‹ L'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 25 sur 75 · DE LA GAL#SSONNIÈRE · texte numérisé non relu

DE LA GAL#SSONNIÈRE

lé, entre Frontenac et Détroit. Dès lors il y eut, de Québec au Mississi pi, une grande ligne de postes militaires qui facilitait les communications entre le Canada ct la Louisiane, Elle se composait de Québec, Montréal, La Présentation, Frontenac, Toronto, Détroit, le fort des Miamis, Saint-Joseph, Chicago, Crèvecœur sur l'Illinois, et le fort de

sur le Mississipi — sans compter une série d’autres petits postes destinés à maintenir la possession de la vallée de l'Ohio.

M. de la Galissonnière réorganisa la milice et la porta à 12,000 hommes. Il fit chasser les traitants ct les colons anglais de la vallée d'Ohio et reprit possession de ce territoire, Malheureusement pour le Canada, la cour le rappela en France. Elle avait besoin de sa haute sagesse et de ses lumières pour discuter, de concert avec M. de Silhouette, la question des limites de l'Acadie — les prétentions anglaises étant soutenues par MM. Shirley et M ildmay.

Le marquis Duquesne

Après la mort de M. de la Jonquière qui, comme nous l'avons fait voir, succéda à M. de la Galissonnière, Charles LeMoyne, baron de Longueuil, prit le commandement général de la colonie, Sa qualité de Canadien fut un obstacle à son élévation au poste de Souverneur, Le Marquis Duquesne de Menneville fut choisi par la cour de Versailles et il arriva à Québec, dans l'été de 1752,

À cette époque, les Indiens de l'Ohio subissaient de plus en plus l'influence des traitants anglais. Duquesne résolut de s'assurer, au moyen de postes fortifiés, le territoire qui s'étend au nord de l'Ohio. Dans ce but, il envoya une armée de mille hommes sous la conduite de Marin, un habile militaire qui avait déjà fait ses preuves à Saratoga. Un fort fut construit à Presqu'île ; plus loin, d'autres postes furent élevés, parmi lesquels les forts Lebœuf et Venango sont surtout dignes de mention. Devant cette armée, les traitants anglais se retirèrent, Ils n'avaient pas de garnisons pour les défendre, les assemblées coloniales anglaises n'ayant jamais voulu voter un sou pour faire construire des postes militaires, en arrière des Alléghanys.

Cependant, Dinwiddie, gouverneur de Virginie, finit par obtenir un octroi de dix mille louis sterling pour organiser une expédition dans le but de chasser les Français de l'Ohio. Il avait déjà envoyé le colonel George Washington au fort Lebœuf, avec une lettre dans laquelle il priait les Français de « vouloir bien » quitter le Pays. Une politesse

cœur, le commandant français, se contenta de répondre, en souriant, qu'il ne voyait aucune raison urgenle pour se rendre à la prière de Mon-

Ce dernier mit Washington à la tête d'une armée et l’envoya, en 1754, exécuter ses ordres par la force. Les Français s'y attendaient.

le fort Duquesne. Washington se renferma dans le fort Necessity où il capitula devant la force supérieure des Français. Il eut 90 hommes

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Le marquis de Vaudreuil

Amérique du Nord allait-elle appartenir aux Anglais ou aux Fran- ? C'est ce qu'on se demandait, en Angleterre et en France. Pour se préparer à toute éventualité, les deux puissances envoyèrent des renforts dans leurs colonies respectives. C'était en 1755, année terri-

comme nous l'avons déjà vu, pour l'Acadie et le fort Beauséjour. Trois autres expéditions avaient été préparées pour êtres lancées, en même temps, par les Anglais contre le Canada : une par Braddock contre le fort Duquesne : la seconde par Shirley contre Niagara : la troisième par Johnson contre le fort Frédéric.

Le général Braddock traversa la mer avec deux régiments anglais, tandis que le baron Dieskau amenait au Canada trois mille vétérans français, En même temps, le marquis de Vaudreuil faisait son arrivée à Québec. Les Canadiens l'accueillirent avec un :-nsible Plaisir ;

c'était un enfant du Canada : il y était né et y avait ::: s jeunesse, Quant aux expéditions ci-dessus mentionnées, :11.: ‘urent de: résul. tats plus ou moins variés, Pour n'avoir pas digne 1, conpte 8

sages conscils qui lui furent donnés par Franklin ct Washinsion Hra dock fut honteusement défait dans la vallée de ! :)hi

Le baron Dieskau rencontra Johnson au suc 3 lie Ge 4 Ui grande bataille s'engagea dans laquelle les Français, d'abord vicior eu , furent mis finalement en pleine déroute. Dikau fav. me it hlessé et fait prisonnier. Shirley, qui était chargé de cor duire j' *Xpédition du Niagara,se rendit à Chouagen (Oswego) où il at'encit Le provisions pendant deux mois entiers, et décida d'ajourner l'attaqu. à un. poque

plus favorable.

L'habitant canadien sous la domination française

Sous le régime français, le colon canadien n'était pas malheureux, mais il était traité à peu près comme un enfant. I] jouissait des fruits de son travail, sans être obligé d'en donner la part du lion à son seigneur. Il ne payait aucune taxe directe au roi, L'Église était maintenue, en grande partie, par les sommes fournies à cet effet, en France ; il s'ensuit que la dîme était très peu onéreuse pour les colons.

Les conditions diverses dans lesquelles le colon canadien s'était trouvé, ses aventures, ses voyages, son expérience acquise, bien souvent d'une manière pénible, — tout cela l'avait aguerri, éclairé et par là même rendu bien supérieur au paysan français. Il était honnête, obligeant et poli. Tafatigable à la chasse aussi bien que dans toutes les expéditions lointaines, il restait cependant quelque peu nonchalant pour la culture de la terre, vu les méthodes nouvelles qu'il fallait employer pour cultiver dans la forêt vierge.

A part les séminaires de Québec, de Montréal et des Trois-Rivières, il n'y avait pas d'établissement pour l'éducation. Les curés avaient soin d'instruire le colon sur ses devoirs envers Dieu, l'Église et le roi. Le gouvernement responsable n'existait pas à cette époque. La Nouvelle-France était sous le Souvernement absolu du roi de France qui, par l'entremise du ministre des colonies, donnait ses ordres au gouverneur et aux fonctionnaires du Canada. Le Souverneur, l’intendant, les juges et quelques autres officiers subalternes étaient envoyés de

France. C'était la politique de Versailles de ne Pas nommer de Canadiens à une fonction importante du 8ouvernement. On hésita beau- Coup, paraît-il, à nommer M. de Vaudreuil gouverneur, parce que les parents de sa femme étaient Canadiens. Le plus grand honneur äuquel un Canadien pouvait aspirer, c'était de commander une expédition contre les sauvages ou contre les Anglais de la Nouvelle-Angleterre. Même dans les affaires municipales, il n'y avait pas d'administration responsable. C'était l'intendant qui s'occupait de toutes les affaires de détail. Le colon canadien, c'est-à-dire le peuple n'avait pas à s'enquérir de l'usage qu'on faisait des taxes locales ni de l'emploi des subventions accordées par le roi.

Le trafic des fourrures donnait de gros bénéfices au roi. A part cela, celui-ci n'avait d'autres revenus que les droits imposés sur le tabac et les spiritueux.

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