‹ L'histoire du Canada en 200 leçons [microforme]Chapitre 38 sur 88 · RE · texte numérisé non relu

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l’exécution des instructions royales ordonnant d’expulser du pays tous les habitants qui refuseraient de prêter le serment du test. Ce chargement dans la politique de l’Angleterre était dû, en bonne partie, à l'attitude menaçante des colonies anglaises de la Nourelle-Angleterre. Celles-ci, comme nous allons le voir dans la prochaine leçon, étaient en pleine révolte.

__Ce fut à la nouvelle de l’insurrection des colonies que

le parlement anglais se hâta, en 1774, de voter une loi appelée “ Acte de Québec ”, dans le but de réor-

ganiser le gouvernement dans la province de Québec.

Entre autres déclarations, il était dit dans cet acte que les catholiques canserveraient les droits qui leur avaient été garantis par la capitulation de Montréal et qu’ils seraient dispensés du serment du fest. De plus, il était créé un conseil législatif composé de 17 membres au moins et de 23 au plus, lesquels pouvaient être catholiques ou protestants.

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gge Leçon. — La Révolution Américaine.

À cette époque, la Grande-Bretagne avait, de ce côté-ci de l’Atlantique, les dix-sept colonies suivantes jouissant chacune d’un gouvernement local: Terre- Neuve, l'île Saint-Jean, la Nouvelle-Ecosse, Québec, New-Hampshire, Massachusetts, Rhode-Island, Connecticut, New-York, New-Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et la Georgie. |

En Angleterre, on refusait aux habitants de ces colonies les privilèges auxquels des sujets anglais avaient droit. Ainsi, les marchands coloniaux n’avaient pas la liberté -d’importer directement le thé, le sucre, les épices et autres marchandises des pays qui produisaient ces objets de commerce, mais ils devaient les faire venir de la Grande-Bretagne. C’était du retard dans l'importation et de l’augmentation dans les prix. 11 s’ensuivit maintes violations de la loi des douanes, ainsi que plusieurs saisies de vaisseaux et de marchandises par les officiers du gouvernement. Souvent les propriétaires des biens saisis résistaient ; alors avaient lieu des scènes de désordre et des rixes scandaleuses. L’Angleterre, dans le but de protéger ses propres manufactures, alla jusqu’à défendre aux colonies de fabriquer pour le marché. Ce qui mit le comble à l’indignation, ce fut le Stamp Act, autrement dit la loi du Timbre. En conformité de cette loi passée au parlement anglais, en 1765, toutes les pièces légales telles que testaments, assignats, notes promissoires, hypothèques, etc., étaient nulles à moins d’avoir été écrites sur papier timbré. Il y avait des officiers spéciaux pour la verte de ce papier, et le revenu allait en Angleterre.

Au fond, il était raisonnable d’engager les colonies à aider au paiement de la dette nationale qui était alors énorme ct dont le chiffre avait été, sans doute, notablement accru par suite des dépenses faites par la mère patrie pour les colonies. Mais ces dernières n'étaient pas représentées dans le parlement anglais, et ce défaut de représentation était contraire, disait-

on, aux principes de la liberté britannique. ‘Toutes les colonies anglaises protestèrent donc contre l’impôt du timbre qui fut aboli l’année suivante. En revanche, en 1767, les Anglais mirent des droits sur le verre, le plomb, le thé et le papier. Les Américains n'en voulurent pas davantage. L’Angleterre devint moins exigeante: elle finit même par ne laisser d’impôt que sur le thé, comme marque de pouvoir souverain. Les Américains jurèrent de ne plus boire de thé. Au mois de décembre 1773, de: hommes déguisés en Indiens montèrent à bord de trois navires amarrés au quai dans le port de Boston, et jetèrent, par-dessus bord, 340 éaisses de thé.

Un congrès colonial, composé de députés représentant trois millions d’habitants, se réunit à Philadel-

phie, en septembre 1774. Presque toutes les colonies anglaises y avaient leurs délégués autorisés. La même année vit commencer la guerre des colonies anglaises contre leur mère patrie. On comprend bien que, dans des circonstances aussi critiques, l’Angleterre ait eu tout intérêt à ménager les Canadiens ct à voter le “ Quebec Act ” de 1774.

1006 Leçon. — Le message du congrès américain aux Canadiens.

Pendant que le congrès de Philadelphie exposait au parlement anglais les plaintes des colons, le gouverneur Carleton inaugurait, dans la ville de Quéhee, la nouvelle Constitution. Sur vingt-trois membres du conseil législatif, un tiers furent choisis parmi

les catholiques. Plusieurs Canadiens furent nommés à des charges publiques. Il n'y avait pas de temps à perdre, car déjà le congrès américain avait envoyé aux Canadiens un message dans lequel ceuxci étaient fortement invités à se joindre aux autres colonies, pour défendre avec elles leurs droits et leur liberté.

Ce document mit les Anglais du Canada en éveil. En général, leurs sympathies étaient pour les coloniaux révoltés, Au contraire, la noblesse française et le clergé, qui craignaient d’exposer leur religion et leur nationalité en devenant partie intégrante d’une république anglaise et protestante, réussirent À maintenir presque toute la population française dans la neutralité. C’est alors que le congrès américain résolut de faire marcher des troupes contre le C'-aada.

Les forts de Carillon,

Saint - Frédéric (Crown

Point), Chambly et Saint-

Jean étaient gardés par un

très petit nombre d’hom-

mes, Le colonel américain

Arnold et le général Mont. 2

gomery n’eurent pas grand’. Z

peine à s’en emparer. Une :

nouvelle proclamation fut ,

cavoyée au Canada par le à RÈ congrès américain, Elle à, SSSR |.

n'eut pas de meilleur résul- GEORGE WASHINOTON. tat que la première. En même temps, George Washington fut nommé général en chef de l’armée des Etats coloniaux.

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Le général Montgomery, après s’être rendu maître du fort Saint-Jean, fit occuper Sorel et les Trois- Rivières, et il marcha droit sur Montréal où il n’éprouva aucune résistance. De là, Montgomery conduisit ses troupes à Québec, où se dirigeait également le général Arnold qui faisait route par la vallée de la rivière Kennebec et celle de la Chaudière. Au premier essai qui fut fait pour emporter la ville d’assaut, le 31 décembre 1775, le capitaine Chabot fit une si vigoureuse résistance que Montgomery fut tué avec plusieurs de ses officiers.

Arnold, qui prit la place de Montgomery, n’eut pas de succès. Il est vrai qu’au printemps il reçut des renforts commandés par le général Thomas, mais, un beau midi, au commencement de mai. on vit une flotte s’avancer vers la rade de Québec. C’était une escadre anglaise forte de 9,000 hommes: de troupes régulières. Ar10old venait de se mettre à table pour prendre son dîner. Quand on lui apprit l’arrivée de la flotte, il décampa si vite qu’on trouva son dîner tel qu’il avait été servi. Il laissa derrière lui son artillerie, ses bagages, ses munitions et une partie de ses malades. Les Américains perdirent, dans ce siège de Québec, cent hommes tués ou blessés, sans compter 426 prisonniers de guerre.

1o1e Leçon. — Suite des hostilités. Le général Burgoyne.

Coûte que coûte, l’Angleterre voulait soumettre les colonies insurgées. Elle envoya un corps de 8,000 vétérans sous le ccmmandement de Burgoyne qui ar-

riva à Québec, au mois de mai 1776. Le plan de ce général fut d’opérer unc jonction avec lord How, à New-York, afin de séparer les colonies du Sud de celles de l’Est. Tant que Burgoyne suivit les conseils du gouverneur Carleton, il obtint des succès; mais quand il fut nommé général en chef de l’armée, son incompétence se montra au grand jour.

Au printemps de 1777, il envahit l’Etat de New-York,

à la tête de 9,000 hommes.

Après quelques faibles succès

sur le lac Champlain, il fut Lattu d’emblée à Bennington

et près d’Albany. Finalement, forcé de se retirer sur

les hauteurs de Saratoga, il

fut bientôt cerné par des $ forces supérieures et obligé W de poser les armes, le 16 octobre, avec les 5,800 soldats Guy CARLETON.

qui restaient de son armée.

L'influence de la défaite de Burgoyne, à Saratoga, fut décisive. Elle décida la France à s’allier avec les colonies révoltées. Comme quelques esprits clairvoyants avaient pu le prévoir, l'indépendance des Etats- Unis succédait à la ruine des établissements français dans l’Amérique du Nord. En s’associant aux Américains, la France prenait sa revanche pour les pertes qu’elle avait essuyées aux mains des Anglais. A dater de ce moment, le théâtre de la guerre fut transporté ailleurs, et le Canada ne fui plus inquiété par les fondateurs de la république américai

HISTOIRE DU CANADA 102e Leçon. — Le gouverneur Haldimand.

Le gouverneur Carleton, blessé de la préférence qu’on avait donnée au général Burgoyne dans le commandement des troupes, demanda son rappel et fut remplacé, en juillet 1778, par le général Haldimand, Suisse de naissance. Ce dernier entra en fonctions à un moment bien critique de notre histoire. Le Canada était entouré de provinces en révolution. Sur les portes des églises, dans la province de Québec, on trouvait des copies de la fameuse proclamation du baron d'Estaing, laquelle faisait un appel aux Cänadiens-Français de se mettre encore une fois sous la protection du roi de France. Des émissaires américains parcouraient le pays, afin de soulever les esprits contre l’Angleterre.

Haldimand était un vieux militaire. Il gouverna le Canada comme ii aurait régenté des troupes en sédition, et quand des plaintes s’élevèrent, il n’y répondit qu’en sévissant encore avec plus de rigueur. Il emprisonna les Canadiens par centaines. Quelquesuns furent détenus des mois et des années, au pain et à l’eau, sur le simple soupçon d’avoir communiqué avec les Américains. Après de fortes protestations faites contre cette conduite despotique du gouverneur, celui-ci crut qu’il était prudent de demander son rappel. Il ne lobtint que deux ans après sa demande.

Chez les Américains, les colonies en révolte, aidées var la France, tenaient tête aux armées anglaises. Les succès de la campagne de 1778 furent partagés;

mais ceux de l’année suivante furent favorables aux Américains. Le comte de Rochambeau et le jeune marquis de Lafayette traversèrent les mers, avec de vaillantes troupes françaises, afin de combattre contre les armées anglaises. Aussi quand, en 1782, lord Cornwallis fut obligé de mettre bas les armes, assiégé comme il l'était à Yorktown par les armées de Washington ct de Lafayette, l'indépendance des Etats- Unis, quoique non déclarée, se trouvait définitivement assurée,

Au Canada, le général Haldimand fut remplacé, en 1736, par Gay Carleton devenu lord Dorchester. Cependant, après le départ de Haldimand, en 1785, les lieutenants-gouverneurs Hamilton et Hope occupèrent ce poste par intérim.

Pendant l’administration de Hamilton, il fut-introduit un acte connu encore aujourd’hui sous le nom de Habeas Corpus. En vertu de cette loi, un prisonnier a le droit, en certains cas, d’obtenir son élargissement, moyennant caution.

Lord Dorchester arriva à Québec, le 21 octobre

TABLEAU CHRONOLOGIQUE

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