‹ L'histoire des Provinces-Unies, des Pais-Bas. PublChapitre 4 sur 61 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

SOMMAIRE

fr/«jr diminué le revenu de P Estât en General et incommode la recepte

ynercde. Le Conseil d? Estai tâche d'y remédier par des moyens, que les

&kU ne jugent pas fort propres. Ils réduisent les interests du denier

uizt au denier vingt, et retranchent plusieurs autres dépenses superflues

*t inutiles. Ils ne veulent plus loger les Ambassadeurs estrangers aux

dépens de V Estât, et licentient quantité de pataches et de fregattes. Les

Estât* de Hollande, extrêmement incommodés en leurs finances, veulent

f**OH licentie une bonne partie des gens de guerre, officiers et soldats,

Estât des troupes lors de la paix de Munster. Le Conseil d? Estât est

tadeit qu'on les reforme. La Hollande voulant faire la reforme plus

ponde et les Estais Généraux n'y consentant point, elle déclare qu'elle

k Jeta de son chef Grande contestation pour cela avec les Députés des

**tres Prorinces, auxquels se joignent le Prince d'Orange, le Comte de

iï****au, Gouverneur de Frise, et le Conseil cPEslat. La Hollande veut

Rentier plusieurs Compagnies. 7> Conseil ordonne aux officiers de les

frire subsister, et de les tenir complètes. Les esprits s'aigrissent de part

*t d'autre. Les Estais Généraux envoyent des Députés de leur corps et

■r Conseil aux tilles de Hollande, nonobstant Popposition des Députés

h cette Prorince. Le Prince se met à la tente de cette députa tion, n'y

nàstit pas bien, n'ayant pas pu obtenir audiance à Hacrlem, Dclft,

Amsterdam et ~Sïedemblic. A son retour il se plaint du peu de respect

V** Pon avoit eu pour lui en quelques villes, et particulièrement à Am-

'fordam. Les Estais de Hollande déclarent, que la deputation avoit esté

fuite centre les formes, parce que ce sont les Provinces, et non les vil-

fa, pi xont alliées enlre elles. L'on recommence les conférences pour

ïàjuMement des sentiments, touchant la cassation et la reforme des trGU-

P* ; mais elles sont rompues par P emprisonnement de quelques Députés

w Hollande, et par le siège d'Amsterdam, dont Pon dit les particulari-

'« au Urre suivant. Différent de la Hollande avec le Prince, et avec les

ueputi» des autres Provinces pour Witte Cornelissen de Witte, que

le Prince est oblige de tirer de ta prison, où il P avoit fait meffre. Les

effaires <P Angleterre. L'exécution du Roy. Les civilités que les Estais

Generav.x et de Hollande font faire au successeur. Les Ministres lui en

f°*t aussy contre Pintention des Estais de. Hollande, leurs Souverains.

*Jiiu /*i axic justifie la mémoire et les actions du feu Roy. L'assassinat de

&&reslat Résident du Parlement tf Angleterre. Contestations enlre les six

Provinces et la Hollande pour Vaudiance de Stricland, autre Mini du Parlement, qui te relire, et après ta retraitte le Parlement ordo à V Ambassadeur de cet Estât de sortir du Roiautne. Le Roy traitie û les Escossois, mais ne conclut rien jusques en F année suivante, et 4 cependant de ce pais, à dessein de passer en Irlande, Nouvelle* bro leries en la Cour de France, où personne n'est satisfait. Les estnm intrigues qui s* y font entre la Cour et la Fronde contre le Prince Condé, qui est enfin ar resté prisonnier, avec le Prince de Conty et le à de Longueville, Antoinette Brun, premier Ambassadeur tPEspef arrive à la Haye. Les Députés de Zeelande et cPUlreckt s'opposent i réception, mais sons effect. Les qualités de sa personne et sa negos tion à la Haye et en France, Fait part aux Estais du mariage Roy, son maistre, avec la fille de V Empereur, Démeslés avec FElect de Cologne, qui se rend maistre de la ville de Liège, où il fait battùr cittadelle, Corvitz Vlefelt arrive à la Haye en qualité cFAmbat deur de Danucmarc, et y conclut un traitté d'alliance défensive et autre pour le forfait du péage du Sond, dont la Reine de Suéde et villes Anseaiiqucs se plaignent, mais inutilement.

Après avoir parle au livre précèdent de plusieurs affaires, i sont en partie estrangeres, nous employerons le commencerai de ccluicy à en demeslcr une qui est purement domestique. E se trouvera d'autant plus importante, que d'un costé la necess indispensable de restablir Testât des finances avoit esté, sinon seule, du moins la plus prochaine cause de la paix et de Tel pressement, avec lequel la Hollande l'avoit demandée, et que l'autre Ton verra les esprits portés à de si grandes extremit que sans une rencontre tout à fait surprenante et presque mi] culeusc, qui a donné une autre face aux affaires, il eust esté i paremment impossible d'éviter une révolution, qui auroit chan la forme du gouvernement de ces Provinces. J'en dirai le dét tout d'une .^uite et sans interruption, jusques à ce qu'un incid< trcs-considcrable me permette de faire une nouvelle digressû et de parler de ce qui s'est fait au temps dont nous parle dans les Roiaumes et pais voisins de ccluicy.

La paix ne fut pas si tost conclue et publiée, que Ton s'« pereeût, qu'elle faisoit perdre à TËstat en gênerai une bon partie du revenu, qu'il tiroit des pais conquis et associés. Pc daut la guerre ils avoient contribué à l'un et à l'autre pan l'on tiroit de l'argent des confiscations, et l'on donnoit des r prcsaiiles. Il estoit nécessaire d'expédier des passeports et d sauvegardes, et plusieurs autres choses, qui faisoient une sorar de sept cens quarante mille livres tous les ans, laquelle le Rem veur General employoit au payement des interests et des rem

La Hollande après la paix de Munster, 213

que TEstat devoit, et qui montaient à environ cinq cens raille tfrres. Mais la paix, en faisant cesser les contributions et les autres petits profits de la inesme nature, faisoit aussy tarir un fonds, sans lequel le crédit public et l'Estat mesme ne pouvoit pas subsister (a),

Le Conseil d'Estat, qui a la direction des finances et qui en est l'ordonnateur, croyant y pouvoir remédier, représenta aux Estais Généraux, peu de jours après la publication de la paix, que la Mairie de Boisleduc, le Marquisat de Bcrgues-op Zoom, la Baronnie de Breda, et les autres quartiers de Brabant, n'estant plus contraints de payer des contributions aux Espagnols et de prendre des passeports et des sauvegardes, Ton n'estoit pas obligé aussy d'avoir pour eux la considération, que Ton avoit eue pendant la guerre; que présentement Ton y pourroit establir les tailles réelles, c'est à dire les droits, que Ton appelle icy verpondingen, qui se lèvent tous les ans sur les immeubles, et que Ton y pourroit imposer tous les autres droits, que les habitants des Provinces Unies payent des denrées qu'ils consument, veu qu'il n'estoit pas juste, que les Provinces Souveraines et dominantes fassent plus chargées, que les places conquises et sujettes aux Utesmes Provinces; qu'il ne seroit pas bien difficile de faire ces ©•tabfissements, mais qu'il seroit nécessaire de distinguer entre les Villes et le plat païs, et qu'il falloit considérer, que tous les Vttrtiers ne pourraient pas estre traittés d'une mesme façon ; que les habitants de Boisleduc payoient les mesmes droits que ceux ** Hollande payent, mais que l'on ne les pourroit pas exiger de ceux de la Mairie, parce que n'estant composée que de landes et «e bruyères, dont la stérilité est presque invincible, en sorte que 'es terres n'y peuvent estre cultivées qu'avec une très-grande dépense, cette dureté feroit retirer les habitants au païs de Liège, et reduiroit une partie du Brabant en désert; que d'ailleurs l'on **e pourroit pas imposer dans la. Ville de Breda les mesmes droits ^ui se lèvent à Boisleduc; parce que lors de sa dernière réduction en l'an 1637 il fut promis aux habitants, qu'on ne leur feroit point payer d'autres droits, que ceux qu'ils avoient payés depuis Tan 1590 jusques en 1625: c'est à dire, depuis qu'elle fut surprise par le Prince Maurice, jusques à ce qu'elle fut reprise par les Espagnols ; que cette difficulté faisoit juger, qu'il vaudroit Hiieux continuer de lever dans les pais conquis les droits, sur le

(a) Voir la Résolution des Etats de Hollande du 25 Juin 1018.

214 La Hollande après la paix de Munster.

pied, sur lequel ils avoient esté levés pendant la guerre, qu faire quelque changement, jusques à ce que les Provinces 1 ayant régalé les droits et les impositions entre elles, confc ment au 5 article de l'Union, c'est à dire par tout égale) elles pussent, avec la mes me justice et avec le mestne h faire le mesme établissement dans les pais de conqueste (6] Cet ad vis ayant esté secondé au commencement de l'i 1649 d'un autre sur le mesme sujet, les Estats de Holl qui Ta voient fair examiner par des commissaires, jugèrent estoit à propos d'imposer et de lever les droits en Brabant tout également, tant dans les Villes qu'à la campagne, s mesme pied qu'on les levoit en Hollande, c'est à dire en des Provinces Unies, où les denrées qui se consument sont chargées qu'en aucune des autres. Ils disoient que ce qi Conseil d'Estat avoit remarqué de la stérilité de la Mair Boisleduc, pouvoit bien estre considéré à l'égard des droits, l'on voudroit lever sur les immeubles, mais non à l'égai ceux, que les denrées payent, à mesure qu'on les consume; ne falloit point craindre, qu'en augmentant ces droits Ton geast les habitants à chercher une autre demeure hors du ; parce qu'à mesure que le Souverain augmente les droits, l'on augmente le prix de son travail, et le marchand enchérit denrées, mais qu'il falloit appréhender, qu'en soulageant les bançons, pendant que les Hollandois et les habitants des a Provinces sont chargés d'impositions, l'on ne contraignist c cy de quitter leur séjour pour aller demeurer en Brabant bien ailleurs dans les païs associés ou conquis; que ceux qi persuadoient, qu'on les en empeschera, en chargeant denouv droits les manufactures et estoffes, qui se fabriquent à la < pagne, se trompoient, parce qu'ils ne consideroient point, c'est une chose que l'on ne peut pas faire, sinon à l'égard estoffes qui se font dans les païs estrangers et non dans Pei due de cet Estât. Tellement qu'au lieu de soulager ses final on les rùincroit, parce que Ton trouveroit, que les mesmes l tants, qui seroient sortis des Provinces Unies, pour s'establir le païs de conqueste, voyant que l'on y chargeoit les manufa res de nouveaux droits, bien loin d'y revenir, s'ils quittoient nouvelle demeure, se rctircroicut chez quelqu'un des Princes sins, particulièrement si la paix leur permettoit de choisir 1s

(b) Voir la Résolution des Etats Génér. du 26 Juin 1648.

La Hollande après la paix de Munster. 215

traitte, qui leur serait la plus commode. Au reste, qu'il y avoit fort peu d'apparence, que ceux qui se trouvent establis dans les rilles en sortissent, pour aller demeurer à la campagne, où la première rupture les exposcroit aux logements des gens de guerre, tant amis qu'ennemis, ny que ceux qui demeurent présentement à la campagne, préférassent le séjour de quelqu'une des Provinces Tonnes à celui du pais, parce que la paix entre la France et l'Espagne n'estant pas encore faite et celle d'Allemagne n'estant pu encore exécutée, ils n'y trouveroient pas le repos, dont ils jouissent icy. Pour ce qui est de la Ville de Breda, qu'on la poarroit disposer à souffrir, que les droits s'y levassent sur le même pied, sur lequel elles se leveroient dans les autres quartier* de Brabant, parce que l'on trouverait le moyen en la dédommageant de Passeurer d'ailleurs de la conservation de ses privilèges. Ges raisons remportèrent sur celles du Conseil d' Estât, et il fallut que le Brabant s'accommodast à la volonté du Souverain, et souffrist que Ton y imposa st les droits sur le mesme pied qu'ils se lèvent en Hollande (c).

Miia dautant que l'Estat ne profitait point de cet establisse- ■ent, parce qu'il ne faisoit que reparer ce que la paix lui faisoit perdre, il falloit nécessairement trouver le moyen de ménager le ttrenu, en sorte que ses finances en fussent soulagées. Les Estats de Hollande avoient dés l'an 1644 réduit les interests et les rente de leurs obligations et constitutions du denier seize au denier vingt Ils jugeoient que les Estats Généraux se pouvoient faire fe mesme avantage et faire la mesme réduction à l'égard des sommes deûes par TEstat en General. Le Conseil d'Estat craignant que les rentiers et les créanciers ne vinssent tous à la fois demander leurs fonds, avoit de la répugnance à y consentir, parce V& n'ayant pas de quoy les rembourser, il prostituoit son crédit, et joûoit à le perdre sans ressource. Mais la Hollande promit de "appuyer et de fournir de l'argent, sur le crédit qu'elle avoit conservé, nonobstant les dettes infinies, qu'elle avoit contractées pendant la guerre. Tellement que les Estats Généraux, suivant °es sentiments, ordonnèrent qu'à l'exemple de ce qui s'estoit fait * l'égard des Receveurs de l'Àdmirauté vers la fin de l'an 1648, les rentes et les interests ne se payer oient plus qu'à raison du denier vingt, et que cette réduction commencerait à avoir lieu du premier jour de Septembre 1649, laissant aux créanciers et aux acquéreurs des rentes la faculté de retirer leur fonds, en le fai-

(c) Voir la Résolution des Etats de Hollande du 13 Mars 1649.

216 Départ de V. la Thuillerie.

sant signifier au Receveur General trois mois devant le jour de l'échéance. Ce que les Estats d'Hollande avoient heureusement exécuté en leur Province, il y avoit dcsjn quelques années, arriva aussy aux Estats Généraux. Il ne se trouva personne qui voulait retirer son fonds, si bien que leur crédit subsistant si ea'tiff, qu'ils n'a voient pas besoin de proxénète pour trouver dcl'arjç«nt, ils retranchèrent aux Receveurs le courtage, que l'Estat a "voit accoustumé de leur payer des sommes, qu'ils empruntaient de temps en temps pour son service.

Nous avons remarqué au livre précèdent, que la Thuillerie» Ambassadeur de France, après avoir pris son audiance do congé au mois de May 1648, avoit renvoyé les clefs de la maison, «pu avoit esté affectée jusques alors au logement des Ambassadeurs de cette Couronne, et qu'il avoit fait entendre en mes nie temps, «que le Roy sou maistre, ne lui donneroit point de successeur, qui eust la nicsinc qualité, mais qu'il se contenteroit d'entretenir iey un Ministre du second ordre. Il y avoit fort long temps, qoe l'Angleterre \\y avoit point d'Ambassadeur, et il n'y avoit point d'apparence, que de long temps elle y pust envoyer un ordinaire. L'Espagne n'y en avoit pas encore envoyé. L'on n'estoit point satisfait de la Couronne de Portugal, et les autres Roys D^ avoient que des Résidents. Les Estats de Hollande en prirent occasion de faire proposer dans l'assemblée des Estats Généraux, que cette dépense de loger les Ambassadeurs estant superflue, on la pouvoit facilement retrancher, et y tirent résoudre le 6 May 1G49, qu'à l'avenir les Ambassadeurs estrangers ne seroient plu logés aux dépens de l'Estat (</). Le Résident de France s'en trouva scandalisé, prétendant faire considérer le Roy, son maistre, comme l'un des premiers auteurs de la liberté du païs, et le tirer hors de pair d'avec les autres Rois de TKurope, à qui l'on n'avoit pas la nicsinc obligation (1). Mais l'on vouloit ménager, et

(</) Voir la Résolution des Elats de Hollande du 1 Mai 1C49.

(1) Voir van A il z cm a, III. p. 303 : .«De résident Brassct hceft in particulière dis ourson daernac wel irescyt, daî de Stact aen Vranckrijek behidven andere bciielicien, noeli van weirhen het Tractaet van compagnie soo veel .selmldiirh was, dat mon dese bcialiugh van huyshuyr acu hem wel hadde niogcn coiitinueeren. De Engelsche Résident Boswel, als nict vecl vau sijn Koningli krij «rende, want hij hadde self nict, smertent înccjt, eu Je zijndc goedt ende liefgctal, ontfingh cenigh équivalent."

Diférendê ntr la réforme (Tune partie de Formée. 217

;:ra .■ [g preteaaion du Besident estoit d'autant plue injuste, qu'en France l*Tj fa Ambassadeurs ne jouissent pas de la moindre exemtion et J'oat point d'avantage à cet égard sur le dernier bourgeois de Arii

Le* Estats Généraux a voient dés l'année passée retranché quelques autres dépenses superflues et ils s'estoient déchargés de plusieurs bouches, pensions et appointements inutiles. Ils avoient congédié toutes les pataches, qu'ils avoient entretenues pendant la guerre pour la commodité des Gouverneurs de quelques places, à la reserve de celle du Prince d'Orange, et presque toutes les fregaites et barques armées en guerre, qui avoient servi sur les rivières contre les surprises des ennemis et contre les bateliers, qui fraudoient les droits et les impositions, que la paix devoit faire cesser. L'on avoit aussy ordonné à l'Admirauté d'Amsterdam de congédier les deux vaisseaux gardecostes qu'elle entretenoit depuis quelque temps aux emboucheurcs du Tcxel et du Ylic, aussy bien que tous les officiers de la Marine que la paix mettoit hors de fonction.

Mais comme ces dépenses ne faisoient pas le plus grand mal de VEstat, ainsy ces remèdes foibles n'estoient pas capables de le g«rir.

Les puissantes armées que l'on avoit esté obligé de mettre en campagne, le grand nombre des gens de guerre, dont non seulement les places frontières, mais aussy presque toutes les villes <fa pais estoient remplies, et les pensions et les appointements considérables, que Ton payoit aux Colonels et aux autres officiers, Majors et Généraux, avoient tellement épuisé ses finances, qu'au commencement de Tannée 1649 la Hollande seule devoit aux gens de guerre trois millions, six cens soixante mille, cent seize livres, àii huit sols, sans ce qu'elle devoit à l'Admirauté et à la Compagnie des Indes Occidentales et sans les sommes immenses, quVUc devoit à des particuliers, par obligations ou constitutions, dont elle payoit les interests et les rentes, rachettablcs ou viagères (e). Les autres Provinces n'estoient pas moins incommodées que la Hollande; mais cellccy ne subsistoit presque que par le moyen des prests, qu'il falloit renouvcllcr souvent et qui ne seraient qu'à payer les interests et à abismer l'Estat, en accumulant ses dettes jusques à l'infiny.

(e) Voir la pièce justificative n. XI.

218 Différend» sur la réforme d'une partie de Famée.

Lors que la paix fut conclue à Munster, cet Estât entretenait encore soixante huit cornettes de Cavallerie, distribuées en douct régiments, sans les deux Compagnies de gardes du Prince d'Orange, et quatre cens onze compagnies d'infanterie, en trente régiments, sçavoir quinze Flnmens, cinq François, quatre Angkril, trois Escossois et trois Allemans. Feu de jours après la publication de la paix, sçavoir le 22 Juin, le Conseil d'Estai escririt aux Estuts Généraux, que pour soulager les finances, en Mite que la scurcte publique n'en fust point altérée, Ton pourrait reformer quarante inaistres de chaque compagnie de Cavallerie, à la réserve des deux des gardes, et que des compagnies d'Infanterie, Ton pourroit reformer des unes cinquante et des autres trait hommes, que par ce moyen Ton refo ri n croit deux mille six eeai chevaux, et dix huit mille cinq cens soixante dix hommes de pifii et l'Estut en profiterait tous les ans de deux millions, cinq cens quarante quatre mille, cent soixante dix neuf livres (/). Les Esta ts de Hollande, jugeant que cette reforme n 'estait point proportionnée au mauvais estât de leurs finances, ne s'en contentèrent pas, mais insistèrent à ce que Ton ostast cinquante homme» de toutes les compagnies indistinctement, à la reserve de celle des gardes du Prince d'Orange, de celle du Gouverneur de Frisa et de celle du Marcsehal de Camp (1). Ils communiquèrent leur pensée nu Prince d'Orange, qui après avoir pris l'advis du Cou* seil d'Estat, entra dans leur sentiment et désira mesmes que IV»

(/) Résolution des Etats de Hollande du M et du 27 Juin 16* [Voir la pièce justificative n. XII].

(1) Résolution des Etats de Hollande du 3 Juillet 1643: *IsbJ den Raedt-Pcu.sionnaris sommier rapport gcdacn van de conferentie> door Gecommittecrden van harc Ed. Gr. Mog. ghehouden opdeLvste, by sync Hooghcydt sync Exccll. fctath. endc den Rade van State lûtgebracht, op het verminderen van de Militic na de jcegcnwoordigft constitutie van saecken, endc is by den sel v en gerefereert dat • • • • by het niccrdcrdecl van de advyseu is verstaen, dat boven de Lysts van de verminderinge by sync llooghcydt syne Exe. Stadthouderenda den Raedt van State jcgheuwoordclijek uytgcbraeht soude werden,dft considérât ien by eenige Lcden ter Vcrgaderinghc ghemoveert, te woten dat aile de Compagnicn indistinct clijek souden werden afgenomea vyftigh koppeu, uytgcsoiulcit de twee Guarden vansyneHoogh., deGuarde van S. Excel. Stadt bouder, endc de Compagnie van den Heer Ycldt macrschalck cude dat de Mililic op die voet vermindert zynde .... daerdoor by den Stact jacrlijcks werdende gheprofliteert de somme van ses en dertigh Tonncn Goudts of daer omtrcnt," etc.

Diférttds sur la ré/brme #*ne partie de formée. 219

es fiât la proposition en son nom (g). Mais ils ne trouvèrent pas ItamMee des Estats dans la mesme disposition, les Députés an noires Provinces faisant difficulté d'y consentir, sans Tordre qnâ de leurs committents. De l'autre costé la nécessité des doits de la Province d'Hollande ne souffrant point de delay ny dtoose,(A)elle résolut de faire entendre, qu'ils feroient escrire aux •fiaers des Compagnies qu'elle payoit, qu'ils eussent à les reformer dus le 20 Juillet, parce qu'après ce jour là ils ne les payenieat que sur ce pied là, pour voir de quelle façon cela seroit nées des Estats Généraux. Ccuxcy, au lieu de s'y accommoder, déclamèrent fort contre ce procédé, comme si les Estats ^Hollande violoient par là l'Union, et destruisoient les loix fon- •awntales de l'Estat (t); toutefois voyant la fermeté de ceux de Holknde, ils y acquiescèrent enfin et consentirent à la reforme de cinquante hommes de toutes les compagnies de gens de pied Uistuctement (k),

Les Estats de Hollande avoient tousjours protesté en parlant de cette reforme, qu'ils entendoient qu'elle ne se feroit que par fwrinon, en attendant que toutes les Provinces pussent demeurer Accord d'une plus grande, ou d'une cassation formelle de

(f) Résolution des Etats de Hollande du 4 Juillet 1648 : , Is by h Raedt-Pensionnaris rapport ghedaen, dat sync Hoogh. den Hccre Grince van Orangen versocht zynde door Gccoimnittccrdcn van haer Ei Gr. Mug. sich te verklarcn op de verminderinge van de Militic, *i heejï getonformeert met het advys van liacr Ed. Gr. Mog., met - Tetsocck dat het opgcmcltc advys soude mogen' worden ingebracht °P srne Hoogh .'s naam, sonder meer."

W Résolution des Etats de Hollande du 8 Juillet 1648 : , Dat de Fuantien van harc Ed. Gr. Mog. niet langhcr en kunnen missen de dfccten ende vruchten uyt de bcwustc vcrniiudcringc van de Militie k Mralteren" etc.

(0 Cette déclaration des Etats de Hollande à la séance des Etats Génér. causa une grande confusion. Voir la Résolution des Etats de Holl. du 10 Juillet 1648: *Op het rapport van den Ileere Pens. Bojsch, van dat de Provincien ter Generaritcyt op de openinge **a het Proviuciael advics van haer Ed. Gr. Mog., roercude het redu- «ren van de Militie, sigh gantsch ontstelt hadden gctoont, ende met grooten ernst sulcks hebbende tegen ghesprokeu." On lit dans le procès verbal du même jour: *Dat by de Provincien het opgemclte advys eenpacrlick is tegen gesproken, sustinerend hetsclvc te wesen tegen de Unie ende fondamentele Wettcn van den Stact." (i) Voir la Résolution des Etats de Hollande du 28 Juillet 1048.

220 Différend* sur la réforme <Pv*e partie de formée.

quelques troupes. Ils connoissoient Testât et le desordre de km finances et en sentoient les incommodités; c'est pourquoy ûid pouvoient pas souffrir, que les alliés se rendissent arbitres if interests de leur Province. Ils avoient dés le mois d'Aouat 1MI fait examiner par des Députes Testât des pensions et des ippointeineuts, qu'ils payoient tous les ans aux officiers Genemx, aux Gouverneurs des places, aux Colonels et aux autres offînen de guerre, et suivant Tadvis de ces Députés ils desiroient qn Ton supprimast la charge de General de la Cavallcrie, puis qu'A se trouvoit unie avec celle de Capitaine gênerai en la persans du Prince d'Orange; que Ton convertist en des pensions médiocres les grands appointements des officiers Généraux, Gouvernail et Colonels, et que Ton supprimast les autres officiers majors im régiments Mais le Conseil d'Estat, appuyé de l'autorité* di Prince d'Orange et du Gouverneur de Frise, en produisant si commencement de Décembre de la mesme année TEstat dû la guerre pour Tannée suivante, après avoir représenté aux lt* tats, qu'il fa 11 oit considérer les services de ceux, qui avoient exposé leur vie, et donné leur sang pendant la guerre, à desseii de jouir du fruit de leurs travaux pendant la paix, dit que soa advis estoit, qu'il estoit nécessaire de continuer au Prince ta pensions et les appointements, que Ton avoit accordés à ses p* dcccsscurs après Tcxspiration de la trêve; de conserver la chafp de General de la Cavallcrie dans sa maison; de contenter V* autres Généraux et de faire subsister les officiers majors, c'eit I dire les Lieutenant-Colonels et les Majors des régiments, aWf bien qu'un grand nombre d'autres officiers, que la paix rendait inutiles (1). Les Estats d'Hollande, au lieu de l'agréer, s'adressèrent

(1) Résolut, des Etats Ciénér du S Dec 1648. Il est plus q«* vraisemblable, que des lors le parti du Trincc, à qui la paix de M** ster avait déplu, désespéra de persuader les Etats de Hollande à re commencer les hostilités avec l'Espagne. M. Brasset écrit le 2 No' 1648: » qu'il ne se faut pas fort asseurcr de porter cet Estât à ** rupture avec l'Espagne, la province de Hollande estant empoissov de la douceur du repos et le party de ceux qui ont fait la pais estant puissant." Il ne voyait pas sans inquiétude les intentions à Etats de Hollande par rapport à l'armée; „ ceux- la veulent" dit* #dcstruire la milice par ce que ce fust elle, par le moyen de qui feu Priucc Maurice renversa tous leurs desseins." — Voir Archive*

Différends wrr la réforme ePttne partie de V armée, 221

ta Prince d'Orange, comme au Gouverneur de leur Province, et U déclarèrent au mois de May 1649, qu'à moins de licentier eôqoante compagnies d'Infanterie estrangere, au lieu d'autant de Amendes, qui avoient esté levées extraordinaire») en t en Tan 1628, et pour six mois seulement, il estoit impossible de remédier aux désordres de leurs finances. Le Prince leur représenta que les ftnees voisins estant encore armés et que de puissantes armées étrangères paraissant sur les frontières, Ton ne pouvoit pas liceatier tant de troupes, sans hazarder la fortune de l'Estat (/). Bs redoublèrent leurs instances au mois d'Octobre, tant auprès h Prince d'Orange, qu'auprès des Estats Généraux, à ce que Ton convertist les compagnies de cuirassiers, qui estoient une espèce de compagnies d'ordonnance ou de gensd'armes, en arque- Mers ou chevaux légers; à ce que l'on rctranchast les utensiles «a soldats, en les payant punctuellement ; que les régiments cstnngers, dont les uns estoient de 23, 18, 17, 14, et les autres de

(0 Résolut, des Etats de Hollande du 6 Mai 1G49 : ,Dat hoogh-ghem. wne ÏÏoogh. de voorschreve cassatie voor als noeh gcoordeclt haddc bcdenckelijck te zyn, nadeinael de Nabuyren routomiuc don Staet noeh ^» aile gewapent blcven, dat daer op by de Ilccrcii Gcdoputccrden te ghemoet zyndc ghevoert deu hoogen noodt van 'sLnndts Finan- "Œi die door het afleggen van Lastcn en cassatie van ceuighc Trouppozuodtsaeckelijck soude moeten werden gcsublcvecrt ; sync wclgcin. «oogh. éditer van ad vise was, dat de mee-gheseyde cassatie nog ceni- V& tydt behoorde te werdeu ingesien." [Nonobstant la déclaration des ™s, que les finances de la province ne permettaient pas d'entretenir »ttmée snr pied de guerre, le Prince ne pouvait et ne voulait croire *n triste état des finances. Voir Résol. des Etats de Holl. du 8 Mai 1^9: ,I)at het inkomcn van den Noorder-Quartierc op het advantapeuste ircuonien wordende, benevens dat van deu Zuy der -Quart iere lû Terre na nict suffisant en was, oinmc daer uyt te konncii verval- ** verdeu de laMen, selfs soo die by het laetstc besoigne van de twsnage zyn ter neder ghestelt; dat de voorsehr. Lcdeu vervolgens •w bet sclvc wel acn gemelte Syne Iloogh. voor de tweede reysc ™^k te gemoetc gcvoerdt, onmie acu den selven de voorschr. cassatie smacckclijcker als voor desen te maecken ; . . . . inacr dat hoogli- 8°*- Sync Iloogh sclieen te betoonen van de gelegeutheyt der voor-

*w. Fmaiitieu wat anders geinfonneert te zyn," etc.]

rw*pon(!a,u e i,tc(JUe de la Maison if' 0 r a ,t a c - y a * s o c , par M . brueuvun Priustcrer, T. 1\, 250, 2b2.

222 Différends sur la ré/orme d'une partie de formée.

dix compagnies, fussent tous réduits à dix, moyennant qt liccntioit encore cinquante cinq compagnies; que Ton refi cinq cens quatre vingt cinq hommes des vingtdcux compi qui n'avoient pas esté reformées avec les autres, et qu'on tiast la moitié ou du moins une bonne partie de 1a Car. comme estant de peu de service en ce pais, et de tresj dépense. Mais ils rencontrèrent les mesmes difficultés, tan l'esprit du Prince, que dans rassemblée des Estats General De sorte que les Conseillers Députés, en exécutant Tord Estats de Hollande, leurs Maistres, escrivirent aux Lient Colonels et à quelques autres officiers estrangers, qu'ils c à licenticr encore vingt hommes de chaque compagnie, et moyen ils reformoient encore cinq cens quatre vingt cinq mes. Les officiers en ayant fait leurs plaintes aux Estats raux et au Prince d'Orange, ccluicy, le Comte de Nassau, verneur de Frise, et le Conseil d 'Estât, considérant, qu'en cinquante hommes de toutes les compagnies indistinctement me Ton avoit fait, Ton ménageoit desja tous les ans trois ni six cens mille livres, représentèrent dans l'Assemblée le toi les Estats de Hollande a voient de faire cette reforme d mouvement, sans la participation des Estats Généraux etdi seil d'Estat, et dirent qu'ils estoient d advis, qu'on oblige Conseillers Députés à en venir rendre compte à l'Asse Mais elle se contenta d'en demander la raison aux Député naires de la Province, et sur ce qu'ils n'alléguèrent que la v et l'ordre des Estats leurs Committents, le inesnie Conseil tat, tousjours appuyé de la présence et de l'autorité du d'Orange et du Comte de Nassau, fut d'advis, que les Généraux ordonnassent, que les Estats de Hollande seroiei posés à s'abstenir de cette sorte de reforme, sans la partici des Estats Généraux et que les Conseillers Députés seroic hortés d'en faire surseoir l'exécution. Los Députés ordinai Hollande dirent qu'ils ne pouvoient pas permettre, que leu

(wi) Résolution des Etats de Hollande du 2 Octobre 1649. [Le ne faisait que répéter, que les circonstances où se trouvait l'E permettaient pas que l'armée fût mise sur pied de paix. Voir des Etats de Holl. du 0 Oct.: w Dat sync Jloogh. bedenckelijcl sideratien haddc geinoveert op de groote verminderinge van di tic, vermidts de jegrnwuordige couMitulic van tyd en saecker machtige Légers noch outrent de l'rontiereii van desen Stai vende," etc.]

Différend* ntr la réforme (Tune partie de formée. 2QZ

rince présidant à son tour, l'affaire fust mise en délibération, sans leur consentement; tant s'en faut qu'ils pussent souffrir, que Ton priât une conclusion si contraire aux intentions de leurs Committents, parce que c'estoit à elle à la proposer pendant qn'elle presidoit, si elle le jugeoit à propos. Ils tirent instance i ce que Ton differast d'en parler jusques au lendemain, afin que «pendant ils en pussent parler aux Conseillers Députés; et les tttres insistèrent à ce que le Président fonnast la conclusion à finalité* des voix ou que selon la forme du Gouvernement il ndist sa place à la Province, qui avoit présidé la semaine précédente. De sorte que les Députés de Hollande estant contraints k prendre party, descendirent pour aller trouver les Conseillers Députés de la mesme Province dans un autre appartement du Nais, où tous ceux qui composent le Gouvernement de l'Estat Assemblent, mais à peine furent ils sortis de la salle, que le pnaier Député de la Province de Gueldre, laquelle avoit présidé k semaine précédente, prit la place du Président, fit continuer la délibération et conclut que les Estats Généraux escriroient à wz de Hollande et en leur absence aux Conseillers Députés k la mesme Province, qu'à lettre veiic ils eussent à révoquer Fordre qu'ils avoient donné pour la reforme et à faire expédier fci ordonnances pour le payement des troupes sur le pied de la diction faite le 30 Juillet 1648. Ils y adjousterent, que les ■âmes Conseillers Députés seroient priés de s'assembler à quatre kwes après midy et de faire sçavoir au sortir de leur assemblée fcar intention aux Estats Généraux, qui résolurent en mesme temps | de s'assembler à cinq heures, et que faute de satisfaction de la put de la Hollande l'on defendroit aux Lieutenant-Colonels d'otar à Tordre des Estats de Hollande et on leur commanderait de tenir leurs compagnies complettcs de soixante dix hommes. k* Députés ordinaires protestèrent, mais inutilement, contre cette «solution, et contre toute cette manière de procéder, puis que ny «B, ny les Conseillers Députés ne pouvoient pas coutremander un ordre du Souverain de la Province, et les Estats Généraux rejetant l'offre, que les autres firent, de convoquer les Estats leurs Maistres au premier jour, firent partir les lettres, qu'ils avoient imoIq le ma^tin d'escrire, et ordonnèrent aux Gouverneurs des places de tenir la main à ce que leur volonté fust punctucllcment exécutée. Tout ce que les Députés de Hollande purent faire, ce filt de réitérer la protestation, qu'ils avoient faite le matin, et de reserver la connoissanec et la réparation de toute l'affaire aux

224 Différends sur la réforme <T**e partie de r armée.

Estats leurs Maistres (n). J'ay cru devoir icy toucher toutes ces par ticularités, parce que de cette contestation, où parurent les pie miers commencements de l'animosité entre les Estais Genenu et ceux de Hollande, naquit le desordre, qui fera une des plsi considérables parties de cette Histoire.

Les uns et les autres s'opiniastrant ainsy à soustenir leurs sml timents et leurs resolutions, les Estats de Hollande, qui s'estoisji assemblés au mois de Novembre et qui n'a voient pour object A toutes leurs délibérations que le ménage (1), déclarèrent, que puis q* leurs Alliés les blâmoient d'avoir manqué aux formes et accusoka la Province d'avoir fait en son particulier ce qui n'appartenoit qt*î l'Estat en General, ils souffriroient volontiers que la reforme 0 fist au nom de la Généralité et par le Conseil d'Estat, et 1 Prince d'Orange de son costé, qui vouloit faire respecter SM autorité, disposa le Conseil d' Estât à permettre que la refbnsi subsistast, pourveu qu'elle se fist au nom du Conseil, et que le compagnies fussent payées complet tes sur le pied de soixante fil hommes jusques au jour qu'elle auroit esté ordonnée par le Coq seil. Mais comme ce n'estoit qu'une des moindres difficultés qn broûilloient la Hollande avec les autres Provinces, on ne la pou voit pas bien régler, que Ton n'accommodast aussy les autres.

Les Estats de Hollande insistaient à ce qu'on licentiast ou. quante compagnies estrangeres, au lieu d'autant de Flamendei qui n'nvoicnt esté levées en Tan IG28 qu'à condition qu'elles m subsisteraient que six mois; que Ton reduisist à dix compagnie tous les régiments (étrangers, dont les uns estoient de 23, et le autres de 14 et de dix Compagnies, et que l'ou cassast lamoitk ou du moins une bonne partie de la Cavallerie. Et dautant qn l'assemblée des Estats Généraux faisoit ditlieulté d'y consentir, il firent représenter le mauvais estât de leurs finances au Prini d'Orange, le firent prier de ne remplir point les charges vacant*

(;/) Pièce justificative n. XLII.

(1) M. P> ras sel irrite de l'opposition des Etals de Hollande ci tre les desseins du Prince et de la Franco, parlait de ces délibérât H en ces termes: * Cette chaleur de nic.sn:i«zo, qui donne une esp de ficbvrr ardante à noz messieurs de Hollande". Lettre à Ma: rin, du 7 Dec. LGJ9, dans les Jrchicrx dr la }faisan d' Orange-N *aut par M Groeu van Prinstcrer, T. IV, p. 318.

Différends sur la réforme (F une partie de r armée. 225

dont il ayoit la disposition, et résolurent le 1 Décembre 1649 do l'en presser encore et d'y faire déclarer, que si les autres Pro- Yinœs continuoient de faire les difficiles, ils feroient à l'égard des ringt-neuf compagnies, car ils en payoient autant des cinquante qui faisoient la contestation, ce qu'ils jugeroient devoir faire pour le bien de la Province (1). Le Prince, qui tâchoit de conserver les «trangers, proposa une conférence avec des Députés des autres Froriaoes et leur vouloit faire comprendre, qu'il faudroit licentier we compagnie de chaque petit régiment et deux des grands, tant Hamens qu'estrangers, et qu'au lieu de réduire tous les régiments étrangers à dix compagnies, Ton pourroit mettre toutes les compagnies Flamendes à soixante hommes et les estrangeres à quarantecinq. Pour ce qui est de la Cavallerie, qu'en licentiant douze compagnies, et en réduisant les autres à quarante mais très, et en con- Tdtissant les cuirassiers en arquebusiers, les Estats de Hollande obtiendroient presque leffect de leur intention ; que par ce moyen rEstat espargneroit tous les ans un million, trois cens cinquante nulle, sept cens livres, et que si la Hollande y acquiesçait, PEstot pourroit aussy approuver la reforme, qu'elle avoit fait faire par «s Conseillers Députés. Au reste qu'il ne falloit pas chercher tout le ménage en la reforme des gens de guerre, mais considérer çffl y avoit plus de soixante places à garder, et que Ton ne powoit pas licentier tant de troupes, sans hazarder une partie feTEstat. Mais les Estats de Hollande, après avoir fait faire un Qtat pertinent de leurs finances, considérant que la dépense excedoit encore la recepte de beaucoup et que pour soulager leurs finances il falloit licentier, et non reformer les troupes, en diminuant le nombre des oilieiers aussy bien que celui des soldats, M voulurent pas agréer la proposition du Prince, ny la confesse, à laquelle les Députés des Provinces les convioient; toutesfois ils leur voulurent bien donner le loisir d'en escrire aux Estats leurs committents, et de les informer aussy eux mesmes de leurs intentions et de leurs interests (o).

(o) Résolutions des Etats de Hollande du 1, b, 10 et 11 Dec. 1G19.

(1) Voir la lettre de M. Brasset du 7 Dec. 1G49, dans les Jreàtvft de la maison d* Orange- Nassau, par M. Ciroen van Prinsterer, T. IV, p. 316. . *Ccs messieurs de Hollande, qui semblent comme Brennus aux Romains, ajouster l'espuc au poids de leurs prétentions L'on avoit creu que cette nouveauté n'estoit qu'un

jeu joué pour obtenir l'cffcct de leur première intention" etc.

226 Différends sftr la r< -forme (Tune partie de formée.

Àprds que les Estats Généraux curent consenty à la reforma des Compagnies des Lieutenant-Colonels, pourveu qu'elle se fc*i au nom du Conseil d'Estat (p\ la Hollande fit au commencement de Tan 1G50 sommer les Députés des autres Provinces de s'expliquer et de rapporter l'advis de leurs committents sur les points qu'elle avoit fait proposer; mais ils dirent tous, que devant que de s'en pouvoir expliquer, il falloit entrer en conférence et voir si ce grand liccnticment se pouvoit faire sans exposer l'Estat & un péril eminent, et il y en eut qui protestèrent, mais avec beaucoup do modération, qu'ils ne demandoient cette conférence, que pour sortir d'affaires et non pour les tirer en longueur. La Hollande estoit si éloignée de cette pensée, qu'elle déclara au contraire, que Testât de la guerre n'estant en effect autre chose sinon une pétition ou demande, que le Conseil faisoit d'un fonds extraordinaire, elle pretendoit se conserver la liberté, qu'elle s'estoit rescrve'e par l'Union, de consentir ou de ne consentir pas à cette sorte de demandes ; et puis que cellecy alloit à luy imposer des charges, qui lui estoient insupportables, elle n'y vouloit pas prester le dos, de peur d'y succomber; que si les autres Provinces ne faisoient point de réflexion sur la nécessita* de ses affaires, et rdfusoient d'entrer dans ses sentiments, elle seroit obligée de faire seule chez elle ce qu'elle ne pouvoit pas espérer pouvoir faire de concert avec ses Allies (7). Et do fait les Estats de Hollandei

(/>) Résolution des Etats Grnér. du 3 Janvier 1650: „ dewijle me» sict, dat do. llceren Staeten van Iïollandt, soo scer op dese redoctie sijn pressende, dat de pemcltc Raadt (van State) soude meeneu, dit men om ineerdere verwijderingc voor te komen dcsclve daerinne soude mogen te gemoct gaeu" etc.

(//) Voir la Résolution des Etats de Hollande du 21 Janvier 1650, H ïs nner verscheyde diseoursen goedtîrevonden, dat de Extraordiatni Geeommittecrdcn van liaer Ed. Gr. Mo. op morgen wederom ter G*» ncral itcyt sullcn ver<clivncn, en aldaer noch eenmael sérieuse debroiren doen, door redenen ende inotiven daer toe dienendc, ten eynde de Prowneien als noch wildcn openen onde inbrengcn haerc respective Provinciale advisen op de poincten van wcçrcn hacr Ed. Gr. Mo. nu meermalm ter Gcnernliieyt ingebracht ; ende intervalle meer-ghemelte Provineien daer toc niet en souden weseu te di>pnncre-n, als dan vu wegen hacr Ed. Gr. Mo. verkWingc te doen, dat de Financien deser Provincic de Mvaere lasten in lydt; van Oorlogc de sclvc opgeleydt, don Vredc nu al renie so lange goduyrt hcbhendc, niet langer en konnen dragen; ende nacdemael aile ende een yeder van de Provincial aile jaren vrystaet, in de Petit ie by deu Kaedt vau Slate gcdaen, te

228 Différends *ur la réforme d'une partie de Formée.

Généraux, qui ne le pouvoient pas ignorer, 8 'estant ati jour de Pasques, prièrent le Prince et le Conseil d'Esti ncr ordre à ce qu'une Province n'entreprist pas de lioc des gens de guerre, obligés par serment à l'Estat en g Ils en escrivirent aux Conseillers Députés de Hollan termes, qui les obligèrent à différer la cassation jusque des Estats de la Province. Au mois de May le Prie autre proposition, par laquelle il vouloit obliger la I suivre l'advis des autres Provinces touchant la reductio de pied; à souffrir, que moyennant la conversion des en arquebusiers et le licenticment de vingt cornettes leric, celles que Ton continucroit d'entretenir fussent d maistres; à se contenter du retranchement de la moitié siles; à promettre qu'elle ne parleroit plus de reforme, < entre la France et l'Espagne ne fust faite, et qu'alors feroit point, sinon du consentement commun de toute vinecs; à payer aux officiers reformés les pensions, que Généraux et le Conseil d'Estat leur avoient destinées < Testât de la guerre, lequel elle avoit jugé estre si cont intentions et à ses interests (t).

Elle rejetta cette proposition, et alloit exécuter ses resolutions, nonobstant l'opposition de la Noblesse etc villes (1), quand les Députés de Leyde firent une ouv< laquelle ils croyoient pouvoir porter les Nobles et les ' consentement unanime, et les autres Provinces à s'accomr, celle de Hollande. Ce fut qu'en licentiaiit cinquante cinq c d'Infanterie et vingt de Cavallcrie, à quoy les Provinc t oient, Ton reduisist celles qui subsisteraient, les unes tedix à soixante hommes, et les autres de soixante à maistres, les Provinces se réservant la liberté de conse

men de Provincien goedt vondt te versoecken, bel bestc te met de saccken te Watcr, dat men de selve wederoin di< lieven ten aeusien van de saccken te Lande."

(*) Résolution des Etats Génér. du 10 Avril 1G50. — des Etats de Hollande du 2S Avril 1650.

(f) Résolutions des Etats de Hollande du 11 et du 12 3

(1) Pour ce qui regarde l'opposition de Tordre des Nobl Résolutions des Etats de Hollande du 13 Mai et du 4 Ce furent les villes de Leyde, Rotterdam, Eukhuyzen, S et Goriucliem, qui se rangèrent du côté de Tordre des Nol

Digéremd* $mr la réforme (Tune jtartie de famée. 229

m consentir point aux demandes extraordinaires, que le Conseil d!Sftet pourrait faire à l'avenir, ainsy qu'elles le jugeraient à propos pour le bien de leurs affaires (u). Cette proposition ayant até* trouvée assés raisonnable, l'Assemblée la communiqua au Ihooe d'Orange et le fit prier de l'agréer et de disposer les Ëstats Oeaeraux à l'agréer aussy; mais le Prince répondit, qu'il ne la powrit pas approuver, ny s'employer non plus à la faire approuiff des antres Provinces (t>). C'est pourquoy les Estats de Iiolksde, voulant éviter tout ce qui pouvoit jetter les Alliés dans ne division très dangereuse, et désirant embrasser tout ce qui powoit faciliter l'accommodement entre eux, declarcreut, que conformément à l'advis des autres Provinces ils se contenteraient, fie dés à présent on ne licentiast que cinquante cinq compagnies d'Infanterie, et douze de Cavalleric, en reformant encore dix maista de chaque cornette de Cavallerie, et en convertissant les cuinuers en arquebusiers, et que les Députés des six Provinces noient requis de disposer leur committents à s'expliquer favoratteaent dans un mois ou six semaines, touchant les autres points déménage proposés par cette Province (w). Mais cette ouverture n'iytnt pas esté agréée, non plus que la précédente, les Ëstats d'Hollande résolurent enfin, que Ton n'en parlerait plus aux Estau Généraux, mais que l'on passerait outre à l'exécution des nolatioDS, qu'ils avoient cydevant prises sur ce sujet; c'est à dire à la cassation d'une partie des troupes, suivant leurs premiei* intentions (x). Les Estats Généraux en ayant esté advertis, fa envoyèrent prier par un Député de chaque Province, de faire •neoir l'exécution de leur resolution, et de faire en sorte que tarte l'affaire fust réglée de concert avec touts les Allies. Ils l'en remportèrent autre réponse sinon que l'Assemblée ferait sça- TCnr son intention aux Estats Généraux, par des Députés qu'elle Jenfoyeroit. Elle leur fit faire les mesines offres, qu'elle y avoit &t faire quelques jours auparavant; et dautant qu'elles y furent eworc rejettées, elle fit partir les lettres qu'elle faisoit tenir prestes, ptt lesquelles l'on faisoit sçavoir aux Capitaines, tant d'Infanterie <pe de Cavallerie, qu'on les remercioit de leur service, et qu'on ncWs payerait plus à l'avenir; et cette résolution ayant c?té prise

M Résolution des Etats de Hollande du 13 Mai 1G50. W Voir celles du 15 et du 24 Mai 1650. (•) Voir eelle du 28 Mai 1050.

(*) Voir celle du 30 Mai 1650.

230 Réforme de formée par le* StaU de HolUnde.

de cctto façon, les Estats de Hollande se séparèrent le i à cause des fcstes (//).

Le lendemain, jour de la Pcntecostc, le Prince d'Orange, Gouverneur de Frise et le Conseil d'Estat en corps allèrent rep senter à l'Assemblée des Estats Généraux, qu'ayant appris, < les Estats de Hollande, devant que de se séparer, avoieni lien plusieurs compagnies, tant d'Infanterie que de Cavallcricilsavoic en vertu de l'autorité, que les Estats Généraux leur avoient doni par leur resolution du 10 Avril, qui ordonnoit au Conseil d'e pescher les cassations particulières, escrit aux Capitaines, de souvenir du serment qu'ils avoient fuit aux Estats Généraux, et ne point souffrir qu'on les licentiast sans leur ordre; qu'ils allok faire partir leur lettre, et qu'ils estoient d'advis que les Est Généraux escrivissent sur le mesme sujet et dans les mon termes aux Gouverneurs des places, où ces compagnies estok en garnison, afin d'empescher l'cffect des ordres de Hollande, i reste qu'il estoit nécessaire de songer aux moyens, dont Ton pourroit servir en cette importante conjoncture pour la consem tion du repos de l'Estat (*). La plus part des Députés des ■ Provinces n'estoient pas seulement dans les mesmes sentiment mais ils sui voient aveuglement ceux du Prince; c'est pourquot n'eut point de peine à y faire prendre cette remarquable et du gercusc resolution, du 5 Juin, après l'avoir concertée avec Co ncille Musc h, Greffier de l'Assemblée, Ministre dépendant o tiercment de ses volontés (1), auquel les Estats donnèrent erd d'en dresser lu minute.

Elle portoit, qu'il seroit escrit aux Gouverneurs conforment à l'advis du Conseil d'Estat; que l'on envoyeroit une depntatû solcinnclle aux villes d'Hollande, pour les obliger à s'abstenir < toute cassation séparée ou rrforination de gens de guerre, qui so au service et au serment de l'Estat en gênerai, et que ce se* le Prince qui ordonneroit de quelle façon cette députât ion se fer* de combien et de quelles personnes elle seroit composée; et <J cependant le Prince seroit requis et autorisé de donner les ord nécessaires, et de faire en sorte, que le repos et la paix fusa*

(y) Résolutions des Etats de Hollande du 3 et 4 Juin 1650. (r) Pièce justificative n. XIV.

(1) Corn. Mu se h était alors aussi Conseiller intime (Kamernu du Prince.

RnoUtio* de» Etat» Généraux du 5 Juin. 931

cwi*aT&, et sur tout que l'Union, avec ce qui la regarde, fust maintenue et affermie, et que tout ce que l'on pourroit entreprendre contre elle fust empesché et destourné. J'ay bien voulu eraflojer icy les propres termes des dernières périodes de cette deta résolution, parce que le Prince à fondé sur elle cette grade action, dont le souvenir fait encore horreur à ceux qui flOMÎdereat, que l'estendue, que l'on donna au sens de cette reso- Wob, pouvoit et faillit de jetter l'£stat en des desordres capables de l'abismer.

L'on doit remarquer icy, que les Députés de Gucldre, qui se trônèrent à l'Assemblée au nombre de neuf, n'approuvèrent point cette resolution (1); que ceux de Hollande s'y opposèrent formellenent, et que les deux Provinces de Frise et d'Over-Ysscl n'y noient chacune qu'un Député, et celle de Groningue deux. De tecte que ce petit nombre de personnes osa bien, sans ordre de km committents, disposer de toute la fortune de la Republique. Mi le lendemain le Prince déclara dans l'Assemblée, qu'il se Mettrait lui mesme à la teste de la deputation, et qu'en vertu du poiflrir, qu'on lui avoit donné le jour précèdent, il la composerait fcqutre Députés, choisis parmy ceux de Gucldre, de Zcelandc, fltaeent et de Groningue, de deux Députés du Conseil d'Estat 4 da Trésorier General. Son offre fut agréée, et son choix fut •Pprouvé (aa). Les Députés de Hollande représentèrent, que cette

(*) Résolution des Etats Génér. du 6 Juin 1650: „Is in de Vcr- Pfeing gecompareert Sijne Hoogh. en liceft aen hacr Ho. Mo. ge- Jflanuûceert ende genotificeert dat Sijn E. in consideratie van de °*portantie van de saecke gemeent ende gcrcsolvecrt is selfs in persoon * Wpen bekleeden de besendinge aen de Steden en de Ledcn van de ***geeringe van de Provincic van Hollandt ende West-vrieslant .... en **t a§n E. .... uyt h. Ho. Mo. Vcnrndcringc soude nssumeeren van Aertsbergen, Mauregnault, Ecnswoude ende Glant (we-

0) #Dese autorisatie is by de Gecommitteerden uyt Gclderîant bc- *^ïielick gevonden, ende waeren nict wel te bewegen, om dacr toe te *>Ddescendeeren ; meynden ooek, dat, in allen gcvalle, den Racdt van **aten Syn Hoocht. mosto worden geadjungeert, ende eyntelick goct- [^"Vonden, te doen arresteeren, dat men die sakc soude referecren aen te Heeren Staten van de Provintie, sonder aveu, of disaveu van de **torisatie voorss. De besendinghc aen de Holl. Steden wiert by aile ** Geldcrschc Heeren toegestaen, ende dienstigh gevonden" enz. Mem<*mfa M. van der Capellen, II. p. 283.

232 DépHttf/ioH vers les villes de Hollande.

dcputation estant une nouveauté, et ce faisant contre les former elle ne pou voit pas produire lVffect que l'Assemblée s'en promel toit; mais que si elle vouloit différer l'exécution de la rcsolutior qu'elle avoit prise sur ce sujet, ils convoqueraient les Estati A la Province présentement, et qu'elle leur pourrait faire propose les mesmes choses, qu'elle vouloit faire dire aux villes. On kn repartit, qu'on le feroit, pourveu qu'ils révoquassent l'ordre qtfï avoient donné pour la cassation séparée de tant de compagnie de Cavallerie et d'Infanterie; mais ils répondirent, que c'estoi l'affaire des Estats de Hollande, et non la leur et que ce n'estoi pas à eux à altérer la resolution de leurs Maistres (bà).

sendc van wegen de Provincicn van Vricslant ende Overijssel tive, rnaer eeu Gedcp. al hier iu den Hage présent, ende .... ujt an Racdt van Stateu de Ilceren van Aspereu, Lucasz, en den Thesauricr Generaal Brasser .... waerop zijndc gcdelibereert hcbbenlaçi Ho. Mo. syn meerbooggem. Hoogh. ten hoogste bedanckt over enfc ter snecke dat Sijn E. dessclfs Furstclijcke persoon dese ongelegofejft gelieft acn 1e doen voor den dienst van het Landt .... veraoedcelil desclve sijne meerboogligem. lloogh. dat sijn E. door aile mogelpta middelcu van induction de mccrgcin. Stedcn ende Lceden van de Ofgemcldc Provincie van Hollandt sulex willen soecken te persuadée!** door de voorsz. besendinge, dat deselve van separate cassatie ende ifr ductic elex voor soo vcel hun aengact willen desisteeren, ende venol" gens hun voegen tôt cenparighcyt met de anderc ses Provincien" a* (bL) Pièce justificative n. XV. [La séance des Etats do HoIImA fut levée avant Pentecôte (le 1 Juin), selon M. van der Capelle» à cause des dissensions et des querelle* : * in placts van coutinuatie dfl Vergadcriughc naer Pinxteren, vert deselve by die van Hollant plot" sclick afgebroken, door drifte van ecnighc hecte ende opinastie H* meuren, ende, staende vergaderinghc, ordre tôt effeetueeringhe van •* cassatie ende reductie geirccvcn. De Pcns. Il u y se h van DordreoN dede devoiren, om de Leden by eeu te houdeu, ende scyde niy, bed™ hy cenen nian kuiiucn set ten op dieu Salcrdagh, aile dacrop gevolcW swarigheyt soude voorgekomen wesen." — 11 paraît du procès vetl* de la séance de cet 1c journée, que la question de continuer l'as*** blée ou de la lever fut débattue plus d une fois, et qu'elle fut c^ résolue dans le dernier sens * en hebben de leden na meuve 00* rraaye duerover yedaeu% funnelijkeii aeugeiioincii, den dag bij de liée** Gccominitt. llaadeu tôt weJcr bijeen komstc van h. Ed. Gr. Moleggen, prccisclijk waar te ncmen" etc. A la fin les querelles fui* apaisées ,en is daerop de Yorgadcringc rnendelijk van den ande* gescheiden." Voir M. van Wijn, Annotations (Hijtoegselcn en A* tficrkingen) sur le tome XII de Wagcnaar, p. 26.]

Dtpulatio* vers les villes de Hollande. 233

8or cette déclaration le Prince partit, accompagné de ces Dejfltà, ft suivy d'un grand nombre d'officiers de guerre. Estant miré i Dordrecht, première ville de la Province, le Bourgueniutre loi déclara, que c'estoit en sa considération qu'on lui weordoit l'audiance, qu'il desiroit prendre dans le Sénat, avec vite protestation expresse, que ce seroit sans préjudice de la fareraineté des Estats de Hollande et de la liberté de leurs nfrages dans leurs assemblées. Alexandre de la Gapelle, (rigueur d'Aertsbcrgue, nn des Députés, au lieu de dire de bouche s «cet de la deputation, y leut un escrit, qu'il laissa au Bouriicmaistre, contenant que les Estats de Hollande avoient jette 'Estât dans un grand desordre, en licentiant de leur chef, sans la •rtidpation de leurs Alliés, quelques compagnies de Cavallerie t d'Infanterie ; que les Députés des autres Provinces s'y estoient ppotfe, comme à une chose contraire à l'Union, qui a donné ! commandement suprême, et le pouvoir de lever et de licentier » troupes, au Conseil d'Estat; que les Députés de la ville de tanbecht avoient consenty à cette cassation séparée, nonobstant ordre contraire qu'ils avoient du Magistrat; que cette entrenu d'une seule Province donnoit d'autant plus d'inquiétude au "riice et au Conseil, qu'ils en apprehendoient la dissolution de Union, la dissipation de l'Estat, la ruine de ses habitants et par OMeqaent celle de la Religion Reformée; que l'un et l'autre Nient jugé, que pour la prévenir il n'y avoit point de meilleur anede que celui de cette deputation, à la teste de laquelle le rince avoit bien voulu se mettre, afin de représenter aux villes, ftc d'autant plus d'efficace et d'effect, ce que nos prédécesseurs tàcnt souffert pour l'amour de la profession de la Religion ; ae Guillaume, Trincc d'Orange, touché de compassion des mise- » du peuple, avoit fait armer les Provinces et les avoit fait îunir comme dans un seul corps; que cette Union avoit rendu Estât formidable à ses ennemis et considérable à tout le monde; •ia que les premières années de la paix le menaçoient d'une solution, qui en altereroit le repos, si l'on souffroit, que les tofinees se dispensassent de l'obligation qu'elles ont à l'Union; * pour la prévenir, le Conseil d'Estat avoit envoyé aux Proiice8 un estât des troupes, qu'il avoit juge nécessaires pour la tfde des places frontières ; que la Hollande ne l'avoit pas voulu ecwoir et avoit mesmes refusé de venir en conférence avec les kpotéa des Estats Généraux sur les difîicultés, qu'elle y formoit ; [u'elle avoit insisté à ce qu'on liccntiast la moitié de la Cavai-

234 Députatio* vers iet villes de HolUud*.

lerie et cent cinq compagnies d'Infanterie; que les mesmes Estel Généraux l'avoient fait prier, tant de bouche par des Depufcti que par des lettres qu'ils ont escrites aux villes, de n'y pins m sister et de s'accommoder aux sentiments des six autres Frorinea mais que nonobstant leurs prières et l'opposition formelle i quelques uns des principaux membres de la Province metme, h Estats d'Hollande avoient résolu, en leur dernière assemblée, i licentier un bon nombre de gens de guerre; que ce proosd extraordinaire avoit obligé le Prince et le Conseil d'Estat i ; remédier par des moyens extraordinaires, et qu'ils n'en afoisB point trouvé de plus propre, que celui de le faire représenteras: villes mesmes par une deputation solemnelle; que Ton ne don toit point, que la Hollande ne fust incommodée en ses finances mais qu'il falloit considérer, que les autres Provinces ne l'estoioi pas moins ; que c'estoit une guerre de prés d'un siècle qui le avoit jettées dant cette incommodité, mais que c'estoit la mesm guerre, qui leur avoit acquis la précieuse liberté, dont ils jouitsoient maintenant; qu'il estoit juste de soulager la Hollande mais que ce soulagement ne se pouvoit trouver que dans le eon sentement unanime de tous les Alliés, et que ceux qui l'avomi voulu chercher ailleurs, avoient rencontré des oppositions tvst fortes de la part des autres Provinces; qu'ils prioient le Ma gistrat d'y faire reflexion; de demeurer inséparablement attaché à l'Union ; de continuer de payer les gens de guerre et de repars ce qui avoit esté fait contre l'Union. Le Magistrat, quoy qtt fort offensé de ce discours, fit répondre au Prince, qu'il en deK bercroit et que lors de l'assemblée des Estats de la Provintt qui avoit esté convoquée, la ville expliquèrent ses sentimenti ainsy qu'elle le jugeroit à propos pour le bien de FEstat. liai les Députés ne se pouvant pas satisfaire de ces termes generau et ayant obtenu une seconde audianec le lendemain, le mesn Aertsbergue y dit, qu'ils ne se pouvoient pas contenter de 1 réponse générale, qu'on leur avoit faite le jour précèdent; qtfï ne sortiroient point de la ville, que le Magistrat ne leur euat n une déclaration expresse, si elle vouloit rentrer dans l'Union, doi elle s'estoit séparée, qu'ils ne remportassent une réponse par eact nette, positive, cathegorique et peremtoire sur leur proposition, que Messieurs de Dordrecht n'eussent fait une réparation prom et effective, parce qu'ils avoient violé l'Union, à l'exemple de pli sieurs autres villes de la Province, qui aussy bien qu'eux estoie

JMpaUttio* vers les villes de Hollande. 235

et punissables en leurs corps et en leurs biens (ce). Aertibergue y adjousta, que s'ils n'y satisfaisoient pas présenterait, il aeroit contraint de leur tenir un autre langage et de faire Autres ouvertures (1). H est certain, que la présence du Prince le «art de l'effect du juste ressentiment du Magistrat, qui voulut Ma dissimuler en quelque façon son indignation pour l'amour de loi; mais les Députés n'en remportèrent pas plus de satisfaction. Le Magistrat leur fit dire, qu'il se trouvoit extrêmement mwMisé* des paroles fâcheuses et menaçantes d'Aertsbergue, et qu'il en témoignerait son ressentiment en toutes les occasions.

(te) Pièce justificative n. XVI. [Voir les Mémoires de M. van der Capellen, IL p. 386, où il se justifie de son discours.]

(1) Alexandre van der Capellen, Seigneur d'Àertsbcrgen, qui i joué un rôle important dans cette affaire, a été jugé bien différem- ■nt On lui a d'abord vivement reproché sa participation à la depubtion; plus tard il a paru dans un jour moins désavantageux; on lui

• nêne rendu le témoignage d'un courage au dessus des courtisans tthuiits, puisqu'il avoit accoutumé de dire franchement son opinion

* Prince. Il paraît que M. van der Capellen a été nommé cont» Km gré membre de la députation. Non seulement il a tâché de fa excuser (Mémoires, II. p. 284), mais il a même déconseillé cette ■«ne au Prince (p. 289), puisqu'en premier lieu elle ne servirait pt à accommoder les affaires, mais secondement parce qu'il craignait pe rantorité du Prince n'en souffrît (p. 287, 289) et pourtant il ac- *pti la mission périlleuse. Que doit on penser de l'homme qui en fyfo de son opinion personnelle, se charge d'une mission qu'après il ^approuve dans ses mémoires? Pourquoi n'a-t-il pas refusé cette *inon, lui, qui plus tard, lorsque le Prince fit arrêter les six députa des Etats de Ilollande eut le courage de lui rappeler l'échafaud ■nglant de Charles I? Van der Capellen fut toujours partisan *& de la maison d'Orange et désapprouva fortement la conduite do Etats de Hollande, qu'il accuse d'avoir l'intention de diminuer r«rtorité des Etats Généraux et du Prince (p. 268). D'ailleurs en sonne d'Etat habile, il aurait dû comprendre que la députation était nie mesure inconstitutionclle. Les Etats Généraux n'avoient pas le droit de se mêler des affaires domestiques des Provinces. Si les memores d'une province différaient entr'eux, les Etats de cette province ivaient le droit de leur envoyer une députation, mais non pas les EUU Généraux qui n'exerçaient aucune jurisdiction politique dans ^intérieur des Provinces.

236 Deputation ten les ville* de Hollande.

Et dautant qu'en son discours il avoit aussy parlé contre la 801 veraineté et contre la liberté de la Province, et contre la tion et la bonne intention des villes, dont elle est composée, ne manqueraient pas d'en faire rapport à la première assemblée»» et d'en faire demander réparation. Le Prince voulut obliger la* Magistrat à entrer en conférence, mais il fut résolu, d'un consentement unanime, que l'on n'auroit plus de commerce avec 1m Députés.

Les Députés, après avoir fait leur affaire à Dordrecht, allèrent à Gorichcm, où ils furent mieux reccus et traittés, aussy bien qu'en quelques autres villes voisines ; inuis estant arrivés à Gouda* ils y trouvèrent deux Bourgucraaistrcs d'Amsterdam, que le Magistrat de la inesme ville y avoit envoyés, en suite d'une résolution qu'il avoit prise, qu'u l'exemple de ce qui y estoit arrivé en l'an 1639 il ne pourroit pas admettre cette deputation, comme ayant esté faite contre les formes, ny recevoir ou reconnoistn le Prince comme Député des Estats Généraux, pour le prier do ne se donner pas la peine de venir dans leur ville; parce qu'A seroit contraint de manquer au respect qu'il avoit pour sa personne» en ne le considérant pas et en refusant de l'ouïr en plein Sont 1 en cette qualité et avec la suite qui l'accompagnoit. Et dautant j que le Prince ne laissoit pas de poursuivre son voyage et de ûîi* connoistre, qu'il y iroit, le Magistrat envoya encore un Bourgtomaistre avec le Président des Eschcvins et un Secrétaire au devant de lui jusques à Edam, et lui fit dire, que s'il lui plaisait ; venir ù Amsterdam comme Gouverneur de la Province, il y ■•• ' roit reccu avec tout le respect, et avec tous les honneurs imap" nables; mais le Prince répondit, qu'il y iroit avec sa compagnie et avec toutes les qualités, dont il se trouvoit revestu. Et défait* cette seconde deputation ne l'ayant pas pu empescher d'y alkf? il demanda qu'on lui donnast audiance en plein Sénat, et parc* qu'il déclara, qu'il s'y trouveroit avec sa qualité de Député, e£ comme porteur des lettres de créance des Estats Généraux, le* Bourgucmaistrcs ne voulurent pas convoquer le Sénat et refusèrent de lui faire donner audiance, mesmes après qu'il eust déclaré, qu'il la demandent comme Gouverneur de la Province, mail qu'il ne se dcpoiiiUeroit pas de la qualité de Député et aV8 parlcroit en son audiance au sujet de sa commission. Les Bourgucmaistrcs soustenoient, qu'ils pouvoient et dévoient en uaor ainsy, parce que c'estoit à eux à juger, si l'affaire, dont le Prince avoit à parler, estoit de la nature de celles, qui doivent eatïc

Imputation ter* les tilles de Hollande. 237

pnposées à eux, ou bien au Sénat en corps, que la commission de Gouverneur de Province ne donnoit pas au Prince la faculté de se troaver dans le Sénat des villes et à leurs délibérations, qotnd bon lui semblerait, et qu'ils avoient aussy jugé, qu'ils devient procéder de cette manière, parce qu'ils n'auroient pu souffrir Hnsolence d'Acrtsberguc, qui y aurait, sans doute, tenu le mesme langage qu'il avoit tenu à Dordrecht. Le Prince trouva Il mesme difficulté à Haerlem, qu'il avoit rencontrée à Amsterdam, et ne rat pas mieux traitté à Delft, où le Magistrat offrit de lui douer audiance en qualité de Gouverneur de Hollande, mais il M roolut pas admettre les autres Députés, ny mesme les loger par fourrier; de sorte que le Prince aima mieux les ramener à b Haye, Il avoit veu toutes les villes de Zuyt-Hollande devant qae d'aller en Nort-Hollande, d'où il revint assez satisfait, sinon de la ville de Korn. Mais il fut extrêmement indigné du procédé ti Magistrat de MedembKc, qui envoya au devant de lui et lui ft dire, que le chemin estant très fascheux, et la ville trop petite pour recevoir et pour traitter tant de personnes de qualité, fe Prince feroit bien de ne se donner pas la peine de faire ce wyige; puis qa'aussy bien il n'en pourroit pas remporter autre réponse, que celle que le Magistrat lui faisoit présenter par ses Députes, ayant résolu que ceux que la ville envoyeroit à l'assemblée des Estats de Hollande, y porteroient leurs sentiments (1).

Les Députés estant de retour à la Haye, Àcrtsbergue, qui ea estoit le premier, fit rapport dans rassemblée des Estats Généraux de la disposition, qu'ils avoient trouvée clans les villes de Hollande, et dit, que la réponse qu'on leur avoit faite estoit fort ^trente; que dans les unes le Magistrat avoit protesté de son Hdination à ne se séparer jamais de l'Union ; que dans les aubes l'on en avoit parlé froidement; que dans quelques unes l'on l'en avoit point parlé du tout, et qu'à Haerlem, Dclft, Arasterd«a et Medcmblic l'on avoit refusé de leur donner audiance. Le

(1) Voir le récit que M. van der Capellcn donne du voyage du Wace, Mémoires, T. II. pag. 286 sv. 292 sv. Le Prince se montrait laaensible aux affronts qu'on lui fit, comme qui se promet bien de s'en venger: ,op de reyse bvnde, toonde hy niet bckommert te wesen met iflronteu&e bcjegeiiiugen, nict anders, als of hy soclite offensic te ontfaagen, endc door anderc wegen daer van réparât ic te versocken. Om velke redenen de Gecoinmittcerde dickwils voorsloejrcn, ende rieden, dat hy syn respect beter behoorde te mebiiageereu." (pag. 289.)

238 Le Drifice de retour à la Haye.

Prince y adjousta, qu'en cette commission il avoit eu des Mi contres, qui regardoicnt sa personne en particulier; mais qu'il • entretiendrait la compagnie une autre fois ((ta). Les Estats htt mercierent, aussy bien que les autres Députés, de la peine qu'il y avoient prise, de la mesme manière qu'ils ont accoustumé d'ei user à la fin des commissions.

Trois jours après le Prince dit dans rassemblée des Estais df Hollande, qu'ayant bien voulu se charger de la commission dldr 1er représenter aux villes de cette Province les désordres, dori son licentiement séparé* et précipité menaçoit l'Estat, le Msgi* trat d'Amsterdam avoit bien eu l'asscurance d'envoyer au denil de lui et de lui faire dire, que Ton n'y recevroit pas les Dépités, et que par une seconde deputation il l'avoit fait prier dfii^ point aller, parce que Ton seroit peutestre obligé* d'en user dtal façon, qui ne lui seroit pas agréable ; qu'il n'avoit pas laisse* djf aller, mais que les Bourguemaistres n'avoient pas voulu pense* tre qu'il prist audianec en plein Sénat , mesmes en qualité 4 Gouverneur de la Province; qu'il avoit sujet d'en estre senttbl* ment offensé, et que le Magistrat, ayant manqué au respect qa*3 devoit à la dignité de sa personne, comme représentant le Soif* rain de la Province, il estoit obligé de lui en faire réparation (tf)

Ce discours ayant esté imprimé, afin que le peuple en sari connoissance, le Magistrat d'Amsterdam fit représenter au S* tats de Hollande par escrit; qu'il estoit bien marry de voir h peuple informé de plusieurs choses, dont il eust mieux valu p& dor le secret, et de se voir accusé seul, puis que dans Passes blée des Estats Généraux le Prince avoit nommé plusieurs autre

(dd) Pièce justificative n. XVII. [>Syn Uoocheyt beeft aen kl Ho. Mo. gecominunicccrt dat gcduyrcnde de besendinge aen de Sfe den van Hollandt ende AVcstvrieslandt hem cenige saccken in by sonder syn voorgevallen, daervan Syuc Hooggcmelte Hoogh. g meint is bij andere gclegentheyt aen haer llo. Mog. nadere openinj te doen" etc. Résolution des Etats Généraux du 27 Juin 165Ô. ( voyage coûta plus de cinq mille huit cents florins. Les Etats de Hi lande ne se soucièrent pas d'en payer les frais. Résolution des Eti Généraux du 26 Août 1650.]

(ee) Pièce justificative n. XVIII. [,Men remarqueerde," ainsi af« prime M. van Aitzema, *als siju Hoogheyt noemde de Siad Amsb dam, dat hy sulx dede met cène beweginge ende verheffinge van ate me, edoch daer na weder met sedigheyt spreeckende." (III. p. 435

Le Uëg'uttat (PJmttrdtm se juttifie. 239

filles, dont il n 'estoit pas plus satisfait que de celle d'Amsterdam ; que ce procédé les forçoit de dire, qu'ayant appris, que le Prince, pestant l'oreille au Conseil de quelques gens mal-intentionnés, mit pris commission des Estats Généraux d'aller dans les villes de Hollande, pour tascher d'y faire renverser les resolutions, que b Estât* de la Province avoient prises pour le soulagement de toi finances; qu'il estoit party de la Haye, nonobstant les reaonitnuices des Députés de Holknde, qui lui avoient représenté a dangereuses suites de cette nouveauté, et nonobstant les offres [rïb lui avoient faites de convoquer les Estats de la Province i premier jour; que puis qu'il venoit dans leur ville, accom- ■gné d'un grand nombre de Députés des Estats Généraux et du imieil d'Estat, le Conseil de la ville avoit jugé tout d'une voix, [rfli ne pouvoient pas recevoir dans leur ville une deputation, (ni Tcnoit s'opposer à l'exécution des resolutions des Estats, Souvins de la Province; et afin de ne se trouver pas dans la nenàHé de faire un affront au Prince, en le renvoyant lors qu'il mit arrivé, qu'il valoit mieux envoyer au devant de lui, et le ner de n'y pas venir; quo ces sentiments se rapportaient en* arasent à ceux des Députés des Estats do Hollande, qui après Noir examiné tout le détail de la deputation, Ta voient condamifc; qu'ayant sçcu depuis, que le Prince estoit persuadé, que l'on rfmt de le recevoir dans la viile comme Gouverneur de la ftwinee, ils l'avoient fait asseurcr par deux de leurs Bourgue- Miitres, qu'ils estoient si éloignés de cette pensée, de ne le pint admettre dans leur ville en cette qualité, qu'au contraire fc le recevroient avec respect, et avec toutes les cérémonies orfcaiiw, quand il feroit l'honneur à leur ville d'y venir. Comme » effect qu'on lui avoit fait une entrée fort honnorablc, et que b Boorgucmaistrcs lui avoient fait toutes les civilités qu'il pouràt désirer. Mais que le Prince leur ayant déclaré, qu'il preten- Wt y estre reconnu en sa qualité de Député des Estats Gcnemx, aassy bien qu'en celle de Gouverneur de la Province, ils raient résolu de ne lui donner point d'audiance en cette qunlit; qirïls avoient cru en pouvoir user ainsy, sans pécher contre

respect, qu'ils dévoient à la personne du Prince; tant parce fils ne le pouvoient pas reconnoistre en cette qualité de Député s Xstats Généraux, sans la permission de ceux de la Province, e parce qu'ils ne trouvoient point dans la commission de-Gounenr, qu'entre les eminents avantages qu'on lui fait, on lui me aussy la faculté d'entrer, quand il lui plaist, dans les Con-

2 10 Le Magistral d'Amsterdam se justifie.

scils des villes, qui avec la Noblesse composent la Souverain* de la Province. Au reste qu'ils estoient persuades, que les Esta de Hollande ne trouveroient pas bon, que celui qui gouverne* la Province en leur nom, se donnait la liberté d'aller de ville * ville intimider les Magistrats, ninsy qu'Àcrtsbergue avoit fi à Dordrccht, pour tascher de renverser les resolutions dn 8ouv raiu, quand il ne les approuvèrent pas; que ce scroit une ota de mauvais exemple, et de très mes cb an te conséquence, et qi quand mesmes Ton auroit pu le reconnoistre, il failoit que tout les deputations fussent adressées aux Bourgucmaistres immédiat ment, afin qu'ils pussent juger de la proposition des Députés, c'est à eux à y répondre, ou bien à la faire examiner par Sénat en corps; que le Magistrat d'Amsterdam en avoit usé « la niesino manière en l'an 1639, et eu ce temps là les Estais i Hollande avoient approuvé leur procédé, comme ils avoient daq condamné tout le procédé des Estât 9 Généraux en cette reacoi tre; qu'ils l'avoient fait examiner par des Députés, qui avœei esté d'advis, que les Estats de Hollande le condamnassent, cornai une chose nouvelle et sans exemple, et qu'ils défendissent ac villes do la Province d'admettre cette sorte de deputations à M venir; qu'en la proposition nicsine il y avoit plusieurs tenM impertinents et contraires à la vérité; qu'il en failoit infonal les Provinces alliées, conserver et ménager la réputation i Prince, lui représenter Testât des affaires de la Province, et tai cher de s'accommoder avec lui pour celles de la guerre {ff)*

Les mesmes Députés de Hollande, dont cet escrit parle, avoîsj remarqué, qu'entre autres choses Aertsbergue avoit dit, que h Estats de Hollande avoient reformé et licentic une partie de len gens de guerre, sans la participation de leurs Alliés; mais qu n'estoit pas vray, veu qu'ils avoient employé plusieurs mois tascher de faire entrer les Alliés dans leurs sentimeuts sur sujet; que l'on ne pouvoit pas vérifier non plus, que ce fust i Conseil d'Estat à lever et à reformer et lieeutier les gêna guerre, puis que son instruction n'eu parle point, et que \ Provinces ne lui ont jamais cédé ce droit; qu'on leur fais tort, en leur reprochant d'avoir violé l'Union, quand ils ont toi retrancher le nombre de leurs gens de guerre, et que l'on y : teressoit la religion mal à propos, sans sujet, et à dessein deserier la conduite et les sentiments îles Magistrats auprès <

(JT) Pièce justificative n. XIX.

Opinion des Etats de Hollande sur la députât ion. 241

peuples. Us alleguoient, ainsy que les Estats de Hollando firent depus en leur lettre circulaire, l'exemple des Estats d'Utrccht, qsi au plus fort de la guerre avoient refusé de contribuer à la «biûtancc des vaisseaux gardecostes, bien qu'en effect ils fassent partie des forces maritimes de l'Estat; et celui de Frise, qui eonmiuoit de refuser de contribuer aux subsides, dont les autres Pronnces secourent de temps en temps la Compagnie des Indes Occidentales. Ils disoient, que si les autres Alliés estoient assés epaknts, pour faire subsister un plus grand nombre de gens de pore, que celui que les Estats de Hollande jugeoient pouvoir entretenir de leur revenu, il falloit faire un nouveau rcgalement entre les Provinces, décharger la Hollande, et charger celles qui ont de l'argent de reste (gg)>

Ceux qui jugeoient de cette depuiation sans passion disoient, qie ceux qui l'avoieut conseillée, dévoient avoir considéré, que les Estats Généraux ne pouvoient envoyer leurs Députés qu'à la farinée de Hollande, leur Alliée, non aux villes, qui ne font pu partie de l'alliance, mais sont seulement membres d'une Proie* alliée, parce que les villes estant sujettes aux Estats des farinées, qui sont proprement ce que l'on appelle le Souverain, 3 suabloit que leur intention fust de les faire souslever contre ta) supérieurs, en s'adressant aux sujets au préjudice des Estats. Os l'estoient assemblés sur le premier advis, qu'ils avoient eu le h députât ion, et ils l'estoient encore lors que les Députés firent leur rapport. Deux jours après les Estats Généraux envoyèrent le mesme Aertsberguc, et quelques autres Députés à kw Assemblée, les prier de consentir avec les autres Provinces • lt subsistance des gens de guerre, suivant les sentiments du hinec et l'advis du Conseil d'Estat, et cependant de continuer fe payer les compagnies, qu'ils avoient licentiées. Mais les esprits •trient trop ulcérés, et une certaine fatalité les entraisnoit insensiblement à des extrémités inévitables (kit).

H y avoit des prédicateurs, qui par leurs serinons séditieux açrissoicnt le mal, et qui en accusant les Estats de Hollande d'ingratitude envers ceux, qui avoient hasardé leur vie pour le •finrice de l'Estat, toschoient de donner au peuple une tres-mesebante impression de la sincérité des intentions de leurs Souvc-

(y#) Pièce justificative n. XX.

(AÀ) Késolution dos Etats Griu'r. du 29 •luin 1050.

212 Démarche de» Etat* de Hollande pour accomoder les diuenntms.

rains, et en dcscrioicnt la conduite publiquement (a). Les Estel en firent parler à celui qui l'a voit fait avec le plus dlmpt dence ; mais il ne s'en corrigea point, jusques à ce qu'ils 11 fissent voir quelque temps après, qu'ils en avoient le moyen i qu'ils lui en fissent sentir l'cffcct.

Le 12 Juillet les Estats de Hollande firent représenter psx de Députés au Prince d'Orange, qu'à leur ad vis il ne serait pt fort difficile d'ajuster le différent, si on licentioit cent et cm compagnies d'Infanterie, dont les officiers ser oient payés de] moitié* do leurs appointements; puis que par ce moyen PEiti

(iï) .Résolution des Etats de Hollande du 29 Mai 1650. ,Endeibo by eenige Ledeu op de voorsz. occasie mentie was ghemaeckt, dit èa Fredikant Stermont op buydcn morgen in syne Predicatie kastif termen hadde gebruyekt, tegen de gene die het bloedige Sweet end manbaftige arbeyt (soo de woorden vielen) met ondanckbaerheydt wOda betalen, denoteerende, soo gcoordeelt wrrdt, daer mede h. Ed. Gr.Mofc .... Is goedtgevonden, dat den opgemelten Predikant Stermont fcj den Raedt-Pensionnaris uyt den naem van baer Ed. Gr. Mog. tôt tpn Huyse sal werden ontboden, ende den selven aldaer aengeseydt, dit •00danighe manière van Prcdicken b. Ed. Gr. Mog. ganUch qttalijtkùh tallende, als gaende buytcn de Limiten van sijn professie, ends tri geen anderen cynde konnende strecken, als de Gemeente een «jnri vooroordccl teghen de Regcringb vann.Ed.Gr.Mog.intedrucken,Net0> [Voir aussi van Aitzema (Uerstelde Leeu, p. 14): #De Prêtait M or us in de Franscbc Kerck, S terre mont in (de) Klooster Kent, preeckten op Pinxtcren cxpressclijok op die materie: **Dat men(dft* tiignercndc die van Uollant) de Unie wilde breecken; dat men wikk sorgeloos worden en als gcbccl uyt de gedacbtcn stellen de oudetari der Spaensche; dat m en oiidanckbucrbcyt vildc plegcn tegena et Militie; dat mon weynich aciisacb de meriten ende diensten die 8jf* Iloogheyt en der selver Voorgaugers, Vader, Oom ende Groot-Vtfa badde gedacu."" Piergelijckc disooursscn ende propoosten wierdenflfr der de Gciucente oo«k ghestroyt, daer by doende, ¥ «dat eenige Hecna van Uollant bcymelijcke communient ic met den Spaensche Ambu*deur bielden; dat de&elvc Ambassadeur onlangs groote somme tM penningen by nacht in sijn buys badde onlfangen, ende onder «j* Crcaturcn bier uytgedeelt:"" Item, „ , dat men in den voorgaende Â* vos hadde onder dexsel van ftcligie 't Landt willeu brengen in twirt onrust, ende cyndlijr-k weder onder Spaengicn; en dat men nu dflgslijcxs tracbtede onder dexjscl van de Militie; dat de Praedicantci ende aile y venge Gereformeerde in dose gelegentbcyt beboorden op t* waken ende te bedeneken dat aile andere wel liebt baer accoort WÙ Spangicii soudeii niaken, macr dat tussen de Praedicanten euSpangto geen versoeninge te hoopen was.""j

Démarche des Etais de Hollande pour accomoder les dissensions, 243

payerait cinq cens cinquante hommes plus qu'il n'aurait payé, si li proposition, que le Prince avoit faite le 8 Décembre 1648, cust atf agréée; que si les Députes des autres Provinces faisoient difficulté d'y consentir, sans Tordre exprés de leurs committents, Ton pourrait cependant licentier, par provision, celles que leurs supérieurs vouloient bien qu'on licentiast; que Ton continuerait d'entretenir une compagnie de Cavalleric de cent cinquante mais- 1res, trois compagnies de cent, trentehuit de soixante maistres, d une de cinquante carabins, et que Ton en licentier oit vingt û, dont les officiers seraient payes de la moitié de leurs gages, et que par ce moyen l'Estat entretiendroit encore deux mille huit ec&s quatre vingts quatre chevaux, c'est à dire quarante quatre cteuux plus, que le Prince faisoit subsister par sa proposition dont nous venons de parler; mais si les autres Provinces ne pou- Toient pas agréer cette ouverture, qu'ils insisteroient à ce que le Keentiement se fist par le Conseil d'Estat, sur le pied de leurs molntions. Toutefois comme toutes les villes n'estoient pas d'accord entre elles. Ton s'advisa d'un tempérament, que l'on jugeoit le devoir pas estre désagréable aux autres Provinces. L'on contentât à ce que l'on ne licentiast présentement que cinquante oaq compagnies d'Infanterie, et que celles qui subsisteraient sciaient réduites à soixante hommes; pareillement qu'on licentic- «ît vingt compagnies de Cavallcrie et que les autres ne seroient qte de cinquante maistres, à la reserve de celles du Prince et fa Gouverneur de Frise; que le Prince et le Conseil d 'Pistât faroient cette cassation; que l'on conserverait au Mareschal de Gunp ses appointements, aux Capitaines de Cavalleric mille, et à ceux d'Infanterie sept cens livres par an, et que le Prince pourrait remplir les charges vacantes des Compagnies, qui côtoient à a disposition. La Hollande croyoit avoir donne à leurs Alliés, fsr cett'offre, la satisfaction qu'ils pouvoient désirer, en acquiesçât, par provision, à ce que les Provinces a voient résolu sur ce «jet, et que d'ailleurs elle ne perdoit pas le respect pour le Rince, et ne se resseutoit point de ce qui sVstoit passé eu la Réputation (1). Mais le Prince se plaignoit des affronts, qu'il

(1) Comme nous avons vu, dan> la piî-cc justificative n. „\\, le* Etais de Hollande blâmèrent la députât ion des Ktats Généraux auprt* toi villes de Hollande. Néanmoins ils résolurent d'entrer en confétace avec le Prince d'Orange sur les moyens d'accommoder le» dissions. 1*. Prince stipula avant loul qu'on rétractât le blâme jeté sur

241 Le Prince et let Etait de IloUande.

disoit y avoir receus, et particulièrement de ce que les Estais de Hollande partaient de la deputation, dont il avoit esté le ebe£ en des termes, qui ne lui pouvoient pas plaire; tellement qie uicslant son ressentiment avec l'interest, qui l'avoit fiait parler jusques alors contre les resolutions des Estats de Hollande, an lieu d'agréer leurs offres, il se rendit le 15 Juillet en personne, avec le Conseil d'Estat, dans l'Assemblée des Estats Généraux, où Ton fît instance, à ce qu'avant toutes choses on obligeast la- Hollande à continuer le payement des compagnies qu'elle avoit liccnticcs. Ils y adjousterent, que pour donner quelque satisfaction à la Hollande, en la considération de Testât de ses finances, l'on pourroit licentier seize cornettes de Cavallerie, et que des cinquante deux compagnies de Cavallerie et une de carabins, que l'on continuerait d'entretenir, les dix Colonelles seraient de soixante maistres, et les autres de cinquante, à la reserve des trois compagnies du Prince, et de celle du Comte Maurice de Nassau, Lieutenant General de la Cavallerie, dont la première seroit de cent cinquante, et les trois autres de cent maistres chacune ; que l'on convertiroit les cuirassiers en arquebusiers; qu'on licenticroit cinquante cinq compagnies d'Infanterie de cinquante hommes, et que de chacune des deux cens et une compagnie, qui estoient de soixante dix hommes, l'on reformeroit rin^ hommes; que par ce moyen l'on ne feroit subsister que quatre cens quinze compagnies, qui ne feroient que vingt six mille trois cens quinze hommes; encore que lors de la trêve, pendant la-»

la deputation, dont il avait été le chef (Voir les Résolutions des Etats de Hollande du 5, 0, 7 et 8 Juillet 1630). Cette rétractation n'a pas eu lieu directement. On entra définitivement en conférence avec le Prince le 12 Juillet. Nous donnons à l'exemple de M. de Wicquefort dans nos pièces justificatives le procès-verbal de cette conférence, qu'on trouve insérée dans la Résolution du 16 Juillet (Voir la pièce justificative n. XXI). Par suite de cette conférence les Etats de Hollande donnèrent un avis conciliateur, qui fut vivement débattu le 29» 2S,' 24, 27 et 29 Juillet, mais sans qu'on pût tomber d'accord. Ce lot principalement l'ordre des Nobles, qui s'opposa à toute autre réduction de l'armée, hormis celle, qui avait été proposée auparavant par le Prince. Pendant ces débats le Prince et le Conseil d'Etat avaient le 15 Jufl» let fait aux Etats Généraux une proposition, qui différait de nouveau de l'avis conciliateur des Etats de Hollande, mais l'affaire resta nn décisc et le Prince las de tous ces débats infructueux coupa le noeud gordien en faisant arrêter les six membres des Etats de Hollande.

246 Lettre des Etats de Hollande aux Province*.

qu'elle n'estoit pas fort éloignée de celle que Ton avoit faite c rassemblée des Estats de Hollande, pour tascher de régler IV des gens de guerre du consentement unanime de tous les liés (1). Les villes travaillèrent inutilement à la ramener à ', advis, et firent encore d'autres ouvertures, mais ne les pou1 pas faire agréer, particulièrement aux Estats Généraux» i d'Hollande escrivirent une lettre circulaire aux six Provinoei leur représentèrent, qu'ils n'estoient pas en peine de justifie zele, qu'ils avoient eu de tout temps pour la conservation l'Estat, de la Religion et de la Liberté; qu'ils n'en a?o donné que trop de preuves, et particulièrement en ce qu'ils avo bien voulu souffrir, qu'au préjudice du 5 article de l'Union, porte bien expressément, que les droits seront imposés et h sur les denrées et sur les marchandises, dont il y est parié, toutes les Provinces sur un mesme pied également, les habiti de leur Province ayant esté tellement chargés, qu'elle eontri seule incomparablement plus que toutes les autres Provinces semble; que non contents de cela, ils avoient avancé des si mes fort considérables pour le compte des autres Provinces pour le service de l'Estat; que ces avances ayant jette k finances dans un dernier desordre, en sorte que se trouvant <

(1) Résolution des Etats de Hollande du 29 Juillet 1650. » Hcercn Edeleu, ingcvolgc van de Resolutie op gisteren genoo* hebben vcrklaaring gedaan op heden, présent Sijne Hoogh., in sois» délibérât ic te hebben genomen het bcwustc conciliatoir advis, ea liet ernste te hebben jrelct hoc met ccnparigheid van de audere P vincien het grootc werk, roerende bet verniiuderen van de Iffl Menace en hetgeenc daaromtrent is, hest te effecte soude moogea w den gebragt, hebben geoordcelt en oordeelen alsnog, daartoe geea bs* of bequaamer middel of weg le weesen als dat de jongste vooo] bij den Raad van Staate dicnthalve gedaan, werd vastgesteld ea ( converteert in cen Resolutie van h. Ed. Gr. Mog. versoelcende ■ dien ernst clijkcn, dat de Lecdcn, dowelke nu ten einde gekomea «i de, en dcsclvc gaaudc na harc respective Principaalen, deselvedaiH met ernst mogfcn disponcercn, en also de ménage voor den8taatn alleen dient te worden gevonden uit de militie, of vemiinderings ' deselve, maar ook bij anderc wcegen, dat daarom de Leeden met si ernst haar dienen te evertuccren, en dienvolgende af te schaffen i frauden, sluikerijen en quaade gangen, die tôt nadeel van des* werden gepractiscert , on in tosrendeel van dien aantenemen en het werk te stellen de middelen die tôt het opgemelde redres weT voorgcslaagen," etc.

Letin de» Etat* de Hollande aux Province*. 247

fièrement épuisées, ils avoient esté contraints, par une nécessite externe, de se serrir de l'occasion de la paix, pour, en arrestant J'efiuzon du sang, que la guerre a voit fait épandre, ménager aussy leur bourse et leur revenu; qu'ils ne s'y estoient pas si fort appliqués, qu'ils n'eussent songé en mesme temps à la conservation de l'Estat, et à la seureté de ses frontières; que l'on ne ponroit pas empescher la ruine de l'un et la perte des autres, ci temps de paix, aussy bien que pendant la guerre, si l'on ne ffiminuoit la dépense excessive, à la continuation de laquelle le nvniu du païs ne pouvoit pas suffire; qu'ils n 'avoient pas tellement pressé le licentiement et la reforme des gens de guerre, qa'en faisant l'un et l'autre sur le pied de leur dernière proposition, l'Estat n'entretinst encore deux mille sept cens chevaux, et vingt six mille hommes de pied; qu'ils avoient eu sujet d'espenr, que les Députés des autres Provinces y auroient acquiescé, et qu'ils se seroient rendus à la raison, qui estoit devenue palpable, quand on leur a fait voir, qu'en faisant subsister plus de toUsts et d'officiers que l'on ne peut payer, Ton affoiblit et ruine ki forces de l'Estat. Mais que les mesmes Députés, bien loin de i'escouter, n'avoient pas seulement voulu consentir à ce que, pw provision, on licentiast les compagnies, à la cassation desquelles les Estats des Provinces, et le Conseil d'Estat avoient Im» voulu consentir, en attendant qu'on les pust disposer à s'accommoder aux sentiments de la Hollande; que ce refus les «toit obligés à songer aux interests de leur Province, et à faire «Wire aux officiers de quelques unes des compagnies, qui sont wmgnèes sur leurs bureaux, qu'on ne les payeroit plus ; que dans l'Assemblée des Estats Généraux il y avoit des Députés, qui **weot bien voulu soustenir, qu'une Province particulière ne se Pttroit pas donner cette liberté, par ce qu'en discontinuant de P«yer elle licentioit indirectement les troupes, et violoit l'Union ; ÎW les mesmes députés y adjoustoient, que ç'avoit autrefois esté k sentiment des Estats de Hollande, et qu'en effect tous les Al- «iss, qui avoient donné au Prince le commandement en chef de **rs troupes, lui avoient aussy donné et au Conseil d'Estat, la faculté d'en lever, et de les liccnticr. Mais qu'ils esperoient, que fc» Estats des Provinces n'en feroient pas le mesme jugement, que leurs Députés en avoient fait, puis qu'elles ont toutes con- *rré avec la Souveraineté la liberté de consentir ou de ne eon- •^tir point à des levées de deniers, sans lesquels il ne se fait point de levée de gens de guerre; et mesmes que ce n'est pas ny

245 Lettre tic* Etait de Hollande aux Procures.

au Prince ny au Conseil d'Estat à disposer des gens de pour en lever ou pour les congédier, sans le consentement Provinces; qu'elles permettent bien au Conseil de recevoir Lfl serment de fidélité des officiers, mais qu'il ne le reçoit qa'sjsv nom de l1 Estât et des Provinces, et que ce pouvoir n'est qu^precaire, puis que mesme dans les monarchies les officiers le four -s entre les mains de ceux, que le Souverain à establis pour cela que si les Estats de Hollande ou leurs Députés, avoient autrefois cmpcschc une seule Province de licentier une partie des» troupes qu'elle payoit, ce n'a voit este, que parce qu'elle le faisoir^ ;iu préjudice d'un consentement précèdent, qui lui estant commues avec les autres Provinces, l'obligcoit aussy à l'exécuter, ou paress* qu'elle les vouloit licentier sans la participation des Alliés; qutmi l'on ne pouvoit pas empescher la Province de Hollande de jouirpendant la paix, de la mesinc liberté, qu'elle avoit si pretieuse — ment conservée pendant la guerre, et laqucllo ses premiers Frisées mesnies ne lui avoient pas enviée; que la resolution, qu'ellev avoit prise sur ce sujet, estoit d'autant plus avantageuse à l'Es— tat, qu'elle reparoit la bresche, que la guerre avoit faite aux finances, dont la bonne administration lui donneroit une réputations d'autant plus grande, qu'en payant punctucllcment les gens des guerre, il scroit asscuré d'en avoir tousjours de bien disciplines 9 au lieu que si l'on prête n doit entretenir plus de soldats que l'on* ne peut payer, ou ils déserteraient, faute de pouvoir subsister, 0*. ils se jetteroient dans une licence, capable de perdre PEstat; qu'ils n 'avoient rien fait, qu'ils n'eussent auparavant communiqré à leurs Allies, et à quoy ils n'eussent esté portés par une dernière nécessité, afin de prévenir leur ruine, qui sans cela estoit inévitable, et afin de demeurer en estât de se pouvoir acquitter de es qu'ils dévoient à l'Union, à laquelle ils protestoient vouloir de* incurcr attachés inséparablement (//).

La vérité est, que tout le différent entre les Estats de Hollande d'un costé, et le Prince avec le Conseil d'Estat, et les Députés des six Provinces de l'autre, n'estoit pas de si grande importance, qu'on ne leust pu ajuster sans peine, si la contestation opiniastrée de part et d autre n'eust rendu les esprits presque irréconciliables. Les uns vouloient qu'on licentiast vingt cornettes de Cavalleric, et que Ton reduisist les compagnies d'in-

(11) Pièce justificative n. XXII.

Opinkm de M. de Wicqvefort sur le différend. 249

qui estaient do soixantedix hommes,' à soixante, et celle* de soixante à cinquante, et les autres ne vouloient consentir qiî la cassation de seize cornettes de Cavalleric, et que de deux oeaj et une compagnie d'Infanterie Ton reformast cinq hommes de chacune. De sorte que le Prince faisant subsister trois mille cieraux et vingt six mille trois cens quinze fantassins, et la Hollande deux mille sept cens chevaux, et un peu moins de ▼iagt six mille hommes de pied, le différent ne meritoit pas que l\m en parlast, et neantmoins il servit de prétexte à un scandale, que le temps n'a pas encore pu guérir, et dont la postérité eoaserrera sans doute la mémoire, avec plus d'opiniastreté* qu'il ne faudrait pour le repos de la Province. Le Prince desiroit encore, que Ton donnast une pension de douze cens livres aux Capitaines de Gavallerie reformés, et une de mille à ceux d'Infanterie, en les obligeant de servir l'£stat, quand il en auroit besoin. La Hollande ne vouloit donner que mille livres aux uns et sept cens aux autres, en les dispensant de servir, parce qu'elle jugeât leur service inutile en temps de paix, et ne vouloit rien donner aux officiers subalternes. Le Prince vouloit que Ton contiuast de payer la moitié des utensiles; que les appointements fa Gouverneurs do Boisleduc, de Mastricht, de Breda et de lltdnse fussent réglés à deux cens cinquante livres par mois, cent de Wesel, de Bergues-op-Zoom et de Hulst à deux cens faits, et ceux du Gouverneur de Willemstadt, qui comprend w*y le Clundcrt, à cinquante livres par mois; et ce à l'égard ta présents, et à vingt six livres par mois pour les absents, et qtfà mesure que les Colonels de Cavalleric viendroient à mourir, l'on reduisist le nombre à six, celui des Majors de Cavallerie *w le mesme pied, à cinquante livres par mois, et ceux d'Infanterie à cinquante deux. Les Estât 9 de Hollande insistoient au contraire à ce que Ton ne payast plus les utensiles, et à ce que toit le reste fust réglé sur le pied, que le Prince mesme avoit pris an mois de Décembre 1648, et il n'y eut pas moyen de les frire rapprocher davantage. Et bien que l'on ne puisse pas nier, qu'il y avoit pour le moins autant de fermeté d'un costé que de l'autre, on ne laissoit pas d'accuser ceux de Hollande qui tcnoignoient d'en avoir le plus, de vouloir deschirer l'Union et diviier et dissiper l'Estat. Les Estats de Hollande s'en justifièrent par la lettre, dont nous venons de parler; mais devant qu'ils pussent sçavoir l'cffcct qu'elle produirait dans les Provinces, Je Prince décida le difl'erent d'une manière d'autant plus surpre-

350 Arrestation des six membres des Etait de Hollande.

nante, qu'à la réserve de ceux à qui il avoit communiqué s* dessein, et qui y avoient trempé, il n'y avoit personne, qui crust capable d'une action de cette force, à laquelle il ne te s roit, sans doute, jamais porté de son mouvement, et tant la vil lcnce que firent sur son bon naturel les mauvais conaeib à quelques estrangers et Uollandois dénaturés, qui y croymw trouver leur avantage particulier. Ce fut que le Samedy U Juillet il fit arrester les Députés de quelques villes de Holhséi et faillit de surprendre la ville d'Amsterdam, par les troupe* qu'il avoit tirées des garnisons de plusieurs Provinces, et «ta places immédiatement sujettes à l'Estat (1).

(1) Quatre semaines après l'arrestation des six membres des Sorti de Hollande, le 2 Septembre, le Prince manda auprès do M If Comte d'Estrades qui était à Duukerque : *La confaof (lui écrit-il) que j'ai en vôtre amitié et en celle que vous msl pour feu mon Père me fait espérer que vous ne me refusere* psi ï prière que je vous fais, de venir me trouver à la. Haye au fHhfl ayant à vous communiquer des affaires très importantes qui M ■* gardent." Cette lettre lui fut portée par une personne de coaim* Mazarin à qui d'Estrades demanda des instructions, le pris si tâcher de disposer le Prince à rompre de nouveau avec l'Espsg* (Voir, Lettres, mémoires et négociations du Comte d'Estrades,» Londres, Tômo I, pag. 99, 100). Bas nage raconte que le RflsM Brasset l'animait de son côté à la guerre et Mazarin taaaai combien le prince était sensible h la flatterie, lui écrivit pour li ft liciter de la gloire qu'il s'était acquise en résistant aux Etsti 4 Hollande et à la ville d'Amsterdam, et pour l'exhorter à soutenir J si beaux commencements puisque son autorité en dépendait; qu'As* rait impossible de faire monter sur le trône le roi d'Angleterre A n'obligeait l'Espagne à faire la paix et que le véritable moyen de f\ obliger était de faire déclarer la République contre elle. (Voir 1 conseil que Brasset donne au Cardinal au sujet d'une pswP1 lettre, dans les Archives de la Maison (F Orange, T. IV. p. 395). 0 trouve dans le même volume des Lettres, mémoires et négociations à d'Estrades, où nous avons puisé les lettres du Prince etlarépfltf du Cardinal à d'Estrades, un projet de traité entre le W* d'Orange et M. d'Estrades, daté du 20 Octobre, que nous d* nons dans nos pièces justificatives n. XXIII. Cette négociation *** pour but de briser avec l'Espagne et de seconder les efforts de Cas' les 11 pour reconquérir le trône d'Angleterre. Plusieurs écriflifl entr'autres Wagenaar, ont mis en doute l'authenticité ds fl pièces, mais d'autres et parmi eux les professeurs H. W. Tydem* à Leidc et G. W. Vreede à Utrccht les ont toujours recos» comme authentiques. (Voir les Annotations et Additions {Ophelderimgtni

»VU UUU« M* WVUTVIMUblV

tat. Witte estant arrivé dans le pais, alla Toir le Prince, Admirai en chef, poor lui rendre compte de sa conduite, ace, après avoir pris l'advis de quelques Députés des Généraux, ses confidents, le fit arrester et emmener à erie, où il estoit logé, et sur le soir il le fit conduire à n ordinaire, pendant que les Estais Généraux avoient fait ar ceux de l'Admirauté d'Amsterdam, quelques capitaines uadre de Witte. Les Estats Généraux leur donnèrent a, tirés de tous les collèges de l'Admirauté, et les Estats ande s'en plaignirent, comme d'un attentat à leur Sou- 6 et comme d'une violence faite au territoire de leur s, où les Estats Généraux n'ont point de jurisdiction, droit d'emprisonner fait une partie. Ils le firent reprein Prince d'Orange, mais ils n'en eurent point de saa. Le Magistrat d'Amsterdam, jaloux de son autorité, ant pas souffrir, que l'Admirauté Fusurpast dans sa ville, mimer de lui remettre les prisonniers, et sur le premier l'elle en fit, les serrures de sa prison furent forcées et mniers mis en liberté. Les Estats Généraux scandalisés rocedé, en escrivirent à ceux de Hollande. Us se fertile la possession, en laquelle ils estoient, et se servoient eurs exemples, pour faire voir, qu'ils n'avoient rien fait tuet dans l'ordre et dans les formes. Ils représentèrent, i avoient usé de la mesme manière en l'an 1625, à

em) du Professeur IL W. Tydeman sur l'Histoire par M. lijk {QetckiedenU det Faderlands), T. IX. p. 252, et l'ouvrage rreede, Inleiding tôt eene geschiedenù der Nederlandsche Di- T. L d. 213). Les documents trouvés dans les Archives de la

959 EMpri*on*em*i de ? Amiral Witte Cornelist. de WiiU.

l'égard des soldats, qui avoient rendu la Bahia de Todoi -* Santos; qu'on ne leur avoit pas contesté ce pouvoir lors qo% Tan 1633 ils firent arrester les capitaines de la Flotte de l'A* mirai Pater, et quelques autres encore en 1635 et 1639; d sorte qu'il falloit croire, que l'Âdmirauté d'Amsterdam n'aral fait que ce qui s'estoit pratiqué auparavant, depuis plus de tm quante ans, et ce du consentement de toutes les Provinces. Ont qui justifioient le procédé des Estats Généraux, disoient, qiï falloit les considérer comme Souverains dans les pais assocftrt conquis, qui comprennent aussy les Indes et le Brésil; que MB qui sont à leur serment sont aussy sujets à leur jurisdiete} particulièrement à l'égard de leur commission, sur tout si k crime se commet dans un lieu, où ils ont une Cour de Jutinj comme ils avoient au Brésil ; que celui qui est employé par fat Estats Généraux dans une commission hors du pais est oMjgs* d'en rendre compte à eux, et est responsable à eux de sel a* tions, jusques à ce qu'il en ait esté déchargé; et enfin que m* cela il y auroit dans une mesme cause plusieurs Tribunaux * plusieurs Sentences, bien souvent différentes et contraires. L* Estats de Hollande répondirent, que les Estats Généraux n'ij«fc point do juris diction dans les Provinces qui composent l'UmMi ils n'y pouvoient pas usurper le droit d'emprisonner qui oe sflifc sans la permission du Souverain, ou du juge qui le repromttf que la mesme Uniou, qui conserve aux Provinces leur Sont* raineté et leur jurisdiction, conserve aussy aux habitants IflOT privilèges, et entr'autres celui de ne pouvoir estre jugés que p** leurs juges naturels et compétents, et que ceux de Hollande oit de tout temps eu celui de non evocando* non pas mesmes ptf devant le Prince du pais; que tout ce que les Estats GeasnH peuvent prétendre, c'est la judicaturc dos gens de guerre, poS? des crimes commis au fuit de leur cmploy, et ce par prévenue* seulement ; qu'ils le reconnoissent bien, puis qu'ils ne font poûfr faire de capture; que les Portugais avoient pris tout le BrflA1 de sorte que les Estats Généraux n'avoient plus de jurisdictiPj au lieu, où le prétendu crime avoit esté commis; que les Estrf* mesmes, Souverains d'une Province, ne pouvoient pas estre jng* de leurs sujets, ny leur donner des juges délégués; mais qall* estoient obligés de les renvoyer à la Justice ordinaire; que * quelquefois il en avoit esté usé autrement, ç 'avoit esté du cou* sentement des Estats de la Province, ou de leurs Députés; q*' ceux-cy y avoient consenty, ou de Tordre de leurs committent-

ramener de Witie à son hostelleric et de le mettre mains de ses juges naturels, et parce que le Prince en Ité, ils résolurent de le faire tirer de la prison par le • General, et de le renvoyer à l'Admirante de Botterbien que le Prince, pour ne recevoir point cet affront, ; Fiscal et le fit ramener à son hostellerie (mm), sentiment que le Prince en témoigna, aussy bien que de on des Estât» de Hollande à ses volontés, touchant la les gens de guerre, eut des suites si grandes, si fôchcuimportantes, qu'elles nous obligent à en reserver le rcle livre suivant; afin de ne pas trop enfler ccluicy, ou Lerons de quelques autres affaires, arrivées dans le voisinais pendant cette grande contestation.

les raisons, avec lesquelles le Prince combatoit celles îstats de Hollande employoient, pour appuyer la nécessité ce de leurs finances, il se servoit souvent de la mauvaise les Anglois, qui après avoir fait mourir leur Roy sur un t, estoient capables de toutes les dernières extrémités. lieres nouvelles de cette sanglante exécution furent apin Prince d'Orange, qui en fit faire part au Prince de son bcaufrere, par un de ces aumosniers, et les porta e à la Princesse Royale, sa femme. L'intention de ceux osoîent le Parlement, c'est à dire la lie de ces Députés, ni esté convoqués par une autorité légitime, estant de la Boiauté en la personne du Roy, ils avoient fait puis la ville de Londres, dés le lendemain de l'exécution, avoit esté faite le dernier jour de Janvier 1649, que n'enst à proclamer, ou à reconnoistre le Prince de en la qualité de Roy d'Angleterre, sans le consentement

254 Affairée S Angleterre.

du peuple, et supprima en suite par un acte particulier et nel, la dignité Royale mesme. C'est pourquoy les Estât» Gai raux, qui en cette conjoncture ne se pou voient pas dispenser faire faire civilité au Prince, légitime successeur du deftnet, qui avoit desja pris la qualité de Boy de la Grand' Bretagne, < trouvoient d'autant plus embarrassés, qu'ils ne le pouvoieatpi saluer en cette qualité, sans condamner l'action du Parla— Le Prince d'Orange, gendre du Boy defunct, et Jet DefBfci des Provinces, qui n'estoient point intéressées au commerce,* toient d'advis, qu'en lui faisant compliment sur cette funeriem contre, on lui en fist aussy un sur son advenement à la Gosra d'Angleterre; mais ceux de Hollande et de Zeelande, qui m4 pouvoient pas passer du commerce d'Angleterre, craignant dM ter des gens, qui venoient de faire voir, qu'après avoir mit soi rir leur Souverain par la main d'un bourreau, ils ne roient pas beaucoup leurs voisins, vouloient que l'on dans les termes d'un compliment propre pour son affliction. (l)k Estats Généraux le firent en corps, et les Estats de HoDaadfcl firent faire par deux Députés de l'ordre de la Noblesse, 44 chacune des villes, suivis du Conseiller Pensionaire et d« 8$0 taire; les uns et les autres en manteaux longs. Ceux qaiftf toient la parole, lui donnèrent la qualité de Boy, et letrattftM de Majesté; parce qu'encore que le Parlement d'Angleterre- 1W exclus de la succession, et qu'il eust aboly et supprimé la digrif Royale, celui d'Escosse ne s'en estoit pas encore expliqué, et Ta ne croyoit pas qu'il fust dans les mesmes sentiments (wt).

Les Pasteurs ou Ministres de l'Eglise de la Haye se donnera la liberté de lui faire un compliment en leur particulier, afin qp secust, qu'en ces Pais ceux de leur robbe a voient pour le» Bl et pour les Princes des sentiments aussy respectueux, que 09 des Pasteurs d'Angleterre, où les sermons séditieux de quelqi uns avoient fort contribué à la mort du feu Boy, estoient in) mains et détestables. Leur discours estoit rcmply de termes** exprimoient l'horreur qu'ils avoient de cette cruelle executû

(»*) Résolution des Etats de Hollande du 22 et 25 Fevr. 1648

(1) Voir page 1G0.

latterie, que la pluspart des Pasteurs ne se peuvent pas emr de mesler avec ce qu'il y a de plus sacré dans la liturgie, nt nne comparaison entre le Boy defunct ctSLEstienne, r martir de l'Eglise, comme s'il cust souffert pour la pro-

de la religion Chrestienne, et mirent mesmes sa mort en le avec les souffrances de Jésus Christ. Les Estats de de se trouvèrent extrêmement offensés de ce procodé, tant que ce compliment affecté n'estoit proprement qu'une honwssesse, qu'ils rendoient aux Parents et aux Alliés des deux [ne parce que ce discours pouvoit donner aux Ânglois une sellante impression des sentiments de tout l'Estat ; mais printent parce que les Estats de Hollande jugeoient, que les ra, qui hors de l'enceinte de leur chaire ne peuvent pas istingués de leurs autres sujets, ne dévoient pas former un lans le corps de l'Estat, ny se produire à des Rois et des i estrangers, sans la permission du Souverain, qui doit art à toutes les délibérations des consistoires (00). Les 1 voulurent faire croire, que ce n'avoit esté qu'un office .solation, auquel ils avoient esté obligés par le devoir de large; mais comme Ton connoissoit leur intention, on ne pas recevoir leur excuse, et en les censurant avec sévérité • imprudence, on leur défendit de publier leur harangue, er de ces affaires en chaire, et d'entretenir correspondance çleterre. L'on n'a pas laissé de voir leur harangue impriitis on les a empeschés de faire un corps particulier dans » de l'Estat, et de paroistre en cette qualité devant les

estrangers.

loy defunct estoit oncle d'alliance de celui de France, beaulu Boy d'Espagne et cousin germain de celui de Danne-

pf nMnfmnino n«e nr» /1a ooe "P/aio nn flf /lira lin QAllI mflf

256 Affairée iTAngkterrt.

de civilité ou de consolation à son fils. La France, qui ave autrefois fait de si grands devoirs, pour sauver la vie & la Bon d'Escossc, bisayeule du Roy d'Angleterre d'à présent, quoj qai convincûc d'avoir attenté à la vie et à l'Estat de la Souveraine, qui lui faisoit faire son procès, n'a voit pas fait faire le moindn office pour le defunct et ne fit rien pour son successeur. Corvitz Ulcfcldt, qui es toit à la Haye de la part du Roy k Dannemarc, pour les affaires, dont nous aurons occasion de peler cy après, rencontrant un jour le lioy à la Cour de la Bflbs de Bo li crac, sa tante, cust l'incivilité de lui faire un compilant en passant ; mais il ne lui parla point du tout de Testât des affaires d'Angleterre, ny de l'inclination du Boy, son maistre,à contribuer ses forces à son rcatnblissement. Il n'y eut qift Christine, Heine de Suéde, qui par le principe d'une hm$ gencrosité, dont toutes les actions de son règne n'ont edè* qu'une suite continuelle, qui lui escrivit une lettre fort obligeante. Elle y condamnoit et detestoit l'action des mesmes Al* glois, dont elle envoya quelque temps après rechercher l'amitié* par un mouvement bien contraire à celui qui l'avoit fait pute, en sa lettre. Aussy n'en pouvoit on espérer qu'un complimofc sans suite et sans effect; puis que les moyens lui manquakA aussy bien que la volonté, dans la plus estrange profusion «4 dissipation du domaine et du revenu de la Couronne, dont 1*9 ait jamais oui parler.

Claude Saulmaise, très sçavant critique, et Professe» honnorairc en l'Université de Leide, entreprit, moyennant s* bonne recompense, de défendre la conduite, la mémoire et kl droits du Roy defunct, contre l'injustice et l'attentat du pretaA Parlement ; mais comme ce n'estoit pas une matière d'escok, •• lieu de satisfaire à ce que Ton attendoit d'un personnage, S* avoit acquis une si vaste réputation dans le monde lettré, eflfl qui en parloient avec le plus de modération et d'avantage po* lui, disoient, qu'il avoit employé une quantité de fort belles p* rôles, et plusieurs raisons foibles et mauvaises, pour patrocùiC une bonne cause. Les Ministres du Parlement s'en plaignirent et l'on en défendit la vente. Le livre, qui parut quelque tenu; après pour la défense du peuple d'Angleterre, contre les mai mes posées par Saulmaise, fut trouvé sans comparaison pi fort, et fut reccu avec plus d'approbation, mesme par ceux q condamnaient relies des Anglois et (pli jugooient les pcupl

Affaire* d'Angleterre. 257

lin plu* heureux sous un Monarque que dans une Republique initocratique, ou bien dans un Estât populaire (1). Il y aroit des Députes dans l'Assemblée des Estats Généraux, li eitoient d'advis, que Ton fist revenir ici deux Ambassadeurs, s «toient de la part de l'Estat en Angleterre, mais ceux de oJknde et de Zeelande jugeoient, qu'il suflisoit de révoquer iftnordinaire; tant parce que le Sieur de Heemstcde n'y ut esté envoyé, qu'à la prière du Prince de Galles, pour ckr d'empescher l'exécution du Roy, sa commission estoit ex- Me, et son séjour y estoit inutile; que parce que cet Estât, . moquant l'Ambassadeur ordinaire, témoignerait mal à propos 1 ressentiment mal fondé et inutile, pendant que les premiers ou de l'Europe, tous fort proches parents du Roy defunct, ne inoient pas de rechercher l'amitié et l'alliance de ceux qui «oient fait mourir.

0 j avoit desja quelque temps, que Walter Striclandt et s Docteur Isaac Dorcslas, estoient à la Haye de la part du Mènent. Ce dernier, Hollandois de naissance (2), fils d'un Pasteur le l'Eglise dTSnckhuise en Nort-llollande ou West-Frisc, s'estoit kpni plusieurs années estably en Angleterre, où le Roy defunct ai ifoit donné une chaire pour lire l'Histoire duns l'Université le Cambridge. Il la quitta pour plaider, en qualité d'Advocat, kmt PAdmirauté d'Angleterre à Londres, où il avoit achevé l'acquérir une parfaite connoissance de la langue du païs, et «apprendre à se former à l'humeur de la nation. Pendant les ^ordres du Roiaumc le Parlement jetta les yeux sur lui, à des- ■an de s'en servir au procès du Roy, où il auroit esté employé * la qualité de Procureur General, si le Roy cust pu se resouwe à reconnoistre les juges qu'on lui avoit donnés, et à réponfo par devant eux. Et comme il sçavoit aussy la langue Fia- •toile, et qu'il avoit des parents et des habitudes eu Hollande, " y tut envoyé à l'occasion des deux Flottes du Prince de "•lies et du Comte de Warwyck, qui se trouvèrent à l'enitoacbeare de la Meuse, vers la fin de l'année 1648. Il avoit or-

. W M. de Wicquefort fait ici «allusion au livre de Saulmnisc, intitulé : Defenno Regia pro Carolo I ad Sercnmimum Magnae B rit an- *•** llege* Carolum II, sumptihus lïfgiis, 1649 (éd. Elsevîr.) cl du Uïre du célèbre M i 1 1 o n , intitulé : J oannia Mi Itoni angli pro populo tyucano Defensio contra CI audit anonymi, a lias S a I mas ii dejensionrm *%**. Londini typis W. Gordianis 1651.

fê) Son vrai nom est Doreslaar.

25 S Assassinat de Dores las.

tire de fuirc en sorte, que les Estats ne permissent point a vaisseaux, qui 9 'estaient déclarés pour le Boy de prendre f en ces pais, ou d'entreprendre quoy que ce soit contre le serf du Parlement. Mais ny lui, ny son collègue ne p&rent jfli obtenir audianec des Estats Généraux, nonobstant les initiât continuelles, qu'ils faisoient de temps en temps pour cela, etq les Estats de Hollande faisoient pour eux. Guillaume Bd wel, Résident du Roy d'Angleterre, s'y opposoit, et 8 f avoit, qui faisoient accroire, que Ton n'estoit pas obligé àbi connoistre deux Ministres d'un mcsrae Estât, quand il est AI parce qu'il n'y peut avoir qu'un Souverain. Mais ce prtta cessoit depuis que cet Estât avoit promis de demeurer dans! termes d'une parfaite neutralité, et principalement depuis fl n'y avoit plus de Roy en Angleterre, et que l'on ne laissât f d'y entretenir un Ambassadeur auprès du Parlement, qui wp se n toit la Souveraineté de la nouvelle Republique. Neantanoî les Estats Généraux, qui dépendoient la pluspart de la vehi du Prince d'Orange, s'opiniastrerent à refuser l'audiane* il Ministres du Parlement, mesmes après l'accident qui anhs Dores la s le 12 May 1649. Incontinent après la mort dtt 1 d'Angleterre, les domestiques et les autres Anglois, partent Successeur, commencèrent à menacer les deux Ministres duft lement, de sorte que Striclandt, intimidé de ces menace* i manda et obtint la protection particulière des Estats de HdW dés le mois de Mars 1619. Et soit qu'il en usast avec phs< précaution ou qu'il fust plus heureux que Dorcslas, cehrief paya pour tous les deux. Le 12 May, veille de l'Ascenatas» soupoit en la compagnie de plusieurs personnes, qui estoSeat) gées dans la nicsmc hoetellcric, quand quatre hommes matqsi ayant doucement frappé à la porte de la rue et se l'estaftt 1 ouvrir, entrèrent et soufflèrent la chandelle, qui esclairoît le tf tibulc, pendant que quelques uns de leurs compagnons se Wft* rent maistres de la porte, pour asseurer la rctraitte àceuxqai'i roient l'éxecution. En mesme temps deux de9 premiers (1) qui estoi armés à l'cspreuve, se jetteront dans la salle. Mais comme ils connoissoient pas bien le visage de Dorcslas, ils décharger

(1) A la trie «les assassins étaient un certain Colonel Henri et certain Capitaine Spol iswold, qui après faits prisonniers dtnfl bataille de Montroy, furent mis à mort à Edimbourg. Basas] Annales, I. p. 115.

A**a*sinat de Dore* las. 259

km pruniers coups sur un gentilhomme de Gucldrc, qui estoit logé dans la mesmo hostellcrie et qui soupoit à table d'hoste en b metme compagnie, et le blessèrent en sorte qu'il en mourut quelques jours après. Dore s las, voulant profiter de leur erreur, Hess de se sauver dans une chambre voisine, mais le desordre de son esprit ne lui permettant pas d'ouvrir la porte à propos, fl fat reconnu et tué de plusieurs coups, que les assassins lui douèrent à la teste et au coeur. Striclandt effrayé de cet •codent, redoubla les instances, qu'il avoit desja faites pour la «été* de sa personne, demanda aux Estats de Hollande leur protection contre les violences, qu'il devoit craindre après celle la ; qna Ton en punist les auteurs et les complices, et que Ton mist eitre ses mains les mémoires qui s'y trouveroient touchant leur conmune négociation, avec l'argent du defunct. On lui rendit 1m papiers, mais l'argent avoit trouvé un autre maistre.

La Cour de Justice fut en Corps sur le lieu, en informa elle neone, ordonna au Procureur General de faire ses diligences, et promit une recompense de mille livres ù celui, qui découvriroit Qielqu'un des auteurs de l'assassinat; mais comme la Haye est U lieu ouvert de tous costés, et qu'il estoit remply d'Anglois et dïseossois disgraciés, que ceux du party contraire appelloient Mfignants, exilés et désespérés, qui en se ressentant de la perftttuon qu'ils souffroient en leur particulier, faisoient plaisir au Boy d'Angleterre et au Prince d'Orange, ils ne manquèrent pwnt de protection ny de retraitte ; de sorte que toute la recherche, que l'on fit du crime et des criminels fut inutile. Le Parlaient en fit faire des plaintes à l'Ambassadeur, qui estoit de la pwt de cet Estât à Londres (1), en des termes qui marquoient m dernier ressentiment ; et l'Ambassadeur, que les Estats de Ilolfande avoient informé de toutes les particularités de cette rencontre, leur représenta le déplaisir que Ton en avoit en Hollande, *• devoirs que l'on y avoit fait faire, pour en découvrir les comptas, et les ordres qu'ils avoient donnés pour la seurcté de la Paonne de Striclandt. Il l'asscura aussy, que l'on y feroit tontinuer les mesmes diligences, jusques à ce que l'on auroit frowe* les complices d'une action, que les Estats de Hollande tournes avoient interest de faire punir, quand mesmes elle n'aur°rt pas esté commise en la personne d'un Ministre publie. Le

W M, Joachimi.

2C0 Les Provinces Unies et ï Angleterre.

Parlement, dont l'autorité et la puissance n'estoit pas encore b establie ny reconnue, qui voyoit l'Escosse armée, et qui contîc roit, que l'amitié de cet Estât lui estoit plus nécessaire que es de tous les autres Princes et Estats voisins, dont les forces ■ ritimes n'estoient pas capables de restablir le Boy, se satisfti la réponse de l'Ambassadeur, ou du moins voulut faire wà qu'il en estoit satisfait. Les Estats Généraux trouvèrent si Ml vais, que leur Ambassadeur eust fait cet office, de Tordre psff culicr d'une seule Province, parce qu'il ne devoit pas recoimott le Parlement ny négocier avec lui, sinon de l'ordre exprès < tout l'Estat, qu'ils furent sur le point de le rappeller, et ftf roient rappelle en. effect, s'ils n'eussent pas appréhendé* ds J faire un'affaire, qu'ils auroient eu de la peine à démeskr, \ s'engageant à une rupture avec cette nouvelle ^République, fi dant que les Grandes Puissances de l'Europe, embaraisées i guerres domestiques et estrangeres, la caressoient et travaûTossi à l'cnvy les uns des autres, à l'establisscment de sa grand*! Mais quelque asseurance que les Estats de Hollande donnas* à Striclandt, elle ne put pas guérir son inquiétude; si Ûi que voyant, que les Estats Généraux, qui ne vouloient pas cil ser le Prince d'Orange, refusoient avec opiniastreté de .1 donner audianec, au mesmo temps qu'ils ne faisoient point i difficulté d'admettre les Ministres du Roy et du Parlement dl cosse, il fit seavoir enfin, que le mépris, que les Estats GensM temoignoient avoir pour le Parlement et pour l'alliance estirf qu'il desiroit faire avec cet Estât, puis qu'ils rejett oient les C fres, qu'il faisoit d'envoyer icy ses Ambassadeurs, ou d'atttai ceux qu'ils lui voud roient envoyer, ne lui permettoit pas de i exposer davantage et le contraignoit de partir. Les Estats Hollande, craignant que le mécontentement et la retraitte de Ministre ne fist tort à tout l'Estat, et particulièrement an où merce des habitants de leur Province, firent représenter aux 1 tats Généraux, que ce procédé offensant estoit directement O traire à la resolution, qui avoit esté prise dés le commence» des troubles d'Angleterre, touchant la neutralité de cet Si entre le "Roy et le Parlement, et que sans la violer l'on ne f voit pas refuser l'audiance au Ministre de l'un, pendant qu'on donnoit à celui de l'autre. Mais les Députés de toutes les F vinecs, n\ la reserve de ceux de Gueldre, continuant de faire difficiles, la Hollande fit enfin enregistrer une protestation presse, et fit déclarer dans l'Assemblée des Estats Généraux, •

Les Provinces Vtties et f Angleterre. 2G1

b -Dépotés des six Provinces avoient éludé les instances, qu'ils iroieot fait faire pour cela de temps en temps, et qu'ils couvraient leurs délais et remises d'un méchant prétexte, comme si uni on ordre exprés de leurs Coinmittents ils ne pouvoient pas faner audiance à l'Envoyé du Parlement, contre lequel l'Estat m te pouvoit pas déclarer, sans sortir des termes de la neutra- U qa'il lui avoit accordée; que le mesme Parlement ne man- [twoit pas de se venger de cet aifront sur la personne de l'Àm- ■nadefir, que l'on faisoit demeurer en Angleterre en cette qua- Hé, pendant que Ton refusoit de reconnoistre le Parlement et m Ministre; qu'il ne manqueroit pas do faire retirer l'Àmbas- •deur, et qu'il y avoit lieu de craindre, qu'il ne passast à de du grandes extrémités contre cet Estât; qu'il ne se pouvoit pe Ton n'en souffrist enfin, et ainsy qu'ils ne se pouvoient pas fcpeaser de témoigner le déplaisir et la crainte qu'ils en avoient, pv me protestation solemnelle; que le traittement, qu'ils recensent des autres Provinces les forçoit de déclarer, qu'ils ne s'y NftoKQt pas attendus; qu'elles manquoient à ce qu'elles dévoient à la fidélité de l'alliance, et qu'ils s'en prendroient à elles de ta les malheurs et de tous les desordres, que ce procédé et ce >ch produiroient infailliblement (;>/>). Cette protestation ayant &tf leue dans l'Assemblée, les Députés des autres Provinces, fekerent d'en empescher l'enregistrement; mais voyant que nonsbstant leur opposition le registre en avoit esté chargé, ils dift&t, que puisque Messieurs de Hollande refusoient de retirer fcsr protestation, ils se trouvoient obligés de déclarer, que les toputés de Hollande se trompoient, s'ils croyoient que ce fust to mouvement particulier des Députés des Provinces, qu'ils faiwieat difficulté de donner audiance à l'Envoyé du Parlement d'Angleterre; qu'ils n'estoient pas assés imprudents, pour n'avoir î* tonde l'intention et la volonté de leurs committents dans ^ affaire de cette importance, devant que de la résoudre, ny *m6 malicieux pour la déguiser à l'Assemblée; que les Députés fc Hollande ne les pouvoient pas rendre responsables des înaltattt et des desordres que ce refus pourroit produire, parce que *« voulant rien faire sans les ordres de leurs supérieurs, et leur **wn estant tout à fait innocente, ils ne dévoient pas craindre les maux et les mauvaises suites d'une protestation faite hors de

(PP) Résolution des Etats (irnéraux du 27 Sept. Ki-J-'J.

262 Charte» II et rBcoue.

saison, et contre les formes ; qu'ils avoient jugé, que la oonjon turc présente estoit trop délicate, pour prendre une resolatk formelle dans ectt'affaire, sans Tordre exprès des Estats des IV» vinecs, et qu'ils s'en expliqueroient plus particulièrement quai ils les (1) auroient reccus (qq).

Le nouveau Roy d'Angleterre estoit cependant en ce paît, •■ il n 'estoit demeuré que pour recevoir les Députés, du ParkMA d'Escosse, lequel estant assemblé à Edimbourg, Tavoit fait (»• clamer Roy de la Grande Bretagne, d'Escosse et d'IrlanôV, iv continent après que Ton y cust advis de la mort violente da Iflf defunct, à condition toutesfois, que le Roy, pour donner qvdpl satisfaction au Roiaume, signeroit le Convenant, ou la eonksV» ration estroite, que quelques uns y avoient faite en Tan 16H» contre l'intention et contre la volonté du Roy defunct. Ceux f* compo8oicnt le Parlement de Londres trouvèrent fort msiwWi que les Escossois entreprissent de disposer de la Couronne d'Aiglctcrrc, où la Roiauté avoit esté abolie par un edict formel k ceux qui pretendoient représenter tous les Estats du Rukiwfl Les sentiments des Seigneurs Ânglois, qui estoient auprès fli Roy en Hollande, estoient fort partagés sur ce sujet. Les ■■* estoient d'advis, que le Roy partist incontinent, pour passer* Escosse; qu'il ne fist point de difficulté de signer le ConvflDflrtr et qu'il se fist couronner devant que les Anglois fussent eneM de pouvoir aller en Escosse, pour Tcn empescher. Les artf* soustenoient, qu'il ne seroit pas en seureté en Escosse, et ta représentèrent, qu'il ne pouvoit pas signer le Convenant, *M blesser son honneur et sa conscience, et sans trahir Tinterait 0» ses amis; qu'il s'exposoit à la discrétion d'un peuple, qui • laissoit gouverner par les Conseils du Comte d'Argylo, chefs** consistoriaux, qui en venant de faire mourir le Comte HuntUj» un des plus passionnés serviteurs du Roy, mesmes depuis • proclamation, faisoit bien voir à quel traittement il se devait iV tendre. Ceux qui estoient dans ce dernier sentiment estoient tas* Episcopaux, ou comme on les appelloit en Escosse, non cc*fr derJs, qui sça voient bien, qu'on ne leur permettrait pas de fuifH le Roy, ou qui n'eussent pas osé aller en Escosse, puis que kl Commissaires Escossois, qui arrivèrent îi la Haye au mois d

{qq) Résolution des Etait Généraux du 'M) Sept 16-19. (1) [Savoir /r.« ordres.

ouToit pas considérer comme Députés du Parlement d'Esai qu'ils ne pouvoient pas ignorer, qu'il n'y avoit que le i pust convoquer un Parlement légitime. U est vray, que gnités et les outrages, que les Escossois continuoient de i plus zélés, et aux plus fi délies serviteurs du Boy, forbien les advis de ceux, qui travailloient incessamment à lier une très mauvaise impression de leur intention; de .'elle lui devint si suspecte, qu'il résolut de faire dire aux jenernux, par quelques uns de ses Ministres, que les af- 'Angleterre estoient dans un si fâcheux estât, qu'il n'y m un de ses amis, qui lui voulust conseiller de s'y reti- 5 les Escossois l'avoicnt proclamé Roy, et qu'ils le cond'alier prendre possession de leur Couronne; mais qu'ils nt de lui des conditions, qui le dépoiiilloient entièrement gnité et de l'autorité Royale, et qui ne lui laissoient que 10m de Roy; et que cela faisoit juger, qu'ils a voient enk peu de disposition à le recevoir en cette qualité, revestuc 8 ses prééminences; qu'il ne refusoit pas de maintenir les Boiaume et de les faire observer exactement; mais que ssois ne se dévoient pas persuader de le pouvoir obliger ' celles de ses autres Roiaumcs, et qu'en attendant qu'ils nt plus raisonnables qu'ils n'estoient, il passcroit en Iru'il estoit asseuré, qu'il y trouveroit presque tout le peuple besssance, et qu'il esperoit, qu'après la réduction de la ville lin, qui temoigneroit sans doute, qu'elle avoit horreur du du feu Roy, tout le reste du Roiaumc rentreroit dans son Los me8mes Ministres prièrent les Estats d'assister le Roy conseil, de l'accommoder de quelques vaisseaux, pour le t de sa personne, et de le secourir d'une somme d'argent, il pust acquitter les dettes, qu'il avoit contractées dans

204 Charles II et rEcot*.

Provinces secondèrent leurs instances ; mais les Estata de E lande, qui jugeoient, qu'il n'y avoit point d'apparence de trrï avec le Koy, en Testât où estoient ses affaires, et qu'ils w pouvoient pas secourir, sans manquer à la neutralité, ou ils • toient engagés, se contentèrent de s'en rapporter aux Ifagistr des villes, qui s'en défendirent par leur silence, lequel n'es! en cette rencontre, où le consentement unanime de tons 1m i liés estoit nécessaire, qu'un refus trop formel. Les Commissn d'Escossc pressoient cependant le Koy de signer le Commi tant celui qu'ils avoient fait entre eux, que celui qu'ils iwà fait avec le Parlement d'Angleterre, de supprimer la Liturgift prières communes et les Evcsqucs, d'éloigner de sa Cour et A prés de sa personne quelques Seigneurs, qui en ce temps A 1 soient tout son conseil, de ratifier tout ce que le Parlementai fait et particulièrement d'approuver l'exécution de Hnntley. Koy n'en voulut rien faire et les renvoya aveo une réponse ( générale, résolu de partir en mesme temps et de passer en lande. Et de fait il partit au commencement du mois de J 1649, prenant son chemin par le Brabant et par la Frantt dessein de s'embarquer à saint Malo. Le Prince d'Orange chargea du payement de ses dettes et les acquitta dans fort ' de temps.

Aitzcma dit, que les Commissaires Escossois, devant que partir, prirent audiance dans l'Assemblée des Estats Genen pour les remercier des civilités, que le Koy en avoit recettes p dnnt le séjour qu'il avoit fait en ces pais; mais dautant que registres des Estats Généraux, qui marquent fort pertinemm toutes les particularités de cette sorte de cérémonies, n'en pari point du tout, Ton a sujet d'en douter, aussy bien que de ] sieurs autres choses que cet auteur débite sans garand *

(1) M. de Wic que fort prononce ici un jugement peu fan hic sur l'ouvrage de M. van Àitzema (Saecken van Staet m i hgh). Dans son livre: P Ambassadeur et ses fonctions, part. I. |* (Edit. in 4°. à Cologne chez Pierre Marteau), il dit: ,L'hist ou le Récit des Affaires (P Estât et de Guerre, qui a esté escrit Hollande en quatorze ou quinze volumes, contient plusieurs traii résolutions et autres pièces authentiques, de sorte qu'elle peut se comme d'inventaire à ceux qui n'ont pas d'accès aux archives d1 lat; mais ce que l'auteur y a ajousté du sien ne vaut pas la gaie de quelque façon, qu'on le puisse prendre. 11 n'a point de stj

Charte» II et V Ecosse. 265

8tricltndt, Députe* du Parlement d'Angleterre, qui depuis dix- Ut mois n'avoit pas pu obtenir nudiance des Estats Généraux, qn offrirent de le faire oûir par des Députés de leur corps, pendiat qu'ils l'accordoient si facilement aux Ministres du Boy, s'en troara fort offensé, et déclara au Président de l'Assemblée, qu'il •roit ordre d'aller rendre compte du succès de sa négociation et qrïl alloit partir. On le souffrit, et il partit en effect, presque n nesme temps que le Prince d'Orange fit arrester quelques Dépotés de Hollande et faillit de surprendre la ville d'Amsterdam, aussy indigné du procédé des Estats Généraux, qu'il estoit aatiafirit de la manière d'agir de ceux de Hollande. Le Parlement rtroit pas laissé de souffrir, qu'A lbert Joachimi demeura s t à Londres, en qualité d'Ambassadeur de cet Estât, bien qu'il l'ont point eu de nouvelles lettres de créance depuis la mort h feu Boy; mais quelque temps après que Striclandt y fust miré, et qu'il eust fait rapport du traittement qu'il avoit reccu à la Haye, l'on fit dire à Joachimi, que puis que l'on ne poiroit pas négocier avec lui, veu qu'il n'avoit point de lettres fc créance, il n'avoit qu'à se retirer et à sortir du Boiaume dana on mois. H demanda du temps, pour en advertir ses Mnista, et pour faire venir l'ordre de reconnoistre la Bcpubliquc,

fci langage est tout à fait barbare et ce n'est qu'un chaos que tout • composé de son ouvrage," etc. L'opinion de M. Bas nage est tacoop plus juste: »On ne peut contester à cet historien l'au- ■Brtirité des pièces qu'il inseroit daus son histoire, puisqu'il les «tort des mains de ses amis, députés aux Etats Généraux. Elles peu- **& même être regardées comme des originaux, plutôt que comme

ut copies, qui viennent d'une main tierce La lecture simple des

pfees, cousues l'uue à l'autre avec un peu de fil grossier, ennuie, "nia il ne laisse pas d'être vrai qu'il y a de l'exactitude et de la ■Mité dans son ouvrage, .... qu'il n'est partial, ni sur la religion, ni

"fr les différents partis qui divisoicut dans son tems la république

ailleurs il était très versé dans la politique et parloit plusieurs ■■gués" (Préface des Annales, p. vu s. v.). Voir M. van Kanipen, Jfofotre de la Littérature Néerlandaise (Gesehiedenis der Nederl. Letfrkwfe), T. I. p. 396, qui loue ses mérites.

Ken que le style de M. van Aitzcma ne soit pas élégant, u ne manque pas d'une certaine naïveté, qui intéresse le lecteur. La justttae de son jugement et l'impartialité, dont il fait preuve, ren- *rt s» divers ouvrages, Saken van Staet en Oorkgh, Aedcrlandachc 'ttàkawleling et Herstelde Leeu, dignes d'être consultés.

266 affaires iï Angleterre.

mais il ne put rien obtenir, ny en Hollande ny en Angietei de sorte qu'il tut contraint de se retirer.

Les Estats de Hollande, prévoyant bien ce qui en arriver avoient au commencement de l'an 1650 fait déclarer aux Dqp des autres Provinces, que s'ils continuoient de refuser (Teavoj à Joachimi des lettres do créance, semblables à celles ou1 lui avoit données lors du dernier voyage qu'il avoit fait en A glctcrrc avec le Seigneur de Heemstede,ils seroient oklq de songer à l'interest de leur Province, et d'y envoyer na 1 nistre, qui pourroit travailler à le conserver. Et de fait ks 1 tats Généraux continuant de se rendre difficiles, et pas reconnoistre la Nouvelle Republique, de peur d'ofl Prince d'Orange, la Hollande résolut d'envoyer en un Ministre, à qui elle donneroit la qualité de Commissaire, if ordre de reconnoistre la Republique, de lui donner les tiltm les qualités, qu'il jugeroit lui estre les plus agréables, et d'y aj pour les interests particuliers de la Province et de ses habita Cet eroploy, en la mesme qualité, fut donné à Gérard S chu Piterson, Conseiller de la ville d'Amsterdam, qui partit de païs au mois de May, et fut parfaitement bien reçeu en Àngj terre (se).

Cependant le Roy d'Angleterre, n'ayant pas jugé à propos passer en Irlande, parce qu'il n'estoit pas trop asseuré de lavi de Dublin, s'estoit arresté dans l'Isle de Jcrzcy, jusques au M de Mars 1650. Il en partit, tant à cause de l'avis qu'il eut l'equippage qui se faisoit en Angleterre et du dessein, que Parlement avoit de le venir attaquer ou enfermer dans risle,(j parce qu'il avoit désiré, que les Commissaires Escosboù se fl dissent dans ce temps là à Breda, avec les dernières intentil de leurs Committcnts. Les Estats, ayant sçeu que le Boy y toit arrivé, l'envoyèrent complimenter par quatre Députés de 1 corps, et lui firent donner par tout la qualité de Roy de Grand'Bretagnc. Le Prince d'Orange et mesmes la Reine m d'Angleterre, qui estoit bien revenue de ses premiers scntimei aussy bien que les Ducs de H a m il ton, quoy qu'ennemy ded d'Argylc et de Buckingam, et le Comte de Neufchast

(j»«) Résolutions des Etats de Hollande du 17 et du 19 Jam 1650 et celle des Etats Généraux du 18 Janvier 1650. Nous av< inséré l'instruction pour le nouvel ambassadeur dans les pièces jui ficatives, n. XXIV.

Affaire* de France. 267

fu estoient du conseil secret, lui conseilloient de s'accommoder Mec les Commissaires en tontes les façons. Mais les autres Scigmm, à qui les Esoossois avoient donné l'exclusion, continrent de lui représenter, qu'en signant le Convenant, il aban- Jonnoit ses plus affectionnés et ses plus fidclles serviteurs et amis, si Braques et tous leurs partisans en Angleterre, qui après cela contraints de prendre d'autres mesures, et qui n'y manpas; que les Escossois n'estoient pas assés puissants, Mr lo protéger contre les forces du Parlement d'Angleterre; [tHi avoient fait connoistre au Boy son Père ce que le fils en brait attendre, et qu'en se jettant entre les bras de cette nation 1 perdoit l'amitié des Irlandois et de tous les Catholiques Roui de ses trois Boiaumes. Le Boy le sçavoit bien, mais il nridsroit aussy, qu'il n'y avoit point d'autre party à prendre, ri qoe les Commissaires ayant ordre de ne relâcher rien du tout, il fclloit ou conduire présentement, ou tout rompre, sans espetttee de retour.

Cert pourquoy il passa par dessus toutes sortes de considération et signa aveuglement tous les points de leur proposition. U Prince d'Orange, voyant leur fermeté et leur manière d'agir, lit d'usés bonne grâce, que puis que les Escossois en vouloient Ufriiasy, ils n'avoient qu'à envoyer les articles au Boy par un irtoir ou par un trompette, pour les faire signer, comme la *pfà«tion d'une ville forcée, et qu'il n'estoit pas nécessaire wojer des Commissaires pour faire mettre l'affaire en nego- ^o. Le traitté demeura fort secret, de peur que les Anglois fa fussent advertis, et n'entrassent en Escossc, devant qu'elle fet en estât de s'y opposer. Le Boy y alla, mais la fortune ne atont pts encore lassée de le persécuter, son voyage n'eut pas Huoeés qu'il s'en estoit promis. Nous en dirons la suite, après * nous aurons parlé des autres affaires, qui nous pourront fedmre à celles de ce temps là.

L'accommodement qui avoit esté signé au mois de Mars 1649 •te la Cour de France et le Parlement de Paris, faisoit bien tuer les hostilités, mais non les animosités entre les chefs des ^ partis. Ce n'estoit qu'une paix plastrée, où personne ne ïouYoit son compte. Elle ne restablissoit pas l'autorité du Boy. ** Beinc Begentc n'estoit pas mieux obcïe, et elle ne se ven- K801* point du Parlement. Le Parlement de son costé n'avoit P*8 obtenu l'éloignemcnt du Cardinal, et le Cardinal ne demeuroA pas le maistre des affaires, mais dépendoit entièrement des

voloutés du Prince de Condé, à qui la Beinc mesme tic pou-

868 Affaire* de France.

voit plus rien refuser, après l'obligation qu'elle lui avoit do ip conservation du Cardinal. Le Duc de Longueville, beautaj du Prince, avoit envie d'annexer an gouvernement de la Proviief de Normandie celui du Pont-de-P Arche, passage de très gmii importance sur la rivière de Seine, et le Cardinal avoit «il oblige de la (1) lui promettre, comme une condition, sanslaqfcdM le Duc faisoit difficulté de consentir à raccommodement de lfe> ris, et le Priuce estant demeuré garand de la parole du Carintiij de Tordre exprés de la Heine, parce que personne vouloit tntV ter sans cela, il la vouloit faire exécuter. Il s'estoit aussyoppri à l'alliance que le Cardinal vouloit faire, et qu'il fit depuis, Sm de ses nièces avec le Duc de Mercœur, fils aisné du Dae U Yendosme. Le Prince estoit enneray de cette Maison, et lai vouloit point d'ailleurs que le Cardinal fist autre establisseMÉ^ que celui qu'il lui feroit faire; c'est pourquoy il lui profOi Bouteville, de la Maison de Montmorency, et Toula* geon, frère du Mareschal de Grammont, comme des ptfâ très avantageux pour ses parentes; mais le Cardinal, qui crojJ que Ton devoit considérer sa fortune et non sa naissance, rssÉ cette proposition avec mépris, et en témoigna du ressentnMl au Prince.

Cependant la Reine, au lieu de ramener le Roy à Paris, CM» elle avoit fait espérer, se servant de l'occasion de la saison, Cl les interests des Princes ne furent réglés, et Ton ne commi* à exécuter le traitté, qu'au commencement du mois d'Avril, «I à Corapiegne, sous prétexte de fortifier l'armée de Picardie de 1 présence du Roy et du voisinage de la Cour. L'intention J Cardinal estoit de faire connoistre aux Espagnols, que le feu 1 la guerre civile avoit esté si bien esteint en France, qu'il n^« r estoit pas une seule estincelle, et que le Roy estoit en fiflb d'exécuter une entreprise, à laquelle l'on n'avoit pas osé stnff sous le dernier règne. Les troupes que le Parlement avoit IbiA a voient pris party dans l'armée du Roy, laquelle se trouvant f ce moyen fort considérable, le Cardinal Mazarin en voulut tà donner le commandement au Prince de Condé, à dessein < l'éloigner de la Cour et des affaires ; mais il le refusa, et à * refus on le donna au Comte de Har court, de la Maison < Lorraine. C'cstoit Henry, frere puîné de Charles II, D (VElbœuf. Il avoit épousé une parente du Cardinal de Rick lieu, et sous son ministère il avoit eu des emplois, où il a*4

(1) Bavoir PftHwxxon,

Afairtt de France. 8<tt

: très haute réputation, par le secours de Casai, par le furin, où Thomas de Savoye, Prince de Carignan, fermé avec plus de trois mille hommes, et par la res laies de St. Honorât et de Ste. Marguerite; de sorte espérait, qu'il exécuterait avec le mesme succès Tordre donna d'assiéger Cambray. Les Espagnols, qui juson dessein par sa démarche, y firent entrer deux re- Infanterie, devant que la circonvallation fust commen- Comte, prévoyant qu'il y trouveroit plus de résistance, le s'estoit imaginé, leva le siège, et se contenta d'achenpagne par la prise de la petite ville de Condé, Ce accès donna un grand avantage aux ennemis du Caren prirent prétexte de décrier sa conduite, et se sercette occasion, pour tâcher de le perdre. Le Prince de qui avoit promis à la Heine de le ramener à Paris, et it faire voir, qu'il n'y avoit rien qu'il n'osast entrepois qu'il n'estoit pas moins hay que le Cardinal, qu'il tegé contre le Parlement, conseilla à la Reine d'y reet de rompre les cabales, qui s'y faisoient contre la la présence du Roy. Le Cardinal, qui estoit naturellede, jusques là qu'il avoit délibéré de sortir du Roiaurae, 5 Prince do Conty et les Ducs do Longucville et lion se retirèrent de la Cour, pour se déclarer en la i Parlement et do la ville de Paris, eut de la peine à Ire; mais le Prince l'y obligea, et voulut bien paroistre ï une mesme portière dans la carosse du Roy. Ils fuendre à l'Eglise de Nostre Dame, et toute la Cour ess cette action arrivée au Palais Royal, le Prince dit à qu'il lui avoit promis de ramener le Cardinal à Paris, nt satisfait à sa parole, il esperoit qu'elle avoit aussy i estre satisfaite. La Reine lui repartit, que l'obligation i avoit estoit si grande, qu'elle craignoit, que ny elle ny >n fils ne la pussent jamais assés reconnoistre. Cette retrembler les amis du Prince, qui consideroient, que les îds services sont incommodes aux Souverains; qu'on ne pas trop obliger sans un extrême péril, et que l'on ne les en faire souvenir sans crime. Le Prince, en repreà la Reine ce qu'il avoit fait pour elle, lui faisoit une le reproche, et lui faisoit connoistre, que Celui qui avoit i choses si extraordinaires, estoit capable d'en faire de mdes à l'dvenir. En effect l'on remarqua que depuis ce

970 Affairez dé France.

temps là la Reine ne le sonffroit qu'avec peine, et qu'il ei devenu insupportable au Cardinal. Celui cy, pour achever (k destruire dans l'esprit du peuple, qui ne l'aimoit point, mais le craignoit et qui le respectoit, tant à cause de sa qualité Prince de sang, que pour ses grandes actions, parloit de comme de l'auteur de tous les conseils violents, qui a voient* pris et exécutés depuis quelques mois, et le Prince de son ce s'estudioit à faire remarquer la foiblesse des conseils du On nal, et tArhoit de le perdre auprès de la Reine. Dans la défll qu'il nvoil des intentions du Premier Ministre, et pour se ra redoutable à la Cour, il es cou toit les émissaires do la Fronde souflïoit qu'ils lui fissent des ouvertures d'accommodement des propositions qui alloicnt à la perte du Cardinal; quoy qi effect il eusl du mépris pour les Frondeurs, parce qu'estant ni Tellement fier, il se croyoit assés estably par l 'avantage de naissance, par la réputation qu'il avoit acquise à la guerre, les amis et par les créatures qu'il y avoit faites, par les servi qu'il avoit rendus à la Reine et par la nécessité^ en laquelle se trouvoit do se servir do sa personne et de ses conseils, faisoit tout de hauteur ; il obligea le Cardinal à donner an 1 de Longueville le Gouvernement du Pont-dc-P Arche, q lui avoit promis pendant la guerre de Paris, et il s'opposait vertement au mariage du Duc de Mercœur; non seules en conseillant au Duc do Vendosmc, perc du Due, de consentir point à cette alliance, mais aussy en faisant dire Cardinal mesme, que s'il faisoit ce mariage, il ne pouvoit demeurer son amy. Le Cardinal y estoit trop engagé, il en a' donné advis à ses amis à Rome, on l'avoit publié à la Cour c'estoit pour lui une alliance tres avantageuse. D'ailleurs le Ce» d'Alctz, Gouverneur de Provence, estoit. fort mal avec le I lement, qui s'opposoit au semestre que le Comte y vouloit troduire de Tordre de la Cour. Le Prince, qui estoit son Coi germain, le protegeoit, bien que la Reine ne fust pas fort se faite de la conduite du Comte, et de l'autre costé il se dec pour le Parlement de Bourdeaux contre le Duc d'Espern' Gouverneur de Guyenne, que le Cardinal protegeoit hautemi Mais une des choses, qui déplurent le plus à la Cour, ce fu mariage, que le Prince fit faire du Duc de Richelieu a?« fille du Baron de Vigean, veufvc du Marquis de Pont, ai de la maison d'Albret, en le faisant entrer en mesme tel au Havre de Grâce, dont le Cardinal de Richelieu lai ai

Affaire* de France. 271

laissé le gouvernement. La Duchesse d'E gui lion, qui sous la qualité de tante et de tutrice aimoit le Duc avec une tendresse k mère, et qui negocioit une alliance plus avantageuse pour Héritier du nom et du bien du Cardinal, son Oncle, fut tellesent outrée de douleur, de se voir dépossédée du Havre, dont dk a?oit la garde pendant la minorité du Duc, et de voir tous In desseins, qu'elle formoit à son avantage, ruinés, qu'elle osa k première faire l'ouverture de l'emprisonnement du Prince. Elle «présenta à la Heine et au Cardinal ce qu'ils dévoient craindre fun Prince, qui de l'humeur qu'il estoit, entrepren droit tout, aptes avoir mis le Duc de Richelieu, qu'elle disoit estre créature du Prince, en la possession du plus important poste duRoimne. Le Cardinal, qui avoit formé son dessein sur le riche héritier du Cardinal de Richelieu, pour une de ses niepecs, se rayant frustré de ses espérances, et d'ailleurs peu satisfait de la conduite du Prince, fut bien aise de faire une affaire publique d'un interest particulier, et acquiesça sans répugnance à la proportion de la Duchesse. Mais le Prince vivoit dans un si grand respect avec le Duc d'Orléans, que sa conduite ne lui donnant point d'ombrage, il ne lui envioit point le crédit, que le Prince téaoignoit ne vouloir tenir que du Duc, de sorte que la Cour M l'osa pas entreprendre. Le Prince avoit aussy eu l'adresse de •'aaaeurer tellement de l'Abbé do la Rivière, confident du Duc, çffl ne se faisoit rien au Palais d'Orléans, ny mesmes au Pa- W» Boyal, qu'il n'en fust punctuellemcnt adverti. De sorte que pour faire consentir le Duc à l'emprisonnement d'un premier ftince du sang, avec une très meschante conséquence pour lui ■fiane, il estoit nécessaire de perdre auparavant dans son esprit l'Abbé de la Rivière. Le Prince ayant rompu tout commerce Ww le Duc de Beaufort et avec le Coadjutcur de Paris, chefs fcU Fronde, qui estaient fort bien avec le Duc d'Orléans, et * Duchesse de Chevreusc, qui estoit de tous leurs Conseils, gonrernoit la Duchesse d'Orléans, et par elle le Duc son inary, fcuxcy eurent l'adresse de gagner le Duc, de le disposer à con- •entir à l'emprisonnement du Prince, et à s'en cacher à l'Abbé ton favory.

Pendant que cela se negocioit au Palais d'Orléans, le Coadjtttenr continuoit de traitter avec le Cardinal, qu'il voyoit souvent, mais tousjours de nuict et travesty. Le Priucc en fut ad- **ti» et en parla un jour au Cardinal, qui lui dit, qu'effectivement le Coadjutcur le voyoit, et qu'il avoit plus tPunc fois voulu

272 Affairée de France.

lui en donner le divertissement, en lui faisant roir le Coadjuiear, qui estoit d'Eglise, et qui n'avoit pas la mine ny la taille fort avantageuse, avec des chausses d'escarlate, l'espèce au costé et k plume sur l'oreille ; mais qu'il le surprenoit tousjours, et o/9 rendoit ses visites aux heures où il n'osoit pas donner au Prîtes l'incommodité de venir voir cette farce. Or pour lui faire SOr. croire qu'il estoit ennemy des Frondeurs, et afin de perdre l*j. uns et les autres, en les rendant irréconciliables, il se servit d'ail, rencontre, au moins si l'on peut croire, qu'il ne l'avoit pu f# naistre, qui fit tant de bruit, qu'elle mérite bien que l'on ci sçache toutes les particularités.

Les Rois de France ont de temps en temps, en la neoonHf de leurs affaires, emprunté des sommes fort considérables de lenj sujets, à qui ils ont aliéné des rentes, qu'ils ont assignées. HT, la gabelle ou sur la taille, ou bien sur le revenu que le fiojtirt du Clergé de son Roiaume. Sous le Roy Henry IV, et U commencement du regne de Louis XIII, ces rentes a voient esté assés pu actuellement payées ; mais dautant qu'à cause de la dflft. nicre guerre, qui eut son commencement en l'an 1635, il ytfO& tous les ans beaucoup de nonvalcurs aux tailles, et mesme Ut gabelles, dans les lieux où le sel estoit imposé, et que le Bcf , avoit besoin de tout son revenu, pour soustenir la dépense de II guerre, l'on commença sous le Ministère du Cardinal de Ri cher lieu à reculer les termes du payement des rentes, et mesmeri en retrancher une partie. La sévérité de ce Ministre et lerespefit que l'on avoit pour lui, empescherent les peuples d'en murmurer» de sorte qu'y estant accoustumés depuis quelques années, ils lu souffroient aussy sous la minorité du Roy qui règne aujourdaajj jusques à ce que les desordres de la guerre civile eussent W connoistre la foiblcsse du ministère du Cardinal Mazarin, * épuisé tous les fonds, affectés au pavement des rentes. Ceux qtt ne vivoient presque que de leurs rentes, qui sont en assés gtts4 nombre dans Paris, et qui a voient du mépris pour le Preniff Ministre, faisoient des Assemblées continuelles depuis le dernfcf accommodement, et deinandoient justice au Parlement d'une Ù? çon si tumultunirc, que Ton avoit sujet de craindre une nooTçlk sédition. Le Premier Président, qui dépendoit entièrement de h Cour et qui disposoit assés absolument des affaires du Parlement quand il pouvoit empescher les assemblées des Enquestea, t donner arrest à la GrandX'hambre, portant défenses aux interel ses de s'assembler et de solliciter en troupe; et les rentiet

Affaires de France. 278

de ces assemblées continuelles, plustost que par respect

défenses, créèrent six sindics, qui se chargèrent de la >n de leurs interests communs, sous la protection du Beaufort et du Coadjutcur. Le Cardinal avoit une tversion pour ces sindics, qui servoient comme d'enfants la Fronde, et neantmoins ils le servirent admirablement éxecution du dessein, qu'il avoit de faire arrester le Prince, fin de Tannée 1649, ce fut l'onzième Décembre, Joly,

au Chastelct de Paris, un des sindics des rentiers, estant dans son carosse, un cavallier se présenta à la portière, •a un coup de pistolet, qui lui perça la manche de son

et lui effleura le bras. Charton, Conseiller au Part Président aux Enquestes, autre sindic des rentiers, qui ; dans la mesme riie où l'accident arriva, en prit l'allarmc rta sa plainte au Parlement, comme si c'estoit lui que ît voulu tuer, et en mesme temps le Marquis de la c, gendre du Duc de Bouillon la Marc, faisant du îs le Palais et dans les rues de Paris, tâchoit de faire

le peuple et de faire fermer les boutiques ; mais il n'y oint de disposition du tout au souslcvcmcnt. Le mesme Prince estant au Conseil chez la Reine, le Cardinal lui reille, que l'on venoit de lui donner advis bien certain. Frondeurs avoient dessein sur sa vie et qu'ils avoient î le tuer sur le Pontneuf, lors qu'après le Conseil il ret chez lui, et que pour s'en éclaircir il n 'avoit qu'à faire s carosscs sur le Pont, où il ne manqueroit pas d'en ect. Le Prince le fit, et dés que les carosscs parurent \ cheval de bronze, quelques cavalliers, qui s'estoient tenus wir devant la place Daufinc, s'avancèrent, visitèrent lo carosse, et l'ayant trouvé vuide, tirèrent un coup clans le 5t y blessèrent un laquais à mort. Le Prince ne doutant 5s cela, que Padvis du Cardinal ne fust véritable, acheva clarer contre les Frondeurs, porta les plaintes du prétendu t au Parlement, et demanda que l'on en informait. Il » témoins gagés et protégés de la Cour, qui déposèrent i Duc d e B e a u f o r t . , le Coa dj utcur, B r o u s s c 1 , Conseiller ment, et Charton; mais comme les témoins avoient pris 13 empruntés, qu'ils deposoient des choses mal concertées •aires, en sorte qu'ils commencèrent à estre suspects aux ls s'absentèrent tous devant que l'on en vinst au rccollc- Cependant le Coadjuteur, irrcconciliablemcnt offensé de

274 Affaire» de Ftnute.

l'outrage que le Prince lui faisoit, en le croyant capable défi assassiner un Prince du sang, alla offrir tous ses amis au C* nal, conspira avec lui la perte du Prince et en concerta avw les moyens. Plusieurs ont crû, et on l'a escrit mesme, eut Prince fut adverti du dessein, que Ton avoit contre sa penoi et qu'il méprisa tous les ad vis, qu'on lui en donna, pane q ne croyoit pas, que la Heine, après les obligations qu'elfe avoit, lui voulust faire un insulte, ou si elle en avoit la pea qu'elle l'osast exécuter. Le Prince a toujours dit, qu'il n*« jamais eu advis, ny mesmo le moindre soupçon; mais ilestvi qu'estant allé le matin du 18 Janvier 1650 au Palais Royal Cardinal lui dit, qu'il sçavoit, que Descoustures, l'an sindics des rentiers, que Ton disoit avoir aussy trempé aa ] tendu assassinat, s'estoit venu cacher dans une maison ▼<« de la Porte Montmartre; que l'on apprendroit de lui toas auteurs et toutes les particularités de ectt'anaire, tellement q seroit à. propos de donner ordre à quelques gensd'armes et • vaux légers de la garde du Roy, de se tenir prests, pour le* duire seurement par la porte de Richelieu au Chasteau de ^ cennes. Le Prince trouva son advis fort bon et fit lui Œ« donner Tordre à ceux, qui le dévoient mener en prison. Cal mesme jour la Reine, ayant fait dire aux Princes et aux Mb 1res, qu'il y auroit conseil, et les Princes de Condé et do Ce ty et le Duc de Longueville s'estant rendus dans son» chambre sur les quatre ou cinq heures du soir, quoy qu'aop avant ils fussent demeurés d'accord, qu'ils ne s'y trouveraient | tous trois ensemble, ils n'y rencontrèrent que le Chancelier Servicn, et quelque temps après ils y virent entrer Guitat Comingcs et Crcssy, Capitaine, Lieutenant et Enseigne « gardes de la Reine, qui leur dirent, cju'ils avoient ordre di arrester. Le Prince en voulut d'abord faire une raillerie, ■ voyant que c'estoit tout de bon qu'il estoit prisonnier, il pril Chancelier de lui aller obtenir un moment d'audiance de la 1 ne, et Servie n fut prie de faire en sorte qu'il pust parler Cardinal; mais le Chancelier lui vint dire, que la Reine setf vaut indisposée et couchée sur son lict, il ne lui avoit pal parler, et l'autre ne revint point. Incontinent après les gu du Roy et de la Reine estant entrés, on les fit descendre pu: petit escaUer, qui donne dans le jardin, lequel ils traverserai des chaises jusques à la porte de derrière, où on les fit mo: en carosse. Le Prince, qui ne s'est jamais tronvé estonné <

Affaires de France. 875

iei occasions d'où son courage ou sa prudence le pouvoit tirer, t dit souvent depuis, qu'il fut fort surpris quand il vit l'escalier tat bordé de gardes armés de pertuisanes; parce qu'il ne doutait point que le Cardinal, en le faisant passer par là, n'eust (lésai* de le faire tuer, presque de la mesme façon, que le Duc de filise lut tué aux Estats de Blois. Miossans, que Ton a eonnu depuis sous la qualité de Mareschal d'Albret, les escorta arec quatorze chevaux de la garde du Roy, pendant que les tntns, au nombre de prés de deux cens, attendoient les ordres a rendezvous qu'on leur avoit donné derrière l'hostcl de Vcndotme. Ils sortirent par la porte de Richelieu, et prirent leur tain le long du fossé, au pied de Montmartre, où le carosse m et se rompit. Le Prince se voyant à pied et accompagne da n peu de gardes, dit à Miossans, qu'il lui pouvoit rendre m tervice, qu'il n'oublieroit pas tant qu'il vivroit; mais Mios- HB8 lui repartit, qu'il estoit au Koy, et le pria de ne tenter pobt sa fidélité. Estant arrivés au chastcau de Vincenncs, ils y tant enfermés au donjeon, que l'on n'avoit pas osé meubler, de peur de descouvrir le dessein ; de sorte qu'il ne s'y trouva p an seul lict, où l'on pust coucher les Princes prisonniers. Le mesme soir l'on arresta prisonnier Perrault, Président en la Chambre des Comptes et intendant des affaires du Prince, et hn mit garnison dans sa maison. Les deux Princesses, la merc et la femme du Prince se retirèrent à la campagne, par ordre k la Cour, et l'on voulut arrester la Duchesse de Longueville, sa soeur; mais le Duc de la Rochcfoucault la fit *wer dans une maison particulière, d'où clic se retira en Normandie et ensuite par les lYis-bas à Stcnay. Les amis du Prin- *• qui eussent sans doute couru une mesnie fortune, so sauverait dans les Provinces, où ils a voient des places de retraitte, * des amis, et y firent des affaires à la Cour, dont nous trouverons occasion de parler en un autre endroit de cette histoire. Kous dirons seulement icy, que B r a s s c t , Résident de France, *n fit part à l'Estat, et en parla comme d'une action juste, sage *t généreuse, dont les ennemis de la France n'auroient pas grand «■jet de se réjouir, quoy qu'ils en eussent publie les premières nouvelles, comme d'une affaire, qui devoit apporter de grands avantages à la Couronne d'Espagne. Il y adjnusta, qu'une nouvelle de cette nature leur pouvoit bien donner quelque petite émotion de joye, mais qu'il sVstonnoit de ce qu'ils avaient ose

276 Affaire* rie France.

la faire éclattcr dans un Estât, qui ne pouvoit pas n'aimer pois la France, et ne compatir point à ses malheurs.

La Reine, pour justifier une si grande action, qu'elle venrildfl faire pendant la minorité, par le conseil d'un Ministre esttiBgfri envoya au Parlement une lettre de cachet sous le nom dt 3fff% où Servi en, qui Ta voit fabriquée, n'avoit rien oublié de eefti pouvoit rendre les prisonniers criminels, ou du moins suspecta d'un crime, qui menaçoit la Monarchie d'un bouleversement WH versel. Et bien que l'ingratitude soit bien un vice, mais no» Il crime d'Estat, la lettre commençoit par une grande enumerttfot des bienfaits que le Prince et feu son Père avoient reeeutfa Roy defunct et de celui cy, lesquels elle disoit estre si gruifc que jamais Souverain n'avoit fait un si puissant sujet. Aprfi cela elle marquoit les démarches, que le Prince avoit faites, port aller à la Souveraineté; qu'il avoit demandé une armés, poir aller conquérir la Comté de Bourgogne, à dessein de la posiedBr sans aucune dépendance de la Couronne; qu'il avoit prêtai* qu'on lui donnast Gravelines, Dunquerquc et les antres compta tes de Flandre en tiltre de Souveraineté; qu'il avoit voulu tntt» ter avec le Duc de Mantoùe de la Souveraineté de Charité ville, et avec Âiguebcrc du gouvernement du Montolimpe, tf qu'il avoit voulu détacher de l'armée qu'il commandoit une fB* tie de la cavalleric, à dessein do favoriser l'élection dn BrW de Conty, son frere, que l'on pretendoit faire Coadjuteard* l'Evesché de Liège, et de se cantonner en ces quartiers là, oàï possedoit desja Stcnay, Clermont et Jamets, et où il esperoif fc se faire donner Sedan ; que son intention estoit d'affoiblir & d'abattre entièrement l'autorité Royale, en sorte que le Hoft lors qu'il scroit majeur, n'en eust eu que le nom et les appu»* ces, et que toute l'autorité et toute la puissance fust demenrfc' entre les mains du Prince; que pendant qu'il commandoit 1* armées du Roy il avoit taché d'en gagner les officiers, et paiti* culiercmcnt les estrangers; qu'il avoit exigé de ses créatures, l qui il avoit confié la garde de ses places, un serment de fidefitf et d'obéissance aveugle envers et contre tous, sans exception 4 sans reserve; que sa maison avoit servi de retraitte et d'ssik aux criminels, et qu'il avoit mesme protégé hautement des pet sonnes, qui avoient offensé la Reine irremissiblemcnt; qu'il avet voulu capituler avec la Reine pour la charge de ConnestaU quoy qu'elle eust esté supprimée par le Roy defunct; que par I moyen du Duc de Richelieu il s'estoit rendu maistre du Havi

Affaires de France. 117

de Grâce, le plus important poste de tout le Roi a urne, et que son dessein estoit d'y joindre la charge d'Admiral de France, oirchant ainsy droit à une puissance redoutable à des si grands pis, que les ennemis de la Couronne ne differoient de faire la paix, que parce qu'ils s'attendoient au succès des pretensions du Prince, qui ne pouvoient avoir pour veiie que le bouleversement «le k Monarchie. Ce que la mesme lettre disoit du Prince de Coftty et du Duc de Longue ville n 'estoit pas de la mesme fora; tellement que Ton y remarquoit, que s'ils estoient criminel!, ce n "estoit que par contagion et par reflexion au Prince.

Ce n'est pas nostre intention de le justifier. Une personne illustre, qui estoit intéressée en sa fortune et en sa réputation, Ta fut si judicieusement, et avec tant de succès, qu'il est impossible d'y rien ajouster. Nous n'en pouvons dire autre chose, ùkon qu'il est certain, qu'en France mesme il n'y avoit que kiwis du Cardinal et les ennemis du Prince, qui approuvassent cette exécution, et que les plus modères disoient, que peutestre le Priiee n'auroit pas esté criminel dans l'esprit de la Reine, s'il eut en un peu plus de deferanec et de considération pour le Miiistre, et en parloient comme d'une chose, qui seroit jugée boue ou mauvaise, par le bon ou mauvais elfect qu'elle produirait. La suite a fait voir, que les auteurs de ce conseil avoient Ml pris leurs mesures, et que si le Prince eust pu se résoudre i me fidélité inviolable pour ceux qui le tirèrent depuis de la prison, il eust ruiné ses ennemis, se seroit rendu redoutable à la fosi et auroit esté le maistre des affaires.

Ce que 1» lettre du Koy disoit du dessein, que le Prince avoit 4 faire élire son frère Coadjutcur de Liège, est proprement du *\jet de cette histoire, parce que cet Estât a eu quelque part à *s suites. L'Evesquc de Liège est aussy Prince temporel de ce #uul et beau pais, mais il ne gouverne pas ces peuples avec ose souveraineté si absolue, qu'il ne leur reste plusieurs marques k liberté. L'Evesché estoit depuis plusieurs années dans la Maison de Bavière, laquelle estant attachée par alliance et par intercrt à celle d'Austriche, les ennemis de la France y trouvoient de grands avantages. Le Cardinal de Eichelieu, qui ne perdoii point d'occasion de ménager ceux du Koy, son maistre, leur vooJut oster ces commodités, en attirant ces peuples dans les interests de la France, ou bien en les disposant à la neutralité. Le Résident, que le Koy y cuvoya, s ce ut si bien fortifier la faction Françoise, que sans la mort du Bourgucmaistrc Bue lie, que le

27S VEtSchè de Liège.

Comte de Warfusé fit assassiner, après l'avoir prié à din le party Bavarois estoit entièrement ruiné, puis que nonobsti cet accident, elle se releva tellement quelque temps apréi, q les Chanoines, ennemis des François, furent contraints de «v de la ville et de se retirer à Huy. Le prétexte de leur reitaH sèment fit en Tan 1649 armer l'Evesque sons le commandas de Maximilian Henry son néveu, Coadjuteur de l'Archerac do Cologne, et sous le Lieutenant General S par, qui se tant du prétexte du refus, que les Liégeois faisoient de payer le part de la somme, que l'Empire avoit promis par le traittédXJ nabrug, de payer à la Couronne de Suéde, osèrent avee sept* huit mille hommes assiéger, ou plustost bloquer une ville pelfi de plus de cinquante mille combatants. Elle avoit envoyé tapi rcr le secours du Roy de France, qui estoit obligé de lai pour son honneur et pour son interest, au lieu de s'a fortifier la petite ville de Condé, au cœur du païs ennemy, « rivière et sans passage. Elle demandent le Prince de Conty peu de troupes, mais le Cardinal, soit qu'il enviast cette gm deur à la Maison de Condé, ou qu'il y eust quelque inien particulier, caressa les Députés de Bavière et les asseura qas ville de Liège n 'avoit point de secours à espérer de la Fmt Dans cette extrémité les Bourgucmaistrcs curent recours aux 1 tats des Provinces Unies, et le Prince d'Orange estoit dWn que l'on envoyast quelques troupes de cavallerie et d'infant* à Hcrcstal, sous le canon de la ville, afin qu'estant maistreAfl des portes, Ton y pust faire entrer le secours, que l'on jugeN nécessaire; mais les Estats, sçachant que le magistrat aimoitnriei qu'on licentiast icy quelques troupes, pour les faire passer I service de la ville, y acquiescèrent (tt). Mais devant que la v3 en pust profiter, la division la fit tomber entre les mains de I ennemis. La dernière resolution des Estats ne fut prise que dernier jour d'Aoust, et dés le 28 la faction des Schiroux vfl fait une suspension d'armes avec les assiégeants, permit qifi logeassent une partie de leurs troupes dans un des bastions, que quelques compagnies entrassent dans la ville. Le lendems plusieurs bourgeois de la niesme faction firent ouvrir une port par laquelle entrèrent cinq cornettes de cavallerie, et enitt toutes les autres troupes. Le Coadjuteur so voyant maistro do

(//) Résolutions des Etats de Hollande du 28 et 31 Août 1649.

L'Ambassadeur Espagnol Antoine Brun. 279

ville, Toulut s'en asseurer la conservation par la mort de quelçut nos des principaux du party contraire, et par le moyen (Tue espèce de cittadelle qu'il y fit bastir, et qui lui sert de bride en apparence, mais qui en effect est très nécessaire pour le repos de la ville, que les habitants n'a voient point gousté* depuis plsmrs siècles.

Celui qui se rejoûissoit le plus des desordres dont la France «toit travaillée, et qui parloit le plus judicieusement des mesdates suites que cette rencontre devoit entraisner après elle, erioîi Antoine Brun, Ambassadeur d'Espagne. Il avoit esté Procureur General au Parlement de Dole en la Comté de Bourgqpe, d'où il avoit esté tiré pour estre employé à la négociation de Munster, en qualité d'Ambassadeur Plénipotentiaire du Roy d'Espagne (1), qui lui donna en suite celle d'Ambassadeur ordi-

(1) Antoine Brun a donne une relation de la négociation de pu à Munster; ce manuscrit conservé longtemps dans la bibliottàfue de Stutgard fut publié par le savant J. J. M oser, dans «i recueil MiscelUmea Juridico-Hiatorica etc. (Franckfort et Leipng, 1799). T. I. p. 456.

I/mtenr de la Critique raconte, qu'il avait eu l'adresse de corrompre à Vuster un des secrétaires de l'Ambassade de France, qui lui livra éa lettres, que Mazarin écrivait aux Plénipotentiaires de France. »Brm montra aux Plénipotentiaires de Hollande ce qu'il y avoit de niant contr'ciix et les mauvaises idées, que Mazarin avoit de la Biblique en général." Il poursuit: //Mr. le marquis de Brun, Wi petitfils, Chevalier d'honneur au Parlement de Besançon, héritier fc Mb biens et de sa belle bibliothèque, y conserve soigneusement une pwde et riche collection des lettres et négociations, qui appartiennent principalement à la paix de Munster et aux cinq années de l'Ambas- «4e à la Haye de son aïeul." (p. 03).

Antoine Brun sut s'acquérir pendant son séjour dans les frjs-Baa l'affection et l'estime de tous ceux qui l'entourèrent, par «a earactere aimable et par la bienveillance et la simplicité de ses ■uières. Diplomate habile, il sut se faire craindre par ses intrigues, •wtout des ministres de France, qu'il noircit pur des libelles et par toutes sortes de moyens, qui surtout dans ces temps là, s'ils atteipàent leur but, augmentaient le mérite du diplomate. Ce fut exchi- UTement à ses talents, que l'Espagne dut la paix de Munster. H remplit de plus mainte haute charge, et fut élevé à la noblesse wee le titre de baron. Voir Baylc in voce. Sur les démarches cru fit lors des dissensions entre le Prince et les Etats de Holkrofei voyez M. de Wicqucfort dans son ouvrage: L'Ambassadeur ^fonctions (Livr. II. Sect. IV. p. 43:) , A n t o i n c 1 c B r u n . . . . qui

d'ailleurs estait un adroit et un fort sage ministre, croyant faire une

280 L'Ambassadeur Espagnol Antoine Brun»

nairc auprès des Estats des Provinces Unies. Le Comte de Fe* gnnranda, chef de la mesme Ambassade de Munster, qui vouloit que Ton crust que la paix estoit son ouvruge, comme elle l'cstoit en partie, a voit dit aux Ambassadeurs de cet Estât, que ce seroit lui qui viendroit h la Haye faire les premiers offices sur ce sujet; mais soit que Testât des affaires do France, (pi estoient fort brouillées en ce temps là, l'appellast ailleurs, aa qu'il considerast qu'à la Haye il n'y avoit que des plaintes i faire, ou des reproches à recevoir de l'inexécution de plusiean articles du trait te, il refusa cet cmploy, et y lit nommer A. Bru- Cette Ambassade fut d'autant plus glorieuse à l'Estat, que parce moyen le Itoy d'Espagne coufirmoit aux yeux de tout le monde ce qu'il avoit accorde* à Munster, en le reconuoissant pour ildépendant et Souverain. L'Ambassadeur arriva à la Haye M mois de Juin 1649, et bien que les Députés de Zeelande et d*Utrecht, qui n'a voient consenti à la paix qu'avec quelque repugnuce, jusques là que les Estats de Zeelande ne l'avoient pas encore ratifiée formellement, s'opposassent à sa réception, on ne pas de le recevoir à son entrée, et de le traitter avec les honneurs et avec les mesmes civilités, que Ton a accoutume* de rendre aux Ambassadeurs des autres Testes Couronnées.

Il eut sa première audianec le 26 Juin; et bien que ce ne M qu'un compliment, son discours fut prononcé de si bonne grâce (1)»

chose fort agréable au Prince, lui alla offrir les armes du Roy Ni maiatre pour la réduction de la ville (Amsterdam). Mais le Prince h> répondit, que le Roy d'Espagne n'avoit que faire de se mesler ta affaires domestiques du païs et que lui ni les Estats n'avoient pas besoin de ses armes; que si le Roy faisoit avancer ses troupes, ces petites mésintelligences ccsscroicnt bientost, et on verroit en un momert toutes les forces de l'Estat se rciiair pour s'opposer aux estrangen. — Le mcsinc ambassadeur voulant réparer sa première faute, en fit UM seconde en demandant audianec aux Estats pour les complimenter HT la reconciliation. On la lui accorda, mais dés qu'ils en sçeiirent le sujet, ils lui envoyèrent dire quoi qu'il fust dcjii au pie de l'escalier où leurs députés le dévoient recevoir, qu'ils estoient obligés de le faire prier de trouver bon qu'on le remisl ii une autrefois; de sorte qu'il s'en retourna avec une espèce d'affront pour avoir voulu perler •l'une affaire domestique, dont il ne devoit pas prendre connoissanec." M. Brassct. disait de l'arrivée de Brun dans les Pays-Bas, , enfin le cheval de Troie r>i enin- dans la Hollande" (ArrAirex IV, p. 311). (1) . Sync pri»|*i>iiie dcile hy in't frans, met een modebtc graviteyt mde acimename «eUprekcnthcyt, sonder eenijre licMlatie" v. Aitzenia III p. :<|l

VAmbattadcur Espagnol Antoine Brun. 281

ci Ton y remarqua tant de sincérité, que de cette première action Ton fit un jugement fort avantageux de son mérite, et Ton commença à se persuader dés lors que sa conduite ne seroit pas An homme ordinaire. Il estoit aussy charge* de lettres de finance de l'Archiduc Leopold Guillaume, Gouverneur des Promces des Pais-bas de l'obéissance du Boy d'Espagne, et irait amené avec lui pour lui servir de conseil en sa négociation Philip pes le Boy, Commis aux finances des Pais-bas à feueUes, qui avoit fait plusieurs voyages en Hollande, mesme faut que la paix fust conclue. Elle estoit d'autant plus fâcheuse et difficile, que les quatre Ministres, qui y avoient este* naployés devant lui, n'avoient pas encore pu faire régler une mk affaire. Mais à peine avoit il commencé à négocier, et à pnoer en sa première conférence l'cstablisscracnt de la Chambre ■yptitic, que l'Archiduc lui envoya ordre d'accompagner le Conte de Pegnaranda à Cambray, où il se devoit aboucher net Hugues de Lionne, alors Secrétaire des Commandements de h Reine de France et du Cardinal Mazarin.

Le Brun devant que de partir de la Haye, demeura d'accord me les Commissaires de l'Estat de l'échange des prisonniers, qû avoient esté faits par forme de représailles, aux pais d'Outre- Meue, en la Mairie de Boislcduc et au quartier d'Anvers. Il fit mj instance à ce qu'on laissast aux gens d'Eglise des puis (TOotre-Mcuse, pendant l'année courante, le revenu du bien, dont h tvoient jouy l'année précédente ; que les Estats révoquassent h déclaration, qu'ils avoient fait publier contre les prostrés, curé» et moines, et qu'on laissast au gens d'Eglise, sujets du Boy l'Espagne, la jouissance des terres et dixincs, qu'ils avoient eu a ces païs. Les Commisssaires ne pouvant pas se résoudre à cette complaisance, et n'ayant point d'ordre pour cela, l'Ambasftfair témoigna en estre fort peu satisfait, et l'on dit mesme, Ï»*Q s'emporta à quelques paroles de ressentiment, que l'espc- ■aaee, qu'il avoit de conclurre la paix avec la France, lui firent Kre («»). Mais cette espérance s'estant esvauoûic tdés la première entre venue des Ministres des deux Couronnes, ses menaces earent point d'effect, et l'Ambassadeur continua de négocier icy rec une très grande modération.

'.'*) Bcsoluiiou des? Etats de Hollande du 0 Août If» IV».

288 L'Espagne et les Province* Urnes.

Les Espagnols, qui avoient offert d'envoyer une ara cours du Parlement de Paris, voyant l'acoommodeiiieai trerent en négociation avec la Cour pour l'adjustemefit rests des deux Couronnes, qui dévoient faire trouver rustres à Cambray; mais comme ils estaient persuada France alloit tomber dans les mesmes desordres, qi destruit toute la forme du gouvernement de l'Angleta voulurent pas faire la paix, sinon aux mesmes conditio avoit esté faite en Tan 1598 à Yervins, et les Frai* voulant pas achetter à ce prix là, cette négociation fin aussytost rompue que commencée.

De Brun estant de retour à la Haye au mois d'Oc! audiance, où il parla du mauvais succès de son voyagi négociation, et offrit de renouer celle qu'il avoit coma vant que de partir. U délivra dans la mesme audianoc l'Empereur pour la neutralité avec cet Estât, daté du 1649, que le Boy d'Espagne avoit obtenu conforment Article du traitté de Munster. Mais dautant que le nu cle obligeoit le Boy à en obtenir autant de l'Empire* i de tous les Estats de l'Allemagne, assemblés en corps diète solemnelle, et que l'autre estoit comme inutile, l'Empereur de son chef, et comme Boy de Hongrie et me, et Archiduc d'Austriche, ne pouvoit point avoir d avec cet Estât, l'on insista dés lors, et Ton a tousjoi depuis, à ce que l'Empire s'en expliqua st aussy; ma quoy le Boy d'Espagne ne satisfit point, et n'a pas sa core. Au mois de Novembre de la mesme année l'Air fit port aux Estats du mariage de Philippe s IV, \ pagne, son maistre, avec Anne Marie d'Austriche fille de l'Empereur Ferdinand III et de Marie, Philippe s (vv). Les cérémonies des épousailles se fin drid le 8 du mesme mois, et Brun en fit des réjouis* bliques, accompagnées d'un grand festin, où ceux q des affaires de ce temps là remarquent mal à propos, c chose extraordinaire, que l'on y avoit donné au Princt chaise à bras, quoy qu'il s'y trouvast avec plusieurs D Estats Généraux. Car puis que les Estats lui font le m neur dans leur Assemblée, où ils représentent tous les

(ce>) Bésolution des Etats Généraux du 1G Nov. 1649.

UBspagne et les Provîntes Unies. 28*

Estai en corps, ils lui pouvoient bien céder le mesmo e dans on festin, où ils n'avoient point de rang, et où oient que comme particuliers, ou au plus comme Députés «tablée.

ommcncement de l'an 1650 il reprit le fil de sa négociaor le différent des Fais d'Outre- Meuse , pour quelques i et autres biens Ecclésiastiques, dont Ton estoit en con- , touchant la liberté, qu'il pretendoit ne devoir pas estre rax gens d'Eglise de venir en ces Païs, et au sujet d'un it pour le fait do la Marine. Stocmans, Edelheer, 'en et Descortes avoient commencé ces négociations m devant que 1* Ambassadeur fust arrivé; mais ils n'aen pu foire régler. L'Ambassadeur y rencontra les mescultes. Son intention estoit de faire faire un accommoprovisionnel pour la possession des Fais d'Outre-Meuso, a connoissance du fonds de l'affaire fust renvoyée à la

mypartie, suivant le 3 Article du traitté de Munster.

Bstats soustenoient, que suivant la première partie du rtiele la possession ne leur devoit pas estre contestée, ls l'avoient eue lors de la signature du traitté, par le es garnisons qu'ils avoient dans Fauquemont, Daclhem educ, et que les Espagnols les y ayant troublés, c'estoit reparer l'attentat, et à ne les y troubler plus à l'avenir. qui est des Abbayes et des autres terres, dont l'Ambaaretendoit la Souveraineté pour le Roy son maistre, le l'Estat fit voir, qu'elles estoient situées dans la Mairie «lue, dont le Roy d'Espagne avoit codé la Souveraineté ûtté de Munster {ww). Tellement que de toutes ses nei il n'y eut que celle du traitté de la Marine qui reustis Descortes y avoit travaillé longtemps, mais l'Am- , qui sçavoit que le commerce est de la dernière impor- 3et Estât, et que l'on y est extrêmement sensible à tout : peut troubler et incommoder la navigation, s'y rendoit Je, ménageant par ce moyen l'affection de ces peuples tge du Roy son maistre, en la conjoncture de la guerre

la France, et des déprédations continuelles, que les faisoient continuellement sur la mer.

vons remarqué ailleurs, que les Espagnols ne pouvoient

solutions des Etats Généraux du 1 et du 3 Fevr. 1050.

*S4 U Espagne et les Provinces U*itt.

pas souffrir que Ton donnnst icy une explication, qui i avantageuse à l'Article séparé, qui avoit esté arresté commerce peu de jours après le traitté de paix, et qu'i tendoient pas, que les marchands se donnassent la lie porter aux ennemis de l'Espagne et particulièrement en toutes sortes de denrées et de marchandises indistincteme de trois ans passèrent en des contestations continuelle! que Von pust demeurer d'accord d'un traitté formel, qu conclu que le 17 Décembre 1650. Ce traitté portoit, que bitants de ces Provinces feroient leur commerce en toute et liberté dans tous les Eoiaumes, Estats et Païs, et me France, de toutes les marchandises et denrées, dont Ton quoit devant qu'il y cust rupture entre les deux Couronn réserve toutefois de celles qui seroient du crû ou de ! des Païs de l'obéissance du Roy d'Espagne, et dont Ton roit servir contre lui. Et pour ce qui est des autres Esti lesquels le Koy d'Espagne estoit en guerre, les habitant Provinces n'y pourraient pas porter des marchandise» de bande, c'est à dire des armes offensives et défensives, des et autres, ainsy qu'elles y sont exprimées. Gomme df costé* il y estoit expressément stipule, que les vivres, c*ei le bled, toutes sortes de grains et de légumes, le vin, ! l'huile ne seroient pas compris au nombre des marchan contrebande; que pour provenir les fraudes, dont les mi ont de la peine à s'abstenir, et aussy pour ne trouble cours du commerce, sous ombre de la recherche que voudroit faire, les patrons des navires seroient tenus de i de passeports et «le lettres de mer de l'Admirauté du li il» partiroient, pour les faire voir dans les ports de mer, voudraient partir, pour aller aux havres des ennemis, co ministre par là In qualité des marchandises, dont le ni roit charge; que lors qu'on les rencontreroit en pleine bien à quelque rade, on ne les pourroit pas recherche qu'il y oust lieu de soupçonner, qu'ils seroient chargés chandisc» de contrebande, mais que pour cela Ton ne pu» incommoder le navire, ny toucher aux autres marcl que le* marchandises, qu'un des habitants de ces Provinc charge dans un navire appartenant aux ennemis du R pagne, seroient confisquées .wcv le n:.wre. comme de Pau l%N maiehandiM'S ».o* on:uv. ;> »/K>.v.p:.c. chargées dans 1 •le ev!> païs, ne >ervioni pas syjc'.Ks à oc b£*calien, si el

U Espagne et les Provinces Unies. 285

: contrebande, et que les avantages stipulés par ce traitté, réciproques anx sujets du Roy d'Espagne et de cet Estât. «ssadeur, devant que de mettre la dernière main au : la Marine, fit part aux Estats de ce qui s'estoit passé Duc d'Orléans et l'Archiduc Leopold, touchant Touue le dernier avoit faite d'une entreveûc pour l'adjustedifferents, que l'on n'a voit pas encore pu régler entre Couronnes. Brasset en avoit fait autant et en avoit s l'Assemblée des Estats Généraux comme du comment du progrés d'une négociation, qui promettoit un grand prés les premières démarches que l'on en avoit faites de d'autre. Les Estats, qui a voient envoyé Guillaume en France au mois de Juin 1650, en la qualité d'Am- Ordinaire, lui avoient ordonné ensuite d'y offrir leur . pour raccommodement des différents entre les deux s, faisant en mesme temps faire les mesmes offres à t qui temoignoit bien la désirer aussy, quoy qu'elle ne ; point en effect. Ses Ministres protestoient continûcllc- > c'estoit leur inclination, et cependant ils s'y prenoient uvaise grâce, qu'ils laissèrent tout le monde persuadé lire (zt).

idnc, dont tout le Conseil estoit composé d'Espagnols, le profiter des désordres de la France, et de faire une onnable, fit connoistre qu'il la pretendoit trouver dans s de cette Monarchie. Le peuple de Paris, estoit armé Roy, et irrite contre le Cardinal, qui, à ce que l'on oit empesché les Plénipotentiaires de conelurre la paix 5. L'Archiduc y envoya un trompette, qui en passant à du Tiroir le 2 Sept. 1650 fit une chamade, à laquelle eois estant accourus, il y déclara, qu'il venoit de la part

solution des Etats Généraux du 30 Août 1650. * Pat niitslo. Mo. hem ambassadeur (Boreel) uyt een vredelievend îbben gelast ende aeubevolen, Sijne Majest. acn te bieden ;nteren derselver sincère ende oprechte otiieien ende devoiren itie tôt bcslissinge ende accomodatie van de uvtstacnde geîde differenten tusschen de meer hooglistgcmcldc beyde krooversoeek dat sulex Sijne Majestcyt acngcnaein mapli sijn cepteert Trorden, als komende van dcs/.clfe l)este ende vervrieudeu eude oude Bondi srenool en," etc.

2SG VEftpagne et la France.

de l'Archiduc demander la paix, et que si on la loi refusait, il estoit sui?y de forces qui la lui pourraient faire donner. Aprtff avoir allarmé* le peuple, il alla porter une lettre au Duc d'Orléans, à qui T Archiduc escri?oit, que le Boy Catholique, Ml maistre, lui ayant donné l'autorité de faire la guerre et de m» clurre la paix, il aimoit bien mieux négocier Tune que de fine l'autre, particulièrement avec un Prince, de la bonne intestin duquel il estoit tellement persuadé, qu'il ne doutoit point qel n'y contribuast tout ce qui dependroit de lui. Le Duc d'Orléans receut le défy agréablement, et repondit à l'Archiduc, qp le Roy, son neveu, et la Heine Régente lui avoient doméb mesme autorité ; et qu'ayant aussy le mesme pouvoir et la mem inclination de faire la paix, il lui envoyoit le Baron de Verdtronne, pour sçnvoir de lui le lieu et le temps de l'assemblai aussy bien que le nom et le nombre des personnes, qu'il déptteroit pour cela. L'Archiduc, prenant cette civilité pour une sw* mission absolue, escrivit au Duc, par Yerdcronne et par De» Gabriel de Tôle do, que puis qu'il lui demandoit le tempiet le lieu de rassemblée, et quelles personnes il y députerait, il W vouloit bien dire, que son intention estoit, que tous les diffimta se réglassent entre eux deux, et que pour cet effect ils se trouvassent en personne entre Bhcims et Bhctel le 18 Septembre, La lettre estoit datée du 8, et Don Gabriel n'arriva à Paris que le 12; de sorte que le Duc n'ayant que six jours, pour » préparer à cette illustre cntreveiîe et pour fairo le voyage, et ■• trouvant pas bon que l'Archiduc reglast seul ces importants pe» liminaires, lesquels ils dévoient concerter ensemble, dit & Bel Gabriel, que si l'Archiduc vouloit envoyer des passeports po* le Nonce et pour le Ministre de la République de Venise, me* diatcurs reconnus par les deux Couronnes, il y ajousteroit b Comte d'Avaux, cy devant Plénipotentiaire du Roy aux traittéi de Munster, qui régleraient avec lui ce que l'on jugerait à propos pour l'avancement d'une si bonne œuvre. Don Gabriel partit avec cette réponse, et promit de faire tenir les passeport! dans peu de jours, et sur cette asseurance le Duc fit partir 1» Ministres, qui dévoient négocier la paix. Mais après qu'ils les curent attendus quelque temps à Soissons. le Nonce receut une lettre, dans laquelle l'Archiduc lui escrivoit, qu'ayant satisfait i ce que le Duc d'Orléans avoit désiré de lui, en lui marquant le temps et le lieu de l'assemblée, et les personnes qui pourraient

L'Espagne et la France. 287

il n'y avoit plus de préliminaires à ajuster; que Ton iToit pas engager à une longue négociation; qu'il falloit i eonclurre en mesme temps; que les mouvements coni son armée ne lui permettoient pas de séjourner longis an mesme quartier, et que dans une autre saison, jurroit négocier avec plus de loisir, il ne refuseroit pas offices du Nonce du Pape et du Ministre de la Repusst ainsy que cette négociation se rompit devant qu'elle leneée; parce que d'un costé le Duc d'Orléans ne is devoir laisser à l'Archiduc seul la disposition du du lieu, ny exposer sa personne à la discrétion d'une rangere et ennemie, sans prendre les seuretés necessaisa conservation, et parce que de l'autre Ton ne vouloit six du tout.

pagnols fomentoient les desordres du Roiaume par des •ibles et impuissants, qu'ils donnoient au Parlement de à ceux qui s'estoient souslevés contre le Boy, et n'ade de donner la paix à la France, sur laquelle ils ne nt pas seulement reprendre toutes les places qu'ils avoient îpuis le commencement de cette guerre, mais aussy faire estes très considérables. L'affectation de l'Archiduc esgrossiere, mais Brun ne le dissimula point, lors que lui offrirent leur médiation pour cet effect. Le Prince U qui s'estoit mieux démeslé* de l'affaire d'Amsterdam, parlerons cy après, qu'il n'avoit ose espérer après avoir la surprendre, estoit devenu plus puissant et plus conju'il n'avoit esté auparavant, et commençoit à songer velle rupture avec l'Espagne; c'est pourquoy il vouloit stats, en faisant offrir leur médiation à Brun, lui iisrer en mesme temps, que si le Roy d'Espagne faisoit e l'accepter, il ne pourroit pas trouver mauvais, qu'ils sent pour la France, en vertu de Testroite alliance qu'ils îc elle (yy). La Hollande ne trouva pas bon, que l'on

>lution de3 Etats Généraux du 5 Sept. 1.650. [Le lecteur rer la date (5 Sept.) de cette résolution avec celle de la Prince à d'Estrades (2 Sept.), dont nous avons fait tis la note de page 250. On peut voir dans les Archives , )8 une lettre du Prince du 27 Août 1650, où il fait men- ;e médiation, comme d'une affaire qui pouvait mener à une ipture avec l'Espagne. *J'ay obligé," dit il, ,1a province

288 V Espagne et la France.

employast ces termes, mais fit ordonner, que les offres se fi roient aux deux Couronnes avec les mesmes civilités. Le Bru répondit aux Députés qui lui en parlèrent, qu'il sçavoit, qui Roy, son maistre faisoit une estime particulière de l'amitié* A Estats, et qu'il en feroit tousjours beaucoup de leurs bonsoffiw que Ton n'en pouvoit pas douter icy après les preuves, qrï c avoit données à Munster, où il avoit sousmis à l'arbitrage et la décision de cet Estât les différents, qu'il avoit encore avec ! France, pour n'avoir pas pu estre adjustés par les mediatcniré puis plusieurs années; qu'il croyoit bien aussy, que les Estai quoy qu'estroitement alliés avec la France, et bien qu'Us emss plusieurs interests communs avec elle, auroient ncantmoins j) de considération pour leur honneur et pour leur réputation Sj pour leur interest; mais qu'ils dévoient considérer aussy, qosd puis l'an 1637 le Boy, son maistre, avoit agréé la mediatiomi Pape et de la République de Venise ; qu'il ne la pouvoit pas 1 jet ter présentement, après que leurs Ministres y avoient tratri pendant tant d'années, et que quand il accepterait celle de i Estât, il se rencontreroit dans les congrès, que l'on serait oblj d'avoir avec le Nonce et avec l'Ambassadeur de Venise, des i fi cultes capables de rompre toute la négociation; que nonobstl cela il ne laisserait pas d'en escrire à sa Cour.

Les offres de médiation furent tout autrement receùes eu tn ce, et les mesmes Ministres, qui s'estoient si fort emportés eori cet Estât, lors qu'il se voulut mcslcr des différents des deux Co ronnes immédiatement après le traitté de Munster, y tenoient tout autre langage. B o réel s'estant rendu à la Cour, qui est à Bourg sur mer, au conflans de la Garonne et de la Dordeg la trouva occupée au siege de Bourdeaux, et en estât d'e les propositions d'accommodement avec l'Espagne, qu'il fit i

de Frise par le moyen du président de la scinènc, qui dépend de n de proposer aux Estats-Généraux qu'il nous estoit honteux de i la France cinbarassée dans les affaires oii elle est, sans lui offrir assistances, après les obligations que cet Estât luy a. Il propot aussi qu'il soit escrit une lettre honeste à l'Archiduc, pour luy i entendre que cest Estât ne pouvoit voir ny souffrir qu'il s'enguag plus avant dans les affaires de France, s'uffrant a s'entremettre i

bon accommodement Je ne désespère pas que nous n'ayons b

tost la guerre contre les Espastnolz; mais il fault bien prendre mesures"";.

U Espagne et la France. 2S9

JWMiere audiancc On lui répondit ncantmoins de la part du %, que ce n'estoit pas l'intention des Espagnols de faire la pu; que s'ils en eussent eu l'envie, ils n'eussent point fait de difficulté de s'en rapporter de leurs différents au jugement h Estats; que la France avoit déclaré plus d'une fois, pu li les Estats ne s'en vouloient pas mesler en qualité l'arbitres, que du moins comme alliés ils pouvoient concerter ira les Ministres du Boy les conditions, sous lesquelles ils juprofent que Ton pourroit et devroit faire la paix; que le Boy l'sroit jamais rejette les médiations qu'on lui avoit proposées, loi pas mesmes celle de la Reine de Suéde, dont les Espagnols iraient parlé les premiers, ny celle des Estats de l'Empire; que e taitté qu'ils venoient de conclurre avec les Anglois, la rciherebe qu'ils faisoient de l'alliance du Turc, la difficulté de Frankendal à l'Electeur Palatin, l'opposition qu'ils forcontre la paix de l'Empire, et les protestations, qu'ils «soient faire contre tout ce qui avoit esté arresté à Munster, atokai autant de marques de l'aversion qu'ils avoient de la paix. lùn que la dernière rencontre, que le Duc d'Orléans venoit Tiroir avec l'Archiduc Leopold, Gouverneur des Païs-bas, en *toit une preuve infaillible; que le Boy au contraire recevoit ivec agrément les offres de médiation, que les Estats lui faisoient Un, et qu'il seroit bien aise, qu'ils prissent part à celle du Pape H de la Bepublique de Venise, pour y travailler conjointement Mec eux, ou bien separemment, ainsy qu'ils le trouveroient à propos; que pour y réussir, et pour donner le repos à la Chrestieaté, il falloit que les Estats, en rappellant à leur mémoire les Mea&its, qu'ils avoient continuellement receus des Bois de France» songeassent à leur donner un autre secours que celui de la ■ftattion, puis que l'Espagne en empescheroit sans doute l'effet, comme elle avoit fait par le passé; qu'ils y estoient obligés par des considérations si fortes, qu'ils ne s'en pourroient pas dupenser, quand mesmes il n'y auroit point de traittés, qui les obligeassent à rembourser le Boy de plusieurs millions, qu'il leur âvoit prestes; que les mesmes traittés disoient, que lors que le loy teroit en guerre, le secours qu'ils scroient tenus de lui donner seroit de la moitié de la somme, dont il les avoit auparavant secourus en de semblables occasions; qu'ils lui renvoyeroient es régiments François, et qu'ils l'assistcroient d'un bon nombre e vaisseaux de guerre; que les devoirs de la reconnoissanec, les îgies de la prudence et la * raison d'Estat les convioient à en

200 Les Province» Unies et la France.

user ninsy, aussy bien que la gloire qu'ils acquerroient, blissant le repos de In Chrcstienté.

Pour l'intelligence du contenu en cette réponse, il fauti qu'en vertu du traitté, qui fut fait à Compiegne an mois de Mi 1G24, le Roy de France a voit preste à cet Estât la n la somme de douze cens millo livres, et pendant chacune des i années suivantes un million, à condition que la France si remboursée de ces sommes dans neuf ans, après que cet ! scroit convenu avec l'Espagne d'un traitté de paix ou de i et ce à plusieurs termes. Le mesme traitté portoit, que cet' assisterait le Roy de la moitié de cette somme, quand il i en guerre, ou quand il en auroit besoin. Il est Tray que jsJÉs^; il en eut plus à faire; c'est pourquoy l'on avoit bien protêt, fA la Cour de France ne manquerait pas de faire instance potrJR remboursement et pour le secours, et Ton avoit ordonné à l'Ali* bassadeur d'y représenter, que le terme n'estoit pas encore ( que dés l'année suivante 1625 l'Estat avoit satisfait à ft article, en envoyant au Roy un secours de vingt vaisseau**! guerre, sous In conduite de Hautain, Lieutenant Àd Hollande; que l'equippage de ces vaisseaux revonoit à unnBtf sept cens soixante mille livres, et que de cette somme, wrwmff interests il falloit faire une compensation avec les pretensioftrdj la Cour de France; qu'il en falloit rabattre encore ccntqwÙÉi mille livres, que cet Estât avoit payées depuis ce temps lis! chefs et officiers dos régiments François, suivant l'article plrilf culicr du mcsinc traitté, et que Ton y pouvoit ajouster le dÉf dommagement du vaisseau du Vice Admirai de Hollande» Sjf périt devant la Rochelle, estant au service du Roy, et la talÉV de dix sept canons de fonte, qui avoient esté tires d'un vaisaSBJ eschoiié aux costos de Picardie, et avoient esté serrés dans. DÉ* scnal do Calais. T^

L'on n'a voit pa? sujet d'estre fort satisfait icy de 1a CoWlf France, qui permet toit, ou dissimulent au moins, les deprodstM continuelles, que les vaisseaux de guerre du Roy, commandéVti pluspart par des Chevaliers de Malthe, faisoient continûelleasiÉI et particulièrement en la mer Méditerranée. L'on en portoit Ml les jours de nouvelles plaintes aux Estats, qui ordonnèrent à Ijs1 Ambassadeur d'en demander réparation, et de faire continuer pM six mois le règlement qui avoit esté fait pour quatre ans en M 1646, et qui venoit d'exspircr depuis le mois d'Avril, en atteti dant que Ton pust faire un traitté formel pour le fait de- la na

Les Provinces Unies et ? Archevêché de Cologne. 291

rigation et du commerce. Mais la faiblesse du gouvernement pendant la minorité du Roy estoit si grande, et les desordres du Baiawne occupoient tellement les Ministres, que tout ce que l'Ambmadeur put faire, ce fut d'entamer sa négociation, et d'aller à Fuit, attendre le retour du Roy, dont nous parlerons cy après. Lu Estât* pressoient continuellement l'Ambassadeur d'Espagne k leur obtenir la neutralité de l'Empire, laquelle ils avoient d'autant plus de sujet de demander, que Ton avoit tous les jours de imveaux démeslés arec les Princes voisins, et particulièrement ira l'Electeur do Cologne, qui se plaignoit incessamment des «commodités qu'il souffroit de la garnison de Rhinbcrg. Cette tifle est de l'Archcvcsché do Cologne, bien qu'elle soit en quelque façon enclavée au Duché de Clevcs, et elle demeura avec qtdqoes autres places en la puissance de Guebhard Truchtes, qui estant Archevcsquc et Electeur de Cologne, et croyant que le mariage n'estoit pas incompatible avec sa dignité, avoit èpité en Tan 1583 Agnes, fille de Jean-George», Comte de Mntfeldt. Le Pape, l'Empereur, et tout ce qu'il y avoit de Catkliqoee Romains en Allemagne, s'armeront contre cette nounutf, et donnèrent le moyen à Ernest, fils de Guillaume, Dm de Bavière, qui avoit esté éleu par le Chapitre, de déthroncr t de coasser Truchsos. Il se retira en Hollande auprès de Biillaume de Nassau, Prince d'Orange, d'où il ne laissa p d'incommoder son compétiteur ou successeur par le moyeu il garnisons, qu'il avoit dans les places qui lui estoient demeurftt, juaques à ce que les Espagnols s'en fussent rendus les lustres. Charles, Comte de Mansfeldt, prit lUiiuberg en l'an 1W0; Maurice de Nassau, Prince d'Orange, la reprit en IW7, et depuis ce temps là elle a esté prise et reprise plusieurs W», jusques à ce qu'en Tan 1633 les armes victorieuses de l'Est«t la joignirent aux autres conquestes de Pridcric-llenry, ftince d'Orange. Cette réduction acheva de couvrir les Provinces et delà le Rhin, d'où les Espagnols tir oient des contributions juques en Frise et du plat pais de Groninguc. Le premier article de la capitulation, qui fut faite lors de la réduction, conterait la ville en la joiiissaucc de ses droits et privilèges, parmy lesquels il y en a un qui porte, que le premier dimanche après la feste de la Conversion de St. Paul, c'est à dire le dernier lûnanche de Janvier, les bourgeois, qui sont, divisés en quatre uartîers, se doivent assembler dans l'hostcl de ville, pour élire n non veau lloiirguomaistiv pour cette année là, sans qu'il soit

29* Les Province* Unies et FJrcàepecké de Cologne.

besoin, que celui qui a esté ainsy légitimement âeu, en <

la confirmation à l'Archevcsquc, ou qu'il soit obligé de lui f

autre serment, que celui que le Magistrat fait ordinairement m

les mains du Bailly du lieu. Le mesme privilège dit, qo*l

qu'une charge d'Eschcvin ou do Conseiller vient à vaquera

mort ou autrement, c'est aux autres Eschevina et Conasillsj

nommer un autre en la place du defunct. Au préjudice Al

privilège et de l'ancienne coustume, le Senesohal ou Bailly

Khinberg, avoit obligé les bourgeois dés le mois d'Octobre 11

à s'assembler dans sa maison, et d'y procéder à l'élection à

nouveau Bourguemaistre, en nommant un Catholique Bornai*

l'Electeur lui avoit recommandé. Les Estats en ayant esté «

tis, ordonnèrent à George-Fridcric, Comte de Nassau

commandoit leurs armes dans Bhinberg, d'en faire sortir In 9

ly, et de faire faire une autre élection dans les formes et C

formément aux privilèges de la ville. L'Electeur leur éotj

qu'en vertu du traitté d'Osnabrug il pouvoit disposer du fisit

la religion dans une ville de son Diocèse, et que les Estais

l'en pouvoient pas empescher, sans violer la neutralité, qrïhi

tendoient entretenir avec l'Empire, et demandoit le restabB

ment de son Bailly. Les Estats lui répondirent, que c'est?

eux à faire exécuter la capitulation, qui avoit esté faite JflBJ

la réduction de la ville, et que ce n'estoit pas à l'Electeur ai

élire le Magistrat selon son caprice ; que le Magistrat M

s'estoit plaint de la violence, qui lui avoit esté faite et i

privilèges, en le contraignant de s'assembler ailleurs qae i

Thostcl de ville, que le Bailly ne s'en devoit pas meskr

qu'ils avoient eu raison de le faire sortir de la ville, pares i

avoit osé faire violence au Magistrat d'une ville, ou ils aw

leur garnison, que ce qu'ils avoient fait en cette renoontn

faisoit point de préjudice à la paix d'Allemagne, ny à la Mi

lité qu'ils pretendoient entretenir avec l'Empire, et n'estoit §1

suite de l'obligation, en laquelle ils s'estoient constitués p

capitulation, de conserver les droits et les privilèges de la \

L'Electeur non content de cette réponse, envoya à la Haye J

Arnauld de Bouchorst, par lequel il fit demander la o

nùation do la neutralité, et faire instance à ce que lea 1

retirassent leur garnison de la ville de Bhinberg, ou du s

qu'ils restituassent aux Catholiques Komains leur église et aux

vents leur revenu, comme aussy à ce qu'ils restablissent que

personnes de la mesme religion dans le Magistrat. Mais la

Le* Provinces Unies et le Danemarc. 293

Ml Je renvoyèrent chargé de compliments et de civilités, aussy sien que le Sieur de Lutzenradc, qui vint presque en mesme taq» représenter, que le Duc de Bouillon et le Comte de Solms, prédécesseurs du Rhingrave, au gouvernement de Mas- Iriekt, ayant preste le serment de fidélité à l'Electeur de Colqgaa, comme Evesque et Prince de Liège, en la qualité de Goude Mastricht, il falloit que le Rhingrave le fist aussy à pie, mais les Estats, fort résolus de ne rien faire au psjam'ee de la religion et de leur Souveraineté, s'en excusèrent, si défendirent au Rhingrave de reconnoistre l'Electeur.

Bandant le grand déraeslé, que les Provinces eurent entre elles jaar Testât de la guerre, elles ne laissèrent pas de s'appliquer à dsi affaires très-importantes, dont il sera à propos de dire icy un ■et, devant que de parler de celles des années suivantes. Nous itoai remarqué au commencement de cet ouvrage (1), que dés huée 1646 C or v i t z U 1 c f e 1 1, Grand maistre de Danncmarc, estoit nu à la Haye, et y avoit fait en 1647 un traitté, qui regloit ht droits d'entrée et de sortie des marchandises de Noriieguc. Ajrfs l'avoir achevé il alla en France, remercier le Roy des offa, qu'il avoit fait faire auprès des deux Couronnes du Nord, pou les porter à la paix, qui avoit esté conclue par son entre- ■àe à Bromsebro, le 13 Aoust 1645. Ce fut le sujet ou le prêtais de son voyage. Il revint à la Haye au mois de Mars 1649,

* y arriva incognito. En sa première audianec, qu'il eut le der- ■er jour du mesme mois, il fit un compliment sur la paix de

!. Xntter, et parla de la mort du Roy Chrcstien IV, qui estoit decedé dés le 28 Février de l'année précédente, et de l'élection de Frideric III, son Successeur. Cet Ambassadeur avoit de Itoprit, et estoit fort habille, mais il estoit fier, glorieux et vain,

* «t femme, née d'un mariage de conscience du Roy defunct,

«t qui se vouloit faire considérer comme estant de la Maison

Joyate, l'entretenoit en cette humeur ; de sorte que l'un et l'autre

voulant faire croire qu'ils estoient tout puissants en Danncmarc,

se phisoient à parler avec peu de respect de la personne du Roy

rt de l'autorité Royale. Il ne craignoit point de dire, qu'estant

Js premier officier de la Couronne, et estant parent ou allié des

premières familles du Roiaume, il auroit pu empescher l'élection

do Boy, et qu'il n'y avoit point de gentilhomme Danois, qui ne

pust aspirer à la Couronne, aussy bien que le Prince mesme. Et

294 Les Provinces Unies et le Danemare.

croyant se rendre agréable à cet Estât libre et indépendant, El ne parloit, en son entretien ordinaire, qne de l'autorité des Se**.— tenrs de Dannemarc, et disoit que Testât de ce Boianme i bien monarchique en apparence, mais que ce n'estoit c qu'une Republique, où le Roy n'estoit pas le Souverain, mais le premier. Il en estoit quelque chose en ce temps là ; mais ce ntetoit pas à Ulcfelt, qui ne parloit qu'au nom du Boy, et qv ne pouvoit estre considéré icy que par le caractère, dont son lay l'avoit revestu, à en descrier la puissance et l'autorité*. AumtU a il fait connoistre depuis, qu'il en avoit assés pour Inhumai*» et pour le faire servir d'exemple à ceux qui croyent pouroir mépriser leurs Souverains impunément. Il est mort dans l'exil; m femme se trouve confinée dans une prison perpétuelle, et de M enfants il y en a qui sont ailes chercher leur rctraitte dans ba convents, pour n'en trouver plus dans le inonde (1).

Ulcfelt ne parla d'abord que d'une alliance défensive, et trouva assés de disposition pour cela, pourveu que par ce iotveau traitté l'on ne fist point de préjudice à ceux que cet EiW avoit cy devant faits avec d'autres Rois, Princes, Republiqiei rf villes Anseatiqucs, et particulièrement avec la Couronne de Soda- Apres les premières conférences, qu'il eut sur ce sujet, il fit UB0 proposition pour la facilite du passage du Soud, en sorte quel* navires marchands ne fussent plus retardés en leur voyage. U* estoient obligés de s'y arrester, de déclarer la qualité de kff ■ cargaison, et d'y payer le péage. L'Ambassadeur proposa d'aboi* que Ton en fist un forfait de deux cens mille rixdalers par tt» dont l'une moitié se pu y croit à la St. Jean et l'autre à la SU Martin, et que l'on avançast au Roy, son maistre, une somme fa quatre cens mille rixdalers, dont Ton se rembourscroit en vagi ans, en rabattant tous les ans vingt mille escus sur le forint. La Suéde, en faisant le traitté de Bromscbro, dont nous venON de parler, avoit stipulé, que les navires et les marchandises ds ses sujets seroient excnits du péage du Sond, et plusieurs ehands Hollandois, afin de joiiir de la mesme cxcmtion, < achettoicut le droit de bourgeoisie en quelque ville de Suéde, 1 bien chargeoient leurs marchandises sous le nom de quelque 1 ehand Suédois, et par 00 moyen ils ne fraudaient pas seidcmcnt les droits du Roy de Dannemarc, mais ils prenoient aussy «h

(1) Voir ]\i\\ le in \nce.

Les Provinces Unies H le Danemarc. 21)5^

grud âraaiago sur les autres marchands de ces Provinces, qui M m servant point de ces artifices, ne pouvoient pas vendre loin denrées an mesme prix, ny continuer leur commerce. C'est ponqnoy les Estais de Hollande, qui esperoient tirer un grand fartage de ce traitte, parce que par ce moyen tous les navires ojti trafiquoient en la mer Baltique, sans aucune distinction, cstflîat obligés de payer les droits, devant que de sortir des ports de ee pais, presterent aussytost l'oreille à cette ouverture, et rcde faire conclurre le traitte, après avoir obligé l'Am- ' à se contenter d'une somme plus raisonnable. Il n'y avoit fût de Députés à la Haye de la part de la Province de Groninguc, et celles de Zeelande, d'Utrccht et d'Over-Ysscl, qui n'ont point de commerce en ces quartiers là, jugeoient que l'alliance défensive, fie l'on feroit avec le Boy de Danncmarc, offenserait la Courante de Suéde, et refusoient de contribuer à la somme, que le lûf de Dannemare demandent par avance ; de sorte qu'il n'y eut fie les Députes de Gucldrc, de Hollande et de Frise, qui lièrent h partie et conclurent avec l'Ambassadeur, quoy que les mesmes Dépotés n'eussent point d'ordre ny de pouvoir de leurs committaU. L'on donna au traitté d'alliance, qui fut signé aussy bien fM l'antre, le 9 Octobre 1649, toute l'es tendue que l'on peut [ douer à une alliance purement défensive, en limitant pourtant * le secours à quatre mille hommes, ou effectifs, ou en argent, à «Mon de quatre rixdalers par mois pour homme, dont l'Allié •eroit obligé de secourir celui qui scroit attaqué, ou dont le commerce seroit troublé, dans deux mois après qu'il auroit esté •wty de l'attaque, et ce tràitté ne devoit exspirer que le 13 d'Août 1685, c'est à dire au bout de trente six ans. Le tout ■M préjudice des traittés, que cet Estât avoit avec la France, me la Suéde et avec les villes An sea tiques.

L'on y parloit particulièrement des villes Anscatiqucs, parce

que les Estats, s'estant obliges par le traitte qu'ils avoieut fait

nec elles en l'an 1645, de maintenir la liberté de la navi-

ptkm sur la rivière de Wcscr, que le Comte d'Oldcmbourg tù-

cioit de troubler par l'establisscmcnt de son péage, et de violer (l)

les droits, prérogatives et privilèges de la ville de Ikemc, pre-

tendoient pouvoir rompre avec celui de ses voisins qui voudroit

maintenir le péage, sans que pour cela ils sortissent des terme

(1; Au lieu de H de min l'auteur aurait dû dire; </•■ r.i;fant.

296 Les Provinces Unies et le Danmarc.

de cette alliance, ce qui ne pouvoit pas eatre exprimé ea A termes formels dans le traitté, parce que le Boy de DansONT qui estoit parent et héritier presomiif du Comte d'Oldembm) au moins en partie, ne s'en pouvoit pas expliquer, ny rien stip 1er contre ses interests, qui l'obligeoient à maintenir le pof où il devoit succéder aussy bien qu'au Comté.

Le traitté de redemtion, car c'est ainsy que Ton appeQa cal que Ton fit pour le forfait du péage du Sond, portoit, qua tri les navires appartenant aux Estats, ou aux habitanta des tm vinces Unies, qui sortiroient des ports et navres do earprf comme aussy toutes les marchandises et denrées, dont ils aersia chargés, sans aucune reserve ou exception, passeraient par la fkm librement, sans qu'on les pust obliger à payer aucuns droits* i à souffrir aucune recherche ou retardement en leur voyage, M quelque prétexte que ce pust estre; mais seulement que les fi trons des navires, qui repasseraient de la mer Baltique an TOcean, seroient tenus de monstrer leurs lettres de mer et i acquits do la douane, et de permettre que les officiers par le Roy, à la réquisition des Estats, en fissent la que les Estats pourraient envoyer dans la mer Baltique jnsfi à cinq vaisseaux de guerre à la fois, sans en donner advfci Roy de Danncmarc, ou bien une armée navale entière, en l* vertissant trois semaines auparavant, avec cette seule oblîgttk d'amener la lumière du grand mast à la veue du chaste» i Cronenbourg, et de le saluer de deux coups de canon, et qo^ cas qu'il s'y rencontrast des vaisseaux de guerre, ou biem n flotte du Roy de Danncmarc, le salut serait réciproque de ds coups de canon de part et d'autre ; que le Roy serait teno i faire exiger le péage de tous les autres navires indiatinctemti u'estoit qu'ils en eussent obtenu l'cxemtion devant la conelo du présent traitté; qu'il ferait] confisquer les marchandise! i ceux, qui sous un faux prétexte d'cxciution oseraient frauder 1 droits; qu'il ferait mettre et entretenir à ses dépens les fti fares et balises aux costes de Jutlande, de Dannemarc et • Schonc, et dautant que par ce moyen le Roy renonçoit 0 droits réglés par le traitté de Christianople en l'an 1645, 1 Estats promettoient de lui payer tous les ans la somme de « quarante mille rixdalcrs, ou trois cens cinquante mille Hvf payables en deux termes, à la St. Jean et à la St. Martin, de lui payer par avance, incontinent après la signature du trait cent mille rixdalcrs, et deux cens mille après la ratification,

Les Province* Unies et la Suède. 297

quelle somme de trois cens mille rixdalers «croit rabbatue sur

Je forfait dons quinze ans; c'est à dire à raison de vingt mille tons les ans, en sorte que l'Ëstat ne payeroit en effect que six li^ts mille rixdalers tous les ans pendant ce temps là. Ce fastô se fit pour le mesme temps, qui avoit esté stipulé au trotté d'alliance, c'est à dire pour trente six ans, à commencer di premier jour de Janvier 1650. Le Collège de l'Admirauté l'Amsterdam prit à interest les cent mille rixdalers, que Ton mît promis de payer incontinent après la signature, sur Tordre sjs Estats de Hollande, qui promirent de le dédommager.

Ulefelt n'eut pas si tost conclu le traitté, qu'il prit son audince de congé et partit, régalé d'un grand festin, parce qu'il rtioit pas voulu estre défrayé lors qu'il arriva, et d'un présent k la valeur de six mille florins. Ce traitté devoit estre ratifié ans trois mois, mais dautant que le Boy de Dannemarc devoit OMore toucher deux cens mille rixdalers lors de l'échange des ratifications, il voulut bien anticiper le terme, et envoya icy au lois de Décembre Chrestien Boch, en qualité de Besident. D estoit porteur de la ratification des deux traittés, et en pressât que l'on en fist l'échange, il demandoit le payement des feu cens mille rixdalers, restant des trois cens, que l'on avoit frémis do payer par avance. Les Députés de Zeclandc offroient fa ratifier le traitté d'alliance, mais protestaient contre l'autre, comme ayant esté pris contre les formes, par les Députés de trois Provinces, ceux des quatre autres estant ou absents, ou s'y opposant ouvertement. Ils ne dissimuloient pas pourtant, qu'ils ■s feraient point de difficulté de passer par dessus ces* considérions, si les autres Provinces se portoient à secourir la Compagnie dos Indes Occidentales contre le Boy de Portugal de troupes capables de conserver les ploccs, que l'Estat possedoit encore au Brésil. Us n'entendoient point, que l'Estut se chargent du payement de la somme, que l'on promettait au Boy de Dannemarc, mais qu'on la prist sur les navires et sur les marchandises, et que les navires de ces pais, qui sortoient des ports fa France et d'Angleterre, pour aller à la mer Baltique, payassent les droits en passant par le Sond.

lia Suéde, jalouse de toutes les négociations que le Boy de Dannemarc faisoit faire, croyoit se devoir opposer particulièrement à celle que Corvitz Ulefelt faisoit à la Haye, pour l'cx- «■tion des droits qui se payent au Sond. Pierre Spiring SiUcrcroon, Besident de cette Couronne, représenta le 4 Sep-

20S Les Provinces Unies et la Suide.

tembre, qu'il avoit ordre de la Heine do se rendre auprès d'ellv pour lui faire rapport de Testât de ectt'afiaire; qu'il espcrâfl qu'on ne la conelurroit point, que la Eeine n'en eust esté Im— tie; que l'Estat ne feroit rien au préjudice de l'alliance qaïl avoit faite avec la Suéde, et particulièrement contre les articka 4, 6, 8 et 13 du truitté fait ù Stocholm en Tan 1640, et que Isa sujets de la Couronne do Suéde, qui de tout temps avoient esté cxcmts de ce péage, n'y seraient point assujettis indirecteant par ce traitte. C'est ce que Ton craignoit en Suéde, et daatnft que l'on ne laissa pas de l'achever, la Eeine envoya à la Hsye au commencement de l'année 1G50 Laurens Canterstein Secrétaire de ses commandements, qui ne dissimula point en si premierc audianec, que le Conseil de Suéde estoit persuadé, qai les traittés, que l'on venoit de conelurre avec le Boy de Danoemarc, estoient incompatibles, et ne pouvoient pas subsisterai* ] ceux que Ton avoit faits auparavant avec la Couronne de Softkb j et particulièrement avec celui qui avoit esté conclu à Stoekto i en l'an 1648, et celui de Sudcrokra en 1645.

Harald Appclboom, qui succéda à Canterstein, oonti* ! nua de remonstrer l'incompatibilité qu'il pretendoit trouver Ci ces traittés. Mais celui de Bromsebro avoit annexé à cette Cosp ronne plusieurs grandes Provinces, et celui d'Osnabrug y avril I ajousté tant de beaux fleurons, qu'estant devenue trop consida* blc, il falloit nécessairement, que pour balancer en quelque façoa les deux puissances du Nord, l'on rclevast un peu l'autre, ctçSG l'on donnast quelqu avantage à celle de Dannemare par CflU» nouvelle alliance. La ville de Lubec fit représenter aussy, tut pour elle, que pour les autres villes Anseatiques, que détail temps leurs habitants avoient esté cxcmts du péage du Soud,«* que cette excmtion leur avoit esté confirmée par le traitté dt)" denzé ; que le Koy de Dannemare d'aujourdhuy leur avoit pWmis à sou avènement à la Couronne, qu'ils seraient traittés coa* me les sujets des Provinces Unies; qu'il estoit vray, qu'ils nV voient pas tousjours joui de cette excmtion, et aiusy qu'elle attrait sujet de craindre, que l'article du dernier truitté, par lequel le Roy promet, qu'il ne l'accordera pas à ceux qui n'en jouissent pas présentement, ne leur fust d'un dernier préjudice; mais qu'elle esperoit, que l'Estat, qui leur avoit promis, et qui avoit témoigné avoir quelque interest do favoriser le commerce de la Hanse Tcuto nique, expliquerait favorablement cet article. Mais comme les villes Anseatiques et particulièrement celle de Ham-

Les Provinces Urnes et la Suède. 299

bourg, ne perdoient pa9 l'occasion de traverser le commerce des kbrtints de ces Provinces, ces remonstranecs ne firent point (ftnpression. H est vray, que le traitte de rcdcmtion, qui estoit obi qui faisoit le plus de bruit, ne subsista pas long temps, parce que ne se pouvant exécuter qu'avec de très grandes difficultés, et b Eltats ne trouvant rien d'approchant de cequ'UIcfelt avoit fut accroire du revenu du péage du Sond, l'on s'en desdit de put et d'autre, et Ton demeura d'accord, que les droits s'y payement à l'Avenir en la mesrae manière qu'où les avoit payés demi là conclusion du traitte*, ainsy que nous verrons cy après.

Ce que nous venons de dire de la ville de Lubcc, nous oblige à y ijouster, qu'environ ce temps là les Ministres de Suéde et de Pologne firent scavoir aux Estats, que devant Inspiration de Il trêve, que ces deux Couronnes avoient faite à Stumsdorf en Pnwe le 18 Septembre 1635, leurs Ambassadeurs se trouveroient à Lubec, et tâcheraient de la faire convertir en une paix perpetieDe, et les prièrent d'y envoyer aussy leurs Ministres. Le traitte de Stumsdorf avoit esté conclu par l'entremise des Am- Imndears de France, d'Angleterre et de cet Estât, entre Christine, Beine de Suéde, et Vladislas Koy de Pologne pour vingt nias. Christine regnoit encore en Suéde, mais en Pologne ta avoit veu succéder à la valeur d'Vladislas, qui estoit décrié* k 10 May 1648, Jean-Casimir, son frerc, qui n'aimant ■J les armes ny les affaires, dont la Reine sa femme, Louise Miric de Gonzaguc avoit este* obligée de prendre la conduite, pwr soustenir la gloire du lioiaume, tant qu'elle a veseu, avec t kaucoup de succès et de réputation, n'eut point de peine à conî «atir à la paix et à préférer le repos à une guerre, qui pouvoit | troubler ses divertissements. Les Estats promirent d'y envoyer, : »ûi comme le plus souvent leurs resolutions ne se prennent s Vaprég de grandes délibérations, ils croyoient qu'il n'y avoit nw qui les pressast de nommer des Députes, qui ne dévoient Prtir que dans deux ans.

DES

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