CHAPITRE II HALIFAX ET BEAUBASSIN
Fondation d'Halifax
M. de la Jonquière, après la défaite de sa flotte en 1747, avait été fait prisonnier de guerre par l'Angleterre. Le roi de France se vit obligé
d'envoyer un nouveau Bouverneur au Canada, et le choix tomba sur le Marquis de la Galissonnière. Celui-ci comprit clairement la situation. Pendant sa courte administration, il dirigea tous ses efforts auprès de la cour de France pour faire peupler le littoral de l'Amérique du Nord par des colons français et, en même temps, pour augmenter et fortifier les garnisons dans la vallée de l'Ohio et dans l'Ouest, De son côté, le Souverneur anglais de Boston faisait les mêmes demandes au bur colonial en Angleterre, Ses appels furent si Pressants que le minis: anglais résolut de fonder à la Nouvelle-Écosse un établissement important, afin de détruire l'influence française de Louisbourg, et surtout afin d'empêcher les Acadiens de la Nouvelle-Écosse de reconquérir leur ancienne colonie,
La fondation d'Halifax fut une entreprise d'État, Deux mille cinq cents colons, y compris les femmes et les enfants, débarquèrent au bord de la baie de Chébouctou, à la fin du mois de juin 1749. Idward Cornwallis, le nouveau &ouverneur de la Nouvelle-Écosse, accompagnait les immigrants. On choisit une colline, à l'ouest du havre, pour y fonder la nouvelle ville qui fut appelée Halifax, en l'honneur du comte Halifax, président du « Bureau du Commerce et des Plantations », Au com-
achevée, était armée et gardée par les bataillons anglais ramenés de Louisbourg, après la restitution de cette place à la France,
Situation difficile pour les Acadiens — Actes de vengeance par Îcs Indiens
Dans les établissements que les Acadiens possédaient, d'Annapolis jusqu'aux alentours de la baie de Chignectou, on comptait à peu près 3,500 à 9,000 âmes. M. Rameau porte même ce nombre à 12,000.
Jusque-là, les Acadiens avaient prêté le serment d'allégeance sous la réserve qu'ils ne porteraient pas les armes. Mascarène le fit remarquer à Cornwallis dans la séance d’un conseil tenu le 14 juillet 1749. Le Souverneur prétendit que les officiers qui avaient accepté de telles réserves avaient manqué à leur devoir.
Les Acadiens soutenaient que leurs réclamations étaient fondées sur des actes authentiques. « Plusieurs de vos prédécesseurs, disaient-ils à Cornwallis, ont reconnu notre bon droit et ils ont consenti à nous accorder cette réserve de ne point porter les armes. Ils nous ont assuré qu'ils avaient toute autorité pour cela. Si nous avcas été trompés, le Roi ne saurait retourner une telle supercherie contre nous ».
merci et ou qu'ils seraient dépouillés de tout ce qu'ils posséduient ». C'était l'annonce Première de la déportation.
Les Acadiens assurèrent le Souverneur qu'ils se reconnaissaicat volontiers les sujets dévoués du roi d'Angleterre, mais qu'ils voulaient être
exempts de l'obligation de porter les armes ou ils quitteraient le pays. — Eh bien ! quittez-le, s'écria Cornwallis. Voilà où en était la discussior sur le serment d'allégeance, un an après la fondation d'Halifax. ‘ FM. de la Jonquière fit tout en son pouvoir pour empêcher les Acadiens de devenir sujets anglais. 11 leur conseilla fortement de se fixer sur la partie occidentale de la Nouvelle-Écosse que le gouvernement français réclamait comme son territoire. Depuis le traité d'Utrecht, ces frontières du Canada et des colonies anglaises étaient restées incertaines. A l'époque où nous sommes, une commission siégeait à Paris pour déterminer les droits des deux puissances à ce sujet. En tous cas, l'isthme de Chignectou semblait s'imposer comme limite fixée par la