‹ L'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 47 sur 75 · UNIVERSITÉ LAVAL · texte numérisé non relu

UNIVERSITÉ LAVAL

à tous ceux qui avaient pris part à la révolte de 1837. Depuis quelques années, la plupart des chefs avaient été graciés individuellement et étaient de retour en leur pays. Nelson et Papineau étaient même députés au parlement. Parmi les vieux chefs, il n'y eut à profiter de cette dernière amnistie que William Lyon Mackenzie. A une élection partielle, dans le comté de Haldinand, celui-ci fit subir une lourde défaite à George Brown, éditeur du « Globe». En chambre, il n'eut désormais presque plus d'influence.

Pendant la même session, la chambre fit adopter une loi Pour indemniser les Bas-Canadiens des pertes qu'ils avaient éprouvées durant les malheureuses scènes de ‘37 et "38. Cette loi exaspéra tellement les ennemis du 8ouvernement, qu'ils créérent une émeute à Montréal, insultèrent le gouverneur sur la voie publique, brûlérent l'enceinte parle- Mmentaire ainsi que les deux bibliothèques qu'elle contenait, et saccagèrent plusieurs des principaux édifices de la ville. Après l'incendie du parlement de Montréal, on en vint à la curieuse décision de faire as-

sembler dorénavant les chambres à Toronto et à Québec, alternative. ment.

pour la monnaie, Dans la session de 1851, la loi de primogéniture fut abolie, en sorte que, après la mort d'une personne qui ne laissait pas de testament, sa propriété ou ses biens étaient divisés également entre ses enfants ou ses parents, au lieu de passer exclusivement au fils aîné

En 1852, la ville de Montréal fut dévastée par plusieurs incendies désastreux dont le plus terrible eut lieu au mois de juillet. Dans les faubourgs Saint-Laurent, Saint-Louis et Sainte-Marie, 1,400 maisons devinrent la proie des flammes. La même année, les messieurs du séminaire de Québec reçurent leur charte pour la fondation de l'université Laval, Lord Elgin, qui avait obtenu de S. M. la reine Victoria, une charte libérale en faveur de cette institution, voulut bien en présider l'inauguration, en 1854. Vers cette époque, le nombre des membres de l'assemblée !. -lative fut porté de 84 à 130, dont 65 pour chaque province,

En 1855, la législa: re supprima le système de la tenure seigneuriale, en votant une indemnité de six millions de dollars Pour les intéressés.

plus ou moins les progrès de l’industrie et de l'agriculture. La liberté du sol fut proclamée. Cette révolution importante, au point de vue économique, fut accomplie sans secousse et sans conflit notable.

Sir Edmund Head et le vicomte Monck

En décembre 1854, lord Elgin fut remplacé par sir Edmund Head. Durant l'administration de ce dernier, outre l’abolition des droits sei- &neuriaux et la sécularisation des réserves du clergé protestant, la législature avait généreusement subventionné la compagnie du Grand- Tronc ainsi que d’autres Compagnies formées dans le but de construire des chemins de fer. De plus, dès juillet 1854, un traité avantageux de réciprocité avait été conclu avec les États-Unis, Par ce traité, il était convenu que les Canadiens et les Américains auraient le droit, sauf quelques restrictions, de pêcher librement dans les eaux de l’un et l'autre pays. L’échange des produits de la mer, du sol, des forêts et des mines était devenu libre. Les Américains pouvaient naviguer dans le Saint- Laurent et dans les Canaux du Canada, aux mêmes conditions que les sujets anglais. Le droit de navigation sur le lac Michigan ét, en même temps, accordé aux vaisseaux anglais, Ce traité fut proclamé par le président des États-Unis, le 16 mars 1855.

En 1856, durant l'administ ‘nn de sir Edmund Head, le principe électif fut introduit dans le « svil législatif. Les anciens membres

demeuraient conseillers à vie, com, r le passé ; mais les nouveaux devaient être élus par une des 4 -isions électorales nouvellement formées.

En 1857, trois écoles normales furent établies dans la province,

En 1858, la ville d'Ottawa est choisie par la reine pour devenir le siège du gouvernement provincial, De part et d'autre, on s'était convaincu que le mode d'alterner les sessions, à Québec, puis à Toront, entraînait beaucoup de dépenses et, en somme, n'était pas pratique. Les chambres ne furent convoquées, à Ottawa, qu'une seule fois avant la confédération. Dans l'été de 1860, le Canada et les autres provinces britanniques de l'Amérique du Nord reçurent la visite du prince de Galles, aujourd'hui Édouard VII, notre auguste roi. A Montréal, le prince inaugura le pont Victoria ; à Ottawa, il posa la première pierre des édifices du parlement,

En 1861, sir Edmund Head est remplacé par lord vicomte Monck. Ce fut dans cette même année, que mourut le prince consort, surnommé « Albert le Bon », l'époux de la reine Victoria, et le père du roi Édouard

En 1864, l'esprit d'antagonisme entre la population du Haut-Canada et celle du Bas-Canada s'élève à des proportions alarmantes. Le résultat des élections de 1861 n'avait donné à aucun parti une majorité bien décisive. Durant trois ans, jusqu'à la formation d'un ministère de coalition, en 1864, quatre ou cinq ministères sont renversés. En 1862, le cabinet Cartier-MacDonald est défait sur un bill relatif à la milice. Il est remplacé par le cabinet MacDonald-Sicotte qui ne vit que quelques mois. Le parlement est dissous et le ministère est reconstruit sous le nom de MacDonald-Dorion. Les élections faites, les partis politiques se trouvent aussi embarrassés qu'auparavant. Le ministère démissionne pour faire place à un cabinet Taché-MacDonald, lequel est défait, à son tour, sur un vote de la chambre.

La machine gouvernementale ne pouvait plus fonctionner. Le pays était aux prises avec un dead-lock. C'est alors que les principaux hommes des deux partis résolurent d'établir un nouveau gouvernement sur des bas: : sut à fait différentes. C'est ce qui nous a amené la confédération.

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