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VÉNÉRATION DES MORTS

— Trois chez les Chinois, chez les Caraïbes, chez les Égyptiens (le i£a, le haï et le khou ), chez les Grecs ( vovg , xpv/rj, nvEvyci) et chez les Romains (mânes, umbra, spiritus) ; l’âme végétative, l’âme animale et l’âme rationnelle de la scolastique. — Quatre chez les Dacotahs et les Khonds.

Culte des morts. — C’est seulement par exception que l’homme est divinisé durant sa vie.

Il faut, en effet, pour devenir un objet de culte, que l’homme unisse un certain caractère mystérieux à une puissance réelle ou imaginaire (les potentats qui vivent à l’écart de leurs sujets; les chefs ou les prêtres qui se donnent soit pour les descendants, soit pour les incarnations d’une divinité ; les sorciers qui passent pour participer à la nature des puissances surhumaines).

La vénération des morts, au contraire, est un des phénomènes religieux les plus fréquents à tous les étages de la civilisation.

Cette vénération se révèle surtout comme culte des ancêtres (Afrique méridionale, Cafrerie ; Amérique du Nord et du Sud ; Nouvelle-Zélande, Malaisie, Australie; Chine; Japon; chez tous les Indo-Européens).

De la croyance à la survivance de la 'personnalité.

Nous ne connaissons actuellement aucun peuple qui n’admette la survivance de l’âme.

L’allégation contraire repose sur des observations incomplètes, sur une notion trop étendue de ce qu’il faut entendre par âme ou enfin sur la confusion de la survivance avec l’immortalité. — Indications de l’antiquité de cette croyance fournies par les sépultures de l’âge néo-lithique.

Toutefois cette survivance n’est pas nécessairement illimitée ni générale.

Pour certains peuples, l’âme peut succomber à son tour : Esquimaux , Polynésiens ; Égyptiens des premières dynasties ; pour d’autres, la survivance est subordonnée, soit au rang social (îles Tonga), soit au genre de mort (Californiens, Néo-Zélandais), voire au genre de vie (Nicaragua) ;

— doctrine de l’immortalité conditionnelle.

Séjour de Vâme parmi les vivants.

On croit souvent que les âmes restent quelque temps dans les lieux où elles ont vécu (nègres, Shillouks, Australiens, Chinois) ou bien qu’elles hantent les abords de la sépulture (Cafres, Hindous, Santals, Peaux-Rouges; cf. les superstitions européennes) ; ou encore qu’elles rentrent d’une façon permanente ou passagère dans le cadavre (nègres, Mandans, Caraïbes, Karens, Péruviens, Égyptiens) ou enfin qu’elles se logent dans des images du défunt

cours d’histoire des religions.

fabriquées à cet effet (Néo-Zélandais, Mexicains, Égyptiens).

Les fantômes sont généralement regardés comme malfaisants, sauf parfois quand il s’agit des ancêtres. — Abandon de l’habitation où vivait le défunt (nègres, Bosschmans, Karens, Yacoutes; cf. nos maisons hantées). — Précautions diverses pour empêcher le retour du mort, chez les nègres, les Cafres, les Australiens, les Peaux-Rouges, les Siamois, les Sibériens; cf. nos revenants. — Croyance aux vampires (nègres, Peaux-Rouges, Polynésiens, Karens, Hindous, Grecs et Slaves). — La crainte du fantôme empêchant le meurtre (Sioux). — Suicides dictés par l’espoir d’être mieux en état de se venger après la mort (Hindous, Polynésiens) .

Croyance que l’âme continue à errer autour du cadavre, tant que celui-ci n’a pas reçu sa sépulture (Iroquois, Brésiliens, Polynésiens, Australiens, Siamois, Sibériens, Indo-Européens).

Passage du défunt à une autre existence.

Les idées de renaissance , déduites des rêves, ont été précisées et confirmées par les métamorphoses de certains animaux; (le scarabée, la chenille, le serpent), par le renouvellement annuel de la nature (Phéniciens, Grecs), par la réapparition quotidienne du soleil (Égyptiens, Mexicains), par les phases de la lune (Congolais, Hottentots, Fidjens).

A. Réincarnations humaines. — Certains peuples croient que les défunts revivent dans les nouveau-nés.

C’est ainsi qu’on explique les ressemblances de famille chez certains nègres, les Tartares, les Khonds, les Polynésiens, les Peaux-Rouges.

B. Réapparitions dans des animaux , des plantes , voire des objets inanimés.

Cette croyance se retrouve parmi les Cafres , les Esquimaux ; les Peaux-Rouges, les indigènes de l’Amérique méridionale, les Polynésiens; cf. les systèmes de transmigration dans la philosophie des brahmanes et des Grecs.

C. Départ de Vâme pour un autre monde. — On croit souvent connaître le point de départ.

C’est, en général, un lieu d’accès difficile, une haute cime, une caverne ou un volcan, un promontoire sur le bord de la mer (cf. l’embarquement des âmes aux îles Fidji et la légende celtique rapportée par Procope). — Abandon du cadavre dans un canot (Araucans, Micronésiens, Scandinaves).

Le voyage est tenu pour entrecoupé d’obstacles et de .périls. — Combats à soutenir (Mexicains, Polynésiens, Égyptiens); pont étroit ou glissant des Péruviens, des Algonquins, des Esquimaux, des Juifs, des Arabes et des Indo-Européens ; fleuve à traverser (Indo-Européens, Finnois, Maoris, Sioux).

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