‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 12 sur 117 · US PONTIFICAT DS LÉON X · texte numérisé non relu

US PONTIFICAT DS LÉON X

contres, en s'écriant qu'ils Venaient de trouver une merveille enfouie peut-être dans ce lieu depuis plusieurs siècles.

Aussitôt les ennemis d« Michel 'Ange d'accourir, de tomber en admiration devant son œuvre, et de déclarer que jamais le sculpteur florentin n'aurait produit une si belle statue , où du pre-^ mier coup d'œil chacun pouvait reconnaître l'art antique.

Cétait là ce qu'attendait Buonarotti pour faire connaître la ruse qu'il avait employée : « Vous êtes tous des jaloux et des menteurs, leur dit-il avec l'assurance que donne la vérité ; cette statue, que vous feignez d'admirer avec tant d'exagération , est le dernier de mes ou» vrages que j'ai enfoui moi-même dans ce lieu ; et afin que personne ne doute de ce que j'avance, voici l'un de ses bras que j'ai brisé, pour conÉQndre votre méchanceté. »

Je vous laisse à penser^ mes bons amis, quelle fut la honte des détracteurs du grand artiste, en entendant ces pa«

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mies ; et depuis ce moment aucun d^eux n'osa plus affecter de déprécier publiquement les œuvres d*un homme dont quelques heures auparavant ils préféraient Vouvrage à tout ce que les statues de V antiquité offraient de plus remar-* quahle ; mais la haine qu'ils portaient à Michel-Ange ne fut point encore désar* mée; et, tant qu'il vécut, ils ne cessèrent de le poursuivre de leurs outrages et de leurs calomnies.

Une fois, entre autres, Buonarotti ayant exposé en public un admirable ta« bleaa qui représentait le Christ expirant sur la croix, ses envieux, voyant l'admiration que ce nouveau chef-d'œuvre excitait, répandirent sourdement parmi le peuple que Tartiste, afin de mieux se pénétrer de l'image terrible qu'il devait peindre, avait eu la barbarie de deman» der au pape un criminel condamné à mort, pour le faire expirer dans Thorrible supplice du crucifiement. Une si atroce calomnie, mes jeunes amis, pénétra Michel- Ange de douleur; car son

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âme noble et généreuse était incapable d'une pareille scélératesse, et tous ceux qui le virent en butte à la basse jalousie des méchants n'admirèrent que davantage son génie et sa persévérance, que rien ne pouvait rebuter.

Mais parmi les hommes célèbres dont Léon X aimait à s'entourer, le plus illustre , et aussi le plus heureux des rivaux de Michel -Ange, fut un peintre nommé Raphaël Sanzio, né dans la petite ville d'Urbin, voisine de Rome, qui, tout jeune encore, fut appelé par Jjéon X à décorer les nouvelles galeries du palais papal d'une suite de tableaux magnifiques, représentant divers sujets sacrés et profanes.

Ce fut à Raphaël que Médicis confia l'exécution d'une foule de chefs-d'œuvre où le grand peintre se plut à donner à res personnages les traits des hommes les plus illustres de son temps; ainsi, dans un tableau dont le sujet est Charlemagne recevant la couronne impériale des mains du pape Léon III, comme voi|§

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