‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 51 sur 117 · GUSTAVE WASA · texte numérisé non relu

GUSTAVE WASA

Gustave à chasser les Danois , plusieurs ardents luthériens^ ayant fait connaître en Suède le protestantisme, trouvèrent bientôt dans ce royaume un assez grand nombre de partisans de cette nouvelle doctrine.'Le roi, entièrement occupé de son gouvernement, fit d'abord peu d'attention à cette religion inaccoutumée; mais lorsqu'il apprit que Luther avait prêché contre la puissance du pape et des évêques, il imagina que la réforme pourrait lui servir à abattre ses ennemis, et conçut la pensée d'embrasser lui«méine le luthéranisme, comme l'avaient déjà fait plusieurs princes d'Allemagne. £ii peu de temps, poursuivant ce dessein avec la persévérance qui lui était ordinaire dans toutes ses entreprises, il parvint à décider la plupart des Suédois à adopter la religion protestante, et, profitant de cette occasion pour châtier les évêques qu'il savait être secrètement attachés à ses ennemis, il les chassa de leurs sièges, et y fit asseoir des hommes dont le dévouement et la fidélité lui étaient assurés.

ROI DE SUÉDE. 49

Depuis cette ép€K{ue ^ la Suède , qui jusqu'alors avait à peine été connue des autres nations , commença à être comptée parmi les États protestants de TEurope, et, comme vous le verrez par la suite , ce royaume, que le génie du grand Gustave venait de tirer à la fois de l'obscurité et de l'oppression, devint florissant au dedans et formidable au dehors.

Le reste du règne de Gustave Wasa , déjà signalé par tant d'événements mémorables , fut rempli par les soins qu'il donna à la prospérité d'une monarchie dont il était en quelque sorte le fondateur. Sous le règne de Gustave , les Suédois , jusqu'à ce moment presque barbares , commencèrent à goûter les bienfaits de la civilisation des peuples méridionaux;, aucune partie du gouvernement d'un grand État ne fut négligée par lui; cette nation brave et généreuse , mais encore rude et ignorante, devint à la fois com. raerçante et industrieuse; par ses maniè- ' res douces et afTables, par la magnificence

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de ses vêtements et Tappareil respectable dont il s'entoura , il décida les seigneurs suédois à imiter le costume et les mœurs polies des autres cours de l'Europe ; il envoya plusieurs d'entre eux en France et en Angleterre pour s'instruire des usages de ces deux pays^ et en moins de quarante ans la Suède ne fut plus reconnaissable.

Lorsqu'on lit de pareilles choses , mes jeunes amis, ne semble-t-il pas presque incroyable que la vie d'un seul homme, quelque longue qu'elle fût , ait pu suffire à tant de travaux ? £h bien ! déjà âgé de plus de soixante-dix ans, Gustave trouvait encore la force nécessaire pour remplir glorieusement tous ses devoirs de roi; lorsque les jours ne suffisaient pas à la multitude de ses occupations, il n'hésitait point à y consacrer des nuits entières; parvenu à une extrême vieillesse, il supportait encore sans peine le poids de tant d'années et de travaux, lorsque sentant approcher le terme de sa vie, il se fit conduire devant l'assemblée des États '

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