‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 50 sur 117 · ROI DE SUÈDE · texte numérisé non relu

ROI DE SUÈDE

reconnaissance qu'il conservait à la mémoire de ce digne homme. Quant à l'infâme Peterson, dont la perfidie avait failli lui coûter la vie, il lui pardonna en faveur de sa femme qui n'avait pas souffert que la trahison de son mari s'accomplit.

Cependant les Suédois voyaient avec admiration cet homme , qui venait d'arracher sa patrie à la domination étrangère, recevoir avec une noble simplicité les louanges dues à ses vertus et à ses services. Quoique une assemblée convoquée pour mettre ordre aux affaires du royaume ne lui eût décerné d'abord que la dignité d'administrateur, les seigneurs^ les bourgeois et les paysans , d'une commune voix , le supplièrent de prendre le titre de roi , en déclarant que Punion de Calmar avait été rompue par la barbarie de Christiern.. Gustave se rendit alors aux prières de tout ce peuple, et peu de temps après il fut proclamé roi de Suède et des Goths. Mais cette élévation , qu'il avait si bien méritée par ses glorieux travaux, n'éblouit pas un seul in-

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stant cet homme illustre, et il se montra aussi modeste sur le trône , qu'il avait été grand dans Tinfortune.

Quant au farouche Christiern, que ses cruautés envers les Suédois avaient rendu odieux à ses propres sujets , devenu en quelque sorte furieux par les revers qu'il venait d'éprouver, il tourna toute sa rage contre son peuple luimême, et donna bientôt tant d'exemples de férocité et d'extravagance, que les Danois indignés le chassèrent du trône , où ils appelèrent un de ses cousins, nommé Frédéric d'Oldenbourg , | qui devint ainsi le fondateur de la maison royale qui règne encore aujourd'hui sur le Danemark.\ Ce fut même avec peine que Christiern , échappé au ressentiment des Danois , parvint à trouver un refuge en Allemagne , où il mourut bientôt après chargé de la haine de deux peuples. / X Cependant, après avoir délivré sa patrie du joug des Danois , Gustave était loin d'avoir atteint la tâche la plus difficile qu'il eût à remplir pour assurer la

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paix et le bonheur de ses sujets ^ et il lui restait à vaincre des ennemis plus redou* tables peut-être que tous ceux qu'il avait combattus ; car il se trouvait encore en Suède un grand nombre d'hommes de toute condition j qui regrettaient la domination étrangère dont ils avaient profité pour satisfaire leur avarice et leur dureté envers le pauvre peuple. A la tête de ces mécontents j on remarquait quelques évéques j anciens amis de Tarchevêque Troll , qui , tout réfugié qu'il était en Danemark , les excitait encore y par des messages secrets, aux murmures et à la révolte ; mais comme ils appartenaient à une classe respectable, Gustave craignait d'encourir le reproche d'impiété et de sacrilège , en les punissant comme ils le méritaient.

Or, le temps où les événements que je viens de vous raconter se passaient en Suède, était précisément l'époque où Martin Luther commençait à prêcher en Allemagne sa nouvelle religion, et parmi les ofHciers étrangers qui avaient aidé

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