MORT DU PERE GARNIF
de Jésus, ces barbares allèrent jusqu’à leur mettre des tisons enflammés dans la bouche, Le P. de Brébeuf expira le 16 mars 1649 et le P. Gabriel Lalemant, le lendemain.
En apprenant ces désastres, les Hurons de quinze bourgades mirent le feu à leurs cabanes et se réfugièrent chez d’autres nations indigènes.
Le ? décembre 1649, tous les habitants de la bourgade Saint-Jean furent mis à mort. Ce massacre marquait la destruction de la nation huronne, car la bourgade Saint-Jean était composée, en grande partie, de Hurons fugitifs. Le père Garnier fut tué au milieu de ses néophytes, Le père Chabanel, autre missionnaire, tomba aussi victime de la haine d’un Huron apostat.
40e Leçon. — Les gouverneurs Lauzon et d’Argenson.
En 1651, M. de Lauzon remplaça le gouverneur général d’Ailleboust. Durant son terme d’administration, ls colonie eut à essuyer plusieurs attaques des Iroquois, nommément, à la Pointe-Saint-Charles, à Ville-Marie ct aux Trois-Rivières où le gouverneur, M. du Plessis-Bochart, fut tué par les ennemis.
En 1652, le père Buteux, jésuite, fut tué lorsqu’il remontait le Saint-Maurice.
En 1653, M. de Maisonneuve, qui avait été obligé d’ailer demander du renfort en France, revint avec une recrue de cent hommes enrôlés dans l’Anjou, le
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Maine, le Poitou et la Bretagne. Ces nouveaux émigrés étaient jeunes, robustes et courageux, exercés les uns et les autres dans quelque profession nécessaire ou utile au nouvel établissement. Tous étaient bons catholiques. Jusqu'ici Ville-Marie n’avait été, à proprement parler, qu’un poste militaire. Main. tenant, grâce à cette nouvelle recrue, elle devenait une colonie sur laquelle il était permis de fonder des espérances et d’attendre des succès.
L 2 dl MARGUERITE BOURGEOYS.
Ce fut en 1653 que la “ Congrégation de Notre- Dame ”, la première communauté canadienne, fut fondée à Montréal par la vénérable mère Marguerite Bourgeoys. Le berceau de cet institut fut une étable de 36 pieds par 18, don de M. de Maisonneuve.
M. d’Argenson fut nommé successeur de M. de Lauzon, en 1657. Charles de Lauzon-Charny avait déjà remplacé son père, par intérim, de 1656 à 1657,
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et M. d’Ailleboust remplaça Charles de Lauzon, au même titre, jusqu’à l’arrivée du nouveau gouverneur. Ce fut après la nomination de M. le vicomte d’Ar- 8enson-que “La Société de Notre-Dame de Montréal” aux messieurs de Saint-Sulpice, la propriété et la conduite de l’île, tant Pour le temporel que pour le spirituel.
Toutefois la cession faite en bonne et due forme n’eut lieu pratiquement qu’en 1663. Peu de temps
de Saint-Sulpice, en France, envoya à la mission de Ville-Merie quatre ecclésiastiques
fondation d'un hôpital par M. de la Dauversière, mademoiselle. Msñce et madame de Bullion. .
ste Legen, — Mgr de Laval. Dollré des Orméaux. La Souverneur d’Avaugour.
La même année, le 16 juin 1659, Mgr François de Montmorency-Laval, sacré évêque de Pétrée, le 8 décembre 1658, et nommé en même temps vicaire apos-
uvelle-France, fit son arrivée à Qué-
tants ne pouvaient s'éloigner des forts sans courir risque d’être massacrés ou enlevés par les féroces Iroquois.
La colonie dut son salut, après Dieu, à dix-sept braves Français de Montréal qui ne craignirent pas d'offrir leur vie pour sauver leurs frères. Ces dixsept héros avaient pour chef Dollard des Ormeaux. Avant de partir, tous firent leur testament, se confessèrent, communièrent et promirent, en face des saints auiels, de se soutenir mutuellement et de ne jamais demander quartier à l’Iroquois. Ils allèrent se poster au pied du saut des Chaudières, sur la rivière Outaouais. C’est là, dans un petit fort de pieux à demipourris, qu’ils attendirent l’ennemi, Celui-ci parut bientôt, fort de sept cents guerriers. Le combat dura dix jours. Pendant ce temps, Dollard et ses compagnons n’eurent pas un instant de repos ct, durant les quatre derniers jours, ils combattirent sans eau et sans nourriture: ils n’avaient qu'une poignée de Hurons pour faire la lutte avec eux.
Des masses de cadavres iroquois s'étant élevées autour de la palissade, les sauvages finirent par l’escalader. Dollard ef ses compagnons furent tués, ainsi que le brave Anahotaha, chef des Hurons. Les vainqueurs, stupéfaits de le résistance qui leur avait été faite, renoncèrent au projet d’attaquer Québec.
En 1661, M. d’Argenson eut pour successeur le baron Dubois d’Avaugour. Un an après son arrivée, celui-ci reçut un renfort de 400 hommes avec plusieurs officiers de mérite. Tout allait bien. . La cço-
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afin de porter lui-même ses plaintes au pied du trône.
42e Leçon, — Premblement de terre de 1663.
Ce fut à la suite de ces circonstances malheureuses que survint le plus grand tremblement de terre qui ait jamais eu lieu dans ce pays. Il dura de longs mois et laissa de profondes impressions, s’il faut en croire les récits du temps.
Ce fut le mardi gras, le 5 février 1663, sur les cinq que se produisit la première
secousse. Le temps était calme et serein. On entendit d’abord, dans le lointain, un grondement sourd comme le roulement d’un grand nombre de voitures fortement chargées ct allant à grande vitesse sur des pavés. Un instant après, un choc dur extrême violence se fit sentir et dura près d’une demi-heure, Il y eut une panique générale. De tous côtés, on entendait mille bruits confus. On aurait dit une grêle de pierres tombant sur les toits. Les portes s’ouvraient d’elles-mêmes : celles qui étaient ouvertes se refermaient, Les habitants conste
rhés crurent d’abord à un vaste incendie où à une
irruption su-
bite des Iroquois. Mais, quand ils sortirent de leurs maisons, ils ne tardèrent pas à reconnaître la véritable cause de ce bouleversement. Le sol bondissait sous leurs pieds et les palissades ondulaient d’une façon incroyable. Dans les forêts, le désordre n’était pas moins grand. Les arbres se heurtaient avec fureur: les troncs, se détachant de terre, se renversaient les uns sur les autres avec une violence qui fit dire aux Indiens que la forêt était ivre.
Sur l’eau, le spectacle n’était pas moins terrible, Les glaces du fleuve, épaisses de plusieurs pieds, étaient soulevées et brisées comme dans une violente débâcle.
Les sauvages chrétiens regardèrent cet événement comme un châtiment de Dieu à cause des excès qu’ils avaient faits en buvant de l’eau-de-vie. Les sauvages païens crurent que c’étaient les âmes de leurs ancétres qui voulaient rentrer en possession de leurs anciennes terres de chasse, et ils firent forcé décharges de mousqueterie pour les obliger à retourner au pays des âmes. Ces secousses se répétèrent ensuite plusieurs fois par jour, mais avec moins d'intensité. : Files se firent sentir de temps en temps, durant les pace de sept mois. = ERZ
HISTOIRE pu CANADA CHAPITRE v.
430 Leçon, — La Nouvelle-France devient une province
Les Iroquois étaient devenue un danger réel pour l'existence de la colonie. L'Eglise et l'Etat étaient
D’un autre côté, les habitants accusaient la Compagnie des Cent-Associés
de ne pas pourvoir à la défense de la colonie contre
son côté, Mgr de Laval plaidait sa cause auprès de Louis XIV, relativement au com-:
merce illicite de l’eau-de-vie.
À cette époque, les “ Relations des Jésuites ”, lettres SD écrites par les pieux missi.
SM) onnaires de cet Ordre, étaient V lues, en France, avec beau- Coup d’atlention. Tout cela contribua à amener un changement d'administration, et, en 1663, les Cent-Assoriés furent obligés de céder