NEUVIÈME LEÇON
Vénération des corps célestes.
(Sabéisme).
Persistance de la conception qui fait des corps célestes des êtres animés et personnels.
A. Le soleil et la lune. — La lune est souvent conçue comme une divinité malfaisante dans les climats froids (Muyscas, sur les plateaux de l’Amérique mérid., Hurons, Esquimaux, Fuégiens) ; bienfaisante dans les pays chauds (Pérou, Mexique, Afrique centrale, Asie Mineure, etc.). — Le Soleil, au contraire, béni dans les climats tempérés, est maudit dans les pays tropicaux (Atlantes d’Hérodote, nègres de l’Afrique orientale); ou bien il se dédouble en un bon et un mauvais soleil, suivant qu’il féconde ou dessèche la nature (Sémites, Égyptiens, Aryas, anciens Mexicains).
Autre dédoublement du Soleil en un Soléil visible et un Soleil souterrain (Horus et Osiris; Ra et Toum). — Personnification distincte des énergies ou des fonctions du Soleil (les Adityas) ; ce procédé de divinisation déjà constaté, à propos du Soleil, par Macrobe ( Saturn . I, ch. XVII).
Dédoublement de la Lune en Lune visible et en Lune obscure ou souterraine ; la seconde, généralement regardée comme malfaisante ou du moins comme plus sévère (chez les Botocoudos ; cf. Séléné et Hécate) ; une explication de ce fait se trouve chez les Esquimaux, les Mbocobis et les Fuégiens qui ont peur de la lune quand ils ne savent plus où elle se trouve. — Les trois déesses lunaires de l’Arabie ancienne : Allât, la lune brillante, Manât, la lune obscure, Al’ Ouzza, la réunion des deux.
Influence prêtée à la lune sur les accouchements chez les Indo-Européens et les anciens Mexicains.
Il semble que le culte de la Lune ait généralement précédé le culte du Soleil.
Les races les plus arriérées, Australiens, Fuégiens, Brésiliens des bois, Hottentots et Boschmans adorent la Lune à l’exclusion du Soleil. — Dans