‹ L'histoire et l'infaillibilité des papesChapitre 35 sur 86 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

CÉLÇ^HN. — CANO?i.S SUPPOSÉ?.

« Dans une discussion avec les évoques africains au sujet d'un vieillard qui avait été excommunié et qui en avait appelé au Pape, Célestin présenta des actes de conciles en vertu desquels un appel à Rome était permis; mais les évêqucs de Carthage ne trouvèrent ces actes ni dans les archives du concile de Nicée, ni à Antioche, ni h Alexandrie. Voyant sa fourberie découverte , Célestin n'en maintint pas moins son jugement i\ Tégard du vieillard: naais contre toute attente, dans une assemblée

d'évêques qui eut lieu en Afrique, ce vieillard con fessa ses fautes ^ »

Ce vieillard était Apicarius^ prêtre de Sicca en Numidie, qu'Urbain, ëvèquede cette ville, avait interdit. Ce concile, qui examina la lettre du Pape, était le sixième de Carthage tenu en 419. A cette époque, c'était Boni face qui était pape et qui continuait, après Zozime, à revendiquer le droit d'appel, dans les causes majeures, en fa^ veur du Siège apostolique. L'affaire n'était pas encore terminée sous Célestin, qui marcha sur les traces de ses prédécesseurs. C est donc trois Papes, au lieu d'un, que les écrivains protestants accusent de fourberie. Cette circonstance aurait dû les porter à réfléchir, et leur faire soupçonner quelque malentendu. En réalité, ce n'est pas autre chose.

» A. Bost., /. cit., 19.

2 D'après Marc-Aaioine Capel el Christian Loup, l'hisioire d Api-^ farius esl conlrouT<?e.

• Les (lciucaiio!)3 7* et 17* du concile JeSardiqiie sur les appellalion» i Rome, disent ces critiques, étaient transcrits en toutes lettres dans i» circulaire de 'loihne : conçoit-on que deux cent dix-sept évoques, {-anni lesquels était saint Augustin, aient ignoré l'existence de documents SI importants, alors surtout que Gratus archevêque de Cartliage, avec tieiite-sept autres évùques d'Afrique, avait assisté au concile d« ^art.iquc, pris part à toutes ses délibérations et souscrit à tous ses actes, Roiammonl aux deus canons sur le droit d'appel dont ils firent remar-

Dans la lettre remise à ses légats et lue dans le concile de Carthage , le pape Zozime dit que la cause d'Urhain et d'Apicarius doit être jugée à Rome, puisque l'une des parties a fait appel au souverain Pontife. « Le droit d'appel , ajoute- t-il, a été consacré par le concours du concile de Nicée. »

Alipius, évêque de Numidie, qui avait assisté au concile de Nicée , élève des doutes sur Tauthenticité des canons cités dans la lettre du Pape. On examine les actes du premier concile général, et Ton cherche en vain des canons qui règlent les appellations des évèques au Pape et le jugement des prêtres et des diacres par les évèques. Cependant les lettres du Pape étaient trèsexplicites. Les évèques d'Afrique , se défiant de leurs propres lumières, décidèrent que l'on demanderait aux patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Constantinople, une copie des actes du concile de Nicée , dont chacun d'eux possédait un exemplaire original , et qu'en même temps on ferait part de la difficulté qui s'était

quer la sagesse ell'imporlance aux autres évoques d'Afrique dans le concile qui se tint à Carthage peu do temps après celui de Sardique ? »

Nous ne disons pas que l'opinion de ces auteurs est sans fondement, maïs nous préférons résoudre directement ces difficultés de l'histoire ecclé* siaslique toutes les fois qu'on peut le fair« d'une manière satisfaisante*

présentée au Pape lui-même qui , de son côté , prendrait les moyens nécessaires pour Téclaircir. Le résultat des perquisitions fut que réellement aucun des vingt canons de Nicée ne parlait dilectement du droit d'appel. Qu'était-il donc arrivé? le voici. La citation était fondée, les canons existaient réellement : mais le Pape les appelait canons du concile de Nicée, au lieu de les appeler canons du concile de Sardique. Il citait l'ouvrage, au lieu de citer Tappendice : cette indication était usitée en Occident. Comme la plupart des évêques qui composaient le concile de Sardique avaient assisté au concile de Nicée , qu'Osius avait présidé F un et l'autre, que les Pères de Sardique n'avaient dressé aucun formulaire de foi, mais embrassé sans addition ni changement le Symbole de Nicée, on regardait communément le concile de Sardique comme la suite et le complément du grand concile. Ses canons furent écrits à la suite de ceux de Nicée, dans le même recueil , sous la même rubrique : de là Tusage de les désigner quelquefois par le même nom, et de les appeler tous canons de Nicée '. Les évêques d'Afrique ignoraient complètement

< Ce que plusieurs àiikurs mcden'.es , cuire iulies Christophe Jastel'.e, ont couliuuc de faire.

cet usage ; quelques-uns d'entre eux rejetaient le eoncile de Sardique, et ne connaissaient sous ce nom que le concile que les Ariens avaient tenu à Philippopolis ; d'autres n'avaient jamais pu se procurer les actes du vrai concile de Sardique, les Ariens, de concert avec les Donati^tes, les ayant détruits partout où ils les avaient trouvés. Ce qui permettait encore d'appeler canons de Nicée les canons de Sardique qui règlent le droit d'appel, c'est que ceux-ci ne sont que rex[)iication de canons plus anciens que le premier concile général de Nicée avait reconnus et sanctionnés. « La coutume d*aj)pcler à Rome, dit le pape Jules, existait avant dans l'Eglise; on en a parlé au concile deJNicée, et elle a été approuvée par écrit \ » Et Théodoret ne dit-il pas : « Suivant le canon de l'Eglise, Jules leur ordonna de se rendre à Rome, et il invita Atlianase à venir se défendra devant son tribunal '^1 » Quel est donc ce canon? datet-il des temps apostoliques? est-ce une coutume observée de temps immémorial ? On l'a discutée à Nicée, qui

f Hujusniûùi c«r.suciudu(8ppciianill}oil!n fuit, ej'jsfjiie luemoiia rtno- Vèlacsl,etsciiplo prodiia lu magiio svnotlo. (Jul. Upisl. ad Enseb. fpisc)

2 Jtiiius EcdesiaB canoacni sccuUis, ol cos jussil Romam veiurc, el <îi- ^inum Aruaiiaf.iusu quipro âc in juàicioipîc if:^pO!i<lercl voca>.i». fibeod.,

en a fait peut-être l'objet d'un canon spécial, disparu depuis. Dans tous les cas, elle y a été approuvée par écrit \

Zozime, Boniface et Célestin, en le rappelant aux évêques d'Afrique, ne parlent donc pas d'une chimère.

\ Celie feanclion avait été donnée d'abord d'une manière gëraMale par ces i-arolss : y Que cbaque Eglise conserve ses privilèges. » Le droit d'apjicl avai" été. ca outre, Tobjet d'une approbalioa spéciale.

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