PRÈS DES LACS'GEORGE ET CHAMPIA
Durant l'été, le général Provost avait reçu de l'Angleterre un renfort de 16,000 hommes, avec ordre d'envahir les États-Unis par le lac Champlain. Il résolut d'attaquer Plattsburg par terre et par mer : il s'engageait ainsi dans la route qui devait le conduire à New-York. Malheureusement, à cause de son indécision et de son esprit de temporisation, il n’eut pas de succès. Sa flotte fut défaite par le commodore
McDonough, et sir George fut obligé de faire repasser son armée en Canada.
Vers le même temps, les Anglais battaient les Américains à Bladensburg, sur le Potomac, Ils prenaient Washington et brûlaient le capitole ainsi que plusieurs autres édifices. Le 8 janvier suivant, 6,000 Américains commandés par le général Jackson repoussèrent 12,000 Anglais, près de la Nouvelle-Orléans, et leur infligèrent, disent les historiens canadiens, une perte de deux mille hommes. Les \méricains prétendent n'avoir perdu que sept hommes. Lors de cette dernière rencontre, la paix était déjà signée, comme nous le verrons ; mais les parties belligérantes l'ignoraient,
Durant toute cette guerre anglo-américaine, les villages situés sur les bords de l'Atlantique, dans les Provinces maritimes, eurent beaucoup à souffrir de la part t'es flibustiers américains. Sur la côte de la baie de Fundy, la rade de Hall (Hall's Harbor) fut le repaire d'une bande de pirates qui se jetaient de temps en temps sur les bourgs circonvoisins et Y commettaient toutes sortes de déprédations. Les habitants anglais des vallées de Cornwallis et de Grand-Pré furent souvent très inquiétés.
Traité de Gand — Départ de sir George Provost — Le général Drummond
La veille de Noël 1814, un traité de paix, conclu entre les États-Unis et l'Angleterre, fut signé à Gand, en Belgique. Il n'eut aucune signification pratique. Les territoires saisis durant les hostilités furent rendus à leurs premiers propriétaires. Le Canada et les États-Unis en furent quittes pour le paiement de leurs frais de gucrre. Les limites des deux pays ne furent pas changées “ +, ligne,
Vers la fin de 1815, sir George Provot partit pour l'Angleterre dans le but de se disculper, auprès des autorités impériales, des accusations portées contre lui parsir lames Yeo, commodore de la flottille des lacs ; mais il mourut peu de temps après son arrivée, par suite du chagrin qu'il éprouvait ct des fatigues du voyage. Sir George fut regretté dans toute la province, mais particul, ‘rement par les Canadiens-Français.
Il fut remplacé par le général Drummond, qui agit en qualité d'administrateur. Celui-ci ne tarda pas à découvrir que certains abus graves s'étaient glissés dans l'administration des terres et des postes. Depuis une vingtaine d'années, trois millions d'acres de terre avaient été données à un groupe de favoris.
Dès la session de 1814, M. James Stuart, député, avait accusé les juges Sewell et Monk d'usurper le pouvoir législatif. 1] les taxa d'avoir augmenté les honoraires des avocats et autres employés des tribunaux — re, dant ainsi les appels en cour plus difficiles, parce qu'ils étaient plus onéreux. La chambre d'Assemblée soutint Stuart et lui vota une somme d'argent pour aller faire entendre ses plaintes au SHERBROOKE bureau des Colonies, en Angleterre. Il va sans dire que ce crédit fut rejeté par le conseil législatif. Celui-ci al. légua que le gouverneur seul avait droit de communiquer avec les autorités impériales.
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Dans la session de 1816, là chambre d'Assemblée se préparait à envoyer un mémoire au prince régent d'Angleterre, au sujet des abus introduits dans l'administration, lorsqu'elle fut dissoute, avec force reproches, par le gouverneur Drummond. Le peuple répondit à cette mesure en réélisant presque tous les mêmes députés. Dans l'intervalle, Drummond fut remplacé par sir John C. Sherbrooke, homme bien plus habile et beaucoup plus prudent.