VÉNÉRATION DU FEU
voir l’idée que le fer est impur ou qu’il pourrait blesser la flamme ?
Divinisation de l’instrument qui sert à produire le feu; Prométhée : le pra-mantha des Aryas. — Personnification analogue de l’igni-térébrateur chez les Chinois : Suy-jin.
II. Le dieu du feu. — L’identité substantielle des flammes conduisant à la conception d’un dieu qui les régit toutes. — Transition encore observable dans l’Hestia des hymnes homériques. — Les différentes origines de la mère Ut chez les Mongols.
Le dieu du feu possède, en général, une tendance capricieuse et fantasque (Loki) ; parfois sevère et cruelle (Moloch, Xiuhtecutli) ; d’autre fois secourable et bienfaisante (Hestia, Agni, Atar, Ptah, Baal Hamman, Tleps, etc.).
Distinction entre les dieux du feu, les dieux de la lumière et les dieux de l’orage. — Coexistence de plusieurs dieux ignés qui personnifient respectivement les diverses fonctions du feu (chez les Grecs et les Romains, les Phéniciens, les Egyptiens, les Perses, les Slaves, les Mexicains, etc.). — Dans les Yêdas, au contraire, notion de l’identité d’Agni dans le feu, le soleil et l’éclair.
III. Le feu cosmique. — Le feu est partout, visible au ciel et sur terre, latent dans le bois, la pierre, l’eau, l’intérieur de la terre, les nuées de l’atmosphère, voire dans les plantes et dans le corps des animaux, où il se manifeste comme chaleur vitale. — Identité du feu et de la vie, affirmée chez les Peaux- Rouges aussi bien que chez les Romains, les Hindous, les Slaves et les Perses. Le phénomène de la génération assimilé à la production du feu ; d’où le feu regardé comme l’auteur de la vie (les cultes phalliques). — Croyance générale à la nature ignée de l’âme humaine. — Le feu, élément commun des dieux et de leurs créatures, des êtres et des choses, devient l’âme du monde.
Influence ultérieure de cette conception sur l’évolution du polythéisme .chez certains peuples. — Le dieu du feu devenant le créateur universel, le Maître des dieux comme des hommes (rôle cosmique de Ptah, Agni, Eshmoun, Panchacamac, etc.). — D’autre part l’assimilation du feu à la substance même de l’univers conduisant à la notion panthéiste de l’Etre unique et absolu (doctrine des Eléates et des Stoïques ; Zénon
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définissant la nature : ignem artificiosum ad gignendum progredientem via.)
IV. Le eeu, agent de purification. — Le feu a toujours été regardé comme l’élément pur et purificateur par excellence, moins à cause de ses propriétés dévorantes ou de son incorruptibilité qu’à raison de son pouvoir illuminateur qui met en fuite les démons des ténèbres. — Universalité de la croyance à son pouvoir sur les mauvais esprits. — L’usage d’allumer du feu sur les tombes, tantôt mesure protectrice en faveur du défunt, tantôt précaution contre son retour.
Ordalies par le feu au moyen-âge, aujourd’hui encore au Congo et. dans l’Inde : croyance que l’innocent échappe aux atteintes du feu.
Le feu met en fuite les esprits qui causent les maladies. — Atar, l’ennemi par excellence de la maladie et de la mort. — Cautérisations magiques. — Le notfeuer dans les traditions germaniques.
Rôle du feu dans les opérations magiques des Finnois, des Cafres, des Peaux-Rouges, des Hindous, des Perses et des Chaldéens.
V. Le eeu médiateur céleste. — Le feu descend du ciel avec la foudre et il y remonte avec la flamme ; d’autre part, il absorbe l’offrande sans rien en laisser, — d’où sa réputation si fréquente de messager céleste et de sacrificateur par excellence. — Le feu assimilé au prêtre et le prêtre au feu.
Oracles par le feu chez les Algonquins, les nègres, les Cafres et dans l’antiquité. — Le feu, médiateur préféré des Peaux-Rouges près du Grand- Esprit. — Le feu psyphopompe. — Caractère religieux de la crémation des morts.
VI. Le eeu, protecteur de l’existence collective. — Importance du foyer commun chez les peuplades capables d’entretenir le feu, mais non de l’engendrer. — Origine des feux perpétuels chez les divers peuples; précautions pour les empêcher de s’éteindre.
Le soin d’entretenir le foyer confié aux femmes, surtout aux jeunes filles ; l’équivalent des Vestales romaines, chez les anciens Péruviens, les Damaras, les Aïnos, les Natchez, les Irlandais.. — Tisons emportés par les tribus Australiennes dans leurs migrations ; ce qu’est devenu cet usage chez les Damaras, les Phéniciens, les Grecs et les Latins ; feu emprunté par les émigrants au foyer sacré de la mère-patrie — Le feu, symbole et garantie de confédération, parmi les Peaux-Rouges, comme dans l’ancienne Grèce,