‹ L'histoire du Canada en 200 leçons [microforme]Chapitre 74 sur 88 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

184e Leçon, — (1873-1875).

, © Paquebot “ Atlantic”, de la ligne “ White Star ”, frappe un rocher près d’Haen entraînant 547 pertes de vie.

Le 20 mai suivant, sir Georges-Etienne Cartier, un

°n, meurt à Londres. Ses ontréal, aux frais de PEtat.

thies pour le Mouvement agitateur : mais, plus tard, il devint Conservateur modéré, avec un fort penchant britannique. Si] n’eut pas l’éloquence, le magnétisme, l’astuce politique de sir J ohn, sir Georges Cartier t cependant un véritable homme d'Etat, grâce à son

caractère persévérant et énergique, à son esprit profond et convaincant : il fut, à son époque, un chef d’une grande puissance.

Dans l’été de 1873, un collège français, qui a vécu neuf ans, fut fondé à Saint-Louis, Nouveau-Brunswick, par le révérend Marcel-F. Richard, curé du lieu.

La première session du deuxième parlement fédéral, ouverte à Ottawa, le 5 mars, et ajournée en mai, est prorogée le 13 août 1873. Une deuxième session a lieu l’automne de la même année et dure quinze jours. Des accusations portées contre le pouvoir exécutif, au sujet de la construction du chemin de fer du Pacifique, contribuent tellement à affaiblir le ministère que celui-ci démissionne, le 6 novembre 1873. Ce deuxième parlement, le plus court depuis la Confédération, n’avait eu, en tout, que dix semaines de session.

Alexander MacKenzie est ensuite nommé premier ministre du Canada. Le 2 janvier 1874, il proclame la dissolution du parlement, et, quelques semaines plus tard, de nouvelles élections générales ont lieu.

La première session du troisième parlement fédéral s’ouvre le 26 mars 1874, avec un cabinet libéral soutenu par une forte majorité. Alexander Mac- Kenzie gardera les rênes de l’administration durant quatre ans et demi. (Cette même année, Antoine- Aimé Dorion, ministre de la justice dans le cabinet MacKenzie, est nommé juge en chef de la cour du banc de la reine, dans la province de Québec.

SOMMAIRE HISTORIQUE 875 18se Leçon. — (1875-1880).

La terre de Rupert et les territoires du Nord- Ouest, à lexception du Manitoba, sont placés, en 1875, sous la juridiction d’un lieutenant-gouverneur distinct. De son côté, l’île du Prince-Edouard inaugure un nauveau chemin de fer. L'année suivante,

une grande partie de la ville de Saint-Jean, Nouveau-Brunswick, est détruite par les

réduites en cendres. Le 2 décembre 1877, l’hon. Joseph-Ed. Cauchon est nommé lieutenant-gouver. neur du Manitoba. = | Au parlement fédéral, le parti politique de sir John-A. Macdonald, le.

. Quel avait été sensible.

ment désorganisé par les révélations faites à l’enquête tenue au sujet du “chemin de fer du Pacifique, ” ne tarda pas à se ressaisir, Sous l’habile di.

rection de son chef, il fut 0 bientôt prêt à faire une Joepb CAUCHON.

vigoureuse opposition à l'administration MacKen-

zie. Depuis quelques années, le monde entier souffrait d’une grande dépression commerciale. Le Canada, lui aussi, voyait son commerce languir et ses manufactures peu encouragées. De lourds déficits étaient signalés dans presque toutes les branches du revenu public. Sir John-A. Macdonald proposa à la chambre de remanier le tarif aux fins de mieux protéger les industries naissantes du pays, en imposant de forts droits d’entrée sur l’importation des produits étrangers. A ce tarif de protection, les politiciens donnèrent le nom de “ Politique Nationale.” Les élections générales de 1878 se firent sur cette question. Le cabinet MacKenzie fut renversé—le parti conservateur revenant au pouvoir avec une très grande majorité. Le ministère MacKenzie donna sa démission le 16 octobre 1878, et sir John-A. Macdonald reprit son siège de premier ministre du Canada. Au même automne, le très honorable marquis de Lorne, époux de la princesse Louise et gendre de la reine Victoria, fut nommé gouverneur général du Canada, en remplacement du comte Dufferin.

MN Au cours de la pre- EN mière année du nouveau ” ministère Macdonald, il s’éleva, dans la province de Québec, une question très sérieuse relativement aux droits provinciaux et

Lord DUFFERIN.

Luc Letellier de

Saint-Just, renvoya le cabinet de Boucherville, sous l’accusation que le premier ministre avait publié des proclamations non encore revêtues de la signature du lieutenant-gouverneur.

Il appela au pouvoir Henri-Gustave Joly, qui assuma la responsabilité de l'acte de renvoi et réussit à se maintenir au Pouvoir pendant plus d’un an. Il se fit incontinent une grande agitation politique.

Conservateurs, lésés par le renvoi du ministère de Boucherville, disaient qu'il y avait eu là une grave infraction aux principes du gouvernement responsable, en vertu duquel Un gouverneur est censé | être lié par ses conseillers, aussi longtemps que ceuxci ont pour eux la majorité parlementaire. De leur côté, les libéraux affirmaient

. HISTOIRE DU CANADA 186e Leçon. — De 1880 à 1888.

En 1880, une grande personnalité disparut, dans l’Ontario, par la mort de l’honorable George Brown. Dans l’histoire du Canada, il figure peu d'hommes qui aient eu un caractère plus solide et vigoureux. Homme très sincère, il manquait de tact, était aveuglé par le préjugé et n’embrassait qu’une faible étendue des questions politiques. Il avait des convictions trop profondes pour n'être pas intolérant : c'est ce qui explique, en politique, sa faiblesse et sa force, comme l’a dit un historien.

Le 1er septembre de la même année, en vertu d’un arrêté du conseil impérial, les possessions britanniques de l’Amérique du N ord, y compris l'archipel] arctique, sont annexées au Canada: Terre-Neuve seule fait exception.

Au mois d’avril 1881, la Société Ro -le du Canada est fondée Au mois de juillet, la première convention générale des Acadiens a lieu, à Memramcook, N.- B. Le même été, à Québec, est fondé le journal La Vérité, défenseur énergique de la doctrine et des droits de la sainte Eglise.

En 1882, l’Assiniboïa, la Saskatchewan, l'Alberta et Athabasca, quatre districts qui comprennent plus de 500,000 milles carrés, sont constitués sous un lieutenant-gouverneur. Régina est choisie comme capitale et leurs institutions se développeront si bien que, en 1898, ces di tricts auront leur gouvernement responsable et les pouvoirs provinciaux complets, sauf la faculté d'emprunter de l'argent et de contrôler l’exploitation ou la vente des terres de la Couronne.

Le 22 juin, adopté par le

1885, Pascal Poirier, avocat acadien, entre au sénat du Canada. C’est le premier Acadien nommé à la chambre haute d’Otta- Wa.

En 1885, il éclate

en 1869 et 1870.

de grève à fronts

Saskatchewan demandent un octroi spécial de terrè en considération de ce qu’on est convenu d’appeler “l'extinction du titre sauvage ”—octroi gratuit accordé, dès le 15 juillet 1870, aux Métis du Manitoba. Pour mieux comprendre cette dernière réclamation, il faut se rappeler que le gouvernement, en prenant possession des Territoires, reconnaissait des droits aux sauvages et aux Métis, Les sauvages, en extinction de leurs prérogatives, devaient avoir une compensation collective, en forme de réserves. Les Métis, qui avaient droit, tout autant que les sauvages, à l'extinction du titre indien, demandaient, comme blancs, une compensation individuelle, Quinze ans

Pendant six ans, le peuple des régions de la Saskatchewan revendiqua ainsi ses droits au moyen de pétitions. Il se réunit souvent en assemblées publiques,

tawa. Leurs réclamations ne se réglèrent pas. Dans l’automne 1884, ils allèrent chercher, aux Etats-Unis, Louis Riel, le seul homme instruit de la race métisse. C’est alors que commença une agitation, assez paisible et constitutionnelle dans les premiers six mois, mais qui se termina par une révolte ouverte et séditieuse.

187e Leçon, — De 1885 à 1887. Rébellion du Nord-Ouest,

Les hostilités commencent au Lac-au-Canard, Les Métis repoussent un détachement de police à cheval et de volontaires accourus de Prince-Albert, Une

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