QUATORZIÈME LEÇON
Du Culte.
Le culte comprend l’ensemble des actes par lesquels l’homme traduit ses sentiments envers les puissances surhumaines.
Il aspire à se concilier ces puissances (prières, offrandes, sacrifices); il tâche de sonder leur volonté (divination) ; il s’efforce de les asservir ou de les éloigner (conjurations, exorcismes); il cherche à s’en rapprocher (pélérinages, symboles, purifications; rectitude de conduite); ou enfin il poursuit simplement la satisfaction de ses sentiments religieux (effusions lyriques, contemplation, etc.).
Les manifestations du culte les plus répandues sont la prière, le sacrifice, le symbole, la divination et la conjuration.
A. De la 'prière . — La prière est un acte par lequel on s’adresse aux puissances surhumaines pour leur demander une faveur, et, par extension, pour les remercier ou les honorer.
Chez les peuples non-civilisés la prière n’apparaît que sous la forme de rogation et en vue d’obtenir des biens matériels : une nourriture abondante, des chasses fructueuses, la victoire sur l’ennemi, de la pluie pour les récoltes, l’apaisement d’une tempête, la guérison d’une maladie. — Termes presque identiques de ces prières chez les divers peuples.
La prière devient déjà chez les Khonds une demande, non d’un objet déterminé, mais de ce que les puissances invoquées savent convenir le mieux au suppliant. — Par contre, on trouve parfois, môme dans les religions supérieures, certaines prières fort peu élevées (Mahométans, Hindous, Chrétiens).
Libre et spontanée au début, la prière finit par se figer dans des formules traditionnelles.
On répète de préférence les formules que, pour une raison quelconque, on croit les plus efficaces; puis on craint d’en détruire l’effet en y apportant le moindre changement ; enfin on attribue à leurs termes une vertu magique (v. conjurations). — Prières rythmées ; litanies. — Conception mécanique de la prière (les rosaires; les bandeaux à prières des
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Juifs; les moulins à prières des bouddhistes). — Prières écrites et brûlées (Chinois).
Attitude que les divers peuples ont adoptée pour prier (Grecs, Romains, Hindous, Juifs, Chrétiens, Musulmans, anciens Mexicains).
Pour que la prière parvienne aux puissances surhumaines, on croit généralement qu’il suffit de la formuler.
Les Zoulous admettent même qu’il suffit d’invoquer les esprits, sans qu’on doive préciser l’objet de la demande.
Cependant, certains peuples s’imaginent qu’il faut, en outre, attirer l’attention des dieux par quelque moyen matériel.
En faisant sonner une cloche (Hindous); en agitant une calebasse (Brésiliens) ; en faisant tourner une crécelle (Peaux-Rouges) ; en battant le tambour (Finnois); en enfonçant un clou dans le fétiche (Congolais).
B. De la Divination. — La divination est l’art de prévoir l’avenir, soit à l’aide d 'oracles (réponses ou avertissements fournis par les interprètes autorisés des puissances surhumaines), soit au moyen de 'présages (signes arbitrairement regardés comme les précurseurs de certains événements).
La divination cherche ses présages : dans la rencontre ou dans les mouvements de certains animaux (Calabar, Brésil, Bornéo, Polynésie, antiquité classique) ; dans l’examen de leurs entrailles (Afrique centrale, Pérou, Mexique, Grèce et Rome) ou de leurs os (Nouvelle-Zélande, Amérique du Nord, Finlande, Sibérie, Chine, Afrique orientale); dans la direction ou la couleur de la flamme (Algonquins, Dayaks, proto- Chaldéens, Grecs) ; dans les suggestions des .rêves (universalité de V oniromancie) ; dans les mouvements des astres (Peaux-Rouges ; anciens habitants de l’Amérique centrale, Néo-Zélandais, Chinois, Sémites, Égyptiens, Indo-Européens). — La baguette divinatoire chez les nègres, les Cafres, les Mangaïens, les Maoris, les Mongols, les Sémites et les Indo-Européens .
Les présages se rapportent, dans la plupart des cas, à la transformation d’une association subjective en association objective.
Présages rattachés au symbolisme de la main droite et de la main gauche chez les Maoris, les Kalmouks, les nègres du Calabar, les Indo- Européens.
Si les astres peuvent, par leur position, prédire ou même amener les saisons, pourquoi ne joueraient-ils pas le même rôle à l’égard des événements qui marquent le cours de l’histoire et même l’existence de l’individu? — L’astrologie chez les Néo-Zélandais. — Identification de la destinée de l’enfant avec la position des astres qui paraissent sur l’horizon au moment de sa naissance (horoscope). — Rapports des phénomènes atmosphériques avec les phases de la lune.