‹ L'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 28 sur 75 · CHAPITRE I LES PREMIERS GOUVERNEURS ANGLAIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE I LES PREMIERS GOUVERNEURS ANGLAIS

Le gouverneur Murray

NE fois maîtres du Canada, les Anglais y établirent un gouvernement militaire qui subsista quatre ans. Amherst, nommé Souverneur général des colonies anglaises d'Amérique, établit sa résidence à New-York. Le général Murray demeura gouverneur de Québec ; le général Gage fut nommé gouverneur

de Montréal,

Ce régime militaire ne plaisait guère aux Canadiens qui le regardaient comme une violatinn de leurs droits de sujets anglais.

En effet, ces droits “arantissaient aux Canadiens-Français la liberté de recourir à leurs juges, liberté dont ils étaient privés par le régime militaire. Toutefois, les hostilités ayant cessé, les habitants s'appliquèrent à réparer les pertes causées par la guerre. La population était alors de 75,000 Canadiens-F rançais, et de 8,000 Indiens presque tous catholiques. Le traité de Paris, signé en février 1763, confirma la conquête du Canada, ce qui détermina un bon nombre de notables français du Canada à repasser en France ou à Saint-Domingue.

Après ce traité, l'Angleterre commença à démembrer le Canada. Le Labrador, l'île d'Anticosti et les îles de la Madeleine furent annexées au gouvernement de Terre-Neuve ; les îles Saint-Jean et Cap-breton passèrent à la Nouvelle-Écosse. Le territoire des grands lacs fut adjoint aux colonies voisines. En 1784, le Nouveau-Brunswick se détacha de la Nouvelle-Écosse et reçut une administration particulière, comme nous le verrons plus loin. La partie qui restait du Canada fut nommée Province de Québec.

Par les proclamations du 7 octobre et du 17 décembre 1763, George I, roi d'Angleterre — de sa Propre autorité, c'est-à-dire sans le concours du parlement impérial — 2bolit lvs lois françaises au Canada, Pour établir celles de l'Angleterre. Vers cette époque, le général Murray fut nommé Souverneur général du Canada, Sans parler de l'abolition des lois françaises, les Canadiens-Français se plaignaient

d'avoir été presque complètement oubliés dans la création du conseil des Treize Membres — conseil qui était investi des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Des murmures éclatèrent parmi toutes les * Pour calmer cette agitation, Murray fut obligé de permettre l'usage des lois françaises dans les causes ayant trait à la propriété mobilière.

Pour se conformer à certaines instructions reçues de Londres, Murray convoqua une assemblée des représentants du peuple. Les dé

vaient consentir à abjurer la doctrine de la transsubstantiation, du saint

du Canada, un ennemi juré de la puissance britannique. Dans cette lutte, les Anglais perdirent un bon nombre de leurs forts, sur le bord des

En 1766, Québec accueillit avec une joie profonde l'arrivée d'un prélat, Mgr J.-O. Briand. L'Église du Canada était sans évêque depuis six ans, c'est-à-dire, depuis la mort de Mgr Pontbriand, survenue en 1760, .

Le gouverneur Carleton — L'Acte de Québec

En 1766, le gouverneur Murray fut remplacé par Guy Carleton. Sur les renseignements fournis à Londres par le général Murray touchant la condition des choses au Canada, l'Angleterre résolut d'adopter des mesures plus justes et plus libérales à l'égard des Canadiens. Elle commença par suspendre l’exécutio:. des instructions royales ordonnant d'expulser du pays tous les habitan:s qui refuseraient de prêter le serment du fes. C2 changement dans la politique de l'Angleterre était dû, en bonne partie, à l'attitude menaçante des colonies anglaises de la Nouvelle-A ngleterre, Celles-ci, comme nous allons le voir dans la prochaine leçon, étaient en pleine révolte, Ce fut à la nouvelle de l'insurrection des colonies que le parlement anglais se hâta, en 1774, de voter une loi appelée « Acte de Québec », dans le but de réorganiser le gouvernement dans la province de Québec. Entre autres déclarations, il était dit dans cet acte que les catholiques conserveraient les droits qui leur avaient été garantis par la capitulation de Montréal et qu'ils seraient dispensés du serment du fes. De plus, il était créé un conseil législatif composé de 17 membres au moins et de 23 au plus, lesquels pouvaient être catholiques ou protestants.

La Révolution Américaine

A cette époque, la Grande-Bretagne avait, de ce côté-ci de l’Atlantique, les dix-sept colonies suivantes jouissant chacune d'un gouvernement local : Terre-Neuve, l'ile Saint-Jean, la Nouvelle-Écosse, Québec, New-Hampshire, Massachusetts, Rhode-Island, Connecticut, New- York, New-Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, la Caroline du Nord, ia Caroline du Sud et la Georgie.

En Angleterre, on refusait aux habitants de ces colonies les privilèges

auxquels des sujets anglais avaient droit. Ainsi, les marchands coloaiaux n'avaient pas la liberté d'importer directement le thé, le sucre, les épices et autres marchandises des pays qui produisaient ces objets de commerce, mais ils devaient les faire venir de la Grande-Bretagne. C'était du retard dans l'importation et de l'augmentation dans les prix. 11 s'ensuivit maintes violations de la loi des douanes, ainsi que plusieurs saisies de vaisseaux et de marchandises par les officiers du gouvernement. Souvent les propriétaires des biens saisis résistaient : alors avaient lieu des scènes de désordre et des rixes scandalcuses, L'Angleterre, dans le but de protéger ses propres manufactures, alla jusqu'à

ps, hypothèques, etc., étaient nulles à moins d'avoir été tes sur papier timbré, 1I y avait des officiers spéciaux Pour la vente

de ce papier, et le revenu allait en Angleterre. Au fond, il était raisonnable d'engager les colonies à aider au paiement

de ‘rois navires amarrés au quai dans le port de Boston, et jetèrent, par-dessus bord, 340 caisses de thé.

Ua congrès colonial, composé de députés représentant trois millions d'habitants, se réunit à Philadelphie, en septembre 1774. Presque toutes les colonies anglaises y avaient leurs délégués autorisés. La même année vit commencer la guerre des colonies anglaises contre leur mère patrie, On comprend bien que, dans des circonstances aussi critiques, l'Angleterre ait eu tout intérêt à ménager les Canadiens et à

Le message du congrès américain aux Canadiens

Pendant que le congrès de Philadelphie exposait au parlement anglais les plaintes des colons, le Souverneur Carleton inaugurait, dans la ville de Québec, la nouvelle Constitution. Sur vingt-trois membres du conseil législatif, un tiers furent choisis parmi les catholiques. Plusieurs Canadiens furent nommés à des charges publiques. 11 n'y avait pas de temps à perdre, car déjà le congrès américain avait envoyé aux Canadiens un message dans lequel ceux-ci étaient fortement invités à se | aux autres colonies, pour défendre avec elles leurs droits et leur

Ce document mit les Anglais du Canada en éveil. En général, leurs

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