‹ L'histoire des Provinces-Unies, des Pais-Bas. PublChapitre 61 sur 61 · II · texte numérisé non relu

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690 Pasteurs Séditieux à Utrttkt.

comme les autres hommes. Presque partout ils sont orgueilleux, mais en Hollande ils sont mutins et impudents, jusques à un point, que si le Magistrat n'y opposoit son autorité et sa puissance, il n'en seroit pas longtemps le Maistre. Au mois de Juillet 1660, les Estats d'Utrecht prièrent ceux de Hollande, comme leurs plus anciens Alliés et leurs plus proches voisins, de les secourir de deux compagnies d'infanterie et d'autant de cavalkrie, afin de leur donner le moyen de prévenir les désordres, dont leur Province, et particulièrement la ville capitale estoit menacée. Le Clergé a de tout temps fait le premier des trois Ordres de cette Province, et cet avantage luy avoit esté conservé, avec l'exercice libre de la Beligion Catholique Romaine, tant par la capitulation qu'elle fit avec les autres Alliés le 9 Octobre 1575, que par tous les traittés suivants, et par plusieurs Conventions et Résolutions des Estats ; de sorte que ceux qui y possedoient des prébendes et des bénéfices n'en ont pas seulement joui, sans qu'on les ait jamais troublés en la possession, mais aussy on a pris dans le Corps du Clergé les Députés qui le représentent (1), comme le premier membre des Estats de la Province. Mesmes on a veu, que depuis la Reformation les Protestants y ont succédé aux Catholique! Romains, jusques à ce que quelques Pasteurs ou Ministres ayant commencé à déclamer en leurs presches contre ceux qui possedoient cette sorte de prébendes, qu'ils disoient estre affectées a l'Eglise et à ceux qui la servent, c'est à dire à eux mesmes, traittoient les Chanoines de voleurs et de sacrilèges, et faisant comparaison de leur acquisition à l'usurpation violente qu'Achab fit de la vigne de Nabot h. Les possesseurs de ces biens temporels de quelques églises et couvents estoient presque tous des personnes de qualité, dont plusieurs avoient part au gouvernement de l'Estat, et les avoient acquis à des tiltres onéreux; de sorte qu'il n'estoit pas fort facile de les déposséder, et de persuader aa Magistrat de permettre au Consistoire d'en disposer au profit de* Pasteurs. Les Estats d'Utrecht estant extrêmement scandalisés des discours insolents et séditieux, qui faisoient la meilleure partie de leurs presches, et craignant que le peuple, qui preste volontiers l'oreille à ces trompettes de sédition, ne s'emporta s t à un soulèvement, voulurent que suivant le trente septième article des Décrets du Sinode de Dordrecht, deux Commissaires Politiques se trouvassent de leur part à toutes les délibérations du Consistoire.

(1) Lisez: On a admis les Députés qui représentent le Corps du Cleri:»', etc.

Les Ettais (PUtreeM font sortir deux Pasteurs de la Province. 691

Les mesmes Pasteurs qui avoient presché contre les bénéficiera, s'opposèrent à l'exécution de ce Règlement, comme si le Magistrat, en voulant esiablir de Tordre dans l'Eglise, et en maintenir la discipline, portoit la main à l'arche du Seigneur, et profanoit ce qu'il y a de plus sacré dans la Religion. Ils s'en prenoient aux personnes qui representoient la Souveraineté, et disoient, qu'il y avoit parmy eux des libertins, des athées et des Achitophels, taschant de les exposer par ce moyen à la haine et à la fureur du peuple, qui est tousjours prest de perdre le respect qu'il ne rend à ses Supérieurs que par coustume et par contrainte. Ou n'a que trop d'exemples du pouvoir que ces gens là ont sur les esprits foibles, et de ce qu'ils sont capables d'opérer, quand on leur permet de se couvrir du manteau de la Religion, de la pieté et du zèle qu'ils ont pour la cause de Dieu ; c'est pourquoy les Estats, se voyant fortifiés du secours que ceux de Hollande (1) leur avoient envoyé, à quoy le Magistrat d'Amsterdam avoit joint trois compagnies d'infanterie, firent signifier à deux Pasteurs, qui ne méritent pas que leurs noms se lisent dans l'Histoire, qu'ils eussent à sortir de la Province dans vingt quatre heures, et le Magistrat les fit sortir de la ville le mesme jour, avec défenses d'y revenir, à peine du bannissement. Us y âjousterent: Qu'à l'avenir les Pasteurs seroient tenus de demeurer dans les termes des Décrets du Sinode de Dordrecht, tant pour ce qui est de la doctrine, qu'à l'égard de la discipline; de s'abstenir de censurer la conduite politique de leurs Supérieurs, à peine de punition arbitraire, selon la qualité du delict, et qu'on ne recevroit point de Pasteur, qui ne promist par escrit d'obeïr à cette Ordonnance. Le Consistoire fit expédier à ces deux Pasteurs un témoignage de leur pieté et de leur conduite, en des termes qui condamnoient le procédé des Estats, et qui faisoient passer ces mutins presque pour martirs. Il y en a de faux en toutes sortes de Religions, qui ont toutes leurs bigots et leurs hypocrites (2).

Il a esté dit ailleurs (3), que la ville de Salé en la coste d'Afrique ne forme pas un Estât particulier, et que le Santon, qui y com-

(1) Résol. des Etats de Hollande du 7 Juillet 1660.

(2) Aitzema, S. van Staël. IV. 40. p. 683—689. De Witt écrit à Rodenburch, Membre du Magistrat d'Utrecht: #ick vreese dat aile het quaet bloet met het vertreck van Telingius en van de Velde (c'étaient les deux pasteurs) noch niet affgetapt is." Lettre du 4 Août 1660 (Archives du Royaume).

(3) Voir ci-devant p. 74.

692 Le Santon de Salé envoyé des Jntbassadewrs à la Haye.

mande, n'est pas Prince Souverain et absolu, mais seulement Gouverneur de la place pour le Boy de Fez et de Marocco. Comme cette ville ne subsiste que par la piraterie, elle a cela de commua avec celles de Tunis et d'Algers, dont les habitants sont aussy pirates, qu'ainsy que celles cy n'ont pas le dernier respect pour le Grand Seigneur, celle là ne rend pas aussy une obéissance fort soumise à son prétendu Souverain. C'est pourqnoy il n'est pas fort nécessaire de marquer punctuellement tous les traittés qui ont esté faits avec le Santon, et les affaires que Ton a eu à demesler avec luy, puis qu'aussy bien en tout cela on ne regardoit que le commerce, et on taschoit de mettre les habitants de ces Provinces à couvert de ces pirateries. Les Estats y a voient un Ministre, au moins si on doit honnorer de cette qualité ceux, qui avec celle de Consul ne laissent pas d'estre marchands, ou de les servir comme facteurs ou commissionaires. Il y avoit environ deux ans, que Ton avoit fait un trait té* avec luy, qui de voit apparemment asseurer la navigation de ce costé là, mais comme il ae faisort qu'expliquer en quelque façon celuy que Buiter avait fait en l'an 1655, ceux de Salé jugeoient que le dernier, qui avoit esté fait en 1657, avoit aussy besoin d'explication. Ce fat là le prétexte dont Cid Abdalla, Ben Cid Mohamed, Ben Bu car, Santon de Salé, se servit en Tan 1659, pour envoyer une Ambassade à la Haye (1). Elle estoit composée des trois premier» hommes (2) de la ville, qui s'appelloient Ibrahim Duque,Ibrtliira Manimo et Mohamed Pimaliez; mais on ne leur fit point de réception, et bien loin de les traitter en Ambassadeurs, on ne leur fit pas mesmes les honneurs que Ton a accoustumé <lc faire aux Ministres du second ordre. Le Maistre d'Hostel des Estats alla en carossc les prendre dans une meschante hostelleric où ils estoient allés loger à l'entrée de la Haye, et l'Agent, qui est un des Commis du Greffe, les conduisit à l'audiance, et neantmoins ils furent logés et défrayés aux dépens des Estats. Ds se plaignoient de la violence, qu'ils disoient avoir esté faite à des navires de Salé, et demandoient qu'on fist un Règlement qui asseurast la navigation h l'avenir; mais le véritable sujet de leur voyage estoit l'incommodité de Cid Abdalla, qui se sentant travaillé du mal d'yeux, desiroit qu'on luy envoyast un operateur, qui en entreprist la cure. Ils en emmenèrent un, et firent an nouveau traitté; de sorte qu'ils partirent fort satisfaits des civili-

(1) Aitzcma, S. c. SiaeL IV. 39. p. 459 — 163. (i>) De trois des premiers hommes (MS. Luzac).

Mauvais estât des Provinces de Flandre. 603

tés qu'on leur a voit faites, et des présents qu'ils emportèrent, après avoir demeuré environ deux mois et demi dans le païs.

L'exécution et les suittes de la paix des Pirenées feront une si considérable partie de cette Histoire, que nous ne pouvons pas nous dispenser d'en toucher encore un mot en cet endroit, et de marquer quelques particularités, qui donneront beaucoup de lumière à ce que nous dirons cy après. Nous avons parlé de la correspondance que le Cardinal Mazarin entretenoit avec le Comte de Fuensaldagne, des negotiations de Lionne et de Fimentel, et des conférences que les deux Premiers Ministres eurent sur la frontière. La paix estoit d'autant plus nécessaire à l'Espagne, que cette Monarchie, qui avoit prétendu se rendre universelle, estoit dans un si grand abattement, qu'elle ne subsistoit plus que parce que ses ennemis en avoient pitié, et ne vouloient pas achever de la renverser. La santé du Roy estoit languissante depuis plusieurs années, et celle des Princes, ses fils, n'estoit pas trop ferme. Ses Conseils estoient irrésolus, leur exécution sans vigueur, et ses armes estoient malheureuses par tout. Il est bien certain qu'après le combat des Dunes, après la défaite du Prince de Ligne, et après la prise de tant de villes de Flandre, la conqueste du reste des Païs Bas n'estoit pas une grande affaire. Il n'y avoit point de munitions dans les magasins, point d'argent dans les coffres pour la subsistance des soldats et pour les frais de la campagne, point d'hommes, point d'ordre, point d'obeïssance, point d'affection pour le Gouverneur General, et on y avoit plus d'estime pour le mérite d'un Prince estranger et François, que pour le fils de la Maison. De l'autre costé la France, qui estoit assés bien avec le Protecteur d'Angleterre, avoit d'ailleurs sur ses ennemis tous les avantages qu'elle pouvoit souhaitter, et elle permit neantmoins qu'on la disposast à la paix. Nous avons remarqué que ce fut la considération de la maladie que le Boy eut à Calais, qui acheva de faire réussir l'intention de la Reine Mère, parce qu'elle vouloit donner le repos à son frère, et une femme au Boy, son fils. Le mariage rencontra de grandes difficultés à Madrid, et elles ne furent vaincues, que parce que le Boy d'Espagne ne trouvoit point d'autre ressource à ses affaires, ny Don Louis de Haro autre moyen de réunir le Boiaumede Portugal à la Couronne de Castille. Toutesfois afin que le mariage ne fist pas devenir l'Espagne, avec ce qui en dépend, une province de France, qui a fait une loy de la coustume, qu'elle a petit à petit introduite, d'unir inséparablement à la Couronne ses acquisitions et ses conquestes, le Conseil d'Espagne résolut

694 La Franc* renonce nmplment à la protection du Portugal.

de faire renoncer l'Infante, tant devant qu'après la célébration du mariage, à tons les droits et I toutes les pretensions qu'elle avoit, on pouvoit avoir à l'Avenir, comme Princesse d'Espagne, en sorte que ny elle, ny ses enfants et descendants, de quelque sexe ou en quelque degré qu'ils fussent, pussent succéder en aucun des Roiaumes, Estats, Seigneuries, Provinces, Isles, Fiefs, Capitaineries ny Frontières, que le Boy d'Espagne possedoit, et qui luy appartenoient, ou qui luy pourroient appartenir, ou que luy ou ses successeurs pourroient posséder à l'avenir, ny en tous ceux qui y seroient compris, on qui en dépendraient, ou qu'ils pourroient un jour acquérir, retirer, on qui luy pourroient eschoir par dévolus ou par quelques autres droits ou tiltres, nonobstant toutes les loix, eoustumes, ordonnances et dispositions, en vertu desquelles on y avoit succédé. Cela se fit du consentement du Boy de France, qui engagea sa parole Boyale, et permit expressément et positivement, que l'Infante et ses enfants demeurassent perpétuellement exclus de l'espérance de pouvoir succéder en aucun temps, et en aucun cas, aux Estats du pais de Flandre, et Comtés de Bourgogne et de Cbarolois, avec leurs appendances et dépendances. Le Boy d'Espagne protestant, que ce n'estoit que sous ces conditions qu'il consentoit au mariage, et que sans elles il n'y auroit jamais consenty.

Le Cardinal avoit tousjours jugé que le Portugal serait un obstacle invincible à la paix. C'est pourquoy il n'avoit jamais voulu faire de traitté, qui obligeast le Boy à l'y comprendre; et néantmoins lorsqu'on commença à parler d'affaires, il fit dire que si on vouloit laisser celles de Portugal en Testât où elles estoient, le Roy restitûeroit généralement toutes les conqu estes qu'il avoit faites sur l'Espagne. C'estoit une raillerie; mais le Ministre d'Espagne avoit une si forte passion pour le recouvrement de cette Couronne, que cette seule considération estoit capable de le faire consentir au mariage. Le Roy de France s'obligea par le traitté des Pirenées à s'employer auprès des Portugais en sorte que le Roy d'Espagne en fust satisfait, promettant que s'il n'y reûssissoit point dans trois mois, il ne s'en méleroit plus ; et il s'engagea, sur son honneur, en foy et parole de Roy, que pour quelque cause, ou sons quelque prétexte que ce fust, il ne donneroit point de secours, d'hommes, d'argent, de vivres, de munitions ou de vaisseaux, public ou secret, directement ny indirectement, au Boiaumc de Portugal ou aux Portugais, ny par mer ny par terre, et qu'il ne permettroit pas, qu'il se fist des levées, qu'il y passast, ou qu'on y embarquast des troupes, pour leur aide et pour leur assistance.

Choupes envoyé en Portugal. 095

Les deux Premiers Ministres estoient encore sur le lieu des conférences, et mesmes le traitté n'es toit pas encore signé, lors qu'on fit demander à la Cour de Madrid un passeport pour le Marquis de Choupes, un des Lieutenants Généraux de l'Artillerie, et personnage d'un mérite extraordinaire, que le Cardinal vouloit envoyer à Lisbonne, sous prétexte de faire entendre à la Reine Régente la nécessité qui obligeoit le Boy à faire la paix à l'exclusion du Portugal, et qu'il falloit qu'elle priât party dans trois mois. Choupes, en passant à Fontarabie, et se trouvant un soir chez Don Louis de Haro, où le Roy d'Angleterre soupoit ce jour là, Yatteville, Gouverneur de la ville et de la province, dit à Don Louis, que ce n'estoit pas l'intention de la France d'abandonner le Portugal, et puisque l'on y envoyoit Choupes, qui entend oit si bien la guerre, y alloit sans doute avec ordre de la faire continuer. Mais soit que Don Louis, qui estoit assés sincère, ne pust pas s'imaginer que les Ministres de France fussent capables d'une action de cette nature, ou que la constitution des affaires du Roy, son Maistre, le necessitast de faire la paix à quelque prix que ce fust, il n'y fit point de reflexion, et Choupes fit le voyage de Lisbonne. Le Cardinal luy avoit donné ordre d'observer l'estat de toutes les places frontières, le nombre et la qualité des officiers et des gens de guerre, et de s'informer si les Portugois avoient la volonté et le moyen de la continuer, avec le secours que la France leur donnerait sous main. Il luy défendit d'en parler à la Reine, et voulut qu'il n'en communiquast qu'avec le Comte de Soure, Premier Ministre, de le sonder, et de concerter avec luy une correspondance si secrète, que pas un des Secrétaires d'Estat n'y pust pénétrer, ny en France ny en Portugal Choupes exécuta ses ordres, et ayant rencontré des dispositions conformes à l'inclination du Cardinal, il luy en donna avis, et sur cela on signa et on ratifia le traitté des Pirenées, que l'on n'avoit pas envie d'exécuter. Le voyage que M. de Schonberg fit en Portugal, Pemploy qu'il y prit, et l'engagement d'un grand nombre d'officiers François, furent des suittes de la negotiation de Choupes, qui continua ses correspondances secrètes avec le Comte de Soure, jusqu'à ce que le Cardinal estant decedé, et le Comte ayant témoigné à Choupes, qu'il luy falloit nécessairement un million de livres, celuy cy fut obligé d'en parler au Roy, qui luy dit, que c'estoit par son ordre que cette negotiation s'estoit faite, et l'asseura dés le lendemain qu'il feroit remettre le million. Pour trouver cette somme, qui estoit assés considérable dans le desordre où le Cardinal avoit

696 La France secourt les Portugais tmzertememt.

laissé les finances, le Boy ne put pas s'empescher d'en parler à Fouquet, qui en avoit encore la Surintendance en ce temps là, parce qu'il vouloit que les choses se fissent avec ordre et dans les formes. Fouquet prit cette somme sur celle des quatorze cens mille livres qu'il avoit touchée de sa charge de Procureur General, que son imprudence, ou la nécessité de ses affaires domestiques luy avoit fait vendre. Apres Fouquet, on fit confidence du secret au Mareschal de Turenne, et en suitte à M. le Tellier, Secrétaire d'Estat, qui en fit oster le maniement à Choupes. Depuis ce temps là on ne s'en cachoit plus. On secourut les Fortugois ouvertement d'hommes, d'argent et de munitions. On levoit publiquement des troupes sous le nom du Mareschal de Turenne, on les faisoit embarquer à la Rochelle, et on voulut que M. de Schonberg les ailast commander. C'est ce que la France a continué de faire, jusques à ce qu'elle ait fait une alliance formelle avec le Roy de Portugal (1), qui a achevé de détruire celle des Pirenées, qui avoit desja esté violée par l'irruption que les François firent en Flandre en Tan 3667, de la manière que l'on verra cy après.

Il a esté nécessaire de s'estendre un peu sur cette matière, et on y doit àjouster, que le Gentilhomme qui a escrit l'histoire de la paix sur le lieu de la conférence, et qui avoit de très bonnes habitudes à la Cour, y fait le caractère des deux Premiers Ministres, auquel il donne un tour admirable. Toutes les actions de Don Louis de Haro marquent une ame belle, grande, sincère et généreuse, au lieu qu'en celles du Cardinal Mazarin on ne voit rien que de bas et de rampant, une profonde dissimulation, et si peu de sincérité, que ceux qui voulurent bien prendre la peine de l'estudier, pouvoient facilement juger dés ce temps là, que son dessein estoit de ne rien faire observer de toutes les choses, où il engageoit l'honneur et la parole du Roy, son Maistrc; comme ceux qui voudront bien y faire reflexion, ne seront point du tout surpris de ce qu'ils en liront dans les Livres suivants. C'est à dire, la paix aussytost violée que faite, le Roy de Portugal allié de celuy de France, et tout le traitté renversé et détruit en ses principaux points peu de temps après qu'il fut conclu.

(1) ,Louis XIV y (c'est à dire au traité des Pyrénées) avoit déjà porte une atteinte ouverte par l'alliance offensive et défensive qu'il avoit conclue avec le Portugal, le 28 de Février de cette année 1667, ]>ar son Ministre h Lisbonne, le Baron de Saint-Romain." F la s sa u, Histoire de la Diplomatie Française, III. p. 351.

ADDITIONS et CORRECTIONS.

Page 28, note (1).

Wicquefort oublie de parler de la Commission (Commsrie Conciliaioir) que la Grande Assemblée nomma pour tâcher d'accommoder les différents avis des Provinces, surtout concernant les affaires militaires.

Page 96.

// y en avoit marnes qui f aboient accroire. Voir: Droysen, Ge» echichte der Preusstschen Politik, III. 2. p. 12.

Page 97.

George Frédéric, Comte de Waldeek. Le Comte de Waldeck prit plus tard service dans l'armée des Provinces-Unies. Page 129, note (1).

Martin, Hi»t. de France* X. p. 446; lises: XII. p. 446.

Page 150.

Sur le» six heure» du soir; lisez: sur les cinq heures du soir.

Page 173, note (2).

Martin, Hi»t. de France, X. p. 433, 434; lisez: XII. p. 433, 431.

Page 188. note (1).

Lisez: voir ci-devant p. 7—9.

Page 196, note (2).

Voir ci-devant p. 27; lisez: p. 24.

Page 198.

Cette obéissance forcée le fit mourir au bout de quelque» année»* Stermont mourut en 1665. Voir de Rie mer, Beschrijving van 's Gravenhage. I. 1. p. 337.

Commanderie de GuemerL Cette affaire fut terminée en 1662. Voir: Kluit, Eistoria Foederum, p. 151, 152.

Page 215.

Et en marchant en suitte par la Cour du Palais. C'est le Binnenhof.

Page 215, note (2), M. Fruin a démontré que les lettres du correspondant Hollandais dans les State Paper» de Thurloe, qui contiennent des détails très intéressants sur les affaires des Provinces Unies, sont de la main dé l'historien Aitzcma. Voir son article dans Nijhoff, Bijdragen voor VaderL Gesch. en Oudheidkunde. Nouvelle série. III. p. 218—233.

Page 217, note (3).

K 1 u i t a en vue une RésoL pareille du 3 Août 1652.

Page 218.

Le mesme Ministre de Haerlem qui avoit esté arresii par le Prince défunt, en 1650. C'est Albert Rujl, qui déjà eu 1651 avait des relations avec le parti Orangùte, notamment avec le Seigneur de 8ommel8dyck. Voir Archive* de la Maiton (t Orange. 2« série. V. p. 49 et 51. Le Pensionaire Vogelsang, dans nne lettre MS. au Magistrat d'Amsterdam du 10 Juillet 1653 {Archivée de la ville d'Amsterdam) fait mention des bruits qui couraient sur ces dispositions de la ville de Harlem.

Page 221.

Tromp qui avoit eu de la peine à se charger dm commandement d'en grand nombre de vaisseau* mal àaetis, etc. Voir B randt, Leven van de Ruyter, p. 47, 48.

Page 225.

Voir l'esquisse de la vie de Tromp que donne Brandt, Leven van de Ruyier, p. 58, 59.

Page 249, note (1).

Voir aussi la lettre de Witt aux membres absents des Etats de Hollande du 7 Janvier 1658 (Archives du Royaume).

Page 262.

VI Article du traitté de 1645. C'est le VI article du traitlé de 1640, confirmé en 1645.

Page 272, note (1).

Voir ci-devant p. 64 sv: lises, p. 60 sv.

Page 281, note (3).

Cette faveur lui fut accordée en 1658 ; mais son rang de séance fut daté du 30 Juillet 1653.

Page 283.

Beuvette. » Cabaret situé auprès du palais, où les membres de la Cour et les avocats déjeunaient et prenaient des rafraîchissements." (Littré).

Page 306.

Une traduction Française de cette Déduction se trouve à la suite du Recueil: Lettres de Jean de Witt.

Page 336.

Conrad van Beuninguen qui avoit esté auprès de la Reine, premièrement comme Ministre du second ordre% et en suitte avec le caractère d? Ambassadeur Extraordinaire de cet Estât. C. à d. : On avait eu l'intention d'envoyer une Ambassade en Suéde, mais il n'en fut rien. Van Beuuingen envoyé d'avance à Stockholm, s'en retourna seul, avec lu titre de Député Extraordinaire comme il y était venu.

Page 345.

Uur traittè se fil à Tillemont. Voir: Droyscn, 1. c. 111. 2. p. 140.

Page 355.

Depuis que V Estai n'avoit plus rien à craindre; lisez: Depuis qu'elle (c'est à dire lu France) n'avoit plus rien à craindre. Page 390, note (2).

Voir la lettre dedcWitt àNieupoortdulQ Novembre 1655. {Brieven. III. p. 142).

Page 408 et 522.

Sur la conquête de l'île de Ceylon il faut consulter la relation suivante, récemmeut publiée par M. Le ope dans les Oeuvres de la Société d'Histoire à Utrecbt {Berigten. VII. 2. p. 330—519): >Beknopie historié tan de voornaamste geheurtenissen op Ceilon, sedert de komste van de eersie Nederlanders aldaar in den jare 1602, en vervolgens van het Etablissement der Edele Maatschappye ten zelven eilande tôt den jare 1757." Voir particulièrement p. 395 svv. Page 428, dans la note. L'opinion particulière du Conseiller Pensionaire de Witt. Voir aussi ce qu'il écrit à Yogelsang le 22 Septembre 1659. Brieven. VI. p. 176.

Page 437.

Après que Lionne eust esté enfermé trois jours au palais de Buen* retiro. Ainsi le MS. Grothe et celui de la Bibl. Royale; de même redit, imprimée, et F 1 as san , Hist. de la diplom. Française, III. p. 225 : jrLes conférences entre lui (don Louis de Haro) et Lyon ne durèrent trois jours consécutifs; mais ils se séparèrent sans rien conclure.'9 Le MS. Delft a: trois mois. Lionne parti au mois de Juin, s'en retourna au mois de Septembre. Mignet, Succession d'Espagne, I. p. 34—37; H. Martin, Hist. de France, XII. p. 480—482. Page 475, note (1).

«Du mont donne (Corps diplom^ p. 178) un autre traité du 9 Mai 1657} que l'historien Anglais Lingard considère, probablement avec raison, comme apocryphe. C'est un pacte secret entre la France et l'Angleterre contre la Hollande, avec laquelle le Gouvernement Français était alors en querelle pour des violences réciproques commises sur

mer 11 est possible que le Protecteur ait proposé tout ou partie

de ces conventions; mais il n'y a aucune apparence que Mazarin les ait acceptées." H. Martin, Hist. de France, XII. p. 489. Page 488, note (2).

Ajoutez: {Archives du Royaume).

Page 497.

Il donna la liberté à un des cinq Sénateurs, qui avoient esté faits prisonniers dans Fredericsode. Ce n'est pas dans cette ville, mais dans l'île de Funen. Puffendorf, Caroli Uuslavi, 1. Y. p. 370 Cari son, Oesch. SchtcedcHS. IV. p. 262.

Pag. 497, note (4).

Bowen»; lisez: Bogense.

Page 508, note (1).

Les extraits suivants des dépêches de van Beuningen aux Magistrat d'Amsterdam font voir qu'il avoit l'Intention de quitter Copeuhague, mais que la nouvelle de la descente du Koi de Suède dans If le de Zélande bâta son départ Ces dépêches se trouvent au dépôt des Archives de la ville d'Amsterdam:

Coppenhagen 13 Aug. 1658.

Toorloghsohip op haer Ho. Mo. aenschryvinge by de Ed. Mo. Heeren Kaden ter Admiralitevt tôt mijn transport afgesonden, is gisteren voor deae stadt behouden aengekomen* Indien de wind, die recht contrarie is, favorabelijck komt te reranderen, hoop ik uogh voor »t eynde van de lopcnde weeck *t schecp te gaen.

Coppenhagen 7/17 Aug. 1658.

Ick ben dese weeck nogh door contrarie wint ende door 't af wachten

van ccnige cxpeditie uyt de canoellarje opgehouden, ende sal soo haest

ick die bekomen hcb, dat binnen een dagh of twee sal sijn, ende de

wint sal beginnen goet te waijen, mij met Godts huipe op rcyse begeven.

Coppenhagen 8/18 Aug. 1658.

Dese voormiddagh heeft de Coningh mij doen berichten dataenSijn Maj1. vaste ende seckere tydinge is gekomen van dat eenighe Sweed- •cfae oorloghschepen, ende omtrent sestich kleynere schepencnde schuiten, aile geladen met Sweedsoh kqjgsvolck, oorloghamunitie ende gereetsohap om te landen in de groote fielt voor Corsoer ayn nedergeset .... Sijn Maj1. heeft mij te gelijck doen versoeken dat ik sonder eenigh tijtverlies mij wilde op reyse begeven om haer Ho. Mo. dit onvcrwachtc toc val ende de toestant van Sijn Maj1. saken mondelingli le remonstreren. Ick verwacht dese uyr de carossen van Sijn Maj t. om mijn afscheyt te nemen, ende vertrouwe met Got nogh dese namiddagh binnen scheepsboort te wesen, hoewel de wint die uyt deo west noort westen koelt, mij niet favorabcl is. Elsencur 9/19 Aug. 1658.

Naer dat ick de dimissie onder triplicaet biernevcusgaende in haest had gesebreven, hcb ick mij ne audientie van afschcydt gehadt bij de Couinck, en ben daerop in allerijl t'schecp gcgacu en dese morgen naar Elsencur gckomeu.

In 's lants oorlogschip de Maen voor de Hcldcr, 30 Aug. 1G58

Tegenspoedigbc winden, ende verscheiden toevallen van de zec hebben mijn rcysc van Coppenhagen lanckwijligh gemaeckt ; soodat ick dese namiddach eerst voor do Ilelder ben aengclant. Ick ga van daer in haest lia den llaglie om aldacr UEd: Achtb. bcvclcn aftewachteu.

Voir pour la négociation de van Beuningen à Copenhague, P. W. Becker, Samlinger til Danmarks Historié under kong Frederik den Tredies Regiering af udenlandske Archiver. Dl. I. Kiôbenhavn 1847, souvent cité par Cari son» Geschichte Schvedens. IV. Page 517, note (1).

Résol. Secret, du 29 Novembre 1659, lisez: 1658. Page 518.

. Lieutenant Général; c'est à dire Stadhouder. Page 545.

Don Estevan de Oamarra — habille Ministre. Page 245, Wicquefort dit de lui .... successeur de l'emploi et non du mérite de Brun: plus tard 1. XVI .... comme il n'estait pas des plus habiles ny des plus persuadants negotiateurs. — U paraît que l'opinion de Wicquefort varie un peu à son égard.

Page 561.

Le traité avec l'Espagne pour le partage des pays d'Outremeuse est du 26 Décembre 1661. Voir: Kluit, Historia Foederum, p. 70.

Page 606.

Sar daigne» Voir Lettrée du Cardinal Mazarin, ou Von voit U eceret de la négociation de la faix des Pi renées, et la Relation des Conférences qu'il a eues pour ce sujet avec D. Louis de Haro, Ministre d'Espagne (nouvelle édition). 1693. I. p. 93. — Il faut aussi consulter l'Histoire de la paix conclue sur la frontière de France et d'Espagne entre les deux Couronnes Pan MDCLIX, suivie d'an Journal des Entreveues des deux Minisires de France et d? Espagne (par M. Courtin). Cologne 1667 (nouvelle édition du livre cité par H. Martin, Histoire de France. XII* p. 529).

Page 609.

Des années 1667. Le MS. Luzao ajoute: 1668, ce qui est nécessaire à cause du pluriel années, qu'on trouve aussi dans le MS. Délit.

Page 611.

Hennin; lisez: Hannuin. Voir: Martin, Hist. de France, XII. p. 524.

Son Ambassadeur leur dit. Voir ci-devant p. 636, 637.

Lises: page 9, aussy. ib., ils partent asaes brusquement ib., Roy. i, note 1, s'il n'est été empêché. 9 et ailleurs, différents. 13, éclaircissement 17, vacants. 19, se tiroieat de pair avec. 23, pour le bien. 32 l'on apprit 45, oppositions. 109, hareng. 114, note 1, consenrés. 117, vingt millions de livres. 118, qne les Pastenrs deschiroient ib. Vlissingue. 130, firent 121 et ailleurs, Nienport ib. et ailleurs. Amirauté. 122, frettement ib., ce que j'ay bien voulu faire remarquer. 131, Pauw. 135. autant de Hollandois. 143, 174, 817, trainer. 144, ny l'asseurance. 159, se retira. 160, sainte barbe. 16S et ailleurs, Bruxelles. 169, ainée. 173, grand Prince. 174, Destrades. 161, à faire des levées. 210, et ailleurs, Beverning. 212, rolle. 313, sur les fers dans les Wilingnes. ib., un seul vaisseau. 214, couroit. 215, idolâtres. 216, eut l'imprudence. 217, correction médiocre. 218, Capitaine et Amiral General. 330, et ce dans un temps, ib., qu'ils avoient fait faire. 221, aidé, ib, et qui plus est leur honneur. 223, et de les faire éloigner, ib., dunette. 223, Michel de Ruiter. 225, et il ne s'est point passé d'année oà il ne se soit signalé. 330, le Conseil estoit alors composé. 333, note 1, n'abomtiroient à aucun résultat 235, dissiper. 337, ceux qui sont les maistrea. 339, toute la difficulté, ib., cette affaire, ib., communiquée. 343, contre les intentions de la Hollande, ib. et ailleurs, negotié. 344, aidé. 247, 367, separemment 358, Sond. ih, an mois de Juillet 260, pourroit 367, note 2, Mémoire*. 270, frères, neveux ou cousins. 271 et ailleurs, RoUt. ib., devoit 376, Mechelen. 280, corrompu. 385, frais, ib., payer. 394 note 2, aucun éclaircissement ib., note S, sans. 295, note 1, Etats. 398, déposition. SOI, seelusion. 302, blâmer, ib., donnée, ib., note 1, a été. 305. convié à escrire. 313, et Amiral. 319, pour les transporter. 323 et ailleurs, Reciffe. 325, et demandoient des vivres et des munitions pour eux et des habita et de l'argent pour leurs soldats. 334, les Mareschaux de Turenne et de la Ferté Senneterre qui avoient eu. 335 luy donna le moyen. 345, tous les Princes. 350, et avec la Snede. ib., frais. 851, sous le règne de la Reine Elisabeth. 353, et les Commissaires que Cromwell avoit nonvmés. 354, note 1, vers. 359, dans le Nort 361, et ailleurs, scavent 363» campagne. 367, ont faits. 373, règle perpétuelle. 376, laissé vnide. 380, deux partis, ib., et ainsy qu'ils •votent esté. 392, effet 398, note 1, Vnudoutt. ib., note 2, est bien éloignée. 406, note 1, nouvelle série. 408, Colombo. 412, maies, ib., ordonna à Voguelsang. 419, triple alliance que l'on avoit dessein de faire, ib., de les prendre. 435, C'est ce que les deux Ministres promirent 435, la Reine qui avoit dés lors. 437, démarches, ib, avoit demandé et obtenu. 440, et qui ne se pouroient résoudre. 441, mais aussy. îb, confiscation. 447, pourrons d'offices, ib., las. 451, paye, sans son consentement 462; dans les Pais Bas. 463, note 1, Ledignac. 491, n'y avoit trouvée, ib., Middelfart Sond. 492, note 1, la lettre. 493, résolurent que le Roy de Suéde. 496, note 3, à l'occasion d'une visite. 498. maisons royales. 503, que la Compagnie Africaine de Suéde disoit avoir faite. §04, note 1, Vaterlandsliebe. 506, ce qui faisoit 518, note 1, de Witt, Brinm. 513, ls vsisscau de Witte. ib., Opdam. 523, Hulft tué au siège de Colombo. 532 et ailleurs, Duvmng. 533, Swerin. 537, purent. 51-2, étroitte. 543, élection. 546, m'empescher. 518, Tais Bas. 509, qui ontendoit. 572, de plus cher au monde. 5S1. Conseiller. SsS, de ces deux Kstats. 5*7, note '2, empêchaient. 590, note 1, dans le 6 tome du Recueil. 595, note 1, avaient remise. 600, qu'il avoit usurper. 607, que l'on auroit accordée. 610, Don. 616, et que le Roy — luy eust permis. 621, acte d'amnistie. 630, 11 semble que tout ce que l'Ambassadeur de France peut prétendre. 656, note 1, Roi.

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