‹ L'histoire du Canada en 200 leçons [microforme]Chapitre 22 sur 88 · FRONTENAC · texte numérisé non relu

FRONTENAC

56e Leçon. — Succès de Frontenac.

Frontenac avait alors soixante-dix ans, mais son énergie n’avait pas vieilli, I] divisa son expédition contre les colonies de la N ouvelle-Angleterre en trois partis de guerre. La première division, commandée par le Moyne et d’Ailleboust partit de Montréal pour se diriger sur Shenectady, non loin d’Albany.

Le second parti, formé aux Trois-Rivières, ne comptait que vingt-huit Canadiens et vingt-quatre sauvages. Le brave Hertel le commandait. Il fut envoyé au Nouveau-Hampshire,

Le troisième parti, organisé à Québec et commandé par M. de Portneuf, était composé d’une compagnie de réguliers tirée de l’Acadie et de quelques Abénaquis à la tête desquels figurait le jeune Saint-Castin, un brave. Il fut dirigé sur Casco, à l'embouchure de la rivière Kennebec.

Ces trois incursions eurent un succès complet. Shenectady fut pris à Pimproviste, plusieurs habitants massacrés, le village brûlé et l’on en ramena un grand nombre de prisonniers. Le second parti tomba sur Salmon Falls, village anglais défendu par une maison fortifiée et par deux forts de pieux. Tout fut emporté d'assaut, Trente des assiégés furent tués : les autres, au nombre d’à peu près soixante, restèrent prisonniers. Ces vainqueurs se joignirent alors au troisième parti. Descendant vers Casco, ils rasèrent le fort Loyal (aujourd’hui Portland), bien fourni de munitions et monté de huit pièces de canon. Ils démolirent en même temps quatre autres petits forts

qui tombèrent par là même au pourvoir des Canadiens. Les habitations furent réduites en cendres à deux lieues à la ronde. : | Encouragé par ces victoires, Frontenac attaqua les Iroquois, en 1690. 11 ne put les abattre complètement, à cause de la faiblesse de ses ressources ; mais il protégea contre leurs attaques certains postes français sur la rivière Outaouais, et il fit cessér le contrôle du commerce des fourrures que les Mohawks avaient fini par organiser sur cette même rivière. On vit, dans le même été, une flottille chargée de fourrures descendre les grands lacs et se rendre à Montréal, —un événement qui ne s'était pas produit depuis de longues années.

Un peu plus tard, en 1696, les frères Le Moyne prirent le fort Nelson, sur la baie d’'Hudso

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