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TREIZIÈME LEÇON

Conceptions relatives à la vie future.

On doit la connaissance de l’autre monde, soit à des revenants qui l’ont décrit à des visionnaires, soit à des vivants qui passent pour y avoir séjourné.

Traditions de descentes au séjour des morts chez les Zoulous, les Peaux- Rouges, les Australiens, les Fidjens, les Néo-Zélandais, les Finnois, les Sémites et les Indo-Européens.

Croyance que, pour revenir du monde souterrain, le vivant doit s’abstenir de toucher à la nourriture des morts (Grecs, Finnois, Maoris, Sioux).

Le monde des âmes est parfois le séjour des dieux; parfois le domaine d’un dieu spécial qui devient alors le dieu du trépas (Osiris, Pluton) ou la demeure du premier homme qui passe en conséquence pour le roi ou le patriarche des morts (Zoulous, Guaranis, Kamtchadales, Egyptiens, Hindous et Perses).

Emplacement de Vautre monde.

A. Sur terre. — Dans quelque localité écartée ou imaginaire.

Au milieu des montagnes (Bornéo, Java, Haïti, Aztèques); souvent dans

une île au delà des terres les plus occidentales (Araucans, Abipones, Australiens, habitants des îles Fidji et Tonga; Micronésiens, Celtes; cf. les îles Fortunées des anciens).

B. Sous terre. — La conception d’un monde souterrain a pu être engendrée par le séjour apparent des astres dans l’intérieur de la terre, par l’existence de cavernes ou de volcans, ou simplement par l’habitude de confier les morts au sol.

On trouve cette conception chez les Zoulous, les Kimbundas (Af. Occid.), les Muiscas, les tribus Brésiliennes, les Patagons, les Tacullis (Am. mér.), les Néo-Zélandais, les Birmans, les Karens; les Finnois (le Tuonela); les Egyptiens (l’Amentï); les Hébreux (le Scheol)-, les Grecs (YHadès)] les Romains (YOrcus)\ les Germains (le pays de Hel)\ controverses du moyen-âge sur l’emplacement de l’enfer.

C. Au ciel. — La conception du ciel comme une voûte solide conduit à l’admission d’un monde supérieur.

COURS d’histoire des religions.

Parmi les peuples qui placent au ciel le séjour des morts se trouvent les Australiens, les Iroquois, les Winnebagos (Am. sept.), les Mexicains , les Guayaros (Am. mér.); presque tous les Indo-Européens.

D. Dans les corps célestes. — Les Natchez et les Polynésiens plaçaient dans le soleil le séjour de leurs élus ; les Guayacourous et les Salivas (Am. Mér.) dans la lune, {cf. Plutarque, De fade

in orbe lunœ).

Chez les Egyptiens la félicité suprême consistait à traverser quotidiennement le ciel dans la barque du soleil ; chez les Mexicains, à y porter la litière de l’astre.

Pour les peuples qui placent leurs morts dans les étoiles ou qui font des étoiles les âmes mêmes des morts, voir plus haut : Vénération des astres (leç. IX).

Descriptions de Vautre monde.

Les non-civilisés conçoivent la vie future comme une continuation de la vie présente.

L’âme (ou plutôt le double) y arrive dans l’état où se trouve le corps au moment du décès (Cafres, Australiens, Brésiliens, Chinois, Indo-Européens).

On y ressent les mêmes besoins et on y éprouve les mêmes jouissances. — Nécessité d’offrandes alimentaires pour entretenir la vie du double (chez presque tous les non-civilisés; cf. dans l’Odyssée, XI). — Chez les Egyptiens et les Etrusques, représentation, sur les murs de la tombe, des occupations et des plaisirs du défunt.

La croyance que le défunt arrive dans l’autre monde avec les richesses sacrifiées à son intention a amené l’habitude, générale chez tous les noncivilisés, d’enterrer, avec le mort, ses armes, ses outils, ses vêtements, ses parures, ses animaux domestiques, voire ses esclaves, ses soldats et ses femmes. — Les sutties de l’Inde. — Hécatombes humaines aux funérailles des rois nègres. — Coutume, chez certains peuples, de briser ou de brûler les objets destinés à accompagner le mort. — Objets trouvés dans les sépultures préhistoriques. — Figurines des tombes égyptiennes. — Le cheval qui suit, chez nous, les funérailles de son maître.

Cette continuation de l’existence terrestre est représentée , tantôt comme plus vague, plus effacée (Yoroubas, Finnois, Germains, cf. la conception la plus ancienne de la vie future chez les Grecs, les Égyptiens et les Hébreux), tantôt comme plus favorisée (Peaux-Rouges, Kamtchadales, Patagons, Polynésiens; aux îles Mariannes; cf. le paradis de Mahomet).

La première de ces conceptions est évidemment inspirée par les rêves qui reproduisent la vie réelle, mais en traits plus pâles, plus effacés ; la

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