‹ L'histoire du Canada en 200 leçons [microforme]Chapitre 37 sur 88 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

97e Leçon. — Le gouverneur Murray.

Une fois maîtres du Canada, les Anglais y établirent un gouvernement militaire qui subsista quatre ans. Amherst, nommé gouverneur général des colonies anglaises d'Amérique, établit sa résidence à New-York. Le général Murray demeura gouverneur de Québec; le général Gage fut nommé gouverneur de Montréal.

Ce régime militaire ne plaisait guère aux Canadiens qui le regardaient comme une violation de leurs droits de sujets anglais.

En effet, ces droits garantissaient aux Canadiens- Français la liberté de recourir à leurs juges, liberté dont ils étaient privés par le régime militaire. Toutefois, les hostilités ayant cessé, les habitants s’appliquèrent à réparer les pertes causées par la guerre. La

population était alors de 75,000 Canadiens-Français, et de 8,000 Indiens presque tous catholiques. Le traité de Paris, signé en février 1763, confirma la conquête du Canada, ce qui détermina un bon nombre de notables français du Canada à repasser en France ou à Saint-Domi |

Après ce traité, l’Angleterre commença à démembrer le Canada. Le Labrador, l’île d’Anticosti et les îles de la Madeleine furent annexées au gouvernement de Terre-Neuve; les îles Saint-Jean et Cap- Breton passèrent à la Nouvelle-Ecosse. Le territoire des grands lacs fut adjoint aux colonies voisines. En 1784, le Nouveau-Brunswick se détacha de la Nouvelle-Ecosse et reçut une administration particulière, comme nous le verrons plus loin. La partie qui restait du Canada fut nommée Province de Québec.

Par les proclamations du ? octobre et du 17 décembre 1763, George III, roi d’Angleterre—de sa propre autorité, c’est-à-dire sans le concours du parlement impérial—abolit les lois françaises au Canada, pour établir celles de l'Angleterre. Vers cette époqu:, le général Murray fut nommé gouverneur général du Canada. Sans parler de l'abolition des lois françaises, les Canadiens-Français se plaignaient d’avoir été presque complètement oubliés dans la création du conseil des Treize Membres—conseil qui était investi des pouvoirs evécu‘if, législatif et judiciaire. Des murmures éclatèrent parmi toutes les classes. Pour calmer cette agitation, Murray fut obligé de permettre l’usage des lois françaises dans les causes ayant trait à la propriété mobilière.

Pour se conformer à certaines instructions reçues de Londres, Murray Convoqua une assemblée des représentants du peuple. Les délégués canadiens furent invités à prêter le serment du fes{, par lequel ils devaient consentir à abjurer la doctrine de la transsubstantiation, du saint sacrifice de la messe et de l’invocation de la sainte Vierge et des saints. Ils refusèrent péremptoirement. L'assemblée ne siégea point.

Ce fut sous l’administration de Murray que se fit le soulèvement des tribus indigènes de l'Ouest, Cellesei avaient à leur tête Pontiac, un des sauvages les plus habiles dont il soit fait mention dans l’histoire du Canada, un ennemi juré de Ja puissance britannique. Dans cette lutte, les Anglais perdirent un bon nombre de leurs forts, sur le bord des grands lacs.

En 1766, Québec accueillit avec une joie profonde l'arrivée d’un prélat, Mgr J.-0. Briand. L'Eglise du Canada était sans évêque depuis six ans, c’est-à-dire depuis la mort de Mgr Pontbriand, survenue en 1760,

98e Leçon. — Le gouverneur Carleton. L'Acte de Québec.

En 1766, le gouverneur Murray fut remplacé par Guy Carleton. Sur les renseignements fournis à Londres par le général Murray touchant la condi. tion des choses au Canada, l'Angleterre résolut d’adopter des mesures plus justes et plus libérales à l’6gard des Canadiens. Elle commença par suspendre

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)

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