrement celui des deux, qui avoir de fort bonne grâce, quelques mois auparavant fait faire prattt au Prince de cent cinquante mille livres, qu'il y vouloit sorif* ment faire emprunter par le Sieur de Heemvliet, en «S* ployant le crédit de la ville, afin d'avoir de quoy pouvoir fife partir le Boy d'Angleterre, qui ne subsistoit icy qu'à ses dépM: et qui incommodoit extrêmement ses finances. L'on sçavoit aukt? qu'ils avoient fait de grands devoirs pour lui faire donner ssthtf faction, lors que la mesme ville lui presta deux million! de bV vres, pour le soulagement de ses affaires domestiques, estant vnj que ce furent ces deux frères qui s'y employèrent avec le pli* de zèle, et à qui il estoit le plus obligé du plaisir qu'on 1« Et en Tune et l'autre de ces deux rencontres.
Si le Prince pressa fort la conclusion de ce traitté, parce qui* craignoit, que la deputation des Estats Généraux n'apportas* dl changement aux affaires, il sembloit que du costé de k vHP l'on en eust usé avec aussy grande précipitation, soit parlapidence ou par foiblesso de ceux qui avoient la conduite de SBlft affaire, ou bien par l'envie et l'émulation de quelques uns dlr> Magistrat, qui vouloient faire leur profit de l'éloignement deV deux Bourguemaistrcs. 11 est certain que ce ne fut pas la ssds considération du bien public, qui fit faire cette capitulation, moi qu'il y eut beaucoup d'interest particulier mcslé. Le Prince avili manqué de surprendre la ville, il lui estoit comme impossible dp. la réduire par la force, et il estoit très facile à la ville de fiaire. lever le siège, et de ruiner l'armée; et ncantmoins il y avoit dl l'apparence, que l'intention du Prince fust do continuer le siège» quoy qu'il se trouvast converty en blocus, puisqu'il avoit es* voyé ordre à des compagnies qui estoient dans Embdc, et ea d'autres garnisons éloignées, de le venir trouver; que d'autres compagnies arrivèrent auprès de la ville après que l'armée enfui délogée, et mesmes qu'il y eut des ordres expédiés, qui ne furent
Exciwiio* des Bikker frères. 317
que huit ou dix jours après que le siège fust levé. De finira costé tous les moments estoient précieux aux habitants fAmterdam* U importoit à leur commerce de faire l'accommodant, avant que le bruit du siège fust porté aux païs estrangen, où il auroit fait protester les lettres de change, et affoibly et niné le crédit des marchands. U mut remarquer aussy, que pu «ne seule ville de Hollande ne se déclara pour celle d'Amsterdam H n'y eut, que le Magistrat de Goude, qui ne voulust pas pœttre, que sa garnison allast joindre le Prince, bien qu'elle Mit ordre de marcher et de se rendre devant Amsterdam. Au oûsftnire il y en eut, à qui la crainte, ou la flatterie fit faire Offrir les magasins au Prince, et qui lui fournirent, de leur ■omnent, tout ce qui pouvoit servir à la réduction de cette fflbkle ville (1). Tellement que ceux qui avoient fait l'accord piment faire accroire, qu'elle ne pouvoit pas prendre d'autre partf que celui de raccommodement, et avoient un prétexte fort pboabk, pour se mettre à couvert de ce que Ton pouvoit dire de leur procédé.
Bras le mesme temps les ennemis de la ville firent imprimer 4 distribuer quelques articles d'un prétendu traitté, qu'ils di- •Mii que la Tille d'Amsterdam avoit fait avec le Parlement de Londres. Le dessein de ceux qui faisoient courir ce bruit estoit fcimidre son Magistrat odieux, et de l'exposer à la discrétion fc «s habitants, qui avoient sujet de haïr les Anglois, parce ffib incommodoient extrêmement leur commerce.
Ceux qui se servoient de cet artifice, pour rendre la ville odieuse, publioient, afin de donner quelque couleur à ce qu'ils * déchoient, que le Magistrat avoit fait négocier ce prétendu Wttë par Gérard Schaep Pietersen, Conseiller de la ville d'iaiterdam, que les Estats de Hollande avoient envoyé à Lon-
0) Voir van Aitzema, III. 447. *Dic van de Stadt conside-
"Wden dat op haer versoeck van de andere Stcdcn niemaut comparcer-
de; dat die van Ilaerlem, de naeste en nmchtigstc, hacr poorlcn voor
deiPrincen volck open lieten staen, aile toevoer acn *t Léger deden,
Œ getn party maeckten; dat die van Leyden alderhande schuppen,
ipiden ende andere materialen lieten naer het léger volghen, ende
noch meer te doen ghewilligh warcn; dat het doorsteecken van de
dijeken ende openen der sluysen ecne onoverwinnelijcke scliadc aen
HoUant soude doen, en dat by continuatic van belegeringe, bchalven
de bloedstortinghe, de negotie ende commercie een grooten stoot soude
Lrîjghen, hebben daerom cen klejutje over 't hoofd ghesien"
318 Retour du Prince à la Haye. .
drcs, en qualité de Commissaire, pour y ménager les interestide la Province, pendant que le Parlement n'y vonloit pu sodtir un Ambassadeur de l'Estat (1). Or comme la ville ne pouToifc pas avoir fait traitter Bans un attentat manifeste à la 80070» neté* de la Province, et sans crime, ceux qui publioient ces M» velles, tâchoient de persuader, qu'elle meritoit d'estre traittfc m criminelle.
Je ne voudrois pas dire, que c'ait esté l'intention du PrilH d'Orange, mais Ton ne peut pas nier aussy, qu'il n'aurait pi esté fort facile d'éviter les desordres, qui sont presque inseptr* blcs des surprises des places, ou du moins qu'il y pouvait arriver des accidents, qui nonobstant toutes les prévoyances et J» cautions imaginables, eussent déconcerté tous les ordres q«ï cust pu donner, et ainsy qu'il jettoit dans le dernier péril M ville, dont le commerce fuit fleurir celui de toutes les voistosi et sans laquelle l'Estat ne se pourroit pas faire considérer, 13 subsister comme il fait.
Incontinent après que l'accord eust esté signé, le Prince, si lieu d'entrer dans la ville, reprit le chemin de la Haye, et vavoya les troupes en garnison, et les Députés que les Estats G* neraux lui avoient envoyés, aussy bien que les Députés des II* tats de Hollande et les Conseillers Députés de la mesme fts* vinec, qui s'estoient aussy mis en chemin, retournèrent sur km pas, après que les uns et les autres curent appris, que l'aooo» modement s'estoit fait sans eux, et qu'ils ne trouveraient plus 11 Prince devant Amsterdam.
La capitulation portoit, que la ville licentieroit les gens 4 guerre, qu'elle avoit levés pendant le siège; mais elle témoigM en toute sa conduite qu'elle n'estoit point satisfaite de celle et Prince, et qu'elle ne trouvoit pas sa scurcté en la capitulation En qualité de Capitaine General il n 'avoit point de fonction, * non à la Campagne et dans l'armée, et comme Gouverneur à Hollande il ne se pouvoit pas faire députer de la part des ï* tats Généraux, ny agir dans la Province sinon de l'advis de Estats de Hollande, ses maistres, et en leur absence de celai 4 Conseillers Députés qui les représentent. L'on estoit aussy entfc rement persuadé, aussy bien que plusieurs autres l'estoient, qi l'intention du Prince d'Orange estoit d'engager l'Estat dâ une nouvelle guerre avec l'Espagne. Et comme c'estoit l'avenu
(1) Voir p. 26C.
Audiauce de V Ambassadeur Brun. 319
de k Pwvince d'Hollande et de la ville d 'Amsterdam, qui n'y arait consenty que par force, elle croyoit avoir sujet d'appreknder, qae les mauvais Conseillers du Prince, qui estaient la plssptrt officiers de guerre, et qui avoient bien pu lui faire entreprendre un'affaire de cette nature, sans l'ordre exprés de ceux fu seuls le lui pouvoient donner, ne le portassent à de plus gnades extrémités, et que le Prince, qui avoit la disposition ablotie des armes de l'Estat, et qui n'estoit pas sorty de l'affaire d'Amsterdam, comme il eust bien désiré, n'en demeurassent pas là, mais lui fissent prendre d'autres mesures, pour en venir à une dernière violence (l).
Le Magistrat d'Amsterdam, pour se défendre des insultes qu'il erojoit devoir craindre encore, et pour se mettre à couvert des «prises, fit nettoyer le fossé de la ville, fit mettre des palissades aax endroits nesessaircs, et rangea sous cinquante quatre drapaun 1a bourgeoisie, qui ne consistait auparavant qu'en vingt quatre compagnies. L'on visitoit les bateaux et les barques, qui moient des villes voisines, et il fit venir d'Anvers un Ingénieur, fat il se vouloit servir, à réparer et achever ce qui manquoit m fortifications du rempart et des bastions (2). Ce qui n'empêcha pas pourtant, que quelques jours après il ne licentiast les gai de guerre, et qu'il n'ordonnast aux Députés, qu'elle envoya à Assemblée des Estats de la Province, d'acquiescer de sa part » be que le Prince et le Conseil d'Estat avoient proposé le 15 Jnllet précèdent, conformément à la capitulation.
À l'occasion de cet accommodement l'Ambassadeur d'Espagne demanda audiance aux Estats Généraux, qui la lui accordèrent, •ni s'informer autrement du sujet; mais ayant appris depuis, •je c'estoit à dessein d'y parler de Testât présent des affaires, on h ft prier, quoy qu'il fust desja arrivé au pied de l'escalier, où <* ta devoit recevoir au sortir du carosse, de trouver bon, qu'on ■e 11 lui donnast pas en cette rencontre, et sur le sujet dont il
(1) Il y a dans le texte un solécisme. L'auteur semble avoir voulu &«: **«• demeurât pas là, mais qu'on lui fit etc.
(S) Voir Wagenaar, Beschrijving van Amlerdam, V. p. 140 sv. »D se vcoit aussy que, nonobstant la convention de remettre la ville PAasterdam au mesme estât de repos qu'elle estoit auparavant, les etenues des soldats s'y continuent, avec un travail jour et nuit aux
>rtiffications En un mot .... la constitution de cet Estât paroist
erreilleusement brouillée." Brassct à Mazarin, le 10 Août 1G50. rckkes, IV. p. 393 sv.
320 Justification de M. de Witt
vouloit parler, de sorte qu'il fut obligé de s'en retoarn lui (*).
L'advis do l'emprisonnement des six Députés ayant < pendant porté dans les autres villes de la Province, il pas receu d'une mesme façon par tout. Le Magistrat < drecht, ayant appris, qu'entre les autres Députés le Priw aussy fait arrester Jacob de Witt, ancien Bourguema: leur ville, résolut dés le lendemain, bien qu'il fuat da qu'un bon nombre de Députés de son corps iroit tra Prince, pour tâcher de l'obliger à le remettre en libi moins à la caution de la ville, qui promettrait de le senter à la justice, tant elle considérait les services, qu ceux de sa maison avoient rendus à la ville et a l'Estat, bien et de leur sang, depuis le commencement des trout déclara aussy formellement, que le mesme de Witt n'a? advisé, touchant la reforme et le licentiement des gens de qu'en suite des resolutions formelles qui avoient esté p des ordres exprés, qui lui avoient esté donnés, et à ae gués, par le Conseil de la ville (£); que pour faciliter la de sa personne, non seulement ils pourraient consentir à la dernière proposition du Prince et du Conseil d'Eata dernier estât de la guerre fussent agréés, mais aussy q cheroient d'y disposer les autres villes de la Province, ai judice toutefois de la liberté qu'elles ont, et que l'Unie* laissée, de pouvoir délibérer tous les ans touchant le oc ment des subsides extraordinaires, que le Conseil d'Esti
(#) Résolution des Etats de Hollande du 5 Août 1650.
(k) ,1s bij den Oudtracdt geresolvecrt .... dat men uyt hei van dien een aensicnlijckc deputatic van Gcdeputeerde afin: aan Siju hooghgemeldc ïïoogheyt om dcselvcu bij aile mogelijk len, redencn, inotiven, inductien en persualicn te pcrmovei disponeren den voornoemdcn Oudt-Burgcmeester de Witt voorsz. detentie te ontslaen; .... en doertoe onder andere o gueren de goede diensten bij den voornoemdcn Ileer OudtBurg de Witt aen de Stadt en de Staet gedaen en die van sijn Vc die van den beginne van den oorloge lijf goet ende bloct da geset hebben. Dat ooek de Ileeren Gcdep,lcn ter daghvaert e cialijck mede den voornoemden Hecr de Witt, nopende dei nieuwen staet van oorloge, cassât ie ende reductie van de mi geadviseert hebben als 't gceue, waertoc bij den Oud-Racdt * last," etc.
puur x auuuiumuuuuiuiu uc uuti munie.
i deputation n'ayant point eu d'effcct, parce que l'on apprit soir, que le Prince estoit le mcsmc jour pnrty de la Haye, » rendre à l'armée, le mcsmc Magistrat fit deux jours après r un acte en forme, pour la justification de Jacob de et de sa conduite, et pour le dédommagement de sa peret de ses enfants de tout ce qui leur estoit arrivé, ou t arriver à l'avenir à cause de cette rencontre (1). Il ausay, que les Députés feroient dans l'assemblée des Estats lande les mesmes offres que les premiers Députés avoient eu le faire; moyennant qu'il remist les prisonniers en liberté, I retirast les armes del'Estat de devant la ville d'Amsterdam, » l'on tacheroit de le convier par une deputation expresse part des Estats Généraux et des Estats de Hollande. Il it mesmes aux Députés, qui alloient de la part de la ville emblée des Estats de Hollande, de se mcsler d'aucune publique, que celle cy ne fust réglée, ou d'entrer en aucune née, qne les prisonniers ne fussent remis en liberté, et ement restablis en leurs premières charges et dignités. leur «ele, pour n'avoir esté secondé par les autres villes Bées que bien foiblement, leur estant inutile, et les amis itres prisonniers ayant plus de compassion et de tendresse eurs personnes, que de constance et de fermeté à soustenir Dits de la Province, et à faire respecter le caractère des b de ses Estats, le Magistrat de Dordrccht, ne pouvant d entreprendre de faire réussir une affaire commune, et it neantmoins obtenir en toutes les manières la liberté de îourguemaistre, ordonna à ses Députés d'y travailler de t avec les autres et de suivre leur exemple et leurs ad vis. Messieurs estoient plustost prisonniers du Prince d'Orange
322 Remise en liberté des prisonniers.
rOflicier qui les gardoit, et qui commandoit au chastean, i cevoit point ordre sinon de lui. C'est pourquoy il falloit i saircment 8 'ad dresser à lui pour les tirer d'an lieu, où ils < si estroiteraent resserres, qu'ils n'avoient point de commensal qui que ce soit. Le Magistrat de Delft, et les parents de JsiJ Duyst de Voorhout furent les premiers qui parlèrent posrf liberté du prisonnier (1). C'cstoit un homme aagé de prfci soixante dix ans, et cet aage, suivant la ooustume de la fil l'obligcoit à s'abdiquer de la Magistrature dans peu de moÎM ainsy il n'eut point de peine à y renoncer présentement sH acheter sa liberté à ce prix là. Le Prince, qui considérât ffà ne pourroit pas empescher, que la connoissance de 1'aflaire Jti prisonniers ne fust renvoyée à la justice ordinaire, et (pApB que l'affaire d'Amsterdam avoit manque les Estats de Hctisil ne souffriroient pas qu'on les fist juger par des GommisssJns/4 sorte qu'il seroit impossible de les faire déclarer criminels, y M quiesça, et fit sçavoir aux Estats Généraux, qu'il l'avoit mil à liberté, en vertu du pouvoir, qu'ils lui avoient donné par Ul resolution du 5 Juin. Toutes les autres villes suivirent son Wtà pie. De AVitt pria le Magistrat de Dordrecht de le ddulissjsj de l'cmploy, qu'il avoit au Collège des Conseillers DennftsYti Hollande, et de le dispenser à l'avenir de toutes les fondas! dont jusques icy il l'avoit jugé capable pour le semée dektfl et de l'Estat. Le Magistrat déclara, qu'il le lui accorderont jN qu'avec regret et répugnance, parce qu'il le desiroit, mais sjiJi lui reservoit le rang qu'il tenoit dans la ville, aussy tien ip l'honneur, la réputation et la bonne renommée de sa pexsonMtl de sa famille; et moyennant cette déclaration, que le Msgilrt envoya au Prince, ccluicy lui fit ouvrir la prison, comme as*J aux autres prisonniers, et ne parla plus du crime qui l'avoit oUgc, à ce qu'il disoit, à faire arrester ces Députés, qui faisfiU une partie des Estais de la Province.
Tl est vray, que le Prince, pour justifier son action, donaftlj 15 Aoust au Président de l'Assemblée des Estats Généraux VI escrit cachette contenant les raisons, qui l'a voient obligé 1 SE arrester les Députés en vertu de leur resolution du 5 Juin. M> les Estats jugèrent, qu'il n'estoit pas à propos d'ouvrir le]
(1) On raconte que les fils de M. de Witt refusèrent de w au Prince la délivrance de leur père, ne voulant pas demander une faveur la réparation d'une injure.
Justification dn Prince. 323
d Je firent serrer, à l'exemple de ceux de Hollande, à qui le Aioee l'avoit fait donner dés le 8 du mesme mois, de peur de (muser l une playe qui saignoit encore et qui ne demandoit pu a remède (0- Le Conseiller Pensionaire eut ordre de le prier, et le garda en effect, jusques à ce qu'ayant obtenu sa bastion Tannée suivante, il le mit entre les mains de son suc- Bueor avec les autres papiers publics, dont il se trouvoit chargé. Noos Terrons en son lieu l'effect qu'il produisit, et la réponse M les Estats de Hollande y firent pour leur justification, et dv celle de leurs Députés. Nous nous contenterons de dire icy i passant, que le Prince, après y avoir parlé en des termes gêna* de quelques personnes, qu'il ne nomme pas, qui avoient ni dans l'Estat des cabales capables de le ruiner et de destruire Umon et la religion, comme aussy du pouvoir que les Estats k, qui composent le souverain Gouvernement de ces Prodit il, lui avoient donné, de le prévenir par toutes sortes t Boyens, déclare, qu'ayant inutilement employé les remèdes ion et faciles, il avoit esté obligé d'en appliquer de forts et b «astiques; qu'il avoit fait arrester les chefs de la cabale, et fii s'estoit fait accompagner de quelques gens de guerre vers buterdam, à cause du refus, qu'on lui avoit fait, par les intri- !M de quelque peu de personnes, de 1'oiiir comme Gouverneur b h Province, se remettant à une autre fois à dire les raisons ■ticolierea, qui l'avoicnt obligé à faire arrester ces six Députés ihutost que d'autres (m).
L'avantage, que le Prince tira de cette grande action, fut, que M villes, intimidées par l'exemple d'Amsterdam, et par l'empri- «nnement de tant de personnes de qualité, pour lesquelles pas as ville n'avoit osé parler, sinon en suppliant, avec de grandes
(0 Bésolution des Etats Génér. du 15 Août 1650. „Dc Hccr van tensvoode ter vergaderinge pracsiderende heeft acn h. Ho. Mo. voorabaegen ende gecommuniccert, dat S. Hoogh. acn heni presiderende nlooten ende vcrsegelt met syn kleyn cachet hceft behandight de reflua ende motiven die syn gemclde Hoogheyt hebben bcwoogen oui
bichte van de Acte van h. Ho. Mo. in clato 5 Juui luatslcdcn te seren de Hecren" etc. „ ....Waerop gedclibercerl gyndc is goetgexden ende verstacn dat de voorsz. beslooten ende versegeldc rcdnicn noch sullen worden gedeponeerd in de kasse van do Ci ritlic*' Voir si Hésolution des Etats de Hollande du 0 Août 1050. h) Pièce justificative n. XXIX.
321 Les Etals de Hollande consentent à Vital de guerre.
sousmissions (1), souffrirent que dés le 13 (TAoust les Estait à Hollande arreslassent, par une resolution formelle, que la pnfiP sition, que le Conseil d'Estat avoit faite le 15 Juillet preeefeli seroit agréée, pourveu que moyennant cela les prisonniers» sent mis en liberté (m). L'on y travailioit, et Ton ne àoàÊ point du succès; c'est pourquoy dés lo 18 du mesme raottjl Estats Généraux agréèrent et arresterent, d'un consentement» niinc de toutes les Provinces, le mesme estât de la guerre, <| avoit esté cause du scandale qui estoit arrivé, dans les termes qu'il avoit esté proposé par le Prince et par le d'Estat. Ils ordonnèrent, que suivant la resolution du 15 Jî
on licentieroit cinquante ciuq compagnies d'infanterie et i
de cavalleric, et que le liccnticment se feroit au nom du MB et du Conseil d'Estat; que les quatre compagnies de cavsflfl et les mille hommes de pied, qui faisoient tout le sujet m% contestation , ne scroient entretenus , que jusques à ce <F*1I Provinces auroient fait sçavoir leur intention sur ce point, '•
(«) Voir Résolution des Etats de Hollande du 13 Août 1850. fl eindelyk na rerscheiden discmtrsscn, en gedaane resumptie, ventant goedgevonden, dat den opgemeldcn voorslag van den ~ State, soo die is leggende, sal werden aangenoomen .... mits cbtfi aile middelca van devoir sal werden getragt, teu eynde de j de ITecren in liaar voorige vryhcid moogen werden hcrsteld." Etats de Hollande informèrent les Etats Gc-nér. de leur résdl . . en des termes qui cachaient leur impuissance: #dat haar Ed. QtJ% nu mccniirmaal voor deesen op het verminderen van de MOHfH* hebben gesprooken encle een taale gcbruikt, naa de geleega van der selver uilgeputtc Eiuaneien, veroorsaakt door den ren endc langduurigcu Oorlog, maer seedert hebbende gelet, 4M andere Provineien haar toonende in ongerustheid te rijn, veraftij selve oordcelden, den Staat deeser Landen niet genoegsaam va te sullcn wesen .... dat de selve nu goed hebben gevonden haaie 1 genooten daar in te pernod te gaan," etc. M. Brasset écrit bl Août au Cardinal: „La Hollande se moutre souple" (Jrck -H)*)].
(î) »....j'ay fait relâcher les prisoniers, .... les villes dont 3s eA députés m'en estant venus prier en corps, et ont signé qu'ils ne ■
treroit jamais plus dans le magistrat A telles conditions je 1»
relâchés et je vous puis dire .... que reste affaire a restabli entiers» mon anthoiitc, laquelle j'espère maintenir," etc. Lettre du Prince Al Août (Archive*, IV. p. 407).
Remercîmenis adressés au Prince. 825
seroient tenues de faire dans cinq ou six semaines nu I, et que faute de s'en expliquer dans ce temps là, ils seieentiés effectivement; que tous les gages, appointements, a, et tous les autres postes compris en Testât de Tau 1621 , sussy les gens de guerre, infanterie et cavallerie, compris i estât* des années 1626 et 1627, seroient payés jusques 1er jour de Décembre 1648; que le dernier estât commen-
ayoir lieu du 1 jour de Tannée suivante, et qu'à l'avenir voient pas les Provinces particulières, qui se donneroient 6 de licentier les gens de guerre, mais qu'on la laisscroit t en gênerai, qui en disposèrent de l'advis du Conseil, BJndice toutefois de la liberté', que les Provinces ont, de r ou de ne consentir point à la continuation des subsides rat pour la subsistance des gens de guerre (o). Les Dee Frise et de Groningue protestèrent, qu'ils n'y consenti condition, que les cinquante cinq compagnies, que oit licentier, seroient toutes estrangeres. Le Prince avoit t connoistre en toutes les conférences, que ce n'estoit pas ention, mais comme les sentiments de la pluspart des Provinces se rapportoient à ceux de ces deux, on licentia ompagnics Françaises, trente deux Angloiscs et trois Es-
le succès de l'affaire d'Amsterdam. Les Estats de Zee- » fiusant réponse à la lettre que le Prince leur avoit esassy bien qu'aux Estats des autres Provinces le 3 Aoust, qu'il partist de la Haye, Tadvoùcrcnt et l'approuvèrent s resolution formelle, et ordonnèrent à leurs Députés, tant es qu'extraordinaires, qui estoient venus à la Haye en nombre, de remercier le Prince de ce qu'il avoit fait à d'Amsterdam, de l'emprisonnement des Députés, et de le s continuer de donner des preuves de son zèle pour le
l'Estat (/>). Ceux de Gueldrc le remercièrent aussy, mais termes, qui n'approuvoient, ny ne condamnoient pas absooe qu'il avoit fait. Ceux de Prise l'approuvèrent, mais en mes généraux, et ceux d'Over-Yssel se contentèrent de le ar de la peine qu'il y avoit prise, ne doutant point, dils, qu'il n'eust eu des raisons très importantes, qui Toussent
Solution des Etats Gcncr. du 1S Août 1050. elle du 27 Août 1650.
326 RcmercîmetUs adressât au Prince.
obligé à an-ester ces Messieurs, et à employer les armes del tat contre la ville d'Amsterdam. Les Estats dUtrecnt loi m virent, qu'ils avoient veu ce qu'il avoit fait en toute cette dt et qu'ils avoient sçeu depuis, qu'il avoit envoyé aux EstaU J ncraux les raisons qui l'y avoient obligé; qu'ils ne point, bien que Ton en cust fait un secret, qu'elles i bonnes et fortes, et ainsy qu'ils le vouloient bien la peine qu'il y avoit prise. Ceux de Groningue ne dirent' I parce que les Estats de la Province ne s'estoient point amak et ceux de Hollande, bien loin de le remercier, en avoient ressentiment, qu'ils firent csclatter incontinent après la mort Prince, et dont l'on voit encore tous les jours les efeeti et suites (1).
Je me dispenscray de nommer icy celui qui contribua le | à faire prendre cette resolution en Zeelande , tant para f estoit parent des personnes de la première qualité en la Frétai que parce qu'il eut bientost sujet de se repentir du xele aveq et passionné qui l'avoit porté à faire parler la Province m < termes (2). Mais je ne me puis pas empescher de dire» que « civilité flatteuse estoit d'autant plus dangereuse, qu'elle n'appn voit pas seulement ce que le Prince avoit fait par le quelques estrangers, et de trois ou quatre personnes tionnées à l'Estat, mais elle estoit capable aussy de lui insfi de plus vastes pensées pour l'avenir. Un autre Prince, phi fl bitieux, ou plus emporté que celui-cy, en auroit pris oeoaé d'aller bien plus loin, et de se donner un pouvoir si absolu s les gens de guerre, que rien ne l'auroit pu empescher de A servir à l'exécution de ses intentions, s'il en avoit, et de ses î terests particuliers, de changer les Magistrats des villes à M caprice, et de passer du commandement précaire, qu'il avoit ft* me Capitaine General et Gouverneur de la pluspart des ïroii ces, à une autorité absolue, indépendante et héréditaire. L'oa remarquent encore, que les Estats de Zcclandc s'y donnent liberté de juger de l'autorité et de la puissance, que le Eriac comme Gouverneur de Hollande, se pouvoit donner en
(1) Voir vau Aitzcma, Salai van Stacl en Oorlogh^. III. p. 4 bv. Uentelde Lecu, p. 38 &v.
(2) M. de Wicquefort semble désigner ici, ou Henri Thibai alors Bourgucmaîtrc de Middelbourg, ou Jean de Knuyt, ci-der Ministre plénipotentiaire des Provinces Unies à Munster.
Mort du Prince. 327
Jfaflmde, et d'une action dont les Estata de cette Province, comme Jn neutres et les Souverains du Prince, estaient seuls juges, à itaboon de tous leurs Alliés.*
Les six semaines, dans lesquelles les six Provinces dévoient se deekrer touchant le licentiement des quatre compagnies de cavalkrie et des mille hommes de pied, estant exspirées, les Députés it Hollande ne manquèrent pas d'en faire souvenir ceux des autres AEes, et de les sommer d'exécuter la resolution, qui avoit este prise sur ce sujet. Mais il n'y on eut pas un, qui osast y mettre h min sans la permission du Prince, qui estoit allé en Gueldre SB divertir & la chasse. Ils ne furent pas si difficiles après le décès du Prince; au contraire le Conseil d'Estat, qui pendant sa rie l'estoit opposé à ce licentiement avec une fermeté qui tenoit de l'obstination, fut le premier à y consentir après sa mort, et et fit lui mesme l'exécution.
Le Prince, pour se donner quelque relâche, après l'application, me laquelle il avoit travaillé à ces fascheuses affaires, estoit allé, tonne je viens de dire, en Gueldre, où il avoit depuis quelque tanps acquis la terre et Seigneurie de Dieren, située dans un pais oe dusse, dont il aimoit le divertissement avec une passion exil y en avoit qui croyoient, que son intention estoit, en cette acquisition, de se donner par ce moyen entrée aux des Estats de la Province, comme gentilhomme du pris, et comme y possédant un fief noble, à dessein de s'y faire Mirer Premier Noble, et que ce fust mesmes le principal sujet h son voyage. Mais ce n'est qu'une conjecture, puis que penint le séjour qu'il y fit, il ne fut qu'une seule fois à Zutphen, oi les Estats de la Province estoient assemblés en ce temps là; fc sorte que l'on ne peut pas dire bien certainement, s'il s'en tammt à quelques uns de ses confidents, ou non; au moins l'on n'en a pas secu la suite, et personne n'avoit garde de se Kw honneur de cette confidence après le décès du Prince.
Ls saison estoit assés avancée, et extraordinaircment mauvaise
et déréglée, et comme le Prince se portoit à tous les exercices et
avertissements avec excès, il s'abandonna à celui de la chasse
avec tant de plaisir, que négligeant sa santé, et les remèdes qui
Ja pouvoient conserver, il ne se put pas résoudre à le quitter,
90e lors qu'il fat contraint de céder à la violence de la fièvre,
dont il sentit les premier accès vers la fin du mois d'Octobre.
Le lieu, où il se trouvoit, ne lui pouvant pas fournir toutes les
ommoditès nécessaires en Testât où il estoit, il se fit porter par
32S More du Priact.
eau à lu Haye, où les simptomes de son mol firent biak/o** connoistre, que c'estoit la petite vérole, dont il estoit malade» Les médecins le traitterent dans les formes, et avec tant de sro» qu'ils le croyoient presque hors de danger lors qu'il mountfc b" Novembre, sur les neuf heures du soir, en Fange de vingt qflTr Ire ans et six mois. Le peuple, et particulièrement celai de k Haye, qui consideroit le Prince d'O range, non comme Gosisrncur de la Province, ny comme Capitaine General, mais couo le Souverain de l'Estat, parce qu'il n'en connoist pas la diffères», et qui aime et huit avec emportement et sans discernement, acetsoit les médecins, ou de négligence, ou de malice, et mesoei y en avoit par ni y ceux, qui, comme plus sages, faisoient refloki sur la constitution des affaires de ce temps, qui jugeoient, est cette mort ne pouvoit pus estre tout à fait naturelle, puis qa'db arrivoit trop à propos pour ceux, qui venoient de sentir l'efcs» de sou indignation et de son pouvoir, et qui avoient sujet dfe appréhender quelque chose de pis à Ta venir. La vérité est, est les médecins, qui estoient sans doute, des plus habilles et ai plus experts de leur profession, l'a voient Jraitté dans les fora* et selon les règles de leur art, qui ne sont pas si certaines sjsj les principes de la mathématique, de sorte que s'ils y avoMst manqué, ce fut en ce qu'ils furent les premiers trompés peî* mal, qui bien souvent ne découvre son venin, que lors qu'on b craint le moins, et avec tant de violence, qu'il n'est pas es h puissance des médecins de le vaincre. Et do fait, il mourut V» qu'ils faisoient espérer sa reconvalescence comme une chose isfr" bitable. Us avoient si peu d'appréhension du mauvais suee&fc leurs remèdes, que pendant tout le cours de sa maladie ib ■* liront pas exhorter le malade de songer au dernier et plus inp*" tant période de sa vie. Lors qu'on lui en voulut parler, il nto" toit plus en estât de l'cscoutcr, mesmes au jugement du miniiut» qui y fut appelle, et qui le trouva à l'extrémité et sans connO*" sauce, lors qu'il entra dans la chambre. Je ne me puis pss e** pescher d'admirer icy l'abominable ilatterie de certaine sorte fe gens, à qui il ne de v mit jamais arriver de déguiser la vérité,»» qui ne devraient point faire de distinction de personnes, partiel* licrement à\ l'article de la mort. Le ministre, dont je viens fc parler (1), au lieu de représenter au Prince agonisant l'horreur
(1) Le mini&Ue F terre mont dit dans ym oraison funèbre sur -le
Q*ali/ts du Prince. 329
de ses péchés, qui en son nage et en sa fortune ne pouvoicnt pas otre petits, ny en petit nombre, et au lieu de lui faire appréhender la jugements épouvantables de Dieu, afin de tâcher de tirer de lai quelques marques de repentance, ne laissa pas de faire un dfart, pour lui persuader, en le traittant toujours d'Altesse 8enusnine, que des yeux de sa foy il voyoit les cieux ouverts, et qee le fils de Dieu, assis à la dextre du Père, lui tendoit les bras de n miséricorde pour le recevoir. Le mesme ministre, non contait d'avoir fait imprimer son discours flatteur, ne manqua pas de s'étendre, tant en chaire, qu'ailleurs dans les conversations particulière*, sur le mérite et sur les eminentes qualités du Prince, et donnant dans la profanation, il appliquoit impudemment à la penonne du defunct ce que l'Escriture Su. dit de Jésus Christ, à de ses membres indivisibles, sçavoir que le monde n'en estoit bm digne. L'on n'a pas pu comprendre, comment des gens de cette robbe, particulièrement dévoués à la profession de la vérité, à h tineerité et à la simplicité, ont osé se servir de cette sorte d'expressions, tant en leurs sermons, que dans les libelles, qu'ils Ht fut imprimer, jusques à ce que l'on ait sçeu qu'il y en avoit pimy eux, qui vendoient leur langue aux Princes d'Orange, et fse les autres, attirés par l'espérance des pensions, dont leurs coflegnes joûissoient, encherissoient par dessus eux.
Es effect c'estoit un Prince, qui avoit fait connoistre en l'aage de vingt quatre ans, qu'il possedoit d'aussy grandes qualités, que *Hei qui ont élevé les Princes ses prédécesseurs à une gloire et nptition immortelle. Il avoit relevé le lustre de sa naissance, Uni par celui de son mariage, qui l'allioit avec tous les plus grands 4 plus puissants Monarques de la Chresticnté, que par l'alliance fiïl a?oit avec l'Electeur de Brandebourg. Il estoit jeune, infrtigable, quoy qu'un peu usé par les exercices continuels et trop 'Wenls, vaillant, entreprenant, civil et libéral, mais avec excès, JBiques à en estre incommodé en ses affaires; qualités illustres d eminentes certes, mais qui lui estoient communes avec plusieurs grands personnages, qui les avoient employées à la ruine de la tiberte de leur patrie, et qui estoient plus capables de le faire craindre, que de le faire aimer dans une Republique libre.
Prince en parlant du jour de sa mort: *Op Somlagh den sesten Norember des avondts omtrent neegcii uyrcn, in het jacr van de voorpooek van den val deser Landcn sestien hondert vyfti^h." Voir vau Litzema, III. p. 457.
330 Impressions causées par la mort du Prince.
Le dernier respect, que l'on avoit eu pour la personne du funct eu sa vie, parut en la dernière licence, que les langui les plumes se donnèrent après son decés; sur tout à Amsterdi et dans les villes qui croyoient avoir esté mal traittées en kl Députés et Ministres. L'on y consideroit la dernière heon la vie du Prince comme la première de la liberté du païs, et pi ticulierement de la Province de Hollande (1). Au contraire Tau
(1) Les Etats de Hollande eux mêmes ne dissimulaient pas quedi eux la mort inattendue du Prince préservait la patrie de beaûcoipi désordres. Dons un document écrit avec beaucoup de dignité et iji pour but de les défendre contre les accusations du parti du Prince, i s'expriment ainsi : * Danckendc alleenlijck en loovendc den Ahuriri ghen Godt in 't binnenste van onsc Zielen, dat hy ons op *t alk ouverwaehtstc, .... door sijne wonderlijckc werckinge uyt aile dm \ kommcrlijkc verwarringen ende swarigheden so genadighlijck heeft « Jost," etc. Waerachiigh ende noodigh Bericht, van 't gunt bg de Hm Statcn van Hollaudt ende West-Vricslandt in den jare 1650 van # foi tijdt is geadeiseert, geresolveerf, ende gedaen omirent het icerck a Ménage. On lit dans une brochure intitulée : I Confertntie mm màx Nederlandtsche lleeren op den tegenwoordigen siaei deser Lande» (1G dclburg chez Jean de Lact 1G50): ,dat de doot vande leste Ha Prince van Orangjcn noodich, dienstich en proffitabcl is.M Voir an v. Aitzema, Herstelde Lecst, p. 43. *Dcs Priuccn doodt bedrorf scer den ghenen die met ende door hem ghedreven hadden de Prêt durcn tegen Hollaudt. Eenighe Predicanten soo op de Precck-stod I onder de Gcmccntc sustiucerden, „ „ dut de Stact was outhoofdet, (btt geen Kouingh in Israël was ; dat de Stact in twist, confusie ends i duygen soude vcrvallcu." " Alaer in die van de Rcgcringh van HoUm ende ovcral in de penc die het Ilooft meer nacr de libcrtcyt als bs 't Ilof hinph, saph nien terstont proolc veranderingh eude blijtsdtfj de lijdingh licp sncl, smorgens ten dric uyr had men se t'Amsteidtf Aldacr wiert oin desc tijdingh scer en mildclijck in de Arme-Bus gef vcu." Saken van S tuai en Oorlog, 111. 458. M. Bras s et ue regretta pas moins le décès du Prince, qui renversait tous les dessins du Cl dinal pour l'avenir : * Ce sera pour le moings à ma déscharge <Fsyo fait ce que j'auray peu pour le service de leurs Ma j estez, que jepU extrêmement d'avoir à patîr et souffrir leur part du préjudice puHi de cette perte, de laquelle .... je ne doubtc point que V. E. ne H sensiblement touchée, luy pouvant dire avec vérité que ce Prince %V pour elle dos respects et des sentiments tout particuliers; c'est .^.i ce fondement que j'ose vous en faire condoléance et plaindre ce in heur qui, en l'estouftant, a esteint- tout l'espoir du fruit qui se pi voit attendre de vos soings continuels pour cultiver la dévotion qi avoit toute enracinée dans son aine pour le service de leurs majest mais, tout Prince qu'il fust, il estoit né mortel" etc. Lettre di
Snites de la mort du Prince. 331
ses domestiques, de ses partisans, des officiers de guerre eux qui le regardoient comme Fauteur de leur fortune, concevable. Les deux Princesses, dont l'une estoit veufve, s mère du Prince, n'en furent pas touchées d'une mesme La première perdoit en la personne de son mary toute lation, qui lui restoit après la mort sanglante de son
dans l'exil et les persécutions du Roy, et des Princes i; mais l'autre, qui avoit esté toute puissante pendant la ton mary, et qui croyant devoir gouverner son fils de la açon, n'y avoit pas trouvé toute la disposition qu'elle airée, avoit fait connoistre, il y avoit longtemps, que n de Princesse et la tendresse de mère ne sont pas touss qualités fort compatibles dans une mesme personne.
eurent elles le loisir d'essuyer leurs premières larmes, die mère et la bru changèrent leur tristesse en des anirreconciliables, dans les contestations, qu'elles eurent au la tutele du Prince posthume, qui naquit le 14 du mes-
de Novembre, huit jours après la mort de son père, et mivirent avec tant de chaleur et d'opiniastreté, qu'il ny i la mort, qui les en ait pu guérir.
grande nouvelle de la mort du Prince ayant esté répan-
la Haye, Jean de Oent, des Nobles de Gueldre, et i F Assemblée des Estats Généraux de la part des Estats Mme Province, qui presidoit à son tour de semaine, pardon la constitution du Gouvernement, elle ne finit qu'à le minuict du dimanche au lundy, les convoqua incont leur représenta l'estrangc changement, que cette mort
aux affaires de l'Estat (</). Le defunct en avoit eu la
iîr Résolution des Etats Gêner, du 6 Novembre 1650 *dcs itrent elff ucren". — rBc Ilcer van G eut, ter vergaderinge aide, heeft aen haer Ho. Mo. voorgedragen ende bckent gelât het Godt Almachtigh belieft heeft deseu avont, omtrent ren Syn Hoogheyt den Ilcer Prinsc Wilhclm uyt deseu el in syn ccuwigh Ryck te haelen, en dicnvolgens hacr Ho. îdencken gegeven, wat in deseu gcvacrlijeken en onvcrwacliandt vau saccken ten meestcu dienste van den Lande soude gedaen te vorden," etc.
5 {Archives, IV. p. 428). Voir aussi le Mt moire sur la mort ' (FOran/ye, dans ses rapports avec la politique de la France p. 432).
332 Suite* de la mort du Prise*.
principale direction, aussy bien que ses prédécesseurs. Ou Estats Généraux ne mettaient point d'affaire importante en c beration, qu'ils ne le consultassent, comme l'oracle et le g de l'Estat, et mesmes les Princes avoient accoustumé lePresû de l'Assemblée, qui est sans doute la première personne de ï tat, dont il représente en quelque façon la grandeur et la E veraineté, de se trouver dans leur antichambre, pour y apprei leur volonté, et pour y recevoir leurs ordres. D'ailleurs il avoit plus de Capitaine General, de qui les Officiers de gn pouvoient recevoir les leurs, de sorte que la forme du Gem nement estant presque toute changée, les Estats Généraux, donnant à ceux des Provinces advis de la mort du Prince, prièrent d'envoyer au plustost à leurs Députés les sentime qu'ils jugeroient nécessaires et salutaires en la conjoncture ] sente. Ils ordonnèrent aussy au Comte Guillaume de N sau, Gouverneur de Frise, au Seigneur de Brederode,M schal de Camp, et aux Gouverneurs et Commandeurs des v et des places, de demeurer dans les termes de leur devoir veiller à la conservation de celles qui leur avoient esté coni et de ne recevoir à l'advenir leurs ordres que de l'Estat us diatement, à qui ils avoient fait serment de fidélité. En ( Assemblée il y eut cela d'extraordinaire, que l'heure de min estant sonnée, la Gucldre offrit de faire place à la Hollandf ceder la chaise à un de ses Députés; mais l'offre fut refusée; civilité, car la Hollande voulut que l'autre nchevast la delib tion, et qu'elle eust l'honneur de conelurre l'action. Il est 1 que les registres ne parlent point du tout de cette particula mais M. de Gent, qui est encore en vie, et qui l'a dit d'une fois, en peut rendre témoignage, aussy bien que plosi autres Députés, qui sont dans l'Assemblée depuis ce temps li Dés que le bruit de la mort du Prince fut porté dans les les de Hollande, celles que l'on avoit contraint d'éloigner de Conseil les personnes, que l'on avoit veu arrester et ema prisonniers au chasteau de Louvestcin, et qui avoient esté < gées de resigner leurs dignités, pour sortir de leur détention restablirent tous dans leurs premières charges, avec une joye marquent le ressentiment qu'ils avoient du passé, et la satis&i qu'ils trouvoient en la révolution présente. Le Magistra Dordrecht, qui s'estoit si hautement déclaré pour l'innocenc son Bourguemaistre, Jacob de Wîtt, fut la première à lu moigner l'estime qu'il avoit pour sa personne, et les autres '
Suite* de la mort du Prince. 233
«rif iront son exemple (1). Celle d'Amsterdam rappella à leur premier employ les deux frères, que Ton avoit fait sortir du Magistrat, avec des éloges, qui sembloient reprocher à la mémoire da Prince defunct la violence, qui leur avoit esté faite, et justifer la conduite de ces deux personnages, qui en cédant à la volonté da Prince, mesmes contre le sentiment de quelques uns de kun amis, avoient bien voulu sacrifier leur satisfaction particulière, et l'interest de leur famille à son ressentiment, pour le repos de k ville.
Les Estats de Hollande et West-Frise, qui avoient esté convoqués incontinent après le decés du Prince, considérant, que quelques unes des autres Provinces, dont ils avoient sujet de n'estre pu fort satisfaits, pourroient se défier de leur intention, après •roir si hautement loué l'emprisonnement de leurs Députés, et Mure d'Amsterdam, les voulurent bien guérir de cette défiance, en faisant dire aux Députés, qui estoient de leur part dans F Assemblée des Estats Généraux, que comme l'Union, l'amour, l'amitié, la bonne intelligence et confidence entre les Provinces estoient les seuls fondements, sur lesquels il falloit bastir la subsistenec et la conservation de l'Estat, ils estoient prests de donner à leurs Affiés, en toutes les occasions, toutes les preuves de la sincérité fc bar intention, que Ton pourroit désirer d'eux ; qu'ils estoient moins de maintenir la religion reformée, ainsy qu'elle estoit publiquement enseignée en ces Provinces, conformément aux décrets du Sinode de Dordrecht; de conserver l'Union, ainsy qu'elle «oit esté arrestée à Utrecht en l'an 1579, et de faire régler le nombre des gens de guerre, suivant la résolution qui avoit esté prise sur ce sujet en Tan 1646, à l'occasion des préliminaires du taitté de Munster, que l'on régla en ce temps là (2).
(1) Voir van Aitzema, Herstelde Lreu, p. 165 sv.
(2) Après la mort du Prince d'Orange les mesures n prendre dans *tte conjoncture ne tardèrent pas à utre mises en délibération. C'est a que fit le 10 Novembre le Conseiller Pensionnaire. Alors on résolut. «e nommer une commission pour examiner la question. Le jour suivant (H Xov.) la commission fit un rapport qui fut approuvé et offert le 12 à la Généralité comme l'avis de la Province; le même jour on résolut d'envoyer une députation aux Provinces. Sur la proposition des Députés d'Amsterdam les Etats de Hollande résolurent le 16 Nov. de faire examiner par une commission ce qu'il faudrait proposer aux Provinces, lorsqu'elles seraient assemblées à la naye, par rapport à la constitution de ces pays. Le travail
234 Convocation (Tune Assemblé extraordinaire.
L'Assemblée des Estats Généraux estoit presque toute oam] de personnes affectionnées à la Maison d'Orange, qui a* eu part aux resolutions du 5 et 6 Juin, à la grande deputi et à ses suites; et d'ailleurs les affaires que Ton devoit metti délibération, estoient de si grande importance, que les De] ordinaires, qui ordinairement n'ont pas un pouvoir assés ai pour résoudre de leur chef celles de cette nature, ne les poufi pas régler. C'est pourquoy les Estats de Hollande, jugeant estoit nécessaire de convoquer une assemblée qui fust comj d'un nombre extraordinaire de Députés, munis d'un plein poi de leurs committents, firent dire à l'Assemblée ordinaire, leur intention estoit d'envoyer des Députés aux Estats da Provinces, pour les y convier, et qu'ils prioient les Député l'Assemblée de seconder de leur offices particuliers ceux de • Province, et de souffrir, qu'en attendant l'ouverture de la gn Assemblée, les affaires demeurassent en Testât où elles este jusques à ce qu'il en auroit esté autrement ordonné par ton Alliés. Ils protestèrent en suite, qu'ils donnoient au repoi l'Estat le ressentiment qu'ils pourroient avoir de ce qui s'e passé depuis quelque temps en leur Province, qu'ils en ente roient la mémoire dans un oubli éternel, et qu'ils ne s'en soin droient non plus que s'il ne fust jamais arrivé. L'on renia aussy, que quand ils estoient obligés de parler du Prince défi non seulement ils le faisoient sans aigreur, mais qu'ils vouk mcsnics, que l'on crust, qu'ils avoient encore de la tendrai du respect pour sa mémoire.
Les Estats d'Utrccht firent représenter, à l'occasion de lai vocation de cette Assemblée extraordinaire, qu'elle no se pot tenir que dan 9 la ville capitale de leur Province, suivant If article de l'Union, qui dit en effect, que lors que les Estats Provinces Unies se voudront assembler pour les affaires im; tantes qui surviendront, ils choisiront pour cela la ville d'Util
de la commission, achevé le 19 Xov. fut mis en délibération le S! mais ce jour-là aucune résolution ne fut prise. Eu attendant 1 Dec. fut fixé comme le jour de réunion des Etais respeclifs des a Provinces (voir la Résolution du 20 Xov.), mais les Etats de Zee furent les seuls qui s'y rendirent. Nous avons cru nécessaire de mention de ces travaux préjunitoires, puisque M. de "NVicque n'en traite qu'en passant. Dans la pièce justificative n. XXX avons inscic les documents relatifs à cette affaire.
i DépntatioM des Eiait de Hollande vers les autres Provinces. 235
I Mus Ton jugea que ce règlement ne regardoit que la conjoncture de a temps là, auquel l'Assemblée des Estats Généraux n'cstoit pas encore ny continuelle, ny sédentaire, et il n'avoit pas encore aie* «resté entre les Alliés, qu'elle se feroit à la Haye, comme dus un lieu fixe, commode, et dépositaire des archives et des registres de PEstat.
Les Estats de Hollande, non contents d'avoir ainsy protesté de la sincérité de leurs intentions, envoyèrent des Députés aux Estats de toutes les Provinces, pour leur renouvcllcr les mesmes protestations, et pour les prier d'envoyer un nombre extraordi- ■aîre de Députés à la Haye, bien instruits et autorisés, afin que les Alliés pussent régler les affaires avec une puissance plus ab- •ofâe, et avec plus d'éclat dans une Assemblée si solcmnclle. Jacob de Wassenaar, Seigneur d'Opdam, du corps de la Noblesse, Corneille de Gracf, Seigneur de Zuidpolsbrock, ancien Bourguemaistre d'Amsterdam, et F r a n ç o is K i c ç e n, Concilier et Fensionaire de la ville de Purmcrcnde, furent envoyés eaGoeldre et en Over-Yssel. Nicolas Buysch, Conseiller et roukmaire de la ville de Dordrecht, Charles van Zyl, ConsâBer et Président de la ville de Gornichcm, et Corneille de Soneveld, ancien Bourguemaistre de la ville d'Alcmar, aliénai en Zeelandc. Le Seigneur de Brcdcrode, du corps de k Noblesse , Corneille Beveren, Seigneur de Strevelshock, 4 Hier <5 me de Beverning, Eschevin de la Ville de Goude, faent à Utrecht, et Conrad van Beuningucn, Conseiller ftuionairc de la ville d'Amsterdam, Guillaume Nieuport, Gfcaeiller de la ville de Schidam et Receveur des Domaines en fat-Hollande, et Corneille Bippcrsz, Bourguemaistre de la ïiDe de Horn, firent cet office en Frise et en la Province de Gro- ■agœ. Us firent donner des asseurances particulières aux Estats « Zeelandc de leur inclination à appuyer les interests de la Com- P*fnie des Indes Occidentales, où la Zeelandc avoit plus de part qu'aucune des autres Provinces, et à favoriser le commerce d'An- Gfekrre, auquel ces deux Provinces estoient particulièrement intéressées. Les fâcheux démeslés, qui avoient brouillé la Hollande srec les autres Provinces, n'cmpcschcrcnt pas, que ses Députés ne fussent parfaitement bien reccus par tout. Ils n'y Irouverent que de h civilité et de la tendresse (/•), avec la quelle on rcmercioit
• /) Uébolutiou des Etats de Hollande du 24 Novcmb. 1050. * En
230 Réception de la drpvUttioH dams Us Prédite*.
la Hollande du soin, qu'elle apportait à la conservation de 1*Uhm et de l'Estat, et toutes les Provinces promirent de faire treuil leurs Députés à la Haye au jour, qu'on leur marqueront pour IW verture de l'Assemblée. Il fut d'abord fixé par les Estais de Hoè lande au 15 Décembre, et les Estats Généraux l'agréèrent; et M antmoins l'ouverture ne s'en fit pourtant qu'au mois de Jami de l'année suivante 1651. Mais comme les affaires importaaJn qui y furent traittees, méritent bien un récit plus particulier, dm en ferons le sujet du cinquième livre do cette histoire.
Lies Estats de Zeclandc déclarèrent, qu'ils consideroient en de Hollande comme leurs plus anciens, plus confidents et ph fidcllcs Alliés, avec lesquels ils avoient plusieurs interesta oofl muns ; qu'ils recevoient avec agrément les preuves de leur ni pour la religion reformée, et de leur affection pour la conserui tion de l'Union ; et qu'ils ne manqueraient pas de faire en soH que leurs Députés fussent à la Haye au premier jour, pour y en certer avec ceux de Hollande les interests communs des dev Provinces, devant l'ouverture de l'Assemblée. Ceux d'Utrecatl des autres Provinces en usèrent de la mesme manière, et m voyerent les Députes fort satisfaits («).
La Hollande se trouvant sans Gouverneur depuis le decéi è Prince, les Estats de la Province réunirent à leur Souvenait plusieurs droits, dont les Princes du pais, et particulièrement «i de la Maison de Bourgogne, qui le plus souvent faisoient kl séjour en Brabnnt ou en France, avoient laissé la jouissances* Gouverneurs et Lieutenants Généraux des Provinces, et entrai très celui de l'élection du Magistrat, qu'ils faisoient danslapfan part des villes de Hollande, sur la présentation qu'elles fan a faisoient d'un certain nombre de personnes. Les Princes d'Or sage qui se trouvoient revestus de la mesme de qualité, avoient nsf succédé à la mesme autorité, et au moyen de remplir les Msfi strats de leurs créatures, et d'élever sur ces fondements une gna deur et une puissance en quelque façon plus considérable ei celle que les Princes héréditaires et Souverains du pais avoin autrefois.
is by descive Heeren respective om&taudig vorhaal gedaan, hoe defti vriendelyck, ende met hoedanigen grooten toegcncegentkeid de wi ghemclde Heeren Gecommittcerden in de respective Provineien t ontfangen, getracteert ende gedillrit1ccrt.,, (s) Pirce justificative n. XXXI.
Réception de la deputation dans les Province*. 337
le Rince defanct en avoit dispose assés absolument en quel- $m rencontres, parmy lesquelles celle de la ville de Nimmcgue a* fort remarquable. Devant que les armes de l'Estat, commandas ptr Maurice de Nassau, Prince d'Orange, eussent font cette ville au corps du Duché* de Gucldrc, dont elle est la pause, les mestiers y creoient les Magistrats, à l'exemple de se qui se faisoit dans la pluspart des autres villes de la mesme ftofince. Lors de sa réduction en Tan 1591, il fut dit par la ipHolation, que le Prince d'Orange, comme Gouverneur et ««tenant General de Gueldre, y feroit le Magistrat; toutefois [le ce ne eeroit que par provision, et pendant la guerre, sans mjudifle des privilèges de la ville. La paix de Munster estant life, le Magistrat et les bourgeois de Nimmegue, prétendant ren- «r en la jouissance de leurs anciens droits, envoyèrent leurs bantés au Prince, qui se divertissoit à la chasse dans leur voibftgB, le firent remercier de la peine, qu'il avoit prise jusques don d'élire le Magistrat pendant la guerre, et lui firent dire, plis ne l'en importuneraient plus à l'avenir, parce que suivant In anciens privilèges de leur ville, ils en ordonneraient ainsy frïls le jugeraient à propos. Le Prince surpris de la liberté de r discours, répondit au compliment, qu'il aviseroit à ce qu'il unît à faire, et s'estant cependant fortifié de l'autorité qu'il mit dans la Province, il sçeut si bien ménager celle de la Cour h Justice, l'inclination de la noblesse, et de la pluspart des ■tues villes, jalouses de la prospérité de Nimmcgue, que les Estait de Gueldre maintinrent le Prince en la possession d'y créer k Magistrat, comme il avoit fait jusques alors. Cette assemblée, pv donner quelque couleur à son procédé, clisoit, que le droit de créer le Magistrat avoit esté autrefois particulièrement affecté
• initier de S1. Nicolas, et ce mesticr ne subsistant plus, la t3k ne pouvoit pas, sans la permission expresse, et sans l'octoj des Estats Souverains de la Province, usurper un droit qui
* lai appartenu it pas. Le Magistrat repartit, que tout le corps ^ la bourgeoisie pouvoit bien se mettre en possession d'un toit, qu'un seul mestier, qui y avoit esté réuni, avoit eu autreoii; mais ses remonstranecs furent inutiles, et on lui ordonna 'obéir. Elle se plaignit de ce que le Prince, qui comme Ministre î l'Estat en gênerai, et de la Province en particulier, estoit iïigé de maintenir et de conserver les droits, libertés et privijes de la ville, faisoit gloire de les violer, et so servoit de l'ad-
33S Mesures prises par les Etats de Hollande après le décès et 1
vcu des Estats, pour faire des choses, que les Gouvernée mieux establis sous l'autorité des Princes de la Maison de! gogne, ny les Ducs de Gucldrc et le Boy d'Espagne s n'avoient pas voulu entreprendre, au plus fort des desorà pois; que le Gouverneur se donnoit un pouvoir, que le I rain n'auroit pas osé prétendre, et que les Estats de la Pr disposoient d'un droit, dont la connoissance ne leur appa pas. Mais ces raisons et ces plaintes ne firent point d'impn Celui qui commandoit la garnison de la ville esioit au 1 do sorte que sentant approcher le temps de l'élection, qui le second jour de Janvier, il se renforça insensiblement dh nombre de gens de guerre, qu'on lui envoyoit des garnisoi sines. La Cour de Justice y envoya quatre Conseillers, Prince s'y rendit en personne. Estant à l'hostcl de ville, i lut que le Magistrat fist eu sa présence la nomination di sonnes, qui dévoient entrer en fonction cette année, et refus, il fit l'élection sans nomination précédente. H ekaa Magistrat, il le remplit de ses créatures, et en mesme ta sortit de la ville, ne se mettant pas fort en peine du me© terrien t des bourgeois, affligés de voir moissonner en bel premiers fruits, qu'ils s'estoient promis de la paix.
Il estoit arrivé quelque chose de semblable dans la vi Dordrecht, où il changea une partie du Magistrat contre F tion de la ville, et sans l'a d vis de la Cour de Justice, sa quel le Gouverneur de la Province ne doit et ne s'en pei mcslcr. Tout le ressentiment que la ville en put témoigi ce temps là, ce fut que Tannée suivante, au lieu de lui ei la présentation par des députés du Magistrat, comme eUs accoustumé de faire, clic la lui fit tenir par un message! une lettre cachcttéc.
Les Estats de Hollande, voulant prévenir ces irregukrif donner des bornes à cette grande autorité, que les Gouvei et Lieutenants Généraux de la Province s'estoient donnée « senec du Souverain, s'il leur arrivent jamais de disposer di charge en faveur d'une personne de naissance ou de merit donnèrent, que le privilège de l'élection du Magistrat sérail serve aux villes, qui l'avoient desja; que celles qui ne l'a point, le pourraient demander, et qu'on ne le refuserait celles qui estoient en possession de se trouver et d'avoir i aux assemblées des Estats de la Province; mesmes qu'on 1
Mmres prises par les Biais de Hollande après le décès du Prince. 339
morderoit si ample, qu'elles pourroient régler le nombre des pnoanes, dont le Magistrat seroit compose, et la manière do b aire, ainsy qu'elles jugeraient la plus propre pour l'avantage flt pimr le service de leur ville. Avec cette reserve, que le Magfcnt ne seroit composé que de personnes de la religion refor- ■èe, suivant les canons du Sinodc de Dordrecht, ou du moins aâ n'y seroient point contraires; que les Estats de Hollande, é m leur absence les Conseillers Députée, feroient l'élection du Ifagistnt des villes qui n'ont point de séance en leurs assemet auraient la mesme disposition de toutes les offices de et de police, que le Gouverneur de la Province avoit auftftvant (0- La Cour de Justice, qui estoit accoustumée de faire Msotion des Magistrats, pendant l'absence du Gouverneur, se frustrée de ce beau droit, que les Estats de Hollande réuni à leur Souveraineté, leur fit remonstrer par quatre familiers, que ce changement lui estoit d'un dernier préjudice, •t la dépossedoit d'un droit dont elle joûissoit depuis plusieurs mies. Elle fit représenter au mesme temps le tort qu'on lui ftaaoit,. en faisant donner l'ordre, ou le mot du guet par le pre- ■■r des Conseillers Députés, au lieu que c'estoit le Président do h Cour, qui avoit accoustumé de le donner en l'absence du Goummr (a). Mais la Cour de Justice, qui ne faisoit que repre- Wèêk k Gouverneur en ces occasions, et qui n'estoit employée - •l'en son absence, ne pouvoit plus agir lors qu'il n'y avoit plus sa Gouverneur, et les Estats de Hollande, qui vouloient estre pour ce qu'ils estoient en effect, c'est à dire pour Soude la Province, s'estoient remis en la possession de tous hm droits, dont les Gouverneurs avoient eu une disposition plus tssome, pendant la guerre, que sous les Princes.
Les mesmes Estats donnèrent aussy à leur assemblée la dispsition absolue de toutes les charges militaires que la Province jqe, jusques à celles de Capitaine inclusivement. Ils résolurent fis sur la présentation de l'Université de Lcidc elle nommeroit k lecteur, et qu'à la nomination du Corps de la Noblesse, elle dtsposeï oit aussy de la charge de Lieutenant de la Ycnneric, lafldle comprend aussy celle de maistre des eaux et forests en
(/) Résolution des Etats de Hollande du S Poe. 1650. (m) Celle du 24 Février 1651.
3-40 Mettre* prises par les Etats île Hollande après le décès du 1
cette Province (r). Mnis les mesmes Estats, en se nomination des officiera subalternes qui en dépendent, n pouvoir de faire des règlements pour les fonctions de cette gc, firent bien connoistre, que leur intention estoit de snpj celle de Grand Veneur en chef, que les derniers Princes àX ge avoient possédée. Ils se réservèrent encore la dispositif grâces, pardons, remissions et abolitions des crimes, et m par ce moyen à la Souveraineté de la Province tons les i que les Gouverneurs, et les Princes d'Orange avoient ad eus en cette qualité. Les gardes à pied et à cheval dn ] defunct n'ayant plus de Capitaine General, ny de Gouventi Province k garder, devinrent aussy gardes des Estats de H de, qui firent quelque temps après de celles à pied an Rf de dix compagnies.
Deux jours après le decés du Prince, la Princesse Dou sa merc, fit représenter aux Estats Généraux, que le deran se trouvant pas satisfait des traittés qui avoient esté f Munster pour ses interests particuliers en Pan 1647, este puis quelque temps demeuré d'accord avec l'Ambassadeur pagne des conditions d'un autre traitté, qui n'avoit pas pfl signé, à cause du voyage, et en suite de la maladie et mort du Prince, mais qu'apparemment le mesme Ambassadf feroit point de difficulté de le signer, devant que de partir, aller à Bruxelles, où il de voit faire un voyage, s'il leur pi lui recommander l'intcrest de la Maison. Ils lui en firent ; par des Députés, mais il s'en défendit, en leur faisant TOÛ faute de procuration, qui venoit d'exspirer par la mortdttï il ne pouvoit pas signer, et quand il signeroit tout ee qu roit ne serviroit de rien, et seroit sujet ù desadveu. H f pourtant de faire de si bons devoirs, tant auprès du Boj maistre, qu'auprès de l'Archiduc Leopold, Gouverneur da vinces de l'obéissance du Koy d'Espagne, que la Doûarier pouvoit promettre la satisfaction qu'elle demandoit (m»), 1 acquitta fort obligeamment, car sVstant fait envoyer un ne pouvoir, il fit l'année suivante un traitté avec elle, et av autres tuteurs du Triiicc pupille, par lequel tout ce qui ave
(r) Résol. des Etats de IIoll. du 14 et 24 Fevr. et du 7 Avri (*) Celle des Etats Uénér. du 8 Novemb. 1650.
Le Marquisat de Bcrgucs-op-Zoom. 341
ripllé toi premiers truittés, touchant le Marquisat de Berguesjp-ioom, fut entièrement changé (1).
Ge Marquisat avoit esté possédé, pendant les dernières années de igMrre, en partie par Elisabeth de Bcrg, vcufvc d'Eitclrideric, Prince de Hohenzollern, et en partie par le nce d'Orange, à qui les Estats avoient donné la possession
l'antre moitié, pour laquelle la Princesse estoit en procès avec Eoj d'Espagne, aussy bien que de tout ce qui appartenoit aux jeU du mesme Roy en ces pais, pour le recompenser de ce que > Ecpagnob lui detenoient et confisquoient en la Comté de ugogne, en Brabant, au pais de Luxembourg et ailleurs. Le ioee Fride rie-Henry, voyant que la paix s'alloit conclurre,
rodant s'asseurer de cette belle acquisition, qui lui estoit de » grande importance, à cause du voisinage de sa Baronnie de ada, qui y touche, se servit de l'occasion de la négociation qui
faisoit à Munster, et en fit faire quelque ouverture aux Amimdeurs d'Espagne, par Jean de Knuyt, un des Plcnipotcnriroi de cet Estât, et un des plus affidés Ministres du Prince. t comme les Espagnols deuiandoient la paix avec passion, et M le Prince les y pouvoit servir, comme il les y servit en cfct, ik convinrent avec lui du traitté, dont nous avons parlé flsart, par lequel le Koy d'Espagne lui promettait, non seule- Mi de lui conserver la moitié du Marquisat, dont il jouis soit qja, mais anssy de le mettre en possession de l'autre moitié, t de l'acquérir pour lui de la Marquise. Mais dautant que ce nitté ne pouvoit pas produire son effect, que celui de la paix e lait conclu, et que le Prince mourut devant que le traitté de fauter fust achevé, le Prince Guillaume, son fils et héritier, I fit faire un autre avec les mesmes Plénipotentiaires d'Espagne b mois de Décembre de la mesme année (2). La paix n'estoit i» encore faite lorsque la Princesse se fit adjuger l'autre moitié i Marquisat par le Conseil de Brabant qui est cstably à la aye, et n'ayant pas assés de complaisance pour le Roy d'Es-
[1) Voir van Àitzcma, T. III. p. 558, où se trouve le traité
le le Roi d'Espagne et la Princesse d'Orange, dont M. de "\Vic-
efort fait mention.
2) On trouve les traités susnommés du S Janvier et du 27
xmb. 1G47 chez van Aitzoma, T. III. p. 213 et 215. M. de
cquefort les a insérés dans les pièces justificatives du second
342 Le Marquisat de Bergves-op-Zom.
pagne, qui n'estoit pas son Souverain à regard du Marqù*** clic refusa de le céder au Prince d'Orange, et de se faire r^* compenser d'autres terres, qui ne le valoient pas, ny à l'ègtfd du revenu, ny pour la qualité, ou bien de simples espenutflft*» dont elle n'auroit jamais eu l'cffect. Elle disoit, que le Boy dis- pngne et le Prince n'avoient pas pu mettre le Marquisat en ot»nierce, sans sa participation et sans son consentement; qaYfe A l'nvoit bien donné, mais que ce n'avoit esté, qu'après qas 1» \ Prince l'cust asscurée, qu'il ne pretendoit pas le Marquisat, si la A lioy d'Espagne ne l'en recompensoit, en sorte qu'elle fnat ssfcfc> 4 faite; qu'elle ne l'estoit pas, et mesmes qu'on ne lui aroitptsfcit 1 la moindre offre de la part du Roy; que ses Ministres aroNfc i bien offert de faire une juste estimation du Marquisat et ds ssn -revenu, pour régler en suite la recompense, mais que ee n'estait ^ pas à eux à juger du prix et de la valeur du bien d'autruy, fsi est situé dans le territoire des Estats. L'Ambassadeur d'Espsgas* ,\ croyant pouvoir vaincre la fermeté de la Princesse, en y eflfb* yant l'autorité des Estats Généraux, Souverains du Muuwfctt les pria de nommer trois arbitres, qui avec les trois quel'ANsiduc avoit desja nommés, feroient l'estimation des terres, q»h Roy d'Espagne pretendoit donner en esebange de Bergues-op-HSVp ■ de se servir de leur pouvoir et autorité, pour en dépossède la . Princesse, si elle continuoit de faire la difficile, et de la sot» ' traindre de prendre recompense en d'autres terres, ou bisnt* -. argent, au dire des arbitres. Les Estats en nommèrent ftnb» J mais le Prince considérant, que cette manière d'agir serait effet» ■ mement odieuse dans un païs, où la justice seule dispose eV4v J propriété et de la possession des biens, et ce dans les fonasH ' déclara en mesme temps, que ce n'estoit pas son intention fc 1 contraindre la Princesse de lui céder le Marquisat, mais tfA ..< entendoit cju'clle le fist volontairement; tellement que les Eslsfr ne s'en voulurent plus mcslcr. Le Prince d'Orange, en faisasV cette civilité apparente à la Princesse de llohenzollem, » renonça pas pour cela au Marquisat; au contraire il prit SA des scurctes, qui faisoient bien connoistre, que son dessein ests4 de se l'acquérir, et qu'en y renonçant en apparence, il vouloit* reserver un prétexte contre le Koy d'Espagne. Elle fut obligés U de lui donner des contrelettres, par lesquelles elle promettait h 1 lui céder le Marquisat, toutes les fois qu'il lui feroit donner ca 1 eschange d'autres terres de la mesme valeur et de la mesme n«r 1 turc 11 vouloit obliger le Roy d'Espagne à lui donner satisfaction, |
Le Marquisat de £ergues*op-Zoom. 343
à pieuer les Estât», garants du traitté, parce qu'il faisoit partie de celui de Munster, de l'exécuter, et de lui accorder des rcprceuttes contre les Prélats de Brabant, qui estaient intervenus eomme cautions au premier contract, et qui avoient promis de Je frire exécuter. On n'y pouvoit pas obliger le Roy d'Espagne, non en exécutant les Prélats, et cette exécution ne se pouvant fine qu'à main armée, et en faisant des violences fort approchâtes d'hostilités déclarées, la rupture en estoit une suite, sinon infaillible, au moins très apparente. Les Espagnols demeuroient cspe&dant dans les termes du traitté, et offroient de dédommager k Frineesse, de sorte qu'il ne tenoit qu'au Prince qu'il ne fust en pressant la Princesse de souffrir qu'on la dédommaen argent ou en terres.
L'affaire estoit en ces termes, lors que le Prince permit à son Conseil de mire un troisième traitté avec l'Ambassadeur d'Espagne, «jn est celui dont nous parlons. Il portoit, qu'au lieu du Marqiint de Bergues-op-zoom le Boy d'Espagne donneroit au Prince ne bonne somme d'argent. Mais le Prince, qui n'avoit pas grud'envie de prendre de l'argent, assenre qu'il estoit de pouvoir obliger la Princesse, en vertu de ses contrelettrcs, de lui le Marquisat, cherchent tous les jours de nouveaux prepoar en différer la signature. L'Ambassadeur d'Espagne Vm prettoit continuellement, et se fit enfin promettre, lors que fc Prince partit pour aller en Gucldre, qu'il le signeroit incontinent après son retour; mais sa maladie, et ensuite son decés l'capescherent de donner la dernière perfection au traitté. La Riaoetse Doûariere vouloit que l'Ambassadeur l'achevast avec elle. Le pouvoir de l'Ambassadeur ne parloit que de la personne du ftinoe, lequel n'estant plus, il ne lui estoit pas permis de Testen- Ae jasques aux héritiers et aux tuteurs. D'ailleurs le Koy d'Eslegne, son maistre, consitleroit le Prince dcfuuct, comme le Capitaine General des armes de cet Estât, et comme Gouverneur de J» plospart de ces Provinces, où il avoit une autorité fort approchante de la souveraine; tellement qu'il en pouvoit tirer des avantages, qu'il ne pouvoit plus espérer, après son deecs, de celui om lui succederoit. La Princesse Doiiariere, en faisant négocier avec l'Ambassadeur d'Espagne, tuchoit aussy de profiter des contrekttres de la Princesse de Hohcnzollcrn, qui avoient esté trouvées panny les papiers du Prince defunct. et la vouloit obliger 2 céder le Marquisat de Bergues-op-zoom; mais elle répondit,
344 Naissance d* Prince f Orange.
que ces lettres lui avoient esté extorquées par le Prince, avoit fait dire, que si elle faisoit difficulté de les lui do se joindrait au Boy d'Espagne, et se ferait mettre en poi de ce qui lui avoit esté promis; qu'elle avoit esté obli céder à la force, et à l'autorité du Prince , toutefois qu'el roit point de répugnance à exécuter ce qu'elle avoit pra ses contrclcttres, si l'on jugeoit qu'elle y fust obligée, ] qu'elle en fust recompensée en des terres de la mesme fi de la mesme nature, sous la Souveraineté de cet Estât, é Baronnie de Breda, ou d'autres terres de la mesme qualil voient seules servir de compensation au Marquisat de Bcrg zoom. La réponse de la Princesse dellohenzollern fit: la négociation avec l'Ambassadeur d'Espagne, lequel ayant dant receu de nouveaux ordres de Madrid sur ce sujet, « à la conclusion du troisième traitté, et le signa. Il portoil Prince d'Orange demeurerait en la possession des terre avoit cédées au Iloy d'Espagne par les deux traittés pra et que le Roy, pour le recompenser du Marquisat, lui ] la somme de cinq cens mille livres, en deux termes, et 1 stitueroit une rente de quatre vingts mille livres, rachète denier vingt.
Ce traitté ne fut conclu neantmoins, qu'après que le Princesses, Royale et Douarierc, veufvc et mère du Prince c curent aucunement réglé entre elles la tutele du jeune Prû avoit esté contestée avec des aigreurs et des animosités, sera nécessaire de dire icy les particularités, devant que < au récit de celles de la grande assemblée, qui feront la m partie du livre cinquième de cette Histoire.
La Princesse Royale, dont la grossesse estoit fort avanc que le Prince mourut, accoucha d'un fils posthume le 1 vembre, c'est à dire huit jours après le décès du père* C six jours après qu'elle fut accouchée, la Princesse Doûarien vit aux Estats de toutes les Provinces, que la perte inest que la Maison d'Orange venoit de faire, parle decés du Guillaume, ayant esté en quelque façon reparée par 1 sauce du jeune Prince, elle les prioit de considérer, quell xion ils dévoient faire sur sa personne, lors qu'ils parlera donner un autre Capitaine General à l'Estat, et un autre C ncur à leur Province, à cause des importants services, i prédécesseurs? avoient rendus à l'Estat, qui leur devoit sa gi
l les Etais de Zeektnde suppriment la dignité de Premier Noble. 345
et sa prospérité. Elle fit sçavoir aux Estats Généraux, qu'elle irait envoyé cette lettre aux Provinces, mais ils se contentèrent de Je sçavoir, et de s'en rapporter à la réponse que leurs comafteote y feraient (a). D'ailleurs la lettre, bien loin de produire rdfeet, que la Princesse Doûariere s'en promettait, en produisit de tous contraires en quelques unes des Provinces, et particulicment en celle de Groningue et des Ommelandes, dont les Estats donnèrent le Gouvernement, vacant par le decés du Prince defunct, n Comte Guillaume de Nassau, qui le joignit par ce moyen i eehû de Frise, et dans les autres Ton n'y fit point de reflexion da tout. Le mesme Comte Guillaume, comme aussy Jean Maurice de Nassau, Lieutenant General de la cavallerie et Goverueur de Wesel, firent offre de leur service à l'Estat, en des kraes qui faisoient juger, qu'ils recommandoient plus leurs perftoues, que l'interest gênerai de la Maison.
De l'autre costé les Estats de Zeelandc déclarèrent, que la qulité de Premier Noble, représentant toute la Noblesse de la Province, dont le Prince se trouvoit revestu lors qu'il mourut, mit esté purement personnelle; que les Princes d'Orange ne k pouvoient pas prétendre à cause des terres qu'ils possèdent en cette Province là; qu'elle ne leur avoit esté donnée qu'en la seule considération de leur naissance, de leur mérite personnel, et des «portants services qu'ils avoient rendus à l'Estat, et qu'elle avoit «té esteinte avec la personne du Prince dernier decedé (1). Et défiait Jean de Knuyt, qui avoit représenté la personne du Prince» en cette qualité de Premier Noble, tant dans l'assemblée 4« Estats Généraux, qu'en celle des Estats particuliers de la Province, et au Collège de l'Admira uté, voulant continuer de prendre sa place dans l'assemblée des Estats de Zeelandc, les Bcputés des villes s'y opposèrent; bien que le Conseil du Prince, * qui les [Estats de Hollande, comme intendants de la tutcle du jeune Prince, avoient laissé la direction des affaires de la Maison, Cft attendant que celles de la tutcle fussent réglées, fissent de grands devoirs pour Ty maintenir. Il protesta contre la résolu -
(j") Résolution des Etats Gi'nér. du 22 Novembre 1050. Voir la lettre de la Princesse aux Provinces dans la pièce justificative n. XXXII.
0) Voir van Aitzcma, T. 111. p. 461.
346 Démêlée sur la tutelle du jeune Pritce d'Orange.
tion des Estats, et s'opiniastra à tenir la première place dm' rassemblée, jusques à ce qu'il vist, qu'on lui alloit faire viole*** s'il refusoit de céder à la raison, et à Tordre de ses superirars. Mais c'estoit un interest de la Province, ou le mesme Coud eut de bien plus importants démeslés, dont il sera parlé cy-apfc» La Princesse Royale, se voyant mère, pretendoit la totde fe son fils, tant comme tutrice naturelle, que parce qu'elle y iwit esté désignée par la dernière volonté du Prince, son mary. I* Princesse Doùaricre disoit, que sa bru estant mineure, et tyat elle mesme besoin de tuteur, ou du moins de curateur, elleflB pouvoit pas estre tutrice, et que la dernière volonté du défont ne se trouvoit exprimée que fort imparfaitement, dans un ment, lequel estant destitué de toutes ses formes et soi* ne pouvoit estre considéré que comme une feuille volante, d comme un brouillon, sans date, sans signature, et sans aneUB marque qui le pust rendre authentique. La Princesse Boyib soustenoit, que sa qualité et son mariage la mettoient bon fc tutelc, en l'aagc où elle estoit, et qu'il sunisoit, que le Princs» son mary, l'eust jugée capable d'élever leurs enfants commwi» et d'administrer les biens de la succession, et que l'on ne poivoit pas douter do l'intention du defunct, puis que les dernîens actions de sa vie estaient des preuves indubitables de la dénia* confiance, qu'il avoit en elle (y).
(y) Résolution des Etats de Hollande du 2 Dec. 1650 rIs by ds» Kaad-pcnsionaris ter Vcrgadcriugc kennclijk geinaakt, dat de Princes» Royaal hem nu terstond hecft versogt te komen in haar KindoM* Kamer, en hem aldaar hceft behandigt het volgcndo Geschrifte, ■£ versoek, hetsclvc terstond aan haar Ed. Gr. Mog. te willen voorf»gen. * Son Altesse Royale ayant appris que Mrs. les Etats dlïoIlmiB ont ordonnez à la Cour de Justice de leur servir d' Ad vis sur la dnfr tion de la maisou mortuaire du feu Prince d'Orange, son mari, et Wok du jeune Prince, son fds, prie les dits Seigneurs Etats de ne voskk permettre que rien soit ordonné au préjudice de sa qualité de ■&• et tutrice de son dit fils, et sans que les dispositions du feu PrinM d'Orange soient visitez et reconnues; lesquelles elle est preste de net* tre entre les mains de la dite Cour pour les ouvrir quand il sera troué d'estre besoin et nécessaire." [#In desen tijdt. begonst te ontstNft
questie over de tutelc van den jongen Prins van Orangien De Pi»
cesse Royale sustiueerde dut hacr aL> moeder eude naeste in graet b
légitime tutelc toequam De l'rinccssc Doùaricre seyde dat de Royik
w:is self oninoudig, ende na Itcchtc gecu Tutrix. kondc sijn, waôbj
Démêlé* *Kf la tutelle du jeune Prince <? Or ange. 347
Gette confiance avoit paru principalement dans Tordre, qu'il irait donné peu de mois devant son decés à Frideric, Comte de Doua, lors qu'il l'envoya à Orange pour y commander en qualité de Gouverneur (1). Ce brevet, que le Prince avoit fait acheter devant que de le donner au Comte, et qui estoit aceonpagné d'un commandement exprés de ne l'ouvrir qu'après la ■art du Prince, portoit, qu'il auroit à garder la place après le deces du Prince, pour la Princesse Boyale, son épouse, de la nmtenir envers et contre tous, et de suivre les ordres, qu'elle M donnerait. Le Comte estoit neveu, fils d'une soeur, de la Princesse Douariere, et c'estoit en sa considération que le Prince M ivoit donné le gouvernement d'Orange. La Principauté avoit crié substituée, avec tous les autres biens de la Maison, par le Wnce Henry, en faveur de l'Elcctrice de Brandebourg, sa fille itik, et de ses enfants. Il estoit sujet de l'Electeur, et l'intenta de la Princesse Boyale estoit, à ce que l'on disoit avec hmooop d'apparence, de donner ce gouvernement au Baron de UYieuville, alors Lieutenant Colonel du régiment de Doutai, et présentement Evesque de Bennes en Bretagne Tellc- ■eat que le Comte, qui pouvoit couvrir son interest du prétexte k celui de la Maison, et qui y mesloit encore celui de la religiot, parce que la Vieu ville faisoit profession de la religion ne considérait pas beaucoup les ordres, qui ne lui vopoint de la part de la Douariere, sa tante. La Princesse
|MB dit sy het goet ofte inkomste van dien soude dissipeeren, endc M dea Kouingh ende Heriogh baer broeder opsetten, gclijck de over- Uae Princen Hcndrick ende Wilhelm ghedacn en bacr daermede ûpoote schuldcn ghesteecken hadden. Sustinccrende, dat sy als Groot- ■oeder veel kennis ende gesagh hebbende, de tulele behoorde en ktar tonde konnen bedienen." — Van Aitzeina, T. III. p. 452, ttfc où on trouve aussi le testament du Prince. Voir la Résolution ** Etat* de Hollande du 23 Deccmb. 1G50.1
(1) Frédéric, Vicomte de Dhona, était fils de Christophe de Diona et Ursule de Sol m s, soeur de l'épouse de Fredcricïenri. Par conséquent il était cousin germain du Prince G uillaume X H succéda à son père comme Gouverneur de la principauté "Orange. Marié à Sperantia du Puy -Mont-brun, fllle de Jean, HfDtor de Ferasieres, il mourut à Genève en 1G88.
31S Ik'tavits sur tu tutelle (ta jeune Prince <P Orange.
Royale, ayant trouve uuc copie du brevet dans le cabinet da rrince, dont clic s 'estoit saisie, et sçachaut que le Comte dépeav droit entièrement des volontés de la Doiiariere, employa un nomal Kafaëlis, qui après avoir esté pasteur de l'Eglise Françoise da la Haye, avoit quitte le Ministère pour entrer au Conseil di Prince. 11 avoit des amis et des habitudes à Orange, qui estât le lieu de sa naissance, et il faisoit espérer, qu'il trouverohk moyen d'y faire reconnoistre l'autorité de la Princesse Boyik Il fit le voyage eu effect, mais le Comte de Don a en ayant esté* âvcrty, le fit arrester deux heures après qu'il y fut arrivé, prévenant par ce moyen le succès des cabales qu'il avoit comme&fti à faire, pour déposséder le Comte du gouvernement, et pourk faire sortir du cbustcau. La Princesse Koyale se plaignit de MB procedi:; elle lui reprocha son ingratitude, et l'accusoit d'arcir manque à sa parole, et au serment qu'il avoit fait, lors que le Prince lui donna le gouvernement. Mais le Comte no laissa p» de s'y faire maintenir, par les trois Estats et par le Parlemot de la Principauté, qui se déclarèrent pour l'Electeur de Brandebourg, et pour la Doiiariere ; jusques à ce que la Princesse Beyale, engageant en ses interests la Cour de France, où la Base d'Angleterre, sa mere, estoit fort considérée, trouva le moyen de l'en faire sortir quelques années après, en faisant donner récompense au Comte, mais elle ne put pas empescher que la pis» ne fust démantelée.
Le Prince avoit aussy témoigné l'estime qu'il faisoit de h Princesse Royale, par le codicille qu'il avoit fait vers la fin de l'année 1649, dans lequel il avoit augmenté son Douaire d*n tiers, c'est à dire celui de cent mille livres, qui lui avoit ertf promis, par son contract de mariage, à cent cinquante mille li" vrcs, s'il arrivoit qu'il laissast des enfants, et à deux cens mib livres, s'il decedoit sans enfants, quoy qu'elle ne lui eust apporté autre dot, que l'avantage d'une très illustre alliance. La Princes» Royale fit dire aux Estats de Hollande, qu'elle estoit preste de s'en rapporter à la Cour de Justice de la Province, et de la faire juge de ses preteusions, et des intentions du feu Prince son mary, si clic vouloit prendre la peine de faire examiner ses dernierei dispositions, qu'elle leur mettoit entre les mains.
Philippcs-Louis et Frideric- Louis de Bavière, Princes Palatins du lihin, dont le premier estoit fils de Frédéric IV, Electeur Palatin, et de Julienne de Nassau, iillc de Guillau-
Démêlés **r la tutelle du jeune Prince (PO r a fige. 34 U
ne, Prince d'Orange, et de Charlotte de Bourbon Montpeaiier, sa troisième femme, et l'autre estoit fils de Frideric- Cuimir, rrince Palatin, de la branche de Dcuxponts, qui avoit Ma tppennage à Landsbcrg, et d' A ra i 1 i e , fille du mesme G u i 1- Jinme de Nassau, et de Charlotte de Bourbon, prétendaient aussy la tutele. D'ailleurs Emanucl et Louis-Guillume, Princes de Portugal, nés (1) d'Anne, fille de Maurice, Electeur de Saxe, deuxième femme du mesme Prince Guillaume, et ainsy aussy proches parents paternels du puplie que les autres, demandèrent aussy d'y estre admis. Mais criai qui y fut le plus considéré, après les deux Princesses, ce fiit l'Electeur de Brandebourg. Il avoit épousé la sœur aînée k Prince, substituée par le testament du Prince Henry, son fera, ainsy que nous venons de dire, de sorte qu'il y intervint pov la conservation des droits de l'Elcctricc sa femme, et voulut lîoir part à la tutele ; de peur, disoit il, que les biens de la Union ne passassent en des mains estrangercs. Les deux derrière Princes d'Orange avoient fait de grandes dépenses, pour Mtttenir la Maison Boyalc d'Angleterre, l'un par un mouvement ttunbition et de générosité, et l'autre par devoir, et l'Electeur (aignoit, que la Princesse Boyalc, qui avoit témoigné qu'elle Mi de trop bon naturel pour abandonner ses frères, n'achevast de rainer les affaires de la maison, qui se trouvoit desja fort incommodée. Il offrit le premier d'administrer la tutele à ses dépens, et se joignit à la Princesse Doùaricrc, tant par respect et tokrert, que parce que d'ailleurs il y avoit quelque démcslé entre lïlectrice sa femme et la Princesse Royale, laquelle comme fille fc Boy, ne vouloit pas quitter le rang, qu'elle prctrndoit estre d«i à sa naissance, et refusoit de céder h l'Elcctricc, qui dans l'Empire ne cedoit qu'aux testes couronnées.
L'Electeur, pour donner plus de vigueur à ses poursuites, vint a personne à la Haye, et ne pouvant pas souffrir, que la justice ordinaire fust juge d'une affaire de cette nature, entre des jktsonnes de cette qualité, et que la Princesse Royale dcposscdnst Je Comte de Dona du gouvernement d'Orange1, il la fit prier par an eecrit, que le Baron de Sueryn lui délivra, de s accommoder
(1) Cest à dire pelits-fils par leur mere Emilie, fille de Guillaume I d'Orange et d'Anne de Saxe.
350 AW/inr sur h ftttrlh dtt j 'etate P$-ince (PO range.
aux sentiments de la Doiiaricre, et de ne porter pas les affaire* à l'extrémité. Il estoit persuadé, que Louis do Nassau, Seigneur de Beverwecrt, et Jean de Kcrckhoven, Seigneurie Heemvlict, les aigri s soient par les conseils qu'ils donnoient à te Princesse Royale. Et comme il avoit une déférence presque» aveogls pour les désirs de sa belle mère, seachant qu'elle haissoit eei deux Seigneurs, il fit dire au premier par deux de ses Ministre; accompagnés d'un Nottairc, qu'il trouvoit estrange de le voir meslé si avant dans l'affaire de la tutelc; que ses Conseils n'avoîeat pas esté utiles, ny à la Maison, ny à la personne du Prince d'Or a âge; qu'il le vouloit bien faire avertir, qu'à l'avenir il eust à iVi abstenir, et à donner d'autres conseils à la Princesse Boyab; qu'il devoit sçavoir quelle obligation il avoit à la Maison, et ail s'il manquoit de rendre à la Doiiaricre le mesrae respect, o/S lui avoit rendu pendant la vie du Prince, son mary, il sçawoit bien s'en faire faire raison. Beverwecrt répondit, qu'il n'estât ny aux gages, ny au serment de La Princesse Royale, mais que it elle avoit besoin de ses conseils, il ne refuserait pas de foi H donner, à cause du respect qu'il conservoit pour la mémoire Ai Prince defunct; mais qu'il ne lui en donnerait jamais, qui pu* sent faire tort aux affaires du Prince, son fils; qu'il ne minps* roit pas à celui qu'il devoit à l'Electeur, comme à un Prince <TmI très eminente qualité, mais qu'estant sujet des Estats de Holbld* ses Souverains, et non de son Altesse Electorale, c'estoit à eax, et non à clic à qui il avoit à rendre compte de ses actions. B pour ce qui est du respect que l'Electeur vouloit qu'il rendistà la Doùarierc, que n'ayant point d'obligation à la personne de h Princesse, il sçavoit quelle considération il devoit avoir pour ■ qualité. L'Electeur fit dire au Sieur de Hccmvliet, qu'il n'estait pas de condition à manier des affaires de cette nature, et que M contentant de faire celles de la Maison, il ne se devoit pas mette de celles de la tutelc. L'autre répondit, que c'estoit le feu Boy d'Angleterre, qui l'a voit placé auprès de la Princesse sa fille, » qualité d'Intendant de sa Maison; que le Roy d'à présent avoit désiré qu'il continuast de la servir; qu'il ne se mesloit point ta affaires du Prince, mais que ny l'Electeur, ny qui que ce soft l'erapcscheroit de servir la Princesse de ces conseils. Et comme il sçavoit, que l'Electeur protegeoit ses ministres, quand ils exécutaient ses ordres, aussv ne doutoit il point, que le Roy d'Angle* terre ne le inaiutinst en la fonction de son employ.
Dénéltt Mr ta tutelle du jeune Prinee d'Orange. 851
Beverweert estoit du corps de la Noblesse de Hollande, et tk cette qualité Député aux Ëstats de la Province, qui estoient •mUès. Il leur fit rapport de ce qui lui estoit arrivé, et la ftmcease Royale, y joignant ses plaintes, demanda leur protection fiootre les menaces de l'Electeur, qui vouloit empescher l'Intenfat de sa Maison, et un de ses amis de l'assister de leurs conrii dans l'affaire de la tutele, et les pria d'en prévenir les effects •r leur prudence. La Princesse JDoûariere voulut excuser le proede de l'Electeur, mais les Estats de Hollande firent dire aux rinkres et à ceux du Conseil do l'Electeur, qu'ils trouvoient ce recédé, comme incompatible avec la constitution de cet Estât, xt mauvais, et qu'ils prenoient Beverweert et Hcemvliet i leur protection et sauvegarde particulière. Ils firent prier et ikorter la Doûaricre de faire en sorte, que l'Electeur, son gendre» 'et osait plus de cette manière; qu'il laissast à la justice la eriaon des affaires, dont elle se trouvoit saisie, et qu'il n'entrerai plus à l'avenir de menacer et do maltraitter les personnes ri s'approchent de la Princesse Royale, ou qui l'assistent de son Nueil (*)• Les mesmes Estats de Hollande, pour témoigner comiea cette action leur déplaisoit, voulurent bien faire connoistre, A l'avenir ils no souffriroient pas que les Princes estrangers fassent dans la Province, sans les en avertir, et sans avoir ta» leur consentement.
Des le commencement de l'année 1651 ils a voient renvoyé la
M Résolution des Etats de Hollande du 20 Juin 1051 *ls goct- Rondes, dat soo den persoon van rîcn Hccr van Beverweert, aïs • des Heer van Heemvliet sullen werden genomen, ende wera genomen by desen, inde protectie van liaer Ed. Gro. Mo. en dat fa de Raeden en Ministcrs van sijn Churfurstelijckc Doorluclitigyt, van wegen haer Ed. Gr. Mo. sal werden kcnnelijck gemaeckt ; ït brvoeginge van verklaringe, dat desclve soodanige manière van «, sis nae de constituée van desen Staet niet lijdelijck, hooghlijck Q inproberende. Dat van gelijekcn Mevrouwe de Princesse Douais van Orangien het gunt voorsz. is, mede kennelijck sal werden tteckt. Ende dat haere llooghcyt daerbenevens op het ernste sal rien versocht, sijue Clmrfurstclijkc Doorluchtigheyt te willen diswren soodanige proceduren nae te latcn, ende cen saccke aende ftiu'e bevoolen by deselve te latcn dccidrren, sonder dienthalven fgementen, of eenige soodanige ombetamelijcke manieren van doen de voorsz. geschriften zijn mede brengende) te gebruyeken legnn andt, en sonderlinge tegen persooncn haere Koningulijcke llooglieyt kende, ofte desclve met raedt assisterendr."
352 Démêlés tmr la f nielle du jeune Prince d'Orange.
connoissancc du différent de la tutele à la Cour de Justice dt Hollande, comme aux juge 9 naturels de cette sorte d'affaires, s^( intendants perpétuels de la tutele de tous les enfants mineurs 4^
des Princesses estoit d'y appcller quelques uns de leurs amis,fsV eussent pu appuyer leurs interests dans rassemblée. La Cour i^ Justice, qui avoit ordre de proposer des moyens d'accommodemai aux parties, suivant la coustume et son instruction, devant qp de les engager dans un procès formel, tâcha d'y disposeriez Princesses ; mais dautant que la Princesse Koyalc vouloit este; reconnue en la qualité de tutrice naturelle, devant que de Job* part de l'administration à la Doûaricre, et que celle cy prétends^ d'y estre admise do son chef, et d'exclurre mesmes l'autre, à css*\ de son aage, il fallut que la Justice reglast le différent. Coov% en effect la Cour, en prononçant en la faveur de la PrinoM|j Royale, la maintint en la possession de la tutele, où elle s'estf^ mise. L'Electeur de Brandebourg, comme le plus proche Affii^t; costé du père, y fut joint, tant pour l'administration des MêÊ^ que pour l'éducation de la personne du jeune Prince, et la Aita cesse Doûaricre fut surrogée. Mais la collation des offices et 4%bénéfices vacants fut laissée à la Princesse Royale, aveo la ftctJkf de disposer, au nom du Prince son fils, de toutes les chargssfjti n 'estaient point affectées à son douaire, et de remplir m Nt>. propre nom celles dont son contract de mariage lui avoit aeqifcV la disposition absolue. La Doiiaricre et l'Electeur appcllcrent fe cette sentence, et ce fut pendant l'appel, que l'Electeur, qui estait cependant arrivé ù la Haye, fit faire quelques ouvertures d'aeMfe modement. Depuis que l'Allemagne a commencé à connoistrck droit Romain, sous l'Empereur Lot ha ire II, il y a plu il cinq cens ans, la pluspart de ses Princes ont remply leurs Cet-, scils de gens, qui pour tout raisonnement n'employent que Fintorité de Justinicn, et les distinctions de ceux que l'on appelle Jurisconsultes. Ce ne sont en effect que des sophistes, plus capables de brouiller que de démcslcr les affaires, et c'est de eeth sorte de ministres que l'Electeur se servit en cette négociation aussy n'eut elle pas le succès, que l'on eut pu espérer de miaii très plus modérés, et moins attachés à leur sens. De sorte qu* fallut que la Justice les mist d'accord. Le Grand Conseil, o l'Electeur et la Princesse Doûaricre avoient relevé* leur appe
Démêlés sttr la tutelle du jeune Prince d'Orange. 353
ordonna par son arrcst du 29 Juillet, que la Princesse Royale, FHedeur, la Doûariere et le Prince do Landsbcrg seraient ippeOéi i la tutele. La Princesse Koyale, qui n'y trouvoit pas n avantages, que la Cour Provinciale lui a voient adjugés, et Mb croyoit estre deus à une mère, déclara qu'elle les chercherait ni ime requeste civile que Ton appelle icy revision. L'Electeur t h Doûariere espéraient l'en pouvoir faire exclurre à cause de a sage, et le Prince de Landsbcrg déplaisoit aux uns et oc antres»
Os contestations faisoient un préjudice irréparable aux affaires i Prince pupille. Le defunct avoit emprunté à Amsterdam deux ûBkms de livres peu de mois devant son decés, et la Douarierc BHtanoit que cette somme avoit esté divertie, pendant que les ronciers, qui estoient en grand nombre, et particulièrement les Sftàtnds do la Haye, demandoientlcur payement avec importunitc. «a douaires des deux Princesses, qui montoient à environ deux en mille livres, absorboient le plus clair revenu de la Maison, [li M touchoit rien des sommes considérables qui lui estoient ôesea Angletterre et en Espagne; tellement qu'elle alloittomw dans la dernière confusion. C'est pourquoy les Princesses mt enfin conseillées de souffrir que leurs ministres réglassent HtfeQes le différent, que la Justice n'avoit pas pu décider au «oftatement des uns et des autres. Leur accommodement, qui ■t Bgné un mois après l'arrest du Conseil, portoit, que la tutele croit administrée par les deux Princesses et par l'Electeur con- Diatement, à l'exclusion du Prince de Landsbcrg; en sorte «antmoins que la Princesse Royale y aurait seule autant de part [ne l'Electeur et la Doûariere ensemble. Pour ce qui est de la 'tinetpauté* d'Orange, de laquelle la Princesse Royale pretendoit ttsroir disposer, en vertu de l'ordre qui avoit este donné au 3onte de Dona, et à l'égard de la collation des offices et des fcoefices dépendants de son douaire, qui viendraient à vaquer, a parties s'en rapportèrent au jugement des deux Cours de Justice. En suite de cet acommodement la Princesse Royale ne refusa plus *U autres tuteurs la clef du cabinet, qu'elle avoit fait ouvrir, * dont elle avoit disposé depuis le decés du Prince. Ils la voulurent obliger à déclarer, en faisant un serment solemncl, qu'elle l'en avoit rien destourné, mais Ton demeura enfin d'accord, qu'à anse de sa qualité on l'en croirait à sa parole. Les animosités des deux Princesses ne parurent pas seulement rec esclat, pendant toute la poursuite de ce procès, mais aussy I. 23
354 Baptême du jeune Prince éPOr**§e.
dans une rencontre de moindre importance, où il n'y arcritf d'interest mcslé. Les Estats Généraux, aussy bien que eei Hollande, avoient fait offrir aux deux Princesses incontinent I la naissance du jeune Prince, de le présenter an baptême, i les cérémonies se dévoient faire le 15 Janvier 1651 (aa). recourent cet honneur avec civilité, mais elles entrèrent en < tation sur le nom, que Ton donnerait à l'enfant La Koyale témoigna désirer qu'on le nommast Charles, et la] ricre refusa de se trouver au baptesme, si on lui donnotti qu'elle croyoit funeste et de mauvais augure, après le < venoit d'affliger la Maison Royale d'Angleterre (1). De costé le Duc de Yorc, qui venoit d'arriver au païs, et qui fait espérer, qu'il servirait de Chevalier d'honneur à la] en cette cérémonie, n'en voulut rien faire, et s'en exens qu'il ne pouvoit pas de bonne grâce paroistre, disoit il, 4 assemblée, où se trouveroient plusieurs personnes de qu des Députés de l'Estat, puis qu'il ne les avoit pas encore 1 eux depuis qu'il estoit arrivé. Ce fut son prétexte, maie t il ne vouloit pas faire plaisir à la Doiïaricre, pour dépUn i Princesse sa soeur.
Ce n'est pas mon intention d'enfler cette histoire de circonstances de cette cérémonie et de la pompe des du defunct, puis que l'on en a fait des relations mais je diray seulement, que l'on y remarqua en ce temps! celle du baptesme estoit accompagnée d'un faste trop pour la fortune présente de In Maison (2). Les uns en ' occasion de parler des vastes desseins du defunct, et les trou voient des marques de l'ambition déréglée des deuxPri Le Perc a voit eu ses gardes du corps, comme Capitaine et Gouverneur de Province. Le fils n'es toit ny l'un ny l'an neantmoins l'on vit marcher des urchers, ou hallebardîers, ;l deux portières du carosse qui portoit l'enfant. L'hermine, c
(aa) Résolut ion des Etats de Hollande du 13 Dec. 1650, et ( des Etals Gonér. du 14 Janvier 1651.
(1) Voir va ii Aitzcma, T. III, p. 551. Le même, Jftrsfctf Leeutc, p. 122.
(2) Y au Aitzcma, ibidem.
1 BtaU de Zeelande abolissent les droite dn Prince d'Orange. 355
t contât et la suite des Princesses, qui fnisoient une partie Mfcge, marquaient quelque chose de plus que la Souveraineté
Principauté d'Orange, et une grandeur que ses prédécesseurs tant pas affectée* Les Députés des Estats Généraux, des i de Hollande et de Zeelande, et des villes de Delft, do
ci d'Amsterdam, y assistèrent comme parains, et Elisa-
d 'Angle terre, Reine de Bohême, tante de la Princesse b, s'y trouva comme maraine; mais la Princesse Douariere ma le nom, et le fit appeller Guillaume-Henry. Les Eseneraux loi envoyèrent dans une boiiette (1) d'or, de la valeur q cens escus, nn brevet d'une pension viagère de huit mille
à l'exemple de ce qui s estoit fait en Tan 1626 à l'égard i père. Lee Estats de Hollande lui donnèrent une pension iq mille livres, ceux de Zeelande lui firent présent d'une > de vingt mille livres une fois payée, et les trois villes le une pension, Tune de six cens, l'autre do douze cens et néme de mille livres.
demetlé, que les tuteurs avoient en Zeelande, estoit bien Icheux, et de bien plus grande importance pour le jeune » La Princesse Royale tachoit d'y faire revivre la qualité «nier Noble, et ses amis ne lui faisoient pas seulement r cet avantage, mais aussy qu'ils le feroient déclarer, ou du
druigner Gouverneur de la Province. Les Estats de Hol-
qui en estoient bien avertis, se servirent de l'occasion de es Députés, qu'ils envoyèrent en Zeelande pour des affaires, il sera parlé ailleurs, pour découvrir ces intrigues, et pour ■tourner les effets. Henry Thibault, Soigneur de S1. squerque, et Jean van Landsbcrgucn, Docteur en me, tous deux Bourguemaistres de la ville de Middclbourg, it ceux qui avoient le plus de crédit dans la Province, et
travailloient pour l'interest de la Maison d'Orange avec e zèle que de succès. Les Estats de cette Province là avoient
de suivre l'exemple de ceux de Hollande, et de réunir ù Duveraineté la faculté, que les Princes du pais avoient laissé i Lieutenants Généraux dans la Province, de créer les Mai, tant pour la police que pour la Justice. Les Princes nge l'avoient exercée en toutes les villes de Zeelande, à la
de celle de Goes, et en leur absence, la Cour de Justice,
'est à dire: botte.
356 Les Etat* de Zeelande abolissent les droite du Prince fOr**f*
cstablie à la Haye, et composée de Conseillers Hollandois et ft landois, avoit eu la mesme autorité. Mais dautant qttHi y art bien plus de Conseillers Hollandois que Zeelandois en cette OU les villes de Zeelande ne la voulurent pas reconnoistre, ny M0 voir de ses mains les personnes, qui dévoient avoir la prince]! direction des affaires de la Province, et demandèrent au ItÊi la permission et le privilège de créer leurs Magistrats. Ce càfl gement ne se fit point dans Middelbourg, sans altérer en qtta] façon les droits des habitants, qui de tout temps y ont qlÉj part, parce que la nomination des personnes, que Ton pnenk au Gouverneur, pour en choisir un certain nombre, se faiseaV se fait encore, dans Middelbourg par douze bourgeois, i qeiA donne la qualité d'électeurs. Ce sont autant d'estrangers, qaiajl acquis le droit de bourgeoisie dans la ville, nomment un eirift1 nombre de personnes, dont le Prince, comme Gouverneur 4ti Province, choisissoit la moitié, pour en faire le Magistrat fi une année. A cette occasion Thibault et Landaberffi avoient fait faire un nouveau règlement, qui obligeoit ka deettt qui prenoient le plus souvent leurs candidats du corps delà aH geoisie, à en prendre une partie dans le Magistrat messe; est; faisoit tort aux bourgeois, à qui Ton fermoit en quelques -lai l'entrée au Magistrat par ce règlement. Les pasteurs ne maas/suM pas de le faire remarquer en leurs sermons, et d'animer le pesf au ressentiment, en sorte qu'un jour il s'advisa de courir en1* pes à l'Abbaye, qui est le lieu où les Estats de la Province tf semblent, à dessein de s'en venger sur les deux Bourguemiista Ils furent assés heureux pour se tirer des mains de la canal qui les contraignit de sortir de la ville et de la Province, efl sauver leur vie, mais la maison de Landsberguen futpflsfll presque rasée. Ses livres, ses tableaux, sa vaisselle et ses wdà meubles furent jettes par les fenestres, brisés, rompus et destrtl avec la mesme brutalité, que l'on avoit veu quelques années (J paravant dans la ville de Naplcs. Les mesmes pasteurs, qailj toient en partie cause de ce soulèvement, furent ceux qui airasiafj le fureur du peuple, lors qu'il se voulut jet ter sur la imiter1 Thibault, et aidèrent à faire supprimer le nouveau liflh— qu'il avoit fait. '[
Après la retrait te de ces deux Bourguemaistres, les quatre f miercs villes de la Province voulurent obliger celles de Vlisàl| et de Verc, à se faire donner aussy par les Esta ta le
la Etals de ZeeUtnde abolissent Us droits du Prince (PO range. 357
k enfer leur Magistrat politique, qui, à ce que les quatre vilb soastenoient, n'avoit esté fait jusques alors par les Princes frange, que paroe qu'ils estoient Gouverneurs de la Province,
■on comme Seigneurs de ces deux villes. Elles disoient, qu'en tte dernière qualité ils n'y avoient point eu autres droits, ny intre pouvoir, que ceux qui se trouvent ordinairement annexés E ids, auxquels les Souverains ne prétendent pas affecter d'au- • avantages, que ceux qui se trouvent exprimai dans les lettres cqmsition, et qu'il ne se trouverait pas, qu'en celles que les Ma de la Province avoient données aux Princes d'Orange, aliénant les Seigneuries de Ylissingue et de Vere, ils se fussent poûillés de ce droit de Souveraineté, de créer les Magistrats tt les deux villes, où qu'ils leur eussent osté les privilèges, que
Princes de la Maison de Bourgogne, ou bien leurs predecesm, leur avoient accordés (bb). Les tuteurs du jeune Prince, innés de cet advis des Conseillers Députés de Zeclaiidc, sur pal les Estats dévoient délibérer dans la première assemblée, font représenter, que les Princes d'Ornnge avoient de tout ■ps eu le droit de créer les Bourgucmaistrcs, aussy bien que i Etchevins, dans les villes de Vlissinguc et de Vcre, non comme Mwneurs et Lieutenants Généraux de la Province, mais comme et Seigneurs de ces deux villes, en vertu de leurs lettres âtion, et des anciennes lettres d'investiture. Ils firent faire i eterit sur ce sujet, par lequel ils pretendoient destruirc la force a raisons des Conseillers Députés (ce) ; mais ceux des quatre
(tt) Voir l'avis des Conseillers députes de la Zeclande du 1 Sept. Ul à ce sujet (Schriftclyck advics van de Gecommitteerde Raeden van 1 Heere* Staeien van Zeelandl van den 1 September 1651 tôt andcrsrnry- *§t vanH recAt, 't geene arn die cène zyde de Gracffelyckheijt, ende acn » udere zyde die Marquis ofte Jleerc ovn de stede van Flissingen ende «w, ten respecte van derselve magistrature ende Politie is competeerende). tons regrettons qu'il nous est impossible d'insérer dans nos picVes stifcatives cet avis et celui des tuteurs du Prince, à cause de leur esdoe. Voir van Aitzemu, Herstelde Leeit, p. 200.] (ee) Cet écrit était intitulé: uTegeubericht by de gccontmiltcerdcn van tr Ifoogheden, de Vooghdea van myn lleere% den Prince van Orangicn, ' Marquis ende Ifeere orcr de xteden van rtissingen ende Veere, ocer- 'even aen de Ed. Mog. Jleeren Staten van Zretandt, tut irederlegginge i de Schriflelyrkc Consùleratien ende adrys van deneher llecren Grmitteerde Raden, aengaende het recht van Syne Hoogheyt occr desclrs !en, ten respecte van de magistrature ende policie ende tôt adstrnctie
358 Impression causée eu France par Ut mort du Prkte.
villes, jugeant que les tuteurs les combatoient trop fttttfl et avec des armes inégales, pressoient leur Conseiller Feask de conclurre, suivant l'advis des Conseillers Députés, nenol l'opposition et protestation des deux autres. Ils firent cswsj leur resolution au greffe et à la Chambre des Comptes, mais* clic ne fut pas prise du consentement unanime de tau en estoient en possession de se trouver à rassemblée des Bstl que les Députés des assemblées suivantes n'ont pas dans les mesmes sentiments, elle n'a pas pu estre ques icy, et ne le sera pas, tant que le Prince aura en Set le crédit qu'il y a présentement. «
La mort du Prince d'Orange, qui changeoit en quelfosla constitution de cet Estât, parce qu'il se trouvoit sans Csf General, et la pluspart des Provinces sans Gouverneur, s Ton n'a voit pas veu depuis sa fondation, ne pouvoit pat est différente à ses voisins, avec lesquels il avoit quelque liaison i tié ou d'interest, et particulièrement à la France et à llsf Celle cy avoit appréhendé, que le Prince defunct ne reconnu la guerre, et celle là l'avoit espéré. Il y en a mesmequiefl qu'il s'y estoit engagé, et qu'on lui avoit promis un puissant blissement en Brabant, s'il pouvoit porter les affaires à uns vclle rupture (1). Le Cardinal Mazarin, qui sçavoit èb i façon l'on en auroit usé ailleurs, après les dernières aetisi la vie du Prince, en parloit, en toutes les compagnies oà trouvoit, en des termes, qui marquoient l'opinion qu*il avoit cette mort n'avoit pas esté tout à fait naturelle, par les 4 qu'il faisoit de l'adresse et de la prudence de ceux, qui l advis, avoient trouvé le moyen de s'en défaire. Et neanti lors qu'il en parla à Guillaume Boreel, qui estoit à quelque temps en France, en qualité d'Ambassadeur ordiaan
dut Si/ne Ilooghcyt van de Electie derselver magistraetspersoonm q/î gedeelte tau dien tiiet eu kan, teerden gepriveert." Van Ai tu ibidem, p. 207.
(1) Voir les pages 250 et 2S7. 11 est plus que vraisemblable M. de Wicqucfort ait eu connaissance du traité secret ent Prince et le Comte d'Estrades et que par rétablissement ea bant il entend Anvers et le Marquisat du St. Empire. Voir le ' dans les Lettres, Mémoires et Negoc, du Cu d'Estrades, I, p. Brabant le Marquisat du $t. Empire.
Imaretiion causée eu France par la mort du Prince, 359
•ttt, il le roulât bien asseurer, que la perte du Prince n'estoit tons aentible à la France qu a ces Provinces. Au moins «1 en escrivit en ces termes aux Estats, et que le Cardinal it ajouté, que Brun Ambassadeur du Boy Catholique à la estant allé à Bruxelles incontinent après le decés du Prince, it dit publiquement, que toutes les conquestes, que les armes y, ton maistre, avoient faites cette année, tant en Catalogne Italie et en Flandres, ne lui donnoient pas les avantages, trouvoit ea la mort du Prince d'Orange; que les Espa- •'esi rqjoûissoient, parce qu'ils esperoient qu'elle jetteroit k dans un dernier desordre, en divisant les Provinces en . de Bepublique8 destâchées, mais au contraire que la France pefwadée, que cet accident les obligerait à s'unir plus es- Dent que jamais, et qu'elles en prendroient occasion et sujet ppliquer eontinûellement à la conservation du repos de l'Estat dans, et à une opposition vigoureuse aux artifices et aux oses des ennemis de dehors ; que le Koy Très Chrcstien ne tenterait pas d'y contribuer ses voeux, mais qu'il y travailemgointement avec eux, et que pour cet effect il feroit partir peu de jours le Président de Bellicvre, pour en concerter ojw* avec les Estats; que si l'Espagne n'avoit point fait il à ces Provinces, elles n'en avoient l'obligation qu'à son au lieu que la France n'avoit fait la guorre au Boy que pour lui en oster le moyen et la volonté, et qu'elle Ht réussi, sans la précipitation, avec laquelle les Estats avoient FOilu faire conduire leur traitté à Munster. Au reste, que ipagnols ne feroient jamais la paix avec la France, si cet ne leur faisoit connoistre, que c'estoit une nécessité absolue, l ne leur offrait sa médiation, en lui déclarant en mcsrao i qu'il prendroit party contre celle des deux couronnes, qui oserait, ou qui rejetterait les conditions justes et raisonna- [tt'on lui offrirait (dcf). Les ambassadeurs font quelquefois
i Résolution des Etats de Hollande du 23 Décembre 1650. ,Siju a Haadpensionaris ter vergaderinghe geëxhibeert cenige excmi vas een gedrukten brief bij den Heer Ambassadeur Borecl aer Ho. Mo. gescbreevcii in Parijs .... nog nat zijnde, als
uyt de pers koomendc, hem Raadpcnsionaris bij d^n Kamcrtler den Clercq in H iugaan der Vcrgadcring behandigt."
avons inséré cette lettre dans les pièces justificatives n.
300 AJairet de France.
parler en leurs dépesches les Princes et les Ministres des Oobjr où ils résident, quand ils n'osent pas découvrir leurs propres ss* timents, et Ton soubçonnoit Boreel d'avoir lait parler le G* dinal, afin de se pouvoir décharger par ce moyen de ee qrfltfé envie de dire. Ce soubçon se fortifia extrêmement lors on* Ml vit sa lettre imprimée; tellement que les Estats de Hollande* |tf pénétrèrent jusques au fonds des intentions de l'auteur, vtrisà provenir les mauvaises impressions qu'elle pouvoit donner, frttf enlever les exemplaires, et en firent défendre la vente, Ifcéi certain, que quand en ce temps là le Cardinal parlait defetfft du Prince d'Orange, et particulièrement à ses confidents* I IM ernignoit point de dire, que cet Estât n'estoit pas d'avoir perdu un jeune Prince, qui venoit de faire voir en 1 sa conduite la vérité de la maxime, qui dit, que du ment absolu des armes à la Souveraineté il n'y a qu'un pstt faire, et que dans une République comme celle cy, il y a nmà gens, qui sçavent donner à la liberté le prix qu'elle méritai :J Nous dirons un mot, à cette occasion, de Testât où seUos* voient les affaires de France en ce temps là. Fondant fai4é Princes de Condé et de Conty, et le Duc de LongueviMl cstoîent détenus dans le donjeon du chasteau de VincennestlMf amis, qui auraient sans doute couru la mesme fortune, esfctf montés à cheval, et s 'estaient retirés dans les Provinces (1). U Duchesse de Longueville alla à Stcnay, où elle trouva lé Hê reschal deThurenne. La Princesse Doûariere de Cond#4* ordre de se retirer dans une de ses maisons hors de Paris. -H y obéît, et emmena avec elle la Princesse, sa bru, et la Du d'Enguicn, son petit fils, que le Duc de la Hochefoueiutt emmena quelque temps après à Bourdcaux, où le Duc de Bouil* 1 o u se rendit aussy, après avoir fait quelque séjour an '. en sa terre de Thurcnnc. Ceux qui estoient dans Stenay 1 un trait te à Bruxelles, pendant que ceux qui estoient à BourdMJ en faisoient négocier un à la Cour de Madrid, mais non areo 1 mesme succès. Ce qui incommodoit le plus le Cardinal, c'estoi l'obligation qu'il avoit à de certaines gens, qu'il avoit esté eM trahit d'employer à l'éxecution du plus grand dessein, que jUB* (étranger forma en France. Dés qu'il fut revenu de la prenne émotion de joye, que cette action lui pouvoit donner, et qi
(1) Voir page 275.
Affaires de France. 361
oui le loisir d'en considérer l'importance, il commença à en appetader les suites. La présence du Roy, qui partit de Paris as commencement de Février, fit obeïr la Normandie; le Duc de Vendons e réduisit presque toute la Bourgogne, et eut pour monpense la charge d' Admirai de France, avec la survivance •sur le Duc de Mercosur, son fils aîné. Le Comte de S«. Aignan avoit nettoyé le Berry, qui estoient les Provinces, ou kl Princes avoient le plus d'amis, et les plus considérables estakfinements. Clermont, Damvillers et Jametz, où le Prince de Condé avoit des garnisons, qui no reconnoissoient point la Cour, et dont les gouverneurs n 'avoient point d'autre serment qu'aux Frisées, avoient esté réduits. Les Espagnols avoient esté contnuti de lever le siège de Guise, et de ramener en Flandres leur innée, qui n'avoit pas pu subsister en France, faute de vivres. Tellement que tout rioit à la Cour, et neantmoins il y avoit sjodqae chose qui l'inquietoit encore après la dissipation de la «bile des Princes, et après la retraitte de l'armée Espagnole. (Testât l'autorité importune des Frondeurs, ennemis irréconciliables du Cardinal. Il s'estoit servi d'eux pour perdre le Prince 's Condé, à dessein de les perdre eux mesmes après cela. Mais 3 tToit à faire à des gens résolus, fermes, entendus et fins, qui «oient beaucoup de crédit dans le Parlement, et de puissants uii à la Cour, et mesmes dans le cabinet. La première chose flfiU firent, ce fut de faire oster les sceaux à Pierre Seguier, Ckaeelier de France, pour les faire donner à Chasteauneuf l'Aubespine, qui les avoit eus pendant quelque temps sous le Finistère du Cardinal de Kichelieu, et en fut chassé, et envoyé prbonnier au chasteau d'Ëngoulcsme, où il demeura jusques à la sort de ce Ministre. H estoit amy intime de la Duchesse de Ckerreuse, du Duc de Beaufort, du Coadjutcur de Paris et fa Président de Bellievre, et il avoit assés d'ambition pour ••parer à l'autorité, que le Cardinal Mazarin avoit dans le Con- «1 Lors qu'ils en firent la première proposition à la Heine, m lui vouloient faire accroire, que c'estoit par un mouvement et crôs de zèle et d'affection, qu'Us lui recommandoient ce personnes, parce que Chasteauneuf estant l'aversion du Prince de Condé, pour avoir esté Président au jugement de mort du Duc <fe Montmorency, oncle maternel du Prince, elle pouvoit s'as- «eurer entièrement de sa fidélité, et se servir utilement de ses conseils en toutes les affaires et particulièrement en celle des prisonniers. Mais In Kcine, qui les connoissoit et qui jugeoil
362 Affairt* de France.
fort bien de leurs intentions, aussy bien que le Cardin*] qu'elles alloient à se rendre maistres des affaires, et du s'ils pouvoient, résolut de se délivrer de rimportunité demandes continuelles, et le Cardinal se servant du pn desordre, qu'il vouloit faire croire, que Ton devoit en Bourgogne et en Normandie, obligea la Cour à y faire on quoy qu'en effect ces deux Provinces, à la reserve des trois meschante8 bicoques, incapables de faire la moindre n eussent esté entièrement réduites, ainsy que noua venons Le Roy partit dés que la saison lui permit d'aller à U ci et la Princesse Doûariere de Condé, qui s'estoit tenu depuis qu'elle estoit partie de Chantilly, pour aller à Mon Berry, où elle avoit eu ordre de se retirer, se servant à tage de l'absence de la Cour, se rendit à Paria vera ] mois d'Avril, et parut dés la pointe du jour au Palais, ] senta requeste au Parlement pour la liberté de ses fils e gendre, insistant à ce que du moins on les fist transit conciergerie, et mettre entre les mains de leurs juges mal le Procureur gênerai les trouvoit coulpables. Elle en passant au Duc d'Orléans, qui l'cscouta favorablement mit de lui faire rendre justice, mais il y âjousta, qu'il Jmllo obeïst aux ordres du Boy, et qu'elle sortist de la ville < Le Duc de Beaufort et le Coadjuteur, à qui elle en psi ne lui osterent pas tout à fait l'espérance de réussir tellement que la Princesse y pouvoît trouver sujet de con: mais voyant que les affaires n'estoient pas encore si bie sées, qu'elle pust jouir de l'effect présentement, et ne se pas résoudre à l'attendre avec un peu de patience, elle donna à la violence de la douleur, qui la fît mourir ve de l'année 1650.
Cependant la Princesse, sa bru, s'estoit allé jetter aux Parlement de Bourdcaux, qui lui donna, et au Duc d'E son fils, retraite et protection dans la ville; dont il don au Roy, et le fit supplier de le trouver bon, et de ren connoissance de l'affaire des Princes à leurs juges naton Ducs de Bouillon et de la Roche foucault s'yestoie mes, et avoient leurs intrigues et négociations particule les Espagnols. Le Cardinal vouloit sauver la ville de Bo tant pour l'intercst général du Roiaume et de la Pro Guyenne, dont elle est la capitale, qu'à cause du Duc d1 non, qui en avoit le gouvernement, avec l'espérance d<
JJMtes de France. 363
rimiœ pour le Duc de Candale, son fils unique, qui devoit ftpotser une des nièces du Cardinal. Les Bourdelois avoient contant le Duc d'Espernon de sortir delà ville, où le menu peuple l'cstàt souslevé à l'occasion d'une grande quantité de bled, que qviqnes particuliers vouloient faire sortir de la Province, en rata d'une passeport, que le crédit du Duc leur avoit fait expédier 1 la Cour. Le Parlement le fit révoquer, et ayant en suite Ut supprimer le droit de six livres, que Ton avoit imposé sur dupe tonneau de vin, le Duc s'en plaignit à la Cour, et le voûtai frire passer pour une rébellion, et pour un attentat à la Soumiieté du Boy. U obtint la permission de faire une cittadelle 1 Utourne sur la Dordogne, et se saisit do la ville de Marmande m 1s Garonne, se rendant par ce moyen le maistre de ces deux mitres, qui font subsister la ville de Bourdeaux, et qui nourissent M ktbitans. Cela fait, le Duc y retourna, mais n'osant pas se fier a peuple, il s'enferma au chasteau Trompette, et estant en suite entas* en contestation avec le Parlement, qui le vouloit obliger à Mgner les gens de guerre, que le Duc avoit postés dans les vilbgN voisins, il sortit du chasteau et de la ville, de peur d'y rccenrir un affront, et depuis ce temps là il ne songea plus qu'à ■ venger de celui qu'il avoit desja reccu. Le Parlement et le fsqle se mirent en estât de défense, firent des barricades contre h eststeau Trompette, pour empescher la garuison de faire des mmn, levèrent deux régiments d'infanterie, et se saisirent de •jdqoes postes avancés hors de la ville, qui les engagèrent à des fertilités ouvertes, et à plusieurs rencontres et combats, qui furent ■hii de quelques petites négociations, et enfin d'un trnitté du prix, qui leur fut accordée presque au mesnic temps que les Prin- Qi forent arrestés à Paris. Mais comme c'estoit le Prince de Coudé qui l'avoit obtenue pour eux, et qui en estoit demeuré ttnme garand, les Bourdelois, qui sçavoicnt que le Cardinal ne ■nqoeroit pas de faire restablir le Duc d'Espernon en son gOMeraement après l'emprisonnement du Prince, recourent la PrinttM dans la ville, et reprirent les armes avec plus de chaleur ^Auparavant. Le Cardinal bien aise d'avoir trouvé un prétexte ponr s'éloigner de Paris, résolut de mener le Roy en Guyenne, nonobstant les grandes chaleurs du mois de Juillet, cneore qu'une année Espagnole menaçast encore les frontières de Champagne et de Picardie, et que la Fronde commcnçasl à se déclarer nssés ouvertement contre lui. Des le mois d'Aoust l'on proposa dans
364 Affaire* de France.
le Parlement, qu'il falloit prier la Reine de mettre les Prie* en liberté, et d'éloigner le Cardinal. L'on y disoit que ce Ministre estoit cause de tous les maux, dont la estoit affligé, et que les Princes estoient ou criminels on innoesai S'ils estoient criminels, qu'il leur falloit faire faire leur pne par le Parlement et les mettre entre les mains de leurs juges* turels; que s'ils estoient innocents c'estoit un crime de les deftn plus longtemps, et que si on ne les avoit arrestés que sor A soupçons, l'on avoit eu le loisir de s'en esclaircir depuis taafc i mois qu'ils estoient prisonniers (et). Les Frondeurs rouloiflntdi poser des Princes, et faisoient instance à ce qu'on les ■meassti la Bastille. Ils demandoient aussy que l'on fist on Prétest A marchands qui fust à leur dévotion, et que la survivante ds I
(ee) 0 Personne uc doute/' ainsi s'exprime le Parlement dm] requête au Roi et à la Reine, ,que tons ces désordres sbnf'i rivés seulement depuis le 18 Janvier de l'année dernière; jeu tk et malheureux, auquel on fit arrester deux grands Pnom i sang Royal, et le Gouverneur de Normandie. L'on croyoitpssH par là arrester le cours de nos maux, et rendre le calme à k Rase mais c'est lors que toutes les playes se sont ouvertes, et que foi ressenty les effets de ces mauvais conseils, et de cette rofortanétp litique .... C'est ce qui nous auroit fait juger et croire, qu'A yslïc eu de très fortes et très puissantes raisons de cet emprisuiuiuuis^M seroient conneûes dans leurs temps, et par la suite des chossi, si lettre de cachet envoyée dés le lendemain par Yostre Majesté das» Parlement, ne nous en avoit appris les motifs, expliqué cette enge et fait connoistre l'innocence de ces Princes, plus malheureux f
coupables Que si Yostre Majesté, Sire, avoit frappé un eoap i
dernière authorité sur un simple Conseiller du Parlement, cette Ôm pagnie se verroit obligée d'y employer ses suffrages et son intenses pour luy ; et à plus forte raison pour les Princes du sang, qui H dés le berceau Conseillers nez de cette Compagnie , qui sont eafc de la maison, les plus fermes essais de cette Monarchie, et les Ni bres les plus nobles et les plus honorables de cet Estât. Tant dé vi toires, tant de conquestes, tant d'actions si célèbres et dignes ds Ri mortalité, tant de grands services rendus à l'Estat, vous parient i
leur faveur Que si leur infortune ne finit bientost, les pieneiq,
les tiennent enfermés, parleront si haut, que les passans qui les a tendront, en porteront les voix plaintives par toute la France, et t veilleront la douleur de tous les bons François, qui feront tant < bruit, que les efforts en seront à redouter, et qu'il est à craindre, q,1 de ce coup hardy le contrecoup ne retombe sur Vos Majestés.11
Ajfairtt de Franee. 365
ebige d'Admiral fust donnée au Duc de Beau fort, fils puîné eiDuc de Vendosme, parce que Faîne ayant épousé une des «fai da Cardinal, ils ne voûtaient pas que cette importante éuge, à laquelle le Cardinal de Richelieu avoit fait annexer Pbtoodance de la navigation et du commerce, tombast entre les ■uni d'an de ses partisans. Il y en eut mesmo qui proposèrent, pli ftlloit aller secourir Bourdeaux; que le Cardinal, en emmenât le Boy en Guyenne, et en rengageant au siège d'une ville «tacs dans un climat extrêmement chaud, en la saison la plus neommode de toute l'année, pendant les jours caniculaires, ne trnailloit point pour la gloire, ny pour l'avantage de la Franco, ■a» à l'establishment de ses propres interests, et de ceux du Ducd'Espernon, pendant qu'il exposoit ce jeune Monarque aux incommodités d'un fâcheux voyage, et aux derniers périls de la vie; qu'il falloit croire, que son intention estoit ou de s'accomnodor avec les Princes, ou bien de les confiner dans une prison perpétuelle, s'il n'y pouvoit pas trouver ses avantages. Le Duc d'Orléans, qui ne pouvoit pas aimer le Cardinal, parce qu'il trait usurpé l'autorité que le Duc devoit avoir, et la disposition iWne des affaires, et qui n'avoit consenty à l'emprisonnement fa Princes qu'avec quelque répugnance, et par complaisance pour k Duchesse sa femme, commençoit à gouster les propositions, H* h Fronde faisoit en faveur des Princes prisonniers. La Dueswe mesme estoit revenue de l'espérance, qu'on lui avoit donnée, ç» la disgrâce du Prince de C 0 n d é reiiniroit en la personne h Duc toute l'autorité de la Régence, et voyoit au contraire, que k prison des Princes avoit augmenté la puissance de la Heine et k crédit que le Cardinal avoit à la Cour; c'est pourquoy elle ne ttssoH point d'animer son mary contre le Ministre. Mais celui qui «■m de le gagner, ce fut l'Archevcsquc de Corinthe (1), Coadjtttear de TArchcvcsque de Paris, son oncle, un des plus forts et fa plus entreprenants génies du Eoiaumc. Ce Prélat, qui possède nus doute toutes les eminentes qualités, qui forment les plus grands ptfionnagcs, s 'estant rendu maistre de l'esprit du Duc d'Orlcans, Vi ae laissoit gouverner, n'eut point de peine à lui faire coin-
W Jean François Paul de Gondi, plus tard Cardinal de Retz.
366 Affaire* de France.
prendre, que le Cardinal, qui se vouloit maintenir auprès des pv sances Souveraines, n'auroit pas plus de considération pow personne, qu'il en avoit eu pour les Princes, s'il entreprenoît i s'opposer à son crédit et à son autorité, et il ne loi posroit f donner ces impressions, sans destruire entièrement l'amitié «t bonne intelligence, que le Duc avoit jusques icy entrateaM af la Beinc L'exemple du Duc d'Orléans et la penuasm* qi donna à l'Ordre de la Noblesse de s'assembler, firent le Parlement à l'éloignement du Cardinal.
L'armée du Boy, qui assiegeoit cependant Bourdeaux, très mauvais estât faute d'argent, et de l'autre costô* la viDe, f estoit remplie d'un peuple, dont l'humeur bouillante, emportai < inconstante donnoit tous les jours de nouvelles inquiétudes à est qui y commandoient, se lassoit de souffrir pour la qomflt A Seigneurs, qui n'y estaient que pour faire leurs affaires aux fUpn de la ville, et qui negocioient cependant avec la Cour. TellflM que le Cardinal, qui estoit en des allâmes continuelles, et fi recevoit à toutes les heures du jour des avis des courses et éftl marche de l'armée Espagnole, qui estoit revenue en France, 8M| bien que des délibérations qui se faisoient au Parlement pow sa éloignement, voulut empescher la Fronde de se saisir des IU prisonniers, et les faisant transférer au chaateau de Marcoussy^fi mettoit les rivières de Seine et de Marne entre eux et la vflfei Paris, et résolut de porter les affaires de Bourdeaux à nnaoasv modement. U exécuta cette resolution avec tant de precipiftatiM que le traitté fut commencé et achevé presque en mesme tesajl La Princesse de Condé estant sortie de la ville, fut conssV d'aller à la Cour, et d'y conduire le Duc d'Enguien, son fh Elle vit la Beinc, lui fit ses soumissions pour la liberté du Priatt son niary, et en remporta (Tasses bonnes paroles. L'on no pu pas dire bien certainement, si cette cntreveûe se fit de coacer et de l'ordre do la Beinc et du Cardinal, à quoy ilyagrand'l] parence, ou bien par rencontre, mais il est vray qu'elle fit us tu mauvais effect dans l'esprit du Duc d'Orléans. Sa fille aîad qui estoit auprès de la Heine, et qui remarquait tout ce qui faisoit à la Cour, ne manqua pas de lui en donner avis, aussy bi que de plusieurs conférences secrètes, que les Ducs de Bouilli et de la Boche foucault curent avec le Cardinal. Le premi fut à la Cour, à dessein de se donner à la faveur, et s'y engag en effect, en faisant les premières ouvertures du mariage du Prii
Affaires de France. 367
de Conty arec une des nièces du Cardinal Mazar in, pendant qie le Coadjuteur engageoit le mesme Prince avec la fille de la Dtacfcesae de Cherreuse. Les mémoires qui ont esté publiés nu le nom du Duc de la Bochefoucault, disent que lui et le Duc de Bouillon représentèrent au Cardinal, qu'il ne pourrit rien faire de plus glorieux, ny mesmes de plus avantageux pour rétablissement de sa fortune, que de s'acquérir les Princes, ■ ki mettant en liberté de son mouvement, devant que le Duc d'Orléans et les Frondeurs les eussent gagnés, ou fait transférer • h bastille, où ils pourraient disposer de leurs personnes et s'en ssrvir à la ruine de l'autorité de la Heine et du Cardinal; qu'il M se deroit pas flatter du traitté de Bourdeaux; que les esprits y estaient ausay ulcérés que jamais, et que la Cour ne se seroit pu si tost éloignée de la Province, que le Parlement ne s'unist me celui de Paris, et avec tout le reste de la Franco, pour conjarcr sa perte. Le Cardinal, qui n'en estoit que trop persuadé, iptéi avoir réglé les affaires de Guyenne, au lieu de revenir à rnit, où il acavoit qu'il n'y avoit point de scureté pour lui, fit Ar la "Cour à Fontainebleau, et fit donner ordre à Bar, à qui b Csrdinal avoit confié la garde des Princes, de les transférer de ïtrarassy dans la cittadelle du Havre de Grâce. Ils y furent Mulots sous l'escorte de mille hommes, commandés par le Comte de Har court, qui dans la nécessité de ses affaires domestiques waba bien ne refuser point cet cmploy, quoy que bien différent de ceux qui lui avoient autrefois acquis la réputation du plus ▼aillant et du plus heureux capitaine de son temps. Les Prin- *tt de Condé et d'Enguicn, qui sçavoicnt que lcDuc d'Orfctaa et la Fronde n'a voient pas trouvé bon, que l'on eust tiré b Princes hors du ressort du Parlement de Paris, en prirent °«Mi<m de redoubler leurs instances au Parlement pour la liberté «• Princes. De l'autre costé la Duchesse de Chcvrcuse, en tt temps là ennemie irréconciliable du Cardinal, comme elle l'avoit *të de son prédécesseur, considérant qu'elle ne le pouvoit pas penbe que par les cabales du Parlement, et si lu Cour n'estoit «ns Paris, alla à Fontainebleau, et sceut si bien faire accroire » la Berne, qu'il n'y avoit que la présence de leurs Majestés, qui port câliner les esprits du peuple, et dissiper les cabales qui se faisoient contre leur autorité, qu'elle résolut d'y ramener le Roy. Mais le Cardinal n'y fut pas sitost arrivé, qu'il reconnut que le séjour de la ville lui seroit malheureux, tellement qu'il en sortit
3C8 Affaire* de Franee.
presque en mesme temps, pour aller assiéger Rhetel, que les Espff~ gnols avoicnt pris, et dont la garnison eouroit la Champagne, h Brie et une partie de Plsle de France. César de ChoisevJ du Pies sis Pralin, Mareschal de France, commandoit l'armés du Roy, laquelle devint assis considérable dans fort peu de joui, parce que le Cardinal avoit fait courir le bruit, en partant de Eu», ' qu'il emportoit de l'argent, pour la payer. Cette petite fille, phi • commode à cause du passage de la rivière d'Aisne, que consià rable à cause de ses fortifications, ayant esté reprise par les sraw V de France, le Mareschal fut assés heureux, pour défaire en ba*-*! taille rangée le Mareschal de ïhurenne, qui avoit détaché ■*' quelques troupes de l'armée Espagnole, à dessein de faire lever < le siège de cette place. Cette victoire, qui n'estoit deûe eneb qu'aux conseils du Cardinal Mazarin, etqui devoit apparenunoÉ^ restablir sa fortune, fut celle qui pensa la renverser, et qui mi M ,5; plus de mal, qu'il n'eust pu appréhender de la perte de la bataS* % qu'il venoit de gagner. Après cela ses amis et ses ennemis le pie* * serent également de venir à la Cour, recevoir les reconnoissaaesi * qui estoient dcùcs aux services, qu'il venoit de rendre. Le Csrfr A nal, qui ne pouvoit pas douter des intentions des uns et des auM^ ne voulut pas croire leurs conseils, et refusa d'aller à Paris, jas* ques à ce qu'il s'y trouva obligé par la maladie de la Reine, att4 le fit passer par dessus toutes les considérations, qui Pen ponvoW-* empescher. Il y arriva le dernier jour de l'année 1650, dans M temps que les amis du Prince s 'estoient joints à la Fronde potf le perdre. Jamais homme n'entendit si bien la Cour, et les flH trigues du cabinet, et jamais homme ne fut si puissant dans ht*1 prit d'une Reine; mais la jonction des deux factions, dont iM croyoit les interests incompatibles, comme ils l'estoient en dfoofcj J sinon en ce que l'une et l'autre a voient pour objet sa perte, k contraignit de céder à leur puissance et à leurs artifices. Anai' de Gonzague, femme d'Eduard de Bavière, Prince Palsna, r travaillent depuis plusieurs mois à reunir ces esprits. Marie ds Rohan, femme de Claude de Lorraine, Duc de Chevreuse, | y donna les mains, pas tant à cause de Passeurance qu'on hi ; î donna par escrit du mariage de sa fille avec le Prince de Conty , ' que par un mouvement de générosité, et à dessein de faire chasser le Cardinal. La Reine tâcha de détacher de cette cabale le Dac ■ d'Orléans, qui avoit tousjours fort bien vescu avec elle, tant pendant leurs persécutions communes, sous le Ministère du Cardinal
Affaires rt* France. 369
ieïichelieu, que depuis la mort du Roy defunct; mais quclfv «fort qu'elle fist faire par leurs amis communs, elle ne le jrt pis vaincre, et mesraes il refusa absolument de s'aboucher me elle, qu'elle n'eust consenty à l'élargissement des Princes, et qi'dk n'eust fait expédier les ordres pour leur liberté. Elle mît sujet de craindre, que le peuple de Paris, extrêmement animi contre le Cardinal, ne lui fist violence; c'est pourquoy elle ft doubler les gardes, et fist venir au Palais Royal toutes les personnes, qui «voient encore conservé quelque affection pour dh, et qui n'avoient pas tout à fait perdu le respect qui estoit fai au Boy, résolue de n'abandonner point le Cardinal. Mais nit que le Cardinal n'eust pas la mesmo resolution et fermeté fie Ton voyoit en la Reine, ou qu'à son ordinaire il voulust Un trop tard, ce qu'il eust pu faire de meilleure grâce, s'il eut pu s'y résoudre, il se travestit en cavalier, et sortit ainsy fc k ville le 6 Février 1651, à onze heures du soir. Il alla Abord à St Germain, où il ne demeura qu'un jour, et de là, à k petites journées, au Havre de Grâce, où il voulut bien porter six Princes les premières nouvelles de la resolution, que la loae avoit prise de les mettre en liberté.
lie n'y estoit pas encore bien résolue lors que le Cardinal •«ft de Paris, et le bourgeois, s'imaginant que le séjour qu'il SMt en France, et dans le voisinage de la ville, ne servoit ftf j attirer aussy la Cour, gardoit si soigneusement les portes, cf observoit si exactement tout ce qui se faisoit au Palais Royal, î» ri le Roy et la Reine n'estoient pas prisonniers en effect, l*oi ne pouvoit pas dire pourtant, qu'ils joiiissoicnt d'une liberté Vin entière (1). Dés que le Cardinal fut party, le Parlement *ttyi remercier la Reine do son éloignement; mais craignant fiB n'allast au Havre de Grâce, pour se saisir des Princes, et poar les emmener, au lieu de les délivrer, il fit de nouvelles in- Hua» pour leur liberté. La Reine répondit aux Députés, que GfatsU une chose résolue, mais que pour faire une affaire si importante dans les formes et dans l'ordre, clic estoit obligée de Rendre des mesures, pour lesquelles clic demandoit le secours les conseils du Duc d'Orlcans, et de l'advis des Grands du ïonume, et que pour cet effect elle verroit le Duc nu lieu qu'il lui lairoit lui assigner, nu Palais Royal, nu Palais <lr Luxembourg,
1) Voir Siniondc de Sismondi, p. 39 sv.
870 Affaires de France.
ou bien ailleurs, à son choix. Son dessein estoit d'amuser! Parlement jusques nu jour de la majorité du Boy, qui ostoifttf Duc d'Orléans, avec la qualité de Lieutenant gênerai, toril l'autorité, qu'il a voit pendant la Régence. Mais le Duc qui W noissoit son foible, et qu'il estoit incapable de résister à ce fi la Reine desircroit de lui, ne voulut pas se commettre aveetfl personne, à qui il n'avoit jamais rien refusé, et évita l'entrevat! De sorte que la Reine se voyant frustrée de cette espemevl encore un dernier effort, pour tâcher de sortir de la vflkt '4 d'emmener le Roy; mais n'y ayant pas reussy, elle ne t'en fi plus dédire, et consentit enfin à la liberté des Princes, et fit ^ pedier les ordres nécessaires pour cela. i
La Vrillicro Phclippcaux, l'un des Secrétaires dlAf et des Commandements du Roy, en fut le porteur, et on ledW gea aussy des dépesches du Duc d'Orléans, sans lesquels BÉ avoit ordre exprés de ne les pas laisser sortir du Havre deW ce. Le Cardinal, qui estoit punctucllemcnt àrerty, à toutes ■ heures du jour, de ce qui se faisoit à Paris, ayant sceu q»W Vrillicrc estoit en chemin avec les ordres, prit les devaiti,tij arriva le premier au Havre. Estant entré dans la cittaddb*, ayant fait la révérence au Prince avec de très grandes aoiMrfftj sions (ff)% il lui voulut faire accroire, qu'il n'avoit fait qrii^j quiescer aux propositions, que d'autres avoient avancées poiTlMS emprisonnement, et qu'il avoit simplement consenty à ce q»1^ Duc de Beau fort et le Condjutcur avoient pressé et resols, 1/ y ajousta, qu'il dépendoit encore de lui de le retenir, on de Mr donner la liberté, mais qu'il ne s'y vouloit pas opposer, et qrf. pouvoit sortir quand il lui plairoit. Apres avoir disné avecl* trois Princes, il les fit sortir, faisant encore respecter ses onW et sa parole dans une affaire de cette importance, quoy qu'âoigli des affaires, et à la veille de sortir du Roiaumc. Il ne lais!*' pas d'estre toutpuissant à la Cour, parce qu'il ne s'y fiûrf rien sans son advis, et sans ses ordres, et que ses Scrvicnt, le Tellier et Lionne, seeondoient les int* de la Reine contre les ad vis de Chasteauneuf , et des ministres, ennemis du Cardinal, à qui la Fronde avoit lait do*
(JT) » Ayant presque mis le gcnoiïil en terre devant Monsieur 1 Prince, auquel il dit qu'il venoit lui donner la liberté, estant en M pouvoir de le mettre en liberté ou de le retenir." Journal du Pari ment. Imtfy 13 Fécrier 1031.
œ leur noerte a la xrucnesse ue unevrcuse et au l*>r, et le Prince de Condé s'estoit engagé par escrit au ) de son irere avec la fille de la Duchesse. Le Prince de
l'aimoit, et avoit de l'inclination au mariage; mais son ouloit retenir dans la famille les biens d'Eglise, que le XMsedoit, et conserver à ses enfants cette ample succession, toit obligé de partager, si l'autre se marioit. D'ailleurs la se de Longue ville, qui ne vouloit pas voir dans la
une personne qui y fust plus considérée, et que ses frères ut plus qu'elle, secondoit puissamment les intentions de la •'estant liée d'intelligence avec la mesme Princesse Palaui estoit rentrée dans les interests de la Cour, il ne lui i dîffigilft de donner au Prince de Condé un dégoust du s de Mademoiselle de Chèvre use. Il ne pouvoit pas édire, sans se déclarer contre la Fronde; mais comme
elle qui l'avoit fait arrester, et que sans elle le Cardinal voit pas osé, ny pu entreprendre, le ressentiment de l'ou- [tfon lui avoit fait, l'emporta sur l'obligation, que la Fronde d'acquérir sur lui, et sur la parole qu'il leur avoit donnée. «ta et agréa les avantages et les puissants establissements. Boue lui faisoit offrir par la Princesse Palatine, par Ser-
et par Lionne; se déclara pour la Cour, et s'en expliqua louper, qui se fit chez la mesme Princesse. Duchesse de Chovrcusc, aussy bonne et généreuse qu'han ayant esté avertie, prévint le Prince, et pour lui faire [ue c'estoit sans interest qu'elle avoit sollicité sa liberté, et
n'avoit escouté les propositions du mariage de sa fille, our asseurer le Prince de sa fidélité par cet engagement, a promesse au feu en sa présence. Mais les offres, que la faisoit faire au Prince estoient plustost apparentes et ge-
372 Jffaini de Franc.
dinaL, et qui estaient encore assés puissants dans Paris pour a faire l'object de la haine et de l'indignation du peuple; <M pourquoy il eut de la peine à les abandonner d'abord, pour m lier avec la Heine, et se contenta de souffrir, que l'affaire M mise en négociation. Elle ne put pas estre si secrète, que la chefs de la Fronde n'en fussent avertis et allarmés, puis qu'swf bien il importait à la Cour qu'ils le secussent. Ils furent otifr renient eclaircis de l'intention du Prince par les défenses, qmk Reine fit au Prince de Conty, du consentement du Prince Mi frerc, d'épouser la fille de la Duchesse de Chevreuse, et ppi l'cloigncmcnt de Chastcauncuf, à qui Ton osta les comme à une personne désagréable au Prince et fort ine à elle mesnic, parce que les interests de ce ministre estaient il! separablcs île ceux des chefs de la Fronde. Dés lors le ftnafll croyant n'estre plus oblige à sa parole, se déclara ounutriMÉ contre le mariage de son frerc, et la Reine se contentant à| lavoir brouille avec ses nouveaux amis, en sorte qu'ils estflMPJ devenus ses ennemis irréconciliables, ne voulut plus achetons amitié au prix qu'elle lui avoit fait espérer. Elle desadvoiahj paroles que Servicnt et Lionne lui avoient portées, et àj traitta d'ailleurs d'une manière, qui lui fit reconnoistre, mais fanj tard, qu'il avoit mal pris ses mesures. Le Roy approchait fe jour de sa majorité, qui donnoit à la Reine une autorité tte plus absolue qu'elle n'avoit eu pendant la Régence; de sorti qu'il ne falloit point douter qu'elle ne fist revenir le CardMr pour le faire rentrer dans le mesme crédit, qu'il avoit dettffe son éloignement. Le Prince, voyant qu'il ne le pourroit pat mfi pescher, et qu'il ne pouvoit pas trouver sa seurcté dans ftBfc où la Fronde estoit encore très puissante, se retira d'abord ea* maison de St. Maur, au dessus de Charanton, la nuict dit Juillet 1651. Il vouloit faire croire, qu'il avoit esté poussé J* quelques compagnies du régiment des gardes, dont une psA devoit occuper les avenues du Faubourg St. Germain, et PsjHi avoit ordre, à ce qu'il disoit, de l'investir dans son hosteL I* Reine protesta qu'il n'en estoit rien. Le Duc d'Orléans justili d'abord les intentions de la Reine, et le Premier Président COV damna les soupçons et les défiances du Prince, qui les fondai sur le crédit que Servicnt, le Tellicr et Lionne, ministre du Cardinal plustost que du Roy, avoient à la Cour. La Uris le» éloigna, à la prière du Parlement; mais comme leur génie i laissoit pas d'y régner, le Prince, qui retourna à Paris, et qoii
te avou escouie îes propositions, qu on mi a voit laites ae r; que le Goadjuteur et Lionne, qui estoît revenu à la 'estaient souvent veus sur ce sujet, et qu'ils en avoient i les moyens chez le Comte de Montresor, de la Mai- Bourdeilles, confident du Goadjuteur, et un des plus de leur cabale. La Reine avoit fait dire au Prince, qu'il oit voir en toute seureté*, et offroit de faire le Parlement ire et garand de sa parole; mais le Prince, n'estant plus de l'affection du Premier Président, et craignant que la ce du roaistre, qui se trouvoit entre les mains de ses enne Taecablast pour la deuxième fois, jugea que sa plus seureté consistait en la défiance, et que pour ne donner second Avantage à ses ennemis, il feroit bien de ne se ■mettre. Tellement que ne se pouvant pas résoudre à se aux cérémonies de la majorité du Boy, il se retira, et I Princesse sa femme, le Prince de Conty et la Duchesse ngne ville, qui estaient desja partis de Paris, à dessein Armer au chasteau de Montrond, place forte en la Proie Berry. La Cour, qui ne pouvoit plus prendre de créance avoit fait attaquer et dissiper ses régiments en leurs quaripret de Guise, Marie et Vervins, sur les frontières de e et de Champagne. Elle estait bien asscurée, qu'il avoit avec les Espagnols, et qu'il faisoit encore négocier avec vel en Angleterre; c'est pourquoy, le Prince sçachant que ne ne le pouvoit pas ignorer, et qu'il n'y avoit plus de pour lui, il se résolut à la guerre civile. Il s'y jetta ment, quoy que la plus part de ses amis l'eussent abanet que pour tout fonds il n'eust que les promesses de la l'Espagne, les espérances, quoy qu'incertaines, que lui donqu'il employoit auprès de Cromwel, et la chaleur
:\72 ' /•AVv*--
iUii: . einployoit souvint en de? «faire! r
iaii s.1 K* prièrent de la part de la Bein
p. ..istost. Jl le lit, et prônant son cbe
li. ..res de Picardie et de Champagne, i
i ^ retira à Bruel, où l'Electeur de Colop
•: son séjour. Et dautant qu'il n'ypouïo
quelques unes des Provinces des Païs-bi
{ y d'Espapie, l'Archiduc et le Comte d
: lui donnèrent pas seulement toutes les set
. ..s ils le firent aussy escorter par une trouj
.mdec par À n t f i i n e 1* i in e n t c 1 , Gouverna
,.;e j'ay bien \oulu remarquer, parce que cet
. t eonnoistre ce Cavalier au Cardinal, il lui f
%res ouvertures du traitté, qu'il ébaucha depni
. négocier quelques années après à Paris, ctqo'
v Pirenées en l'an 1G3(J.
A.4i avoit fait faire les propositions d'accommwli
: esté parié au livre précèdent, n'avoil jrarde de
•illusion, pendant qu'elle eroyoit pouvoir profile
. de la F rance. Et de fait, J>. Jean d'Austriei
»i'Ogiiatc, Vieeroy de Naples, reprirent en Itali
Portolon^one, et le Marquis de Mort ara rediûai
.,• le Cliasteau de Flix, place forte et importante A
;,m\ Miraut et Falsct; mais l'Archiduc, nu lien 4
"i qiirlque bon po-tr, >e contenta de faire des cour*
* '., rivière d'Ow, et de prendre quelques petites places
l'.i^lelet. Muiwm, Eurm-s et Herbue*» St. Winoi, qt
.., puis à. faciliter aux Espagnols les importantes con*
.•ni il sera parlé aillciir*.
:îi*ircs de- deu\ ('owmnno, cpii estoient à la Haye
,-!• justifier cependant le- intentions de leurs maistfti
u« eroire, qu'ils dc-iroient I.i paix a\ee pa^ion, et il A
. Iqiie chose; mai> elle? ne jm >u\ cii-nt pa- demeurer uV
% conditions. Celui de France produisoit, comme uw
• Mtlubitabl»' de l'inclination «le sou Koy. la réponse, <p
. -ivoil faite aux offres «le médiation, que l'Ambassade»)
|'«tal avoit eu ordre d'y faire, et pressoit les Estats d'obi
\.ub;issideur d'F.spaijnc de ^Yii expliquer. 11 represen
%x« elleet le 21 .lau\ier lli."il, (pie le silence de ce iniiûst
xW nianpie iufadlihlc de mui ;i\crsioii pnur la paix et
..uou fl du dessein des EsjMiniuls pour la Monarchie Ui
La France et ? Espagne. 375
t{gg), L'Ambassadeur d'Espagne au contraire seplaignoit aurais offices, que la France rendoit continuellement au ton maistre, les mauvaises impressions qu'elle tâchoit de de ses intentions, des efforts qu'elle faisoit pour porter tat à une nouvelle rupture, et des mauvais rapports, que îsoit de ses sentiments particuliers, comme s'il avoit in- . la perte, que cet Estât avoit faite en la personne du d'Orange (M). Il prit pour cet effect une audiance exdans la Grande Assemblée fort peu de jours après l'ouver-
Réaolution des Etats Généraux du 21 Janvier 1651. M. de Wicquefort a inséré dans ses pièces justificatives ors de l'Ambassadeur Brun. Nous n'en donnons que quelques : § Ayant appris l'ouverture et les premières sessions de cette lînaire et célèbre Assemblée, composée de tant de rares et inwraonages, qui estaient sur ce vaste théâtre, en original et aération, la grandeur de vostre florissante République, je m'y îdu, pour y saluer V. V. S. S. leur donner la bien venue, et ifanUer d'un mesme temps l'heureux cours de ce nouvel an, favorable succès de leurs travaux, sur le sujet de leur solemnvocation en ce lieu ; en sorte que par mes voeux et désirs je t aux salutaires resolutions, qui s'y prendront pour le bien et b cet Estât, qui est considéré du Roy, mon maistre, depuis le îe la pacification, comme amy, voisin et conjoint avec luy par & matuel des peuples de l'une et l'autre domination, «et par les i commerce, qui ne sont pas les moindres de la société humaile et politique, dont j'ay depuis peu renouvelle les conditions étés avec Messieurs vos Députés, à dessein de les faire servir emissement et accroissement d'une bonne intelligence entre sa i et V. V. S. S. leurs Estats, Pais et sujets, ainsy qu'il est i en termes fort clairs et précis au commencement de traitté, igné cette cause pour la principale et finale de toutes les cons. .... Je me trouve obligé de représenter la dessus à V. V. S. S. asseurer sur mon honneur et conscience, que ny à Bruxelles, aucune autre part du monde, je n'ay dit ny escrit, ny inesme tien de semblable à ce que l'on m'y attribue, au sujet de la a feu Monsieur le Prince d'Orange, que sa Majesté n'avoit et de craindre, mais plustost inclination à le chérir, comme lié par le mariage de Madame la Princcbsc sa femme. Ce qui ionne encore en le rencontre de vous prier, Messieurs, de la sa Majesté d'avoir en particulière recommandation la personne )iens de Monsieur le Prince d'Orange d'à présent, qui est le et abbregé d'une longue suite de très Illustres devanciers, dont ont bien servy vostre Estât, et les autres précédents les Rois ces mes Souverains."
370 Le commerce des Provinces- Unies incommodé par les ftmnçau.
turc. Le Résident de France y répliqua dans une autre i et Ton en vint de part et d'autre à des injures et à des invei ves, indignes de personnes revestues d'un caractère public, qa doivent jamais sortir des termes de la gravite* et de la rivai quelque anùnosité qu'il y ait entre leurs maistres, qui se fa le plus souvent la guerre pour l'intcrcst plustost que par un H sentiment d'honneur. Le Résident prit beaucoup de peine à jd fier les ministres de France des bruits, qui avoient couru des pi positions du mariage du Roy, son maistre, avec l'Infante l'Espap et neantmoins ils n'estoient que trop véritables, aussy bien f plusieurs autres choses que l'Ambassadeur lui avoit reproché Il y avoit longtemps, que Ton sentoit icy les incommodités 4 déprédations continuelles, que les François faisoient sur la ■ mais particulièrement en la mer Méditerranée (ii). Cesannata la pluspart Officiers (1), qui commandoient les vaisseaux de mm du Roy, et qui faisant les armements à leurs dépens, pane f la Cour n'y pouvoit pas fournir pendant les désordres du Reian vouloient s'en rembourser aux dépens du commerce, que les h bitans de ces Provinces font en Italie, en Espagne et an ! C'estoit un des principaux points de l'instruction que l'on i donnée à l'Ambassadeur, qui y estoit depuis quelque une des causes pourquoy on l'avoit si fort pressé de se : la Cour en diligence. Mais comme quelques ans des avoient part à ces armements (kk), et que d'ailleurs Ton nVfl
(m) Résolution des Etats Génér. du 15 Février 1651 *noch Ofttfc gen ecn missive van deselve (Collège d'admirnuté d'Amsterdam) g sehreven ter plactsc en in dato als vorcn, vcrsoeckcndc .... dst si Ho. Mo. ordre pelieve te stellrn je<rens de grootc endc onlijddjjd cxccsscn, die de Franeoisen in de Middcllantschc zce plecgcn tôt las van de schepen endc goederen van de ingczctcncn descr Landen eai tôt totale ruine van de connnereie endc trafycq, ecn van de too naemstc zcnuwcn van desen btact."
(kk) Registre du Parloir ni de Vunzicme Marslbol. , Ce jour, I» Col toutes les Chambres assemblées, ayant délibéré sur l'exécution des I rest d'icclle, des 7, 0 et 20 Février dernier, et 2 de ce mois et I concernant le Cardinal Mazarin; et oui sur ce les gens du Rp a arresté et ordonné que les dits arrest seront exécutés et snivtt
(1) M. de Wicqucfort a voulu dire: Les auteurs en étaient** la plupart des officiers, etc.
erres déclarées. Ceux du Collège de l'Admirauté de la Je portèrent les plaintes des marchands aux Estats Ge- ; leur remonstrerent, que par ce moyen les François, en î commerce des habitants de ces Provinces, attaquoient lent l'Estat et en sappoient les fondements. L'on eut mesme temps, que le Duc de Vendosme, Admirai î, faisoit aussy armer quelques vaisseaux à dessein d'à* \ ruiner la navigation, au lieu de s'opposer à ces pira- , L'on en estoit desja tellement incommodé en Italie, finnois, aussy bien que ceux de Ligourne(l) et de Luques, it accoustumé de se servir des navires Uollandois, pour ri de leurs pretieuses marchandises, tant au Levant, en . en Espagne, que dans les autres Provinces d'Italie, tant assés bien armés et montés, pour ne craindre point , n'y vouloient plus rien bazarder, parce que les armançois les visitoient et les prenoient tous. Les Estats nt à l'Admirauté d'envoyer leurs Députés à la Haye, diberer avec eux des moyens, dont l'on se pourrait serîmpeacher le progrés de ces violences. Les Députés de ['Amsterdam, se trouvant à l'assemblée des Estats de forent d'avis, que les vaisseaux trafiquants en la mer née, attaquassent tous les bastiments François qu'ils •oient à la mer, pour se dédommager sur eux de leurs
, request et diligence du Procureur General incessament inire ledit Cardinal Mazarin ses parents et domestiques,
373 Les Provinces- Unit* et le Portugal.
pertes (mm); mais les autres villes, moins intéressées au con qu'elles, n'y voulurent pas consentir. Pour empescher, qi n'en vinst à ces extrémités, et afin que la France, qui i que trop d'affaires, no s'en fist encore d'autres, elle pro faire subsister le traitté, qui n'avoit esté fait que pour qua au mois d'Avril 1646, et qu'il seroit exécuté punctuellemei ques à ce que Ton fust d'accord d'un règlement formel j marine (nu). Nous verrons cy après de quelle façon il fut e
L'on apprehendoit desja, que le commerce ne fust dira le démcslé que Ton avoit avec le Roy de Portugal. Il av résolu dés le mois d'Octobre de l'an 1649, que la Compag Indes Occidentales seroit assistée d'un secours considerabJ le restablissement des affaires du Brésil (oo) ; mais la Hc considérant que la France et le Portugal avoient leurs il communs contre l'Espagne, et que l'on ne pouvoit pas avec les Portugais, que l'on ne vist la mer couverte d'ara qui troublcroicnt la navigation en prenant des commissioi tugaiscs, s 'y rendoit fort difficile. Neantmoins afin de •' les Provinces, qui avoient le plus de part à la directioi Compagnie, et pour les convier à ratifier les traittés, q avoit faits avec le Roy de Danncinarc, elle y donna les et les Ëstats de la Province furent en corps dans l'Assemt Estats Généraux, pour y porter leur consentement, et i pour porter les autres Provinces à la rupture avec le '. Portugal. Il est vray, que ceux qui avoient eu le raaniem affuires au Brésil en avoient fort mal usé, et le Comte Ma de Nassau ne l'a voit pas dissimulé lors qu'il revint pais (pj>) ; mais leur crime ne pouvoit pas excuser les tr et la perfidie des Portugais, bien que leur Roy prist biei peine à s'en justifier.
Les affaires de la Compagnie y estoient en fort mauvai Depuis deux ou trois ans l'on y avoit envoyé deux flottes derablcs sous de bons chefs, et des troupes, capables n< lenient de réduire ce que la Compagnie y avoit perdu, mai de conquérir tout le reste du païs, à ec que Ton croyoi
(mm) Résolution des Etats de Hollande du 23 Juin 1651.
(**) Celle des Etats Génér. du 10 Juin 1651.
(oo) Celle du 8 Octobre 1049.
(pp) Celle des Etats de Hollande du 12 Sept. 1617.
ÂJC9 i uikugaw cswxciiv uuio cnuo tu*) kviuuiu mw wu-
sont ordinairement, au lieu que l'ambition et l'avarice t et roinoient les Hollandois. Ceux cy avoient en Fan du dans une rencontre deux Colonels et plus d'unze cens
meilleurs soldats. Ils tenoient encore la mer, par le moyen m que Ton faisoit partir d'icy de temps en temps, et qui se
voir quelquefois aux costes; mais les Portugais tenoient ) et les places, et estant maistres de la campagne, Ton it pas secourir les garnisons de vivres, ny de raffraischis- Ceux qui estoient dans les magasins estaient fort mal , parce que les officiers qui en avoient la disposition, aient moisir et pourrir entre leurs mains, ou les distriinégalement et mal à propos. La pluspart des Tapuyes,
les habitants naturels du pais, s'estoient souslevés contre ignie, et empeschoient les autres, qui avoient encore condque affection et fidélité pour elle, de prendre les armes. Mgnie avoit confié la conduite de ses affaires à des gens j, qui faisoient leurs affaires, et non celles de leurs raaism ans n'avoient pas les lumières, ny l'expérience necesur des emplois de cette nature, et les autres les ruinoieut
meschanceté affectée. Ils avoient négligé d'y faire des
et do peupler le plat pais de gens en qui ils se pussent voient souffert au contraire, que les Portugais continuasdemeurer, et en si grand nombre, que mesme les places
n'estoient pas en seureté. On les avoit aussy appelles » de judicature, et par ce moyen ils avoient eu occasion ire connoissance des plus importantes affaires du pais, pen- \ le nombre des gens de guerre se trouvoit tellement es-
380 Les Provinces- Unies et le Portugal.
tonio de 80 usa de Maccdo arriva à la Haye, pour à Francisco de Sousa Coutinho en l'Ambassade d gai, au mois de Septembre 1650 (qq). Il en donna iris fut à Délit; mais Ton estoit si ennuyé des artifices et d nierc d'agir de son prédécesseur, laquelle on avoit traitU dicule en elle mesme, de très préjudiciable à la Comp comme estant outrage use à l'Estat, que lors que son ni fit sçavoir qu'il estoit arrivé dans la Province, Ton n'y de réflexion, et on ne le voulut pas recevoir avec les civi l'on a accoustumé de faire aux Ambassadeurs à leur a sorte qu'il résolut de venir à la Haye incognito. H demi sieurs fois audiance, et excmtion des droits, qui se leven les denrées, et que les Estats de Hollande ne font pu p Ambassadeurs et Besidcnts des testes Couronnées et des 1 mais il en fut autant de fois refusé. Neantmoins il : résolu au bout de cinq mois, sur l'ouverture des Députés lande et de Zeelande, que devant que de lui donner andi Provinces deineureroicnt d'accord des forces, que l'Estat < roit en faveur de la Compagnie contre les Portugais, t l'Europe que dans les autres parties du monde, si l'Ami ne se mettoit pas à la raison, ou si le Roy, son maistr cutoit pas ce dont l'on seroit demeuré d'accord avec lui, l'obligcroit à agréer ou à rejetter dans peu de jours la qu'on lui proposerait pour l'avantage de la Compagnie, de cette resolution D. Antonio de Sousa de Mac audiance en la Grande Assemblée le 6 Mars 1651 (rr). tant qu'il l'avoit attendue longtemps, il fit connoistre au cernent de sa harangue, que par le refus, que l'on avoit fi tant de mois de l'admettre à l'audiance, l'Estat avoit droit des gens en sa personne. Il y ajousta, que la 1 que le Koy de Portugal faisoit faire de l'amitié des Est toit pas une marque de sa timidité ou de sa faiblesse, n une preuve de sa générosité, qui ne pouvoit pas consenti 8ion de tant de sang Chrcsticn, dont cette mauvaise in1 entre la Couronne de Portugal et cet Estât menaçoit les
(qq) Résolution des Etats Génér. du 15 Sept. 1650 ,..., Antonio de Sousa de Maccdo .... hecft genotificeert dx waerts is gekomen om de ceuwigc ecuigheyt te stabilieercn bcyde de Stactcn."
(rr) Celle du 6 Mars 1051.
Les Provinces- Unies et le Portugal. 381
i et de l'autre. Il parla des anciennes amitiés et alliances, que
Comtes de Flandres et de ce pais avoient entretenues pendant sieurs siècles, ci du secours, que le Roy Sébastian avoit rayé au Prince Guillaume d'Orange contre les Espagnols,
il y àjousta, que c'estoit du costô* du Portugal, que cet Estât anât attaquer et incommoder l'Espagne avec grand avantage
peu de dépense; en y employant des termes, qui eussent pu it croire, que icy l'on faisoit encore la guerre à l'Espagne, ou e l'on eust dessein de la recommencer.
Li satisfaction que l'on demandoit à l'Ambassadeur, estoit d'une ses) grande estendue, et engageoit les Portugais à une restitum prompte et effective de toutes les Capitainies, places et forts, b et usurpés sur la Compagnie des Indes Occidentales de ces is su Brésil, . depuis Rio Real jusques à Siara inclusivement, ee les esclaves, le sucre, le bestail, et les autres choses qui en peadoient; à donner à la mesme Compagnie une certaine quanti de bœufs, de vaches, et gc moutons une fois, et mille caisses
saere tous les ans pendant dix années, pour la dédommager . degast et des desordres qu'ils y avoient faits; à lui restituer sis de S1. Thomé; à partager avec elle la coste d'Afrique, et ht laisser celle qui s'estend depuis le Cap de Lope Gonçales ques à la rivière de Coança. Les Députés, qui lui portèrent i articles, lui dirent, que M", les Estats desiroient, qu'il les uiasst, et qu'il leur donnast une dernière réponse dans huit m, ou dans dix au plus tard (as). L'Ambassadeur repartit, .11 y pourroit répondre dans vingt quatre heures; mais qu'il bit les Estats de lui faire sçavoir, s'ils agreoient la médiation, s la Reine de Suéde leur faisoit offrir pour raccommodement
leurs différents, comme il l'acccptoit do son costé, et si leur tmtion estoit de faire une paix perpétuelle avec la Couronne de Rtngal, parce qu'en cette considération il accorderoit des choit à quoy il ne pourroit pas consentir, si Ton ne faisoit qu'une fie pour quelques années (tt). Les Députés lui dirent, qu'ils 'noient point d'autre ordre, sinon de lui communiquer ces arti- Kqui ne contenoient en effect, que ce qui avoit esté concerté toc sou prédécesseur, et de le convier ù s'en expliquer dans le. Kmpi qu'ils venoient de lui marquer. Ce fut l'unzicmc Mars 1G51
M Rfatlulion des Etats (ïéiu'r. du kJ Mars 1051. ?0 Celle du 11 Mars 1631.
3S2 I** Provinces-Unie* et le TortngaL
que les Députés lui portèrent cette resolution, et deux jours après il fit sçnvoir aux Estats, par deux mémoires, ce qu'il a?oii dit aux Députés de bouche. Mais voyant que la médiation de Satâe n'estoit pas agréable, ny de saison (un)* et que Ton insistoit toujours à ce qu'il s'en expliquast dans le temps, que les Députai lui avoient marqué, il répondit enfin par escrit, qu'il estoit Yiaj, que son prédécesseur avoit promis la restitution entière de la Gh pi ta in ic de Pharnambouc, mais qu'il ne s'y estoit engagé, qai parce qu'il esperoit, que d'un coste l'autorité du Roy, son maistre, seroit assés grande, pour obliger les peuples du païs à se renet* tre dans l'obéi' s san ce de cet Estât, en quoy il avoit esté tronfi < et que de l'autre costé il pretendoit, que ces offres empcscheroîrat , la Compagnie d'y envoyer des troupes, qui y avoient changé* k face des affaires, par les ravages et par les desordres qu'ellaj ; avoient faits ; que le Roy de Portugal, voyant l'obstination sa ; Portugais du Brésil, et désespérant de les pouvoir ramener pu la douceur, avoit resolu d'y employer la force ; mais qu'il en irait esté erapeschc, tant par les Estats de son Eoiaumc, que par II guerre, qu'il uvoit este contraint de soustenir contre l'Espagne qu'il consideroit aussy, que s'il pressoit trop ceux du BnA j l'aversion qu'ils avoient pour la domination des Uollandois kl jetteroit dans le desespoir, et les porteroit à rechercher la protêt* tion d'une puissance estrangerc. Tellement que la restitatiai effective du Brésil ne se pouvant pas faire, le Roy, son maistn* en donneroit la valeur h la Compagnie ; en permettant aux ha* bitants de ces Provinces de faire leur commerce, avec un certifc nombre de navires, non seulement dans cette partie du Bnsï quelle a possédée autrefois, mais aussy en toutes les autres Oh pitainies; on permettant de charger du sel à Setubal; en payait huit millions en argent à la Compagnie, huit cens mille lifisi pour les orphelins de Zcrlandc, qui y sont intéressés, et en H" quittant ce qui estoit deu aux particuliers. Il déclara qnc ce«toà) là la dernière intention du Boy, son maistre; qu'il n'a voit poW d'autre ordre, et que si sur cela l'on se vouloit icy résoudre à k guerre, il faudroît qu'il s'en consolast.
11 tachoit de persuader, que ces offres n'estoient pas seulemea^
(//*) Résolution des Etals Cù'iu'r. du 11 Mars 1G51 „ is goel gtW*1" den ende verstaen dat de voorsz aougrhodeiic médiat ic met allecifM1" teyt en circumspcclic sal werden gcexoutcort."
Le* Provinces- Unie* et le Portugal. 3S3
et raisonnables en elles mesmes, mais nussy honnorables, utiles et avantageuses à l'£stat et à la Compagnie. Mais comme eUes estoîent fort éloignées des intentions des Estats, qui ne pouioient pas ignorer, qu'il avoit ordre de traitter de la restitution da Brésil, puis que son pouvoir le portoit expressément, ils résolurent dés le lendemain, que Ton n 'entrèrent plus en confenue, et que Ton n'nuroit plus de commerce avec lui, et qu'à Kienir il ne seroit plus considéré comme Ambassadeur, mais nue une personne privée et particulière (w). Il faisoit re- ■uqoer une grande fierté en toute sa conduite, et neantmoins qriqne indifférence qu'il témoignast pour les dispositions, qu'il wyoii icy à la guerre, il ne laissoit pas de les appréhender, et Remployer toutes sortes de moyens pour conjurer la tempeste, doit il voyoit le Portugal menacé; jusques à employer plusieurs penosnes, qui promettoient des présents fort considérables à des Dépotes de r Assemblée des Estats Généraux, qu'il croyoit pouwir contribuer le plus à raccommodement (ww). Et ce avec tôt de scandale, qu'il fut ordonné à la Justice d'en informer, et de procéder contre les courtiers de ce sale commerce. D'ailkm les créanciers de l'Ambassadeur, et do son prédécesseur, fat il estoit demeuré caution, ayant secu que l'Estat ne le MMideroit plus en cette qualité, et craignant qu'il ne se retirast, twhrent s'asseurer de sa personne et de ses meubles. Mais la Omr de Justice ne le voulut pas permettre, sans le consentement dei Estats de Hollande, qui lui renvoyèrent bien lu connoissance de l'affaire, mais ils lui ordonnèrent en mesme temps de n'avoir point d'égard à ce que les Estats lui nvoient fait déclarer, qu'il ■e «croit plus cousideré comme Ministre public, parce que cela leponvoit pas empescher, que l'on ne conservast en sa personne le droit des gens, qui fait respecter le caractère, mesmes en la penonne d'un ministre d'un ennemy déclaré, jusques à ce qu'il •oit sorty du pais. Je ne parlcray point des diligences que le hiice de Portugal fit contre les deniers et les eflects, que le toy de Portugal pouvoit avoir en ces Provinces, pour avoir wurpé sur lui, à ce qu'il pretendoit la Couronne qui lui appartenait, comme estant descendu en ligne directe et masculine de
[n) Résolution des Etals Gém'r. du 25 Mars 1 05 1 . (nr) Résolution des Etats de Hollande du 21) -Mars 1651. [Voir m Aitzema, lii. 017 sv.]
Le» Provinces- Unie» et le Portugal.
Louis, fils d'Emanucl, Roy de Portugal; parce que l'Estat ne voulut pas prendre connoissanec de ses pretensions, pour les* quelles pas un Prince de l'Europe ne s'estoit pas encore déclaré, Antonio, fils de Louis, n'ayant jamais esté reconnu pour Roy, ny traitlé en cette qualité, mésmes en France, où on loi avoit donné retraitte. Les Députés de Zcclandc firent instance à ce qu'on le congediast, et qu'on le renvoyast; mais ceux de Hollande, qui jugeoient, que c'estoit une espèce de rupture, après laquelle les Portugais ne manqueroient pas d'incommoder le commerce, et de s'en prendre aux marchands de ces pais qui s*estoient establis en Portugal, n'estoient pas du mesme avis, et vouloicnt qu'on leur donnast le loisir de retirer leurs effects, en les faisant avertir, que la trêve allant exspirer au mois de Juin, ils feroient bien de les mettre à couvert. Comme en effect dés que l'Ambassadeur eut demandé un passeport pour sa personne, pour ses domestiques et pour ses meubles, et qu'il eut fait connoistra qu'il alloit partir, l'on fit avertir les marchands de ne plus rien hazarder après que la trêve seroit exspirée, et Ton envoya ordre au Consul, qui estoit pour les interests de cette nation à Lia* bonne, de se retirer de bonn'heure; puis qu'aussy bien Ton permit quelque temps après à la Compagnie des Indes Orientales d'attaquer et de combattre les Portugais, tant deçà que de là la Ligne, comme des ennemis déclarés de cet Estât. L'Ambassadeur prit le chemin do Hambourg, où il s'embarqua, presque au mesme temps que le Parlement d'Angleterre fit retirer celui qui estoit de la part du mesme Koy à Londres.
Fin pu Tomf, ï.
PIECES JUSTIFICATIVES
PIECES JUSTIFICATIVES
(Voir Page 15.)
exposé des droits exercés de tous temps par l'Ordre des Nobles et les villes de Hollande et Westfrise.
«Corte verthoninghe van het Recht byden Ridderschap, Eedelen ende Stedcn van Hollandt ende Westvrieslant van alien ouden tijden in den voorschreven Lande gebruyckt, tôt beboudenisse vande vryheden, gherechticbeden, Priuilegien ende Loffelijcke ghebruycken vanden seluen Lande.
'De Ridderschap, Eedelen ende Steden van Hollandt ende West- 'Btilint, Representerende den Staten vanden seluen Lande wel ende Bjpdioken, naer voorgaende comraunicatie, deliberatie ende Rapport, ^der den Eedelen ende inde Vroctschappcn vanden Steden gehouden *de gedaen opden Jegenwoordigcn staet deser Landen. Hebbcn vol- |*de baeren Eedt ende plicht noodich geacht den wettighen staet der lâfiden van Hollant ende Westvrieslandt by desen te openen, op vast tanwwen dat een yegelijck die desen sal sien daer van sal oordec- «iio onpartijdelycken ende vrcedtsamclijcken, als den bedrouffden staet far Landen is vereyschendc.
fHet b kennelijck dat de Landen van Hollant met Westvrieslant
•de Zcelant zyn tzedert den tijd van viif. Jaren herwaeris gheregiert
■de bericht geweest by Grauen ende Grauinnen, den welcken byden
tttddencbap, Eedelen ende Steden, Representerende de Staten vanden
riucn Lande, de Heerschappije ende de Souuerainiteyt der selucr
Ittden wettelijck is opghedragen ende ghedefereert gheweest, die ooek
| «et solcke discretie ende matiebeyt hen ghedragen hebbcn in haere
&gieringhe, dat de seluc noyt hebben gedisponeert van oorlogc aeu
te nemen ofte Pays te maecken, schattinghc oft contributien ouer den
jCtnden te heffen, ofte van cenighe andere saecken den Stacdt vanden
I*nde betreffende (hoe wel de seluc nochtans van goeden Raet vanden
Eedelen ende Ingeboorencn vanden Lande ordinarie waren versien)
looder aduijs ende consent vanden Eedelen ende Steden vanden Lande,
die tclckcn daer op wcrden bcschrcucn cudc verghadert, onde heh boucu de voorbchrcueu lluet d'Ecdelen 'ende Stcdcn vanden La ta 11 en tijdcn ende in aile suecken ghegeuen fauorablo audientie,' comen gheloof, ende ghoede Résolu tic, op aile fghene de selue lai meer hadden le verthoneu, den stact ende welvaeren vanden Li ceuichsins betre {Tende.
#Twelk als gheweest ztjndc cen gansch wettijghc Regieringhe, toi als oyt cenige auderc is bcuonden. Heefl voortghebracht vrnchten merkclijck, ende sonderlinge tôt eere ende Reputatie vanden voorac ucn Grau en, Mitsgadcrs welvaert der voorschreuen Landen ende de inghesetenen der sclucr hebben ghestreckt, als bonen aile ande dat de Gruucn van llollaut, Zcelaut ende Vrieslant op de heerechaf ▼an bo cleyuen bcgryp, sijn geweest by aile Frinccn cude Potenl vant Christeurijck niet allceu in souderlingho respeckt, cere ende pututic, aLs blijckt byde hoge alliautien v;ui houwelijcken, die hebben gbcmacckt by uac met al le de machlicbste Coninghen ende tentaten van Christeurijck, ende dat in den Jaro xiic.xlvh Oo Willem do tweede van dien namc is gecoren gheweest Rooi Keyser, macr ooek dat de scluc by nae altijdt sijn gheweest victoi over harc vyauden, de païen vande scluc Landen sccckerlyck tcj aile baere Vyandcn, hoc mnchtich die wacreu, bebben beschermpV deur de se lue niet weynich siju gherespeckteert ende ontsien gbei by harc naghebucren, immers moegen wy mette waerheyt seggen» den stact der Landen van llollandt ende Zcclandt birmen den tjjt achthondert Jacrcn noyt met t en swaerde en is geconquesteert oft derghebrocht gheweest, noch by vythcemschc, noch by inlantsche loghen, twelck wy niet en weten oft van eenigho anderc r\|cken waerc vande Rcpublijcke van Veucghicn) teghenwoordclijck 80 moeghen worden ghescyt, sonder dat mon hier van cenighe andere denen soude connen geven, dan dat altijt goede ceudracht, liefde verstant is gheweest tusscheu den Frinccn ende Staten vanden Lande, dewylc doch den Frinccn (die by hen scluen geen mael hadden) souder den Eedelen ende Stedcn vanden Lande gansch en vermochten, als ordiuare geeu middclcn hebbende dan het incoi vande Domcyncn, tôt vervallinghe vande costen hacrder hofhoud ende betalinghe vande ordinaris officiers.
*Men bevindt ooek wat Authoriteydt den Staten vanden » Lande hebben ghehadt, omme den Friuchcn (als sy deur quaden warcu tôt uaedeele van den Lande mislect) te breughen tôt recht redelijckhcydt, niet allcen met remonstrantieu ende versoueken, ooe, als hier op niet en werde bchoorlijck versien, raetter daet | derendc, ooek strenghelijck tôt st rafle vanden gcencn die der Pi authoriteydt hadden misleyt, mishandclt oite onbchoorlyck uiisbni ghelyck daer van d'excmpelcu sijn vcele ende raeuichfuidich.
Len Staten dcr scluer, so wanucer dcur afliuicheyt, raiuder- . crancksinnicbeit, misveretant oft cenige andere inconueuicuanden verlaeten agn ghcwecst vandc wcttclycke bedlcningho en, die ouer aulcka dickmaels een Hooft hcbbcn gbccorcn, oocht oft ruwaert noemde. Twclck oock noch aulcks is ecrt gheweest ten lijde vandcn huyse van Bourgonguen, als lijden van Hertoge Caerle ende llartoginne Marie sijn ten welcken tyde Hartoghe Maximiliacn willendc met
contrarye innevueren tegeti die authoriteyt vauden Slateu, eelen ataet vauden Lande bracht int wterste ghevacr ende
ende Keyser Kaerle seluc is gcduyrcnde syne minder-iaricir d'authoriteydt vauden Staten versien van voochdcn, ende ran behoorlijcke Regicrders , die aîtijt de Staten vanden 10e wel in veele saccken de vryhcyt, gcduyrende de Heer-
vanden huysc van Bourgongicn scer is vermindcrl) grootefl gherespecteert, aïs lichtelijck bemerckeude sijn stact dcur der middel uerseeckert te connen wesen, bceft oucr sulcks x>ne den Coninck van Spaugien met versebeyden vermanin-
gfaelijcke considéra tie ende discretic gbesocht te beweghen, 9sse vcrclaringhc, dat by syncu stact soude sien in perijckclc,
als hy de Staten van desen Landcn soude hebben iu clcyn- , ghelijck hy oock metter dact bevindt grootelyck tôt sync
Landen schade, sonder datmeu den oorspronck deser oorsr oorsaeck souden kouncu gbeuen (watmen daer van disdan dat by dese Landcn met ghcwclt van Spaensch ende heemsch Crijcbsvolck becft willcn dwingen te doen tghcuo
Staelsghcwysc, nict en hebben goct ghuvonden in saccken le den stact vanden Lande.
Vwelcke lioewcl wy scecker achten ghenoech buyteu dispute
ghende als syndc de S ta t en, ende ouer sulcks als hebbende de I raynitcyt eude hoocliste macht vanden Lande, naer haren welgheralli van aile saecken, den s tact vanden Lande betreffende waren dispoMrende, rclorqucrendc ouer sulcks aile de haudelinghen der sehurtflt haren perticulierc laste, haet endc nijt, maer de gheene die naodv insiet tgenc voorcn vcrhaclt is, ende andere groote saecken Iflda Princeu vaudeu Lande met hulpc vandcu Staten te weghe ghebnxàfc cudo in sonderheyt tgeue tzcdert den tijdt van vijftien Jaerea krwaerts iuden Lande a van llollandt met Westvrieslandt ende Zeeltat il ghepasscert, can lichtclijck bemercken, dat d'authoriteyt vanden Ste* ton uiet en bestaet, int beleyt, authonteydt ofte macht van XXJL ofti xl personen min ofte meer, die op haer vergaderinghen sijn coap» rerende, ende de Aghcntcn vauden Coninck van Spangien bcU% dte met dusdanighc argument en teghen onsc saecken altijdt hebben gkomiuccrt, eude ghesoclit te brengheu in cleyuachtiuge d'authortejt vanden Staten, hebben metter daet nv wel bevoudeu, hoe grooteljjBk sy in alsulckeu opiuie zijn gheabuseert eude misleydt gheweest
"Omme dan tu ontdecken wacr wt de authoriteydt vanden SUt» is spruy tende, soo staet te cousiderercu dat de Princen die oyt wMtclijcken hebben geregiert, nict allceu harc regicringe met délit* consent ende belieuen vanden Lontsatcn hebben begonnen, maer ooek sulcks vervolcht dat aile de leden vande Lichamcn, daer van sy tflt hooft syn ghestelt, zijn gheblcvcn ougevioleert, onvercort ende onfe> mindert, d'wclck uict en hccft couneu worden verhaelt (dewrlede Princen by schalcke ende ambitieuse luyden Lichtelyck worden $+ circumucniccrt) ten ware do Lantsatcn middel hadden om hem art goede ordre endc beleyt t'allen tydeu tegen aile quade practycken II opposcreu, ende de l'riucc vande behoudeuissc haerder vrijheydt eade welvarcn, wteu naine van aile de ledeu niet allcen t'allen tjjden te vermanen, maer ooek om so wannecr de selue hen tôt tijranuic sonda Jaten misleydcn, mette middelcu van den Lande hen daer teghetf t'opposcren, tut desen eyndc sijn de Lautsaten vanden voorschrena Landen ghedeelt in tweederley Staten, te wcten, d'Eedelcu ende Stedttt
'D'cdelcn worden ghehouden voor een lidt ten opsiene vaate dignitcydt haerder afleompsten, (die sonder beroemen wel sulcke A ende soo oudt alsmcn in eenighe andere Landen soude vinden) code vande llcerlijckhcdeu die de selue binnen desc Landen sijn besittewfe van welcke hccrlijckhcdeu sy luyden meest al hebben ende ghebrnjeken hoghc middelen endc laghc iurisdictieu, de welcke op aile occoF' renticu met malcauderen delibercren op den Staedt vanden Lan&i eude ter vergaderinge comparercude, advisercu op ailes neflens de G* deputeerde vanden Steden.
h De Steden hebben meest al cen form van regicringe, te weten e*& Collegie van Radcn ofte Vroctschappcn, geconstitueert synde ivA*
rfabelste wten middea vande gantsche burgerie, dese sijn in soraige Steden Tan xl, In andere van xxxti, In andere van xxxn, xnn, xxiin, ofte xx personen, ende sijn de Collégien vande dae to ondt alsde Steden, ofte immers dat geen Memorie en is van ■en beginselen, de persoonen eens vercooren synde, dienen baer leea oft Poorterschap lange gheduyrende, in plaetse Tandon ghenen die ternes, oft haer Poortersobappen verlaten, worden by t'selae Collegie at baron gfaelieuen gecoren, andere personen wt t' middel der Burgem tôt verrullinge Tan t'getal. By dese Collégien alleen is de macht une te advyseren, Reaolueren ende disponeren van aile saecken conenoende den staet vanden Lande ende der Stede respectiue : Ende wat Mm Collegie aduijseert, Resolneert ende disponeert, wert bydc burgerie ghevolcht, daer teghen noyt eenighe inbreck ofte opi vande bargheren is ghevallen.
*Bj dese Collégien worden Jaerlijcks ghecoren de ordinarise Magislaten, te weten, vier, drye ofte twee Burgemeesters, ende scuen ofte ■aer Sehepenen, omme te dienen voor een Jaer, in sommighe Steden sMdûeden dese élection absolutelijck, inde sommighe by nominatie m dobbel ghetal , daer wt byden Stathouder de verkiesinge van frjwroonlyck ghetal wert ghedaen.
'Der Burghermeesters officie is bevolen het ord inaria beley t ende gebiet ia aile politijcque saecken, so wel de administratie van Statsgoederea ende innecommen, als den welstant ende bewaringhe der Steden fetidfcnde.
'De Collégien vanden Scbepenen vaceeren ordinarie tôt d'admînistratienndeJnsticie, soo in aile Criminele als Ciuile saecken, ende hcbben ode exerceren aile hoogbe, middele, ende laghe Jurisdictien.
'Bt dese Collégien van Magistraten worden absolutelijck beriebt fc Regieringhe der Steden van Hollandt, Westvrieslandt ende Zeelant, West al ghenoech op eencn voet, sonder dat de Princcn vanden Lande* hen de Regieringhe vanden Steden eenichsins hebben ouderwonàa, inders dan int stellen van cenen officier, die op heuren namc de Jntitie heeft gevordert. Dit is int cortc de waerachtighe ghclcghcntfcejt vande Regieringhe der Steden van Hollandt ende Zcelandt.
'Waer wt gœt te verstaen is, dut dese Collégien vande Magistrale» ende Raden van den Steden, ghevuecht byde vergaderinge vanden Wclea outwijffelijcken représenterai don gbantschen Staet ende Vgbebeele Lichaem vande Landtsaten ende en can nict bedacht werden ttôghe forme van Regieringc, die met seeckerder kennisso van aile iWeghentheden vanden Lande soude connen Rcsolveren, ofto hare Hesdlntien met meerder eendracht, autoriteyt, ofte gevolch soude conu& execateren: over-sulex en is niet te verwonderen, dat den Staet °*« Landen is geweest onveranderlijc, ende so gcduyrich als ceuich
staet ter Werlt soude mogen wcsen: Omme nv de Collégien Eedelen ende Sieden te brengen in ecne vcrgaderinge, en eut schieden dan by Gedcputecrde vaude selue, over-sulcx aie ommi merckelijcke aaken te beractslagen, van noode is de selue te ren, so worden die beschrcuen, met insertie vande pria poincten, die byden Collégien in deliberatie gbeleyt ende i gcrcsolveert sijnde, worden afghesonden alsulcke gbeoommj als sy vcrtrouwcn, ende met alsulckcn last ende Resoltitie beuiudcn ten dionsto vanden Lande te behooren. D'edele parercn in corn peten ten ghctalc, ende de Steden seynden e gemeester met cenighe Raden, al tôt sulcken ghetale, als s goet vinden nade inportantie vauder saccken, ende bonen d de gecommitteerde geduyrende V oorlogho (ouermita de men dicheyt vanden occurrentien) altijt gencralijck gelast geweest aile saecken de welvaert ende conscruatie vanden staet Lande betre (Tende te aduyscren ende Resolucren, sulcks syluy meesten dieosto vanden Lande bevinden te oohooren, ende b omme de rechien, vryhcden ende Prcuilegien vanden Lande ta teneren, ende aile inbrceckcn te weren ende wederstaen, Bn ghecommitteerde alsulcks byden anderen vergaderende, Beprei de Statcn vanden selue Lande, niet dat syluyden in hare p oft wt hare authoriteydt de Staten sijn, maer alleen wt crachti commissie van bare principalcn, sonder dat te presumeren afe yemandt sich sel u en wt ambitic soude aduancheren tôt deie C sien, want bouen dien de natuerc van desen "Volcke een ai hebbeude van alsulcke ambitic, ende Vyandt is van aile ambi so en staet t'scluc nict te presumeren in so vryc electie, en min dat yemant in desc teghenspoet, die Godt almacbtich de den gbclieft te ouerscyuden, soude begerich wcsen, omme die i vanden Jjandc te hnndelcn, dacr nict dan swaricheyt is in nict dau Vyautschap ende misgunst vanden vyanden onser ! (die ooek de gequalificcerstc ende veele ghctrouwe personen me aengheuen abuscrende, dickwils quade opinion van veele goo naers vanden Lande liebben verweel) sfciet te verwacbtcn, eenich profijt, oucr-sulcks lieeftmcn het aennemen vande voora Commission mocten redigeren [uler munera necessaria, ende i glicucn die ecuich bcleydt descr Landcn liebben gesieu, connen gen wat swarichedeu ende coustrincticu sijn gcvallen endeghet omme de gecommitteerde. versochte ende gebrnycktc personen opgheleydc Laslcn te hewillighen.
'Ende sijn de selue ghccommittccrden rehouden wederkerem principalen te doen, van allés goet getrouw rapport,
* Dit is t'fundamcnt vande Kegieringc descr Landen van H met Westvricslandt ende Zeelandt, dacr op den staet der selue
n dcn tijt Tan vijf, tes, seuen hondert Jaren, endo soo langhe als do dtste monumental streckende sijn, heeft berast. Dit is oock (naest î hulpe Tan Godt almachtich) tgene, dat de selue in dit gevaerlijck arioeh tegeu so machtighcn vyant heeft ghebouden in goede cloeck- Kwdieheyt ende eendracht, sulcks dat gheduyrende desen oorlooge, ûjt Lidt Tande voorschreuen Landen anders dan met tVterste gefët, van ona is geschuert, noyt burgherije oproerich, noyt gemuytimde soldaten inden Landen Tan Hollant oft Zeclant sijn bevonden, bar un wy naest God almachtigo haut geen andere Redenen souden i geuen, dan dat in ailes oprcchtclijck, vryraoedelijck, Rijpelijck, i net open dneren is gehandelt, tôt welckcn eynde is gebuert, dat s Tande cleyne steden, oock diemeu Tan ouden tijdea ter verghavande Staten niet en plach te beschryuen (immers aile de gène i» toloks begeert hebben) inde Tergaderinghe vande Staten vryo sessie mk atemme is gegunt, op dat cen ycgelijck t'beloyt der gemene tadb-saacken kennelijck zijnde, de lasten (die anders onverdraechefek icbynen) met goetwillicheyt gedragen, ende de eenichcyt onucrsutkeujck onderhouden soude werden, tôt wclcken eynde d'Eedelen sis Steden oock Try gbestacn heeft met sulcken getale endo persoss, via het Lichacm Tande Vrocdtschappcn wesende, te compareren, è sa goet dochte, Beboudelyck dat do personcn by de Preuilegien ttde Landen niet en worden wtgheslotcn.
'Ingeralle nT yemant soude connen bcwysen, dat onder dcn Eede- 01 ofte onder den ghenen die als ghedeputeerde vandeu Stedeu opte ssjssderinghe Tande Staten sijn verschreuen, yemant yet soude ghessidt hebben (des wy niet en weteu) anders dau iuder vucgken als ttnchrcuen is, ende in conformité Tan syncn last cudo commissie, es seluen soude gehouden sijn t'allcn tijden daer van voor syne prini|aka te Terantwoorden, ende by gchrccckc vandieu straf baer sijn als ms rcchten, ende de genc die ter goeder trouwen arbeyden ora sulcks eopenbaren, achten wy voor goede Licfhcbbers des Vadcrlants. 'Mser de geone die de Staten vande Lande vcrachtcmle endo bockapeade, hare actien calumniercn, abuscren lien grootclijcks, indien 7 ventaen te doen te hebben incite personcn vande Ecdclcn ende poomilteerde Tande Steden in hacr perliculier, iughcvallc sy niet Mt eeuen en bewyscn, dut yemant vande selue yct sonder last soude WAen ghedaen, oft syne commissie gcexccdcert. Ende hoewel veele ptnooen sulcks wt ouwetcnbcyt ende simpclhcydt doende, t* selfde niet opt swaerstc wort afgenomeu, So is uoclitans scecker, dat die genc oie sala doen met goede kennissc ende wctcnscluip, sijn vyunden van foa&Uetende Republijckc deser Landen, ende dat de selue dacrinede ■waadets connen voor-hebben, dau te ondergraucu de Fundamcntcn 1M** buyse, omme t'scluc te doen storlcu, onde vcrvallen. So wel to opskne vanden Prince als vau de ghemeente: Want wat is de
macht van een Prince, sonder goede correspondentie van ajjne satcnP Wat correspondentie sal hy met Len houden, wat sal hy van lien treckeu, indien hy hem daer toe laet brenghen, datJy. partijsehap aenneemt tegen de Staten, die de gemeenten Représententofte om eygcntlijckcr te spreken, tegen sijn volck seluer: Ten nmliWit hoc can den s ta et vanden Lande bestaen, indien het geachieden eood%;; dat de gemeente so verre werde ghebracht, dat de selue partgsdapn] aennamen tegen de Staten, dat is tegens de Ecdelen, Magistraten embéj Vroedtschappen vanden Steden, die haer voorstandera ende wettdgohl^ Magistraten sijn, die tôt voorstant vande gemeente, ooek den ondaKk ' van den Frinccn ende Gouverneurs die kw ils int pcrticnlier moeten dngen. Dacromme sullen aile redelycke menschen clacrljjck verstaen, (ht den ghemenen staet vanden Lande geen swaerder, schadelyker sodk dootlijckcr vyanden souden mogen hebben, dan den genen die sich m* den formalisoren tegen den Staten vanden Lande int gheneraeL Mut sulcks eu verstaen wy niet te wesen de gène, die soude connen tawysen tegen yemanden particulierlijcken, dat hy de commissic ni synen priucipalen, op de vergaderinghe vanden Staten compareadt, soude hebben gcexccdecrt, aJs voorschreuen is, ofte ooek andensinskai souden hebben ontgacn.
//Hieromme zal cen ycgclijck gliclicucn te verstaen, dat diegesedi verclarcn de Souucraiuiteyt der Laudcn te wesen byden Staten, niet en verstaen daer mede te spreecken van eenighe particulière ■ sonen ofte gecommitteerde iut particulier, maer van hare prinei] te weten, die Ecdelen ende Steden vanden Laude, die sy wt van hare Commission Representecren , t' welck verscheyden ende Potcntaten, ende ooek hare Maiesteyt vnn Engelant mette gk» neralc Staten tractereude, ende sync Exc de Corn missie als Gouoeraerf ghciicracl vanden seluen ontfangende sulcks hebben verstaen ende ty iiiemanden ter AVcrldt ghecontrouerteert mach werden.
Sonder dat wy connen gelouen, dat yemant meent met goed ment anders als nv te cunnen sustincren, ofte soude moeten volgen, M d'Eedelcn, Magistraten ende Yroetschuppcn vanden Steden, nu met 1* selve macht en hadden opde exercitie vande Souucraiuiteyt, die de hebben gehadt in voorleden tyden, als vooren bewesen is, ende haddeu iut tracteren met hare Maiesteyt ende constitucren van tXïfli» ueruement van sync Exc, ofte andersius souden moeten in controoenilî ghetrocken worden, niet allecu de bcstcndichcyt vande tractaten wÀj hare Maiesteyt, Commissic ende Gouucrncmcnt van sijne Exe, mtft j aile t'ghcne de Staten tzedert den tijdt van vijfticn Jaren tôt hait defentic hebben ghedacn, t'wclck allccn twerck is vander T+nflf Vyanden.
ir Mils alleu twclckc wy clacrlijc ende genocchsacm achten beweaei te sijn, hoc noodich de auUioriteyt vanden Staten dient gheconaerneett»
ftb veseade het Fandament daer op den gemeeuen stant vanden Lande m bernstende, t'welck sonder de Ruyne vande gbemeene saecke niet en ■MB werden gecrenckt, ende dat de Souuerainiteyt vanden Lande is Iffcn Stalen in aile saecken, niet min als die gbeweest is bydc voor- Frincen deaer Landen. Aldus gearresteert inden Hage, den XIL Jouj, Ende is als noch gheresolueert, dat daer van oaerleueringhe ■L werden gfaedaen. Ghedaen tôt Haerlem, den xvi. Octobris xvc itich. Onder stont geschreuen: Ter Ordonnance vanden van Hollandt. Ondergheteyckent C. de Rechtere."