‹ L'histoire du Canada en 200 leçons [microforme]Chapitre 34 sur 88 · EU DU · texte numérisé non relu

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Le réponse suivante du ministre Berryer à Bougainville qui lui demandait des secours, résuine la situation: “ Lorsque le feu est à la maison, disait le ministre, on ne peut guère songer .aux écuries. ” À travers le voile de l’avenir, l'importance du Canada était alors douteuse.

A l’automne de 1756, les Français, sous la direction de Montcalm, s’emparèrent du fort George établi à la tête du lac Saint-Sacrement. La garnison anglaise se défendit avec beaucoup de bravoure; mais, au bout de six jours, force lui fut de capituler. Dans l'impossibilité de nourrir les prisonniers äu nombre de 2,300, Montealm se décida à les renvoyer, à condition qu’ils ne servissent pas contre la France, avant dix-huit mois. Cette belle victoire fut tachée, malheureusement, par la conduite barbare des sauvages, alliés des Français. Ces féroces enfants des bois tuèrent et massacrèrent un grand nombre de prisonniers anglais, et violèrent ainsi le droit des gens. Si les Anglais, en dépit des représentations qui leur furent faites par les généraux français, n’eussent pas donné tant de rhum aux sauvages, il est très probable qu’ils auraient eu moins à souffrir de la cruauté de

ces barbares

gte Leçon. — La bataille de Carillon.

Au printemps de 1758, Montcalm n’avait que six mille hommes pour faire face aux quarante mille que les Anglo-Américains venaient de fournir au général

Abercromby. Celui-ci pouvait même, au besoin, compter sur un corps de réserve de vingt mille miliciens.

Pendant que M. de Drucourt capitulait à Louisbourg, comme nous l’avons vu à la 8e leçon, et que M. de Lignery, commandant du fort Duquesne, brûlait son fort plutôt que de le voir occupé par 6,000 hommes du général Forbes et du colonel Washington, les Français étaient un peu dédommagés de ces pertes par l’importante ‘ictoire de Carillon.

L'armée anglaise, commandée par le général Abercromby, s'élevait à 16,000 hommes. Montcalm vint défendre Carillon avec 3,600 hommes. Les Anglais marchèrent contre les retranchements français avec la confiance que donne toujours le nombre; mais, malgré une lutte opiniâtre, ils furent repoussés. Abercromby perdit 5,000 hommes; les Français eurent 377 hommes tués ou blessés, dont 37 officiers. (C’est à cette bataille que le poète canadien, Octave Crémazie, a fait allusion dans un morceau de poésie bien inspirée, intitulé “le Drapeau de Carillon.” En voici une strophe dont l'ampleur poétique se marie bien avec l’excellente musique dont l’a revêtue Sabatier:

O Carillon, je te revois encore,

Non plus, hélas ! comme en ces jours bénis, Où, dans tes murs, la trompette sonore Pour te sauver nons avait réunis.

Je viens à toi, quand mon âme succombe Et sent déjà son courage faiblir ;

Jui, près de toi, venant chercher ma tombe, Pour mon drapeau je viens ici mourir.

Après cet échec de Carillon, l'Angleterre résolut d'attaquer le Canada sur trois points différents. Wolfe se transporterait de Louisbourg à Québec. Le général Amherst, successeur d’Abercromby, descendrait le lac Champlain et le Saint-Laurent pour se joindre à l’armée de Wolfe, tandis que le général Pri. deaux, avec des troupes régulières et des sauvages,

s’avancerait vers les lacs et couperait toute communication avec la Louisiane.

92e Leçon. — Wolfe devant Québec.

La flotte expéditionnaire de Wolfe parut devant Québec, le 27 juin 1759. Elle comprenait vingt vaisseaux, treize frégates et dix-huit transports : en tout, 18,000 marins ct 10,000 hommes de débarquement.

Des retranchements s'élevaient de la ville jusqu'au saut de Montmorency. Les troupes françaises y prirent leur position. L’armée française était d’environ 12,000 hommes dont 3,500 réguliers. Le reste ge composait de miliciens ct de sauvages. Avant débarqué unc partie de ses troupes au bout de l’île d'Orléans, Wolfe envoya un détachement sur les hauteurs de la Pointe-Lévis, pour bombarder la ville, et un

autre, à la côte du nord. Voyant qu’il ne pouvait réussir à faire sortir les Français de leurs retranchements ct que Amherst, qui avait promis de le rcjoindre par la voie du lac Champlain, ne paraissait pas, Wolfe résolut de commencer l'attaque. Le gros de son armée étant passé à PAnge-Gardien, Wolfe y fit

élever des batteries. Le dernier jour de juillet, il se porta sur l’aile gauche des Français, au saut Mont. morency, et l’assaillit avec 8,000 hommes soutenus par les batteries anglaises qui ouvrirent, en même temps, leur feu. Les Français firent des décharges si rapides et si meurtrières que les cc!onnes anglaises furent jetées en désordre. Ce combat «ûts 800 homnmes aux Anglais.

Du côté du lac Champlain, Amhers, fut nlus heu reux. Il obligea M. de Bourlamaque à fuire snutoi les forts Carillon et Saint-Frédéric, Sur les grands lacs, le général Prideaux força les l'rancais d'abandonner Jes différentes garnisons du Portage, fort Mae chault, Détroit, etc., jusqu'au fort de \i:.ara qui fut bientôt obligé de capituler. A Québec, comme la saison était déjà avancée, le général Wolfe résolut d’attaquer le marquis de Montcalm dans une position peu avantageuse aux Français. Un certain Daniel Stobo, prisonnier de guerre, indiqua à Wolfe un endroit où il lui était possible d'attaquer les Français avec chance de succès. C'était l’anse du Foulon. Wolfe remonta le fleuve jusqu’au Cap-Rouge et débarqua, à l’improviste, dans l'anse indiquée. Le 12 septembre au matin, ses troupes étaient rangées en ordre de bataille sur les plaines d'Abraham.

93e Leçon. — Combat sur les Plaines d'Abraham. Mort de deux héros.

A cette nouvelle, Montcalm accourut aussitôt avec 4,500 hommes. Le général Wolfe l’attendait de pied ferme. Malgré tous les avis contraires qui lui furent donnés, le marquis de Montcalm résolut de ne pas différer l’attaque. Les troupes anglaises étaient à peu près égales en nombre à celles des Français, Les Anglais restèrent maîtres du champ de bataille,

Wolfe et Montcalm furent blessés mortellement durant l’action. Le premier ne vit pas même la fin du combat. Quand les! troupes de Montcalm, mises en déroute, commencèrent à battre en retraite, Wolfe entendit crier: “Ils fuient! ”’—Qui? demanda:t-il. —Les Français, lui répondit-on.—Je meurs content, fut la réponse du héros, et il expira.

Ce fut en essayant de rallier ses soldats en désordre que Montcalm reçut une blessure mortelle. Malgré la violence du mal, il resta à cheval et, soutenu par deux grenadiers, il rentra dans la ville consternée. Il mourut le lendemain matin avec tous les sentiments d’un héros chrétien.

La perte des Français dans cette journée fatale 8’6leva à près de 1000 hommes, y compris 250 prisonniers. Les Anglais perdirent environ 700 hommes, au nombre desquels se trouvaient les principaux officiers de l’armée.

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