‹ L'histoire et l'infaillibilité des papesChapitre 51 sur 70 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

lui de saint Germain? Si la Bible suffil à tout, qu'on en donne un exemplaire à chaque protestant, et que l'on supprime le catéchisme, les symboles, les professions de foi, les consistoires, les prédications. La Bible, rien que la Bible, point d'autres livres : « La Bible donne de r histoire juste assez pour comprendre la doctrine, et de doctrine juste assez pour comprendre V histoire. » (Oster). Point d'explication : aLediscernement delà doctrine est accordé à tous. » (Monod). Point de commentaire : «Ze droit de prononcer sur la fidélité de la traduction a été donné à chaque fidèle. » (Panchaud). Point de tradition : « Les Apôtres ont consigné dans leurs écrits toutes les vérités nécessaires ait salut; on ne doit iien y ajouter, rien en retranchera Point de ministres : « Le Saint-Esprit parle directement à chaque fidèle ^. » (Monod.) Enfin, ce pnwc/pe an ti script uraire, d'invention récente, condamné par l'histoire, impossible dans son application, rejeté par ceux qui le proclament le plus haut, n'est rien moins que la destruction complète de t Ecriture-Sainte. Avant d'interpréter les Livres divins, une foule de savants protestants ont voulu exercer le droit déjuger de la divinité de ces Livres. Voici le résultat auquel ils sont

-1 Barth. Histoire de C Eglise chrdiicnne , <.li. 22.

ari'ivés ; on pouvait le prévoir , il n'en est pas moins curieux.

D'après Luther, le canon des saintes Ecritures ne doit pas renfermer les huit livres suivants : Job, TEcclésiaste, l'Epître aux Hébreux, la deuxième Epître de saint Pierre , la deuxième de saint Jean, celle de saint Jude, et l'Apocalypse. Calvin veut encore qu'on en retranche les livres d'Esther, de Baruch, de Tobie, de Judith, de la Sagesse, de FEcclésias tique , et les deux des Machabécs. Spinosa et d'autres critiques avec lui révoquent en doute rauthenticité du Pentateuque , des Juges , des Rois, des Paralipomènes , d'Isaïe, de Jérémie, d'Ezéchiel, de Daniel, et des douze petits Prophètes ; Hobbes celle de Ruth , Pereyre celle de Josué. Grotius ne croit pas à Tinspiration du Cantique des Cantiques, du livre de la Sagesse, ni des deux dernières Epi très de saint Jean. Les Sociniens niaient la divinité du livre des Proverbes, les Anabaptistes celle des Psaumes et des livres d'Esdras. Strauss conteste l'authenticité de saint Matthieu, Griebasch celle de saint Marc,Evanson et Wette celle de saint Jean qu'avai t déjà tronqué Théodore de Bèze; et Samler, March et CoUins, celle des quatre évangélistes à la fois. Sleimacher refuse l'inspiration divine à la première Epître à ïimothée, Eichorn à la deuxième

et à celle à Tite , Brel Schneider aux deux dernières de saint Jean, Balten à celle de saint Jude, Cludius à la première de saint Pierre , et les Mythologues ainsi que les Rationalistes à toutes les E pitres des Apôtres, à tous les livres quelconques de l'ancien et du nouveau Testament * , de sorte qu'un libraire protestant, qui voudrait publier une Bible uniquement composée de livres dont Fautorité serait reconnue par tous ses coreligionnaires, aurait zéro à imprimer. La Réforme n'a pas de parole de Dieu. Luther a voulu toucher à ce dépôt sacré , ses disciples l'ont entièrement dispersé. Bénie soit mille fois la sagesse des Papes qui nous l'ont conservé intact!

4 Voyez Hobbes , teviathan, p. 5, c. 53 j

Pcrerius, System. Prœ-Adam. I. iv, c. < ;

Sf \nos^, Traclat. theolog. polit., x;

Richard Simon, Ilist. crit. veter. Teslam., I. i;

Charles le Cène, Bible de la Cène, i, 9 ; x, 4 ;

Th. Sagne, Age de la raison, part, ii ;

E. Rendu, Mémoire sur l'instruction publique en Allemagne',

Glaire, Introduction à l' Ecriture-Sainte ;

Péronne , Le Protestantisme et la Règle de foi.

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