‹ L'histoire du Canada en 200 leçons [microforme]Chapitre 35 sur 88 · FRANÇAISE · texte numérisé non relu

FRANÇAISE

AT

Z nt à Le = = Z nu =

94e Leçon. — Le chevalier de Lévis.

Malgré la défaite essuyée sur les plaines d’Abraham, la ville de Québec n’était pas encore prise, Si Vaudreuil : ‘avait pas 1gi avec tant de précipitation, l'issue de la bataille que nous venons de raconter aurait été très probablement différente. I] eut le tort d’abandonner son camp de Beauport et de se retirer à la rivière Jacques-Cartier, trente milles à l’ouest de Québec.

De Bougainville n’avait pas plus tôt appris la descente de Wolfe à l’anse au Foulon, qu’il était accouru sur les plaines d'Abraham. Quand il arriva, la bataille était terminée, et il dut se retirer à son poste, au Cap-Rouge.

Dans cette critique situation, il n’y avait plus qu’un homme qui pût sauver le Canada: c’était le chevalier de Lévis, rési- /,, nt alors à Montréal. Le GS soir de la bataille des Plaines, à Vaudreuil avait envoyé, en F toute hâte, un courrier à Montréal pour demander l’aide de Lévis. Celui-ci ne perdit pas de temps: il se mit en route pour Québec. Arrivé à la rivière Jacques-Cartier, il re-

Chevalier px LÉVIS. Présenta au gouverneur Vau-

dreuil qu’il fallait ou brûler la ville de Québec, ou, per une victoire prompte, l’ernpêcher de tomber au pouvoir de l'ennemi. 11 se mit

immédiatement à la tête de l'armée et envoya un messager avertir M. de Ramezay, commandant de Québec, que des troupes françaises étaient en marche pour le . secourir. De plus, il contremanda sans retard la folle retraite qui avait été ordonnée vers les Trois- Rivières. Comme son avant-garde allait traverser la rivière Saint-Charles, de Lévis apprit que Québec avait capitulé, la veille, avant l’arrivée de son MCs8ager. M. de Ramezay s'était découragé et, au grand étonnement des Anglais, avait arboré le pavillon blanc. Cet événement rendait impossible le dessein qu’on avait formé d'attaquer les Anglais, et M. de Lévis, souverainement indigné, se retira à Jacques- Cartier avec le gros de l’armée, décidé à reprendré Québec au printemps.

gse Leçon. — Capitulation de Québec. Bataille de Sainte- Foye. Murray, gouverneur.

Par les conditions de la capitulation de Québec, il fut convenu que la garnison française sortirait de la ville, avec les honneurs de la guerre, ct serait envoyée en France; que les habitants conserveraient leurs biens, leur religion ct ne seraient pas déportés comme les Acadiens. L'armée anglaise hiverna à Québec où le général Murray fut laissé à titre de gouverneur. Au printemps de 1760, M. de Vaudreuil réunit tout ce qui lui restait de troupes et donna le commandement de cette armée, composée de 6,000 hommes, au chevalier de Lévis, qui la fit marcher sur Québec, dans le dessein de s’en emparer.

LEFT PS PURE T'ONRE RUE dns RER HR nne à 4 Li she runs vo. sentdher

| loss atin

Pre PARA nn een nm se risrentebiinens - ss : ot Te Fe memneniennones-cimene Su 7

Arrivé à Sainte-Foye, près de Québec, M. de Lé. vis y rencontra le général Murray qui commandait une armée à peu près égale à la sienne. L'action s’engagea aussitôt. Les Français et les Anglais déployèrent beaucoup de bravoure. Murray, qui avait l’avantage d’une belle position, en avant des Buttes-à- Neveu, la perdit en s’avançant d’une manière téméraire, et son armée fut mise en déroute. Il avait une forte artillerie qui resta entre les mains des vainqueurs. Les Anglais perdirent près de 1,500 hommes, et les Français, environ 800, Murray se retira à Québec, avec le reste de son armée. De Lévis commença tout de suite l'investissement de la ville. Ses préparations de siège étaient déjà bien avancées quand, dans la soirée du 15 mai, on vit deux vaisseaux anglais jeter l’ancre devant Québec. C'était l’avantgarde de huit ou dix vaisseaux qui montaient dans le golfe. La garnison anglaise poussa des hourras effrénés. De son côté, de Lévis leva le siège et, avec son armée, il retourna à Montréal.

Après cette retraite du chevalier de Lévis, les Anglais résolurent de diriger vers Montréal les trois armées qui leur restaient, c’est-à-dire la flotte de Murray, le corps de troupes du brigadier Haviland, en station à Saint-Frédéric, et Amher:; qui devait scvancer de Chouagen vers Montréal, par la rotte äu fort Lévis. Celui-ci, à la tête de 11,000 Anglais, fut obligé de faire halte, durant douze jours, devant les 300 soldats du brave capitaine Pouchot, lequel ne rendit le fort Lévis qu’après en avoir vu les remparts détruits et tous les officiers tués ou blessés.

FIN DE La DOMINATION FRANÇAISE 163

96e Leçon. — Capitulation de Montréal.

Le 8 septembre, les trois armées anglaises, comptant à peu près 18,000 hommes et soutenues par une bonne artillerie, se préparèrent à attaquer Montréal qui n’avait à leur opposer qu’une faible garnison de 3,500 hommes. La ville était entourée de pauvres murs: aussi M. de Vaudreuil, après avoir tenu un conseil de guerre, résolut de capituler aux meilleures conditions possible. Le général Amherst accorda la capitulation proposée, mais il refusa aux troupes les honneurs de la guerre. Le chevalier de Lévis se retira, dit-on, dans l’île Sainte-Hélène avec les 2,000 hommes qui lui restaient, et ne voulut point rendre honteusement son épé. Cependant, sur un ordre formel de M. de Vaudreuil, il posa les armes en commandant qu’on fit brûler les drapeaux—ce qui fut exécuté sur-le-champ.

Par la capitulation de Montréal, les Canadiens gardèrent le libre exercice de leur religion: ils conservèrent aussi leurs lois et leurs propriétés. Toutes les places occupées par les Français furent évacuées sans délai et livrées aux troupes de Sa Majesté britannique. Les troupes françaises s’engagèrent aussi à ne point servir pendant le reste de la guerre. Elles devaient être transportées en France, de même que le gouverneur, l’intendant et leurs employés.

Ainsi passa de la domination de la France à celle de l’Angleterre une colonie française qui avait déjà un siècle et demi d'existence, une région aussi vaste que l’Europe, appelée sans doute à renfermer, au cours des âges, une des grandes nations du monde.

TABLEAU CHRONOLOGIQUE

Page 1