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CHAPITRE IV LA PROVINCE DE QUÉBEC

Domaine public de la province de Québec — Exploitation forestière

Ce qui fait l’histoire du Canada, ce n'est pas autant ses guerres avec les Iroquois et les Anglais ou ses luttes politiques intérieures que les progrès accomplis dans l'exploitation de son immense étendue, le peuplement et le développement agricole, commercial et industriel qui s'opérent au scin de ses diverses régions. Nous laissons au tableau chronologique de cette dernière période le soin de montrer les événements politiques importants survenus, depuis 1867 jusqu'à la fin du siècle dernier, dans la province de Québec. Ici, nous nous contenterons d'indiquer sa situation actuelle relativement au domaine public, à l'exploitation forestière, à la colonisation, à ses cercles agricoles et à ses relations commerciales.

La province de Québec occupe une immense étendué computée à 347,000 milles carrés ou 222,120,000 acres. Sur cette superficie, envi-

1860 — ce qui laisse, en chiffres ronds, près de 200 millions d'acres formant encore partie du domaine public de la province, Cette étendue, c'est le désert ; mais c'est aussi la richesse du pays, la

des Canadiens-Français.

D'un autre côté, les droits de pêche acquis en 1883, mais restreints, à cette époque, aux seules rivières et lacs de l'intérieur,sont maintenant conférés à la province, sur toutes les eaux fluviales et maritimes. Elle est ainsi en possession de récicux pouvoirs hydrauliques d'une puissance collective presque illimitée. Ces pouvoirs hydrauliques sont créés par les rapides et les cascades qui brisent le cours des grandes et moyennes rivières,

L'exploitation forestière est, en l'an 1900, deux fois et demie plus considérable qu'elle ne l'était À l'époque de la confédération. Chaque hiver, trente à trente-cinq mille bûcherons se répandent dans la forêt, pour le compte des grands commerçants de bois, Ceux-ci exploitent les sections de forêt mises aux enchères par le gouvernement provincial, Des précautions sévères ont été prises par le gouvernement de la province de Québec pour prévenir le gaspillage de la coupe, et les dimen-

par des règlements, De même, par une loi de la législature provinciale, sanctionnée en 1883, il a été Pourvu à un système de protection qui doit sauvegarder le domaine forestier de la province des ravages des incendies

Jusqu'à cette dernière date, rien n'avait été fait dans ce sens, malgré les pertes énormes que le pays subissait par suites de grandes Cunfiagra-

tions. Les feux allumés par l'imprévoyance des voyageurs ou par l'étincelle de la locomotive se Propageaient sans obstacle sur des centaines de lieues. La région du Saguenay, qui renferme près de 20,000,000 acres en superficie, a été, de cette sorte, plus ou moins dévastée, il y a près d'un quart de siècle.

La province de Québec possède beaucoup de bois pour la fabrication de la pulpe, Pratiquement parlant, il n'y a que l'épinette, le sapin, le

de l'Outaouais inférieur, La plus grande partie de cette épinette est destinée à la fabrication de la pulpe et du papier, tant au Canada qu'aux

La région du lac Saint-Jean est encore plus propre à l'exploitation forestière que celle de l'Outaouais. Son territoire est plus vaste ; ses pouvoirs hydrauliques sont plus nombreux. La quantité de bois à pulpe, dans la zone du lac Saint-Jean, est, pratiquement, illimitée, En supposant une moyenne de cinq cordes à l'acre, ce territoire peut fournir près de cent millions de cordes de bois à pulpe, c'est-à-dire 70 millions de tonnes de pulpe.

La colonisation au lac Saint-Jean, Normandin, Mistassini, etc.

La colonisation du bassin du lac Saint-Jean n'a commencé que vers les années 1851 et 1852. A cette époque, Chicoutimi et la Grande-Baie étaient encore eux-mêmes dans l'enfance ; et dans l'intérieur, au delà de ces deux petits noyaux de paroisses, en remontant le cours du Sa- &uenay jusqu'au lac Saint-Jean, il n'y avait absolument que la forêt vierge.

En 1900, le nombre des cantons délimités et plus ou moins ouverts à la colonisation, dans le bassin du « Lac » proprement dit, s'élève à Plus de trente, dont les plus fertiles, à l'est et à l'ouest du lac, sont souvent a lés le « grenier de la province ».

La E- r dr, se développant sans cesse, fait maintenant le tour du lac qui a une circonférence de 85 milles, Depuis quelques années, elle s'est avancée rapidement vers l'ouest, par les cantons Normandin et Albanel ; elle s'étend maintenant vers le nord, du côté des vallées de le Mistassini et de la Péribonca.

Le canton Normandin a été fondé en 1879. Pendant six ans, les colons n'eurent pas même de chemins pour communiquer entre eux. Le début faut lent et extrêmement pénible : mais, depuis une dizaine d'années, la colonie a pris un essor remarquable. Elle compte, en 1901, près de quatre cents familles.

Des cantons Normandin et Albanel, il y a un chemin de voiture qui conduit au monastère et à l'établissement agriccie des RR. PP. trappistes situé au confluent de la rivière Mistassibi avec la Mistassini, Ce n'est qu'en 1892 que les __ trappistes sont allés s'établir sur la

aite le gouvernement, et déjà, autour du

monastère et dans le pays environnant, deux cent cinquante familles ont fixé leur foyer dans les cantons nouveaux de Dolbeau et de Pelletier. Les terres de ces régions sont d'une fertilité qui ne le cède en rien aux plus beaux champs du Nord-Ouest canadien, Les communications entre Québec et les différentes colonies du lac Saint- Jean sont aujourd'hui relativement faciles.

Parmi les autres territoires propres à la colonisation, il y a, dans le bassin inférieur de l'Outaouais, la région Labelle qui tire son nom d'un Zélateur insigne de la colonisation, Mgr Antoine Labelle, protonotaire apostolique, un Mur A. LABELLE des ecclésiastiques les plus dévoués à son pays que le Canada français a eu la gloire de posséder, On compte aussi la vaste presqu'Île de la Gaspésie, et les « Cantons de l'Est , qui touchent aux États du Vermont et du New-Hampshire.

Institutions et sociétés d'agriculture

En 1869, le conseil d'agriculture de la province de Québec a été établi Par un acte de la législature, 1Ilse compose de vingt et un membres.

En 1900, la province comptait 70 sociétés d'agriculture ; le nombre de leurs membres s'élevait à environ 15,000,

Conformément à la loi, chaque société doit, une fois tous les deux ans, tenir une exposition de produits agricoles et ouvrir, alternativement, des concours pour les terres les mieux cultivées,

s'occupent de l'agriculture ; 3 par certains prix donnés pour des tra- Vaux agri:oles ; 4° par l'importation d'animaux de races supérieures, de variétés nouvelles de plantes, de grains ct de graines des meilleures qualités ; 5° enfin, par l'encouragement et le développement donnés à la culture, au soin des engrais et aux instruments ara toires perfection nés.

La province de Québec compte, en 1902, trois écoles d'agriculture ; celles d'Oka, de Sainte-Anne-la-Pocatière et de Compton. Ces écoles donnent à leurs élèves une bonne instruction pratique.

À la suite d'une entente avec le Souvernement fédéral, plusieurs com- Pagnies de navigation océanique ont pourvu leurs steamers de compartiments frigorifiques destinés à maintenir en bon état les produits périssables de l'arboriculture et de l'industrie laitière, Depuis lors, dans la Province de Québec, l'exportation de ces produits a pris un développement plus considérable, En oütre, le beurre canadien s'est acquis une réputation enviable sur le: marchés de la Grande-Bretagne, où il est

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Au Nord-Ouest

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regardé aujourd'hui comme une marchandise de que comparable au meilleur beurre du Danemark

Dans la province, les fabriques de beurre chiffre de 2,000, Cette industrie est deven tion des agriculteurs du pays et elle à atteint un haut de

Grâce au développement des ressources forestières, de la province de Québec, les Canadiens-França

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