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Progrès matériel ; éducation ; tenure des terres
En 1861, le recensement de l'île du Prince-Édouard accusa une augmentation de 18,000 âmes depuis 1848. Le traité de réciprocité avec les États-Unis fut d’un immense avantage pour les habitants de l'île ; il lui ouvrit d'excellents marchés pour ses produits de la terre, des forêts et des eaux. L'année même où ce traité était conclu, les portes de la législature s’ouvraient Pour Stanislas-S. Poirier, de Tignish — le premier député acadien élu dans une division électorale de l'île. En 1855, Charlottetown fut organisé en municipalité et, la même année, la banque de Prince Edward Island reçut sa charte. Un acte d'Éducation sur lequel le système d'éducation actuel est basé, fut passé en 1852. En 1861, l'île avait 352 écoles. En 1855, une école normale fut établie à Charlottetown et, en 1859, le collège de Prince 0f Wales fut constitué en corporation.
En 1853, un acte fut passé pour établir le suffrage universel. L'année suivante, il y eut une augmentation de six membres à l'assemblée législative, et sir Dominick Dalÿ remplaça Bannerman, à titre de lieutenant-gouverneur. Il fut remplacé, à son tour, par George Dundas, en 1859.
Pendant ce temps, le système de la tenure des terres restait toujours sans modification. L'obstination des propriétaires devenait proverbiale. Plusieurs tentatives d'accommodement furent hasardées : elles n'eurent aucun résultat pratique. La chambre d'assemblée voulut faire voter un acte de Vente des Terres, en vertu duquel les propriétaires étaient tenus de vendre leurs terres, à des conditions acceptables. Les autorités impériales s'y opposèrent. Elles répondirent que la mise en vigueur d’un tel bill serait une mesure ultra vires, c’est-à-dire outre-passant les droits de la législature de l'île. Il ne restait d'autre alternative que de soumettre la question à une commission.
STANISLAS POIRIER L'organisation d’un corps d'arbitrage fut
proposée par un bon nombre de propriétaires à la tête desquels figurait sir Samuel Cunard, le fondateur de la ligne de bateaux océaniques qui porte son nom.
Les commissaires devaient : 1° étudier les relations qui avaient lieu entre les propriétaires et les tenanciers de l'île ; 2° fixer le prix pour lequel il serait possible à un tenancier d'acheter la terre qu'il cultivait ; 3 enfin déterminer dans quels cas les arrérages des rentes devaient être payés. La législature de l’île accepta ces propositions et nomma commissaire l'honorable Joseph Howe, de la Nouvelle-Écosse, Les propriétaires se firent représenter par M. J.-W. Ritchie, de la même province. Le troisième commissaire fut M. J.-H. Gray, représentant l'Angleterre. La commission publia son rapport, en 1860, Elle peignait les tristes résultats de ces nombreuses concessions de terres à quelques propriétaires plus soucieux de leur fortune que de l'intérêt général de la colonie, et donnait des ‘conseils très sages pour remédier
aux diflicultés
et cette question de l'affermage de qu'après l'entrée de l’île
; Mais ses avis ne furent pas agréés par les Propriétaires,
S terres ne fut réglée définitivement du Prince-Édouard dans la confédération.
Terre-Neuve — Ses épreuves et ses malheurs
Nous avons vu que les pêcheries de Terre-Neuve étai durant les guerres européennes qui suivirent la révolut Le prix du poisson était très élevé,
pas de pêcheurs français et amé
ent prospères ion française, Parce que, sur les bancs, il n'y avait
ricains. Mais quand ces derniers se mirent à y faire la pêche, à la faveur des traités et sous le patronage de
leurs gouvernements respectifs, les pêcheurs de Terre-Neuve virent le prix du poisson tomber de 45 à 12 chclins Par quintal. La décevante prospérité des premières années du dix-neuvième siècle fit place au désastre et à la ruine. En 1815, il ÿ eut une banqueroute générale parmi les marchands de l'Île. Les Srandes maisons de Commerce se virent dans l'impossibilité de payer leurs créanciers. Neuf cents cas de faillite vinrent devant les cours. Les pertes s'élevérent à un Million de louis Sterling. La classe des pêcheurs vivant au jour le jour — et c'est toujours la plus nombreuse — fut réduite à Ja mendicité, La classe médiocrement à l'aise, celle qui était composée d'hommes faisant annuellement des économies, n’eut Pas un meilleur sort, 1] n'y de banque d'épargne dans l’île, à la fin de la saison de la pêche, Toutes les sommes ainsi dé banqueroute, La classe 400,000 louis sterling.
A cette époque, un grand nombre
Irlande, aux dépens du Souvernement. Au delà de 1,100 personnes furent envoyées à Halifax. Pour’int, ce n'était que le prélude des calamités qui allaient Encore S'abattre sur l'île de Terre-Neuve. Dans la nuit du 12 février 1816, un incendie éclata dans la ville de Saint-Jean. Ce fut une nuit de terrecr, Cent vingt maisons furent brûlées ; quinze cents personnes restèrent Sur la rue, sans aucunes ressources. Les pertes s’élevérent à plus de £100,000. Dans l'été de 1817, les pêcheries
manquèrent presque complètement. Pour comble de malheur, dans l'automne de cette mêm
ncendies qui réduisirent en cendres deux cents maisons i
etc. Les pertes subies dans ces désastres furent estimées à un million de louis Sterling. L'An-
gleterre, les États-Unis et les provinces Maritimes expédièrent des
avait pas Quand un pêcheur avait un surplus, il le laissait en dépôt chez son marchand, posées disparurent dans le gouffre je la ouvrière perdit, de cette sorte, au delà de
d'Irlandais furent rapatriés en
Gouvernement de Terre-Neuve — Nouvelles épreuves — Les bancs
Dès l'année 1821, Je peuple commence à soulever I 8ouvernement local et responsable. Depuis longtemps, les habitants de l’île étaient à la merci du despotisme d'amiraux-pêcheurs qui les traitaient comme s'ils cussent été assujettis à la discipline navale. Un 8ouvernement local fut accordé en 1832. Le Premier parlement fut ouvert le 1er janvier 1833. Pendant plusieurs année
es, durant jes cam- Pagnes électorales, jes querelles de religion et de race furent souvent
a moitié de la Population de qui n'avaient pas oublié l'op-
a question d’un
Cause de désordres très regrettables, L l'île se composait d'Irlandais catholiques
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pression exercée sur eux, en Irlande, par les Anglais ; l'autre moitié se c."aposait de protestants d'origine anglaise, accoutumés à commander et à tenir le pouvoir haut la main.
En 1834, la chambre d'Assemblée vote £30,000 pour ouvrir des chemins et construire des ports. En 1841, sous l'administration de sir John Harvey, 40,000 louis sont accordés pour les mêmes fins.
En juin 1846, un incendie éclate dans une ruelle de Saint-Jean et réduit en cendres la plus grande partie de la ville. Douze mille personnes sont jetées sur la rue : les pertes montent à près de cinq millions de dollars. Le 19 septembre de la même année, une terrible tempête s’abat sur l'île et détruit un grand nombre de navires, magasins, ponts, entrepôts, quais, eic.
En 1854, le gouvernement responsable est accordé.
L'année 1858 est mémorable à cause d'un événement d’un genre tout nouveau. La pose d’un cable sous-marin entre la côte d'Irlande et la rive orientale de Terre-Neuve, une distance de 1,640 milles, venait d'être complétée. Le 5 août, le premier message télégraphique fut transmis du vieux continent au nouveau monde.
Les bancs de Terre-Neuve sont situés à une distance d'environ cent milles de la côte de l’île. Ils ne sont pas formés, comme on l’a prétendu, de monceaux de sable et de pierres transportés là, comme à un point de décharge, par le courant du Mexique’ ou par les courants arctiques : ce sont simplement d'immenses élévations formant des plateaux sousmarins.
Sur le grand banc, il y a une profondeur d’eau variant de 50 à 360 pieds. Sur les autres bancs, la profondeur varie de 600 à 900 pieds. A côté des bancs, le bassin océanique tombe de 10,000 à 15,000 pieds de profondeur. La pêche ne se fait pas sur toute l'étendue du grand banc, maïs seulement sur une surface de 200 milles en longueur et de 67 milles en largeur.
L'île de Vancouver et la Colombie Anglaise
Nous avons vu que l'île de Vancouver fut découverte, à la fin du dix-huitième siècle, par un capitaine de la marine britannique qui lui
.-donna son nom, Cette île a 300 milles de longueur sur une largeur
moyenne de 30 à 50 milles. Elle n’est pas seulement digne d'intérêt en raison de ses grandes ressources naturelles, mais elle l’est surtout par sa position géographique qui lui donne, au point de vue militaire, la garde de l'océan Pacifique. En 1849, l’île de Vancouver fut cédée, pour dix ans, à la compagnie de la baie d'Hudson, à des conditions qui semblaient devoir assurer sa colonisation. Une forme régulière de gouvernement fut établie dans la nouvelle colonie, et Richard Blanshard fut envoyé par la Grande-Bretagne pour en être le premier gouverneur.
En arrivant au fort Victoria, en 1850, le gouverneur Blanshard ne trouva, pour l’accueillir, que les seuls employés de la compagnie de la baie d'Hudson. Il ne fut pas longtemps sans s’apercevoir qu’il n'aurait que le nom de gouverneur et que l'administration serait contrôlée par les directeurs de la susdite compagnie. Ceux-ci étaient les maîtres et seigneurs du pays.
Tandis que, dans le territoire voisin, en Orégon, la terre se vendait à un dollar l’acre, les directeurs de la compagnie ne voulaient pas en ven-
terling pour la même superficie. Toutes les
et personne ne pouvait excessifs. Il n’y avait
nommé gouverneur des deux provinces. En 1863, ces deux colonies eurent chacune son gouvernement particulier. La capitale de la Colombie s'appela New Westminster.
Pendant quelque temps, il y eut des différends a Juan, sise dans le chenal, au sud-est de l’île de Vancouver. D'après le
traité d'Orégon, ce chenal faisait la limite entre les États-Unis et les possessions de la Grande-Bretagne. En 1859, le
entre Américains et Anglais, et l’on craignait de ses. Heureusement, les deux parties décidèrent
ilité i udre la question par arbitrage, En 1872, l’empereur d'Allemagne, qui avait été choisi Pour arbitre, décida que l’île appartenait aux États-Unis et l'affaire demeura réglée,
u sujet de l’île San