JEAN CABOT
En 1499, un pilote florentin, Améric Vespuce, s’embarqua sur un vaisseau d’une flottille espagnole commandée par un des anciens compagnons de Colomb. Il eut une grande part au succès de cette ex-
pédition dans laquelle furent explorées les côtes septentrionales de l'Amérique du Sud. Au retour, Améric Vespuce adressa au duc de Lorraine une relation un peu exagérée de ces voyages. Ce rapport, étant tombé entre les mains d’un imprimeur de Saint-Dié, fut publié en 1507. Par une erreur de chifres, l'imprimeur, qui s'appelait Martin Hilacomilus, plaça le premier voyage de Vespuce en 1497.
Comme Colomb ne vit l'Amérique méridionale proprement dite qu'à son troisième voyage, en 1498, Hilacomilus concluait que Vespuce avait, le premier, découvert la ter- AMÉRIC VESPUCE re ferme. Il proposa donc de donner le nom d'Amérique au nouveau continent, et ce nom lui est resté.
On ne peut blâmer Vespuce pour cette erreur à laquelle il ne prit
aucune part, et qu'il ignora probablement jusqu’à sa mort.
Expédition portugaise et pêcheries en Amérique
A son tour, le Portugal tourna son attention vers les rives du nouveau monde. En 1500, Cortéréal explora les régions septentrionales de cette terre inconnue. Il n’y a rien de certain sur la route qu’il suivit. Tout ce qu'on sait, c’est qu’il amena de ces pays une troupe d’Indiens qu'il vendit comme esclaves. C’est peut-être ce qui a valu à ces côtes le nom de Labrador qui, selon certains interprètes, veut dire ferre d'esclaves. Au cours du rapport de Cortéréal, il est souvent mention des côtes escarpées et dangereuses, de régions froides et brumeuses — peinture et détails contrastant beaucoup avec ceux que Polo avait donnés de son Cathay merveilleux. Aussi verra-t-on la plupart des expéditions subséquentes se diriger, pour quelques années au moins, plus au sud de notre continent.
Pendant que des explorateurs munis de commissions royales parcourent ainsi les mers de l'Ouest pour y trouver de nouvelles terres, les Normands, les Bretons et les Basques viennent chaque année pêcher sur les bancs de Terre-Neuve.
Quelques-uns croient qu'ils s’y aventurèrent bien des années avant la première expédition de Cabot. Ce qu'il y a de certain, c’est qu'on les y trouve en 1504. Ils y étaient attirés par l'abondance de la morue et surtout par les immenses profits que leur assurait la pêche de la baleine.
Autres explorations dans l'Amérique du Sud
Ce fut vers l’année 1523 que furent entrepris les premiers voyages de découvertes en Amérique, au nom du roi de France. Jean Vérazzani, navigateur florentin qui était au service de François Ier, commanda la première expéditica officielle envoyée par les rois de France, à la découverte de royaumes nouveaux. Il sortit de Madère, le 17 janvier 1524 et, le 7 mars, il abordait sur la côte américaine qu'il remonta depuis le 34° degré de latitude, jusqu’au Cap-Breton et Terre-Neuve. Selon
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l'opinion commune, c'est Vérazzani qui donna à cette région le nom de Nouvelle-France.
Au commencement du seizième siècle, il y eut plus au sud, nombre d'explorations et de découvertes. En 1500, Pinzon découvrit le Brésil, Il explora quatre cents milles de côtes non encore aperçues. C'est alors qu'il fit la découverte du fleuve des Amazones, qu’il nomma ainsi, parce qu'il crut voir sur ses bords des peuplades de femmes armées.
En 1519, Fernand Cortez, capitaine espagnol, aborda le Mexique avec une petite flotte de dix vaisseaux, et en fit la conquête. Il n’avait à sa disposition que six cents hommes, dix-huit chevaux et quelques pièces de canon. Montézuma, empereur du Mexique, commandait, d'autre part, à trente vassaux dont chacun pouvait armer cent mile hommes munis de flèches et de casse-tête. Les populations effrayées n'osèrent pas faire de résistance, parce qu'elles regardaient les Espa-
gnols comme des dieux.
En 1520, Magellan, célèbre navigateur portugais faisant le service pour l'Espagne, découvrit le détroit qui porte son nom, entre l’Amé-
Quelques années plus tard, François Pizarre fit la conquête du Pérou, empire alors très vaste et gouverné par des souverains appelés Incas. Il y eut encore Balboa qui, après avoir traversé l’isthme de Panama, aperçut un jour, sur le haut des montagnes de l’ouest, l'immense océan Pacifique. Il tombe à 8enoux pour rendre grâce au Seigneur. Puis se tournant vers ses compagnons de route : Suivez-moi, dit-il. Et il descend ces montagnes en toute hâte, courant jusqu’à la mer dans les eaux de laquelle il va se plonger afin, disait-il, d'en prendre véritablement possession, au nom de son souverain et son maître,
Les Indiens en Amérique
Les peuplades sauvages de l’Amérique ont été appelés Indiens, parce que les premiers explorateurs, Colomb et les autres, croyaient n'avoir découvert, dans notre continent, qu’une partie des Indes ou du Cathay de Marco Polo. A l'époque des découvertes que nous venons de mentionner, il y avait une différence très apparente sous le rapport dela civilisation, entre les sauvages du Mexique et du Pérou et ceux de l’Amérique septentrionale. Quelques-uns en ont conclu que les Indiens de l’Amérique du Nord étaient descendants des Mongols ou des Tartares, tandis que les Péruviens et les Mexicains étaient des races métisses d’origine européenne et tartare. Il n'y a là-dessus que des conjectures.
Au commencement du seizième siècle, les sauvages de l'Amérique du Sud ont une civilisation relativement avancée. On voit par leurs temples et leurs palais qu'ils ont des notions d'architecture et de sculpture. Ils ont un système régulier de gouvernement : ils entendent bien l'agriculture, l’art d'exploiter les mines et celui de travailler les métaux. En outre, ils possèdent un code complet de lois civiles et religieuses. Mais, chez les Mexicains, quelques-unes de ces lois étaient cruelles et parfois très sanguinaires. Ainsi, un auteur mexicain estime à plus de cent mille le nombre des victimes humaines qu’on immola, en 1447, lors de la grande dédicace du temple édifié en l’honneur du démon de la
Suerre. « Le sang humain, dit-il, coulait le long des degrés du temple, comme l’eau pendant les averses de l'hiver ».
Quant aux sauvages de l'Amérique du Nord, leur.éducation se bornait aux arts de la guerre, de la chasse et de la pêche. Ils n'avaient pas de gouvernement régulièrement établi. Semblables aux Hindous, ils croyai:nt à l'existence de deux puissances invisibles — le mauvais génie et le Grand-Esprit.
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