‹ L'histoire du moyen âge racontée aux enfansChapitre 13 sur 22 · LES NORMANDS EN ITALIE · texte numérisé non relu

LES NORMANDS EN ITALIE

per quelques larmes, comme s'il eût pressenti que ces peuples inconnus contribueraient un jour à renverser le vaste empire qu'il avait fondé.

£n effet) pendant que les petits-fils de Charlemagne se disputaient les débris de ses états, les Normands, qui étaient origi* naires des bords de la mer Baltique , comme les Danois, se répandirent dans toutes les contrées occidentales ^e l'Europe , où ils exercèrent de terribles ravages. Au lieu de se diriger comme ces derniers vers les îles de la Bretagne, une multitude de leurs barques, remontant les grands fleuves de la Germanie et de la Gaule , dévastèrent lés rives de l'Elbe , du Rbin , de la Seine et de la Loire , c'està-dire le pays des Saxons , des Frisons , et des Franks de Neustrie^ détruisirent les églises, les monastères, les châteaux et les villes, et parvinrent même jusqu'aux murs de Paris, qu'ils assiégèrent, ainsi que vous le verrez dans Thistoire de France.

L'approche de ces barbâtes \^\5sSx. -ç^xvo^^ i «XI.

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la terreur et la désolation, et il fallut enfin qu'un roi des Franks, nommé Charles- LC-SiMPLE, pour mettre un terme à leors dévastations , cédât à l'un de leurs principaux chefs ou ducs, nommé Rollon^ a condition qu'il se soumettrait à reoevoir le baptême, et se reconnaîtrait son Tassai, une des belles provinces de son royaume , qui depuis cette époque fut ap^ pelée la Normandie , c'est-à-dire le pays des Normands. Ces hommes du Nord commencèrent alors à perdre un peu de leur rudesse , et leurs chefs, qui reçurent le nom de barous, ce qui voulait dire hommes libres, prirent insensiblement l'habitude de remplacer la langue tudesque, qu'ils avaient parlée jusqu'alors, par la langue romane, qui était à cette époque en usage dans la plus grande partie de la France,

Cependant des hommes si turbulens et

si sauvages, accoutumés, comme tous les

peuples de race teutonique , à braver les

dangers de la mer , el a covsv^V^y ^^wc rien

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ceux des batailles, eurent bien de la peine à se soumettre à la vie paisible des laboureurs et des bergers. Aussi arrivait-il encore souvent que quelques uns d'entre eux se mettaient en voyage pour aller .chercher des aventures comme celles qu'ils avaient entendu raconter à leurs pères. Depuis que leur duc Rollon s'était fait baptiser, une grande partie de sa nation avait aussi embrassé le christianisme. Mais la plupart de ces hommes grossiers y ne comprenant point une religion qui ordonne d'aimer son prochain comme soi-même, et de ne jamais faire du mal à autrui , ne se décidèrent à recevoir le baptême que lorsqu'on eut offert à chacun de ceux qui se soumettraient à cette cérémonie , de leur donner une robe blanche , qui était le costume que portaient les nouveaux chrétiens. On dit même que beaucoup de ces sauvages, autant par ignorance que par rapacité , se présentèrent plusieurs fois pour être baptisés, quoiqu'on ne doive V4v.t^ q^n^sv^

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seule fois, afin de recevoir ainsi plasieun robes pour prix de leur conversion.

Dans ce temps-là c'était ane croyance généralement répandue parmi les nations nouvellement converties au christianisme, que des chrétiens ne pouvaient rien faire, de plus agréable à Dieu , que de visiter la Palestine, et les lieux saints où Jé^us* Christ était mort sur la croix pour racheter les péchés des hommes. Il n'en fallait pas tant pour réveiller ichez les Normands le goât des aventures et des voyages lointains, et bientôt on vit de petites troupes d'hommes de cette nation, portant une longue robe, un grand chapeau et un bâton blanc à la main , quitter leurs belles campagnes de Normandie , pour s'acheminer vers Jérusalem. Ces dévots voyageurs reçurent le nom de Pèlerins, et leurs voyages à la Terre-Sainte furent appelés des pèlerinages.

Plusieurs routes pouvaient conduire en Palestine , mais la plus fréquentée à cette époque était celle de VluVv^ ^ où l'on trou.

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vait alors aisément des navires qui transportaient les voyageurs à Constantinople , et dans les provinces maritimes de l'empire d'Orient.

Or , pour faire face aux dangers qui attendaient les pèlerins , en traversant les contrées de TEuropeet deTÂsie , la plupart ravagées alors par les Hongrois , les Bulgares, lesSarrasins et les Tïircs, les aventuriers de Normandie portaient ordinairement sous leur robe une forte épée , dont ils espéraient trouver Toccasion défaire usage contre les musulmans, qu'ils regardaient comme les plus odieux ennemis du nom chrétien , parce qu'ils s'étaient emparés de la Palestine et du tombeau de Jésus-Qirkt.

Un jour il arriva qu'une troupe de quarante pèlerins normands » revenant de la Terre-Sainte, débarquèrent dans un des ports d'Italie nommé SALEiinx , et obtinrent la permission de s'y reposer pendant quelques jours. Mais voilà que dés la nuit suivante plusieurs navires Sarrâsias ayant abordé ce rwaç;^^^ \«î!i>jfex:^v\

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de surprendre la ville, de la livrer aa pillage , et sans doute d'en emmener les habitans en esclavage , comme cela se voyait souvent dans ce temps-là. La Consternation fut grande parmi les Salémitains en apprenant cette nouvelle; déjà inéme queU ques uns d'entre eux parlaient d^aller offrir aux Sarrasins une partie de leurs richesses, s'ils voulaient se retirer , lorsque les quarante Normands ayant été trouver le prince de la ville , lui demandèrent des armes et dés chevaux , et tombant à Timproviste sur les Sarrasins , en firent un si grand carnage qu'ils forcèrent ceux qui s'échappèrent à se rembarquer précipitamment. C'était bien peu que quarante guerriers pour une pareille victoire , aussi les Salernitains , pleins de reconnaissance pour les Normands , les proclamèrent leurs libéra^ teurs, et répandireîit dans toute l'Italie le bruit de leurs exploits. Le prince de Salerne , qui s'aperçut bien qu'avec de tels hommes il n'aurait plus rien . à craindre de ses ennemV&^^^t ^\ivv ^

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