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etdes autres qui furent condamnés et convaincus au sixième concile comme monothélites \ »
Binius regarde cette falsification comme indubitable , évidente. Selon cet auteur, le fait se serait passé de cette manière :
Théodore, patriarche de Constantinople, s'étant emparé des actes originaux du concile sous prétexte de tirer la copie qui devait être envoyée au pape Léon II, il aurait effacé son propre nom partout où il se trouvait, et à sa place substitué celui d'Honorius que les Monothélites se vantent d'avoir eu pour protecteur ; on aurait ensuite remis aux patriarches ou à leurs délégués une copie des actes du concile , ainsi revus et corrigés ^ Les évêques grecs , qui étaient animés pour la plupart d'une secrète jalousie contre les Pontifes romains, et qui tous étaient pleins d'estime pour le patriarche Sergius, auraient fermé les yeux sur ces manœuvres. Les légats du Pape, qui ignoraient la langue grecque et n'avaient pris aux débats qu'une part fort restreinte,
4 Histoire des Papes, i, 364.
2 Une fois les actes du sixième concile altérés, la condamnation supposée d'Honorius n'est plus qu'un simple fait sur lequel le septième ou le huitième ont pu aisément se tromper. On est dans l'usage aux conciles de répéter les anathèmes des conciles précédents ; mais cette répélilion, quand elle a lieu sans nouvel examen, n'ajoute rien à la nature et aux motifs dé ces anathèmes.
n'auraient pu donner, de retour à Rome, que des explications insuffisantes; et le pape Léon II, voyant qu'il était impossible d'éclaircir le fait sans procéder à des informations qui auraient pu n'avoir pour résultat que de compromettre i'autorité du concile et de détruire le bien qu'il commençait à faire , accepta le texte tel qu'on le lui remit, en ayant soin toutefois, dans la bulle de confirmation , de fixer le sens de la condamnation dont la personne et les écrits d'Honorius avaient été l'objet. « Le concile, ditil, a frappé d'anatbème Sergius, Pyrrhus, etc., comme hérétiques , et Honorius comme coupable d'avoir favorisé Terreur au lieu de la réprimer énergiquement. »
Nicolas Coeffeteau appuie cette conjecture des réflexions suivantes :
« Si Baronius a cru Théodore auteur de cette méchanceté, Duplessis ne nous a pu nier ci-dessus qu'il ïHy ait grave apparence^ vu que ce Théodore évêque de Constantinople, hérétique , y fut condamné avec Sergius, Cyrus et Pyrrhus; et néanmoins il ne se trouve point nommé avec eux , ce qui est une violente conjecture qu'il effaça son nom de ces actes et y fit glisser, en sa place, celui d'Honorius. Que si ce n'est lui qui a fait cette
fourbe, c'en a été un autre qui a voulu prêter à Honorius une charité pareille à celle qu'on prêta en ce même concile à Vigilius, l'un des prédécesseurs duquel on forgea de fausses épîtres pour le calomnier sur le même sujet des Monothélites. Mais l'imposture fut bientôt découverte ; et, certes, il faudrait qu'Agathon, reconnu par l'Orient et l'Occident pour un saint pontife, eût eu un front d'airain pour dire que nul de ses prédécesseurs tl avait été entaché d hérésie^ si Honorius , duquel , par manière de dire, les cendres étaient encore chaudes, et qui ne venait que de mourir, eût jamais été monothélite ^ »
Baronius va même jusqu'à soupçonner l'authenticité des lettres de Léon IL
Mais le lecteur veut, avant tout, des raisons et des faits. Voici d'abord ceux qui militent en faveur d'une falsification des actes du concile :
1° Les Pères du concile, dans une lettre synodale adressée au pape Agathon, déclarent qu'ils anathématisent les Monothélites de la même manière qu'il l'avait déjà fait lui-même et selon la teneur de sa lettre. Or Agathon avait condamné Sergius, Cyrus, Pierre et Paul, et non Honorius. Agathon était si loin de croire que ce Pape
\ Réponse à Duplcssis, 403.
avait pris part à rerreur des Monothélites, que dans sa lettre à l'empereur, lue à la sixième session du concile, il dit que « le Siège apostolique n'a jamais été souillé par Terreur, et que ses prédécesseurs notamment ont toujours confirmé leurs frères dans la foi. »
2" A la quatorzième session , on produisit deux lettres du pape Vigile à l'empereur Justinien. Ces écrits contenaient des erreurs , et le concile allait les condamner, lorsque les légats du Pape firent observer qu'ils étaient supposés et faussement attribués au pape Vigile, ce qui était vrai. Comment n'aurait-il pas pris également la parole pour défendre Honorius décédé dans une grande réputation de sainteté, si l'on eut essayé d'incriminer sa mémoire ?
3° Le pape Agathon avait donné à ses légats des instructions très-précises sur ce qu'ils avaient à faire, et leur avait formellement enjoint de ne pas s'en écarter. S'il se fût agi de condamner un de ses prédécesseurs sur la chaire de Rome, les légats en auraient informé celui dont ils tenaient la place, n'eùt-ce été que pour lui demander des renseignements et une règle de conduite.
4° Dans le concile de Latran, présidé par Martin P% on dit anathème aux monothélites Cyrus, Sergius, Pyrrhus, Paul; anathème aux écrits
qui favorisaient leurs erreurs , à rEctèse d'Héraclius, au Type de Constant, aux lettres de Sergius et deCyrus ; pas un mot ni d'Honorius ni de ses lettres: il n'avait donc pas partagé les erreurs de ces Monothélites.
5" Le pape Martin, dans ses lettres aux Eglises d'Antioche et de Jérusalem, oppose à la conduite des patriarches de Constantinople , tous hérétiques , celle des Pontifes romains , tous défenseurs vigilants des trésors de TEglise : « Je dois vous informer, vénérables frères , de ce qui s'est passé ; nous avons vu, de notre temps , s'élever contre la foi orthodoxe les personnages que nous devons qualifier de ravisseurs : c'est Théodore évêque de Pharan , Cyrus évèque d'Alexandrie , Sergius évêque de Constantinople , et ses successeurs Pyrrhus et Paul. Les hérétiques ont essayé d'enlever à TEglise les trésors de sa foi ; mais nous , je veux dire les Pontifes du Siège apostolique , nous les avons empêchés de nous dépouiller ainsi de nos richesses. » Le même Pape avait dit, dans son discours d'ouverture au concile de Latran : « Les catholiques ont porté leurs plaintes de divers lieux au Siège apostolique, et lui ont dénoncé, par écrit et de vive voix , la conduite des patriarches de Constantinople, Nos prédécesseurs n'ont point cessé d'écrire en divers
temps à ces évêques; ils les ont priés, admonestés, menacés , ils les ont fait avertir par des légats expressément envoyés à cette fin. Tout a été inutile ^ » En supposant la prévarication d'Honorius, un tel langage eùt-il été possible ?
6° Qu'on se rappelle l'incident qui précéda les acclamations finales de la quatorzième session. George , patriarche de Constantinople , aurait volontiers condamné l'hérésie des Monothélites , peut-être même la mémoire du patriarche Théodore qu'il avait supplanté ; mais il comprenait la honte qui rejaillissait sur son Eglise par la condamnation nominative de Sergius et de trois de ses successeurs. Il résolut donc de faire un dernier effort pour l'empêcher. Il demanda la parole, et , conjointement avec quelques évêques de sa dépendance, il fit cette motion : « Nous demandons que l'on épargne , s'il est possible , les noms des patriarches Sergius, Pyrrhus, Paul et Pierre, et qu'ils ne soient pas prononcés dans les anathèmes. » Le concile suspend la séance, délibère , et répond : « Ceux qui ont été déclarés
\ Ideoque in scriplo vel sine scripto orlliodoxorum preccs minime despicienles aposlolicae memoriœ, nostri deccssoies non deslilevunt prœdictis viris diversis temporibus consultissimè scriLenles, et lam roganlos quàraque regulariter increpantes : necnon per apocrisios siios, etc. {Acla coHC,,iv, 702.)
coupables et rayés des dyptiques par sentence doivent aussi être analhématisés nommément ^ . » Si Honorius eut été compris avec Sergius et ses successeurs dans la condamnation des hérétiques prononcée à la treizième session, on trouve difficilement un motif suffisant à la démarche de George; on s'étonne, dans tous les cas, que le concile, pour adoucir les regrets du pétitionnaire, ne lui ait pas cité l'exemple d'Honorius anathématisé nommément. Une mesure qui atteint un Pape ne doit pas paraître sévère, appliquée à des évèques,
7° Ces actes-là sont interpolés , qui ne donnent pas tous les noms des personnes nominativement condamnées; or on remarque ce fait dans ceux du sixième concile. On y cherche en vain le nom de Théodore, ex^patriarche de Constantinople; et cependant il est inadmissible que, dans le cours de ses dix-sept sessions, le concile n'ait pas fait mention de lui. La demande qu'il avait faite à Tempereur de retrancher des dyptiques de l'Eglise de Constantinople le nom du saint pape Vitalien ^ , ses liaisons avec Macaire d'Antioche, et la publication d'un mémoire en
4 Acta conciL, iv, 586.
? Episl. Consl. ad Dom.
faveur du monolhëlisme*, étaient des motifs plus que suffisants pour provoquer un examen de sa doctrine. Le concile discute les opinions religieuses de tous les évêques qui s'étaient succédé sur la chaire patriarcale de Constantinople depuis Sergius, jusqu'à la tenue des conciles, en condamne quatre d'entre eux, en justifie trois ; il a du porter aussi une sentence sur leur successeur. Macaire fut condamné pour avoir pré- $enté un recueil de passages des Pères, tronqués et falsifiés; Théodore, le second signataire du même document, a dû l'être avec lui. On mande à la barre du concile quelques membres du clergé de Constantinople, pour avoir souscrit à une requête suspecte d'hérésie, et on les oblige à se rétracter par écrit et de vive voix ; on a du pareillement inviter celui qui avait publié des ouvrages dans lesquels l'hérésie était ouvertement professée.
Ces inductions ne sont pas sans gravité, et, si Ton n'ose conclure que les actes du concile ont été altérés par addition , on croirait volontiers qu'ils l'ont été par soustraction.
Les auteurs que nous venons de citer appuient encore leur sentiment de F autorité de plusieurs
j Aoast. J>ibUolb., UUt. de Yilis R. Pont., Agatbo.)
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controversistes de poids. Slentionnons, entre autres, Emmanuel Calleco, historien grec, le cardinal de Turrecremata \ et le docteur Albert Pighius ^
D'autre part, le défenseur de la Déclmmtion du clergé de France ^ résume ainsi les arguments sur lesquels s'appuient les théologiens qui croient que les actes du sixième concile général sont intègres et sincères. Le lecteur a sous les yeux ce qui s'est écrit de plus fort sur la question qui nous occupe en particulier, et en général sur la conduite d'Honorius dans l'affaire du monothélisme.
« Chap. Liv. Affaire d'Honorius. On ne peut l'excuser d'erreur, et c'est ex cathedra qu'il a parlé.
«II est impossible de dire quelle peine se donnent ces docteurs qui, en parlant des décrets apostoliques, indiquent les différences qui les séparent , selon qu'ils sont, ou non, ex cathedra. Donnons pour exemple les lettres d'Honorius. Ce n'est rien, disent-ils; Honorius ne s'est pas trompé, il n'y a pas ombre d'erreur dans ses lettres , si nous en croyons Bellarmin. C'est étonnant,
* Lib. de Prim. S. R. E.
2 De nier, eccles.
3 Def. Dcclar. Galliœ ortkodox., prœvia Dissert., c. uî.
lorsque le P. Thyrsus lui - même dit « que ce Pape avait semblé approuver la rédaction de Sergius chef des Monotliélites, et qu'en cela il avait mal fait, n'ayant pas détruit l'hérésie. » En effet , ne défend- il pas de dire soittm^ , soit deux opérations'^, n'appelle-t-il pas également nouvelles les expressions une et deux volontés'^ ne juge-t-il pas inepte de dire et d'énoncer soit une, soit deux, excluant également de cette manière de la prédication et la vérité catholique et rhérésie? C'était pour maintenir la paix, direzvous; oui, mais une fausse paix, telle que celle qu'eût donnée LéonX en décrétant, ce qu'à Dieu ne plaise, qu'afm d'avoir la paix avec Luther, il ne faut plus parler ni de consubstantiation ni de transsubstantiation.
« Repoussés de cette position, ils se retranchent, dans celle -ci : Honorius n'a pas parlé ex cathedra, » Et cependant c'était par trois patriarches qu'il avaitété consulté, Sergius de Constantinople, Cyrus d'Alexandrie, et Sophrone de Jérusalem ; et sa réponse en a induit en erreur un quatrième, celui d'Antioclie, Macaire, qui se prévalait de l'autorité d'Honorius, ce chef , ce porte-drapeau instruit de Dieu. Quand donc ce Pape parlerat-il ex cathedra, s'il ne le fait pas lorsqu'il répond à une consultation que tout l'Orient lui
adresse, comme étant le successeur de Pierre, chargé de confirmer ses frères et de réprimer une très-dangereuse erreur? Etait-ce pour le plaisir d'errer qu'il n'employait pas , en répondant , le mode qui lui aurait assuré Tinfaillibilité? C'est ce qu'il faut dire , à moins qu'on ne soupçonne , comme l'a faitBellarmin, que « ses lettres ont été peut-être fabriquées et insérées après coup dans le concile général, ce qu'il n'est pas téméraire d'avancer. » Supposition si clairement fausse , que personne ne la prouvera jamais.
« Chap. Lv. De la falsification que Binius , après Baronius, suppose que les actes du concile ont subie.
« Reste donc à croire que c'est à juste titre qu'Honorius a été condamné par le synode, comme convaincu d'avoir suivi en tout le sentiment de Sergius, et confirmé des dogmes impies. Binius, cité par le P. Gonzalès, dit à ce sujet : « Les anathèmes d'Honorius, déclaré hérétique par les actes du concile et mis au rang des Monothélites, nuiraient beaucoup à notre opinion qui est la plus comnmnément adoptée par les catholiques, s'il n'était établi jusqu'à l'évidence que les actes du sixième synode ont élé falsifiés par l'imposlurc de Théodore, patriarche de Constantinople cl cvcque monolhélite. » Or ce qui est établi jus-
qu'à révidence , c'est que ce récit est fauxj car voici comment son auteur, à la suite de Baronius, cherche à Fembellir : «Théodore, patriarche de Constantinople, s'empara des procès-verbaux du concile.» (Voy. p. 98 ). Tel est le sentiment de l'auteur des Annales et de Binius qui le transcrit mot pour mot Mais les légats du Saint- Siège, qui présidaient le synode, n'auraient pu ignorer ce qui se passait, ne se seraient pas tus ; ils auraient dénoncé ce manque de bonne foi, et n'auraient pu approuver l'erreur par leur silence. Et voilà comme elle est évidente, cette prétendue falsification.
« Chap. Lvi. Christian Loup démontre que cette supposition est sans fondement.
« Mais écoutons Christian Loup traiter cette question : « Les actes du sixième synode ont été falsifiés. » Ce sont des paroles bien dures, c'est accuser les légats apostoliques d'avoir prévariqué dans les circonstances les plus graves; et cependant nous lisons dans Anastase le bibliothécaire qu'ils furent reçus dans Rome avec tous les honneurs que méritait le succès avec lequel ils s'étaient acquittés de leur mission. Le même auteur dit, en parlant de Léon II : « C'est lui qui reçut les actes du sixième concile où sont condamnés Cyrus , Sergius et Honorius. Quel
Théodore a pu falsifier le Lwe des Pcmtifes publié par Anastase? Comment en ce temps-là nul Pape, nul Père de TEglise, n'a-t-il pu découvrir et signaler Fimposture ?» Ajoutons qu'Adrien II et ses successeurs, dont les archives de Rome nous ont montré la profession de foi , n'auraient pas condamné Honorius , si le sixième concile ne l'eût fait d'abord. Que veut donc que nous pensions Binius, quand il dit : « Les décrets de ce concile préjudicieraient beaucoup à notre sentiment, s'il ne constait évidemment qu'ils sont falsifiés? Il conste, au contraire, qu'ils ne Font pas été. Quel subterfuge reste-t-il encore? Honorius n'a pas erré , lui qui a assimilé la vérité catholique à des nouveautés ineptes dont il ne fallait pas parler? Il n'a pas prononcé ex cathedra, lorsque, interrogé par trois patriarches, il a donné une réponse qui devait être promulguée dans tout FOrient? Les actes du concile ne sont pas sincères, comme le dit Baronius, et après lui Binius à bout d'arguments. Nous omettons de rappeler les autres suppositions que Christian Loup a si péremptoirement réfutées. Où se réfugier? Ces écrivains, d'ailleurs si respectables et si érudits , n'ont-ils donc pas honte de se voir acculés à ces impasses à la suite de Binius, et, si nous remontons plus haut, à la suite de Bellarmin et de
Baronius, hommes de génie sans doute, mais qui, désireux de faire à tout prix triompher leur cause, lui subordonnent les faits au lieu de les prendre tels qu'ils sont , et tachent ainsi les immortels ouvrages qu'ils nous ont laissés ? Je n'aurais jamais osé parler ainsi de Bellarmin et de l'illustre auteur des Annales , si le besoin de ma cause ne m'y eût obligé.
« Chap. Lvu. Nous ne pouvons passer sous silence le docteur Rocabert qui a publié un ouvrage contre nous; le volume est gros d'étendue, il est mince de raisons. Que veut-il donc avec ses trois cents pages sur Ilonorius? Pour faire crouler cet échafaudage, un seul argument suffît; je le tire des actes du quatorzième concile de Tolède, publiés récemment avec un soin extrême.
« On lit dans ces actes les lettres de Léon II, qui mentionnent la condamnation d'Honorius par le sixième concile. Elles sont fausses, dit Rocabert, après Binius et Baronius. Qui donc les a raturées? Quel Théodore venu de Grèce a pénétré jusqu'à Rome et jusqu'en Espagne, pour interpoler ainsi les actes des conciles? Voilà ce qu'ils nous proposent de croire. Est-ce de cette manière qu'ils veulent défendre le Saint-Siège et la foi catholique? C'est peu digne de la ma-
jesté de FEglise. Le savant Daguerre nous a montré ce qu'il pensait de ces lettres , lorsqu'il a écrit : « Le cardinal Baronius s'est efforcé de combattre leur sincérité, et d'autres à son exemple. » Remarquez cette réserve : s'est efforcé; le judicieux cardinal n'ajoute plus rien, il arrête sa phrase, et prive le lecteur de ses propres remarques qu'il semblait annoncer. Sans doute il aura craint d'avouer, dans la candeur de son âme et la certitude de son jugement , que la sincérité des actes du sixième concile est établie par les monuments authentiques de l'illustre Eglise d'Espagne ^ »
Nous verrons, dans la suite de cette discussion, que tout n'est pas exact dans le langage de l'auteur de la Défense de la Déclaration ; mais tout en faisant cette réserve, nous trouvons que ses arguments sont mieux établis que ceux de Baronius : nous concluons donc, jusqu'à plus amples lumières, que les actes du sixième concile général sont tels aujourd'hui qu'ils ont été dès leur origine. Nous n'en dirons pas autant de la lettre d'Honorius : nous avons des preuves très-fortes qu'elle a été altérée; mais, avant de les développer, nous allons tâcher de fixer le sens et la portée
\ Dtf. DecL Gall. orlhod., c. 54-57.
dos actes et des lettres, en les supposant tous
sincères.
Il est fait plusieurs fois mention d'Honorius dans les actes du sixième concile œcuménique.
A la première session, sommés par les légats du Pape et par l'empereur d'indiquer l'origine des nouveautés qu'ils professaient, Macaire d'Antioche et ses disciples répondirent : « Nous n'avons point proposé de nouveautés, mais ce que nous ont appris les conciles œcuméniques et les Pères approuvés , notamment Sergius , Paul , Pyrrhus et Pierre qui ont gouverné l'Eglise de Constantinople , Honorius pape de l'ancienne Rome, et Cyrus pape d'Alexandrie. »
Dans la douzième on lut un recueil de pièces dont faisaient partie la lettre de Sergius à Honorius et la réponse de celui-ci. Le jugement sur ces divers écrits et sur leurs auteurs fut porté en ces termes dans la session suivante :
« Considérant que les lettres qui ont été écrites