ROI DR SUÈDE
de Suède, où, entouré de ses quatre fils, qui tous étaient des jeunes gens robustes et vaillants , il conjura les assistants de conserver à ses enfants Tamour qu'ils lui portaient, désigna pour son successeur Taîné de ses fils , qui se nommait Éric , et ne put retenir ses larmes en disant un dernier adieu à cette nation généreuse qu'il venait d'élever si haut, car il lui semblait que chaque Suédois était aussi de sa famille.
Quelques jours après cette scène touchante qui navra de douleur tous ceux qui en furent témoins , le grand Gustave , dont les forces déclinaient visiblement depuis plusieurs mois, mourut à Stockholm, après avoir éloigné ses fils de son lit de mort, de peur de se laisser attendrir par la vue de leurs regrets. On dit qu'à ce moment suprême, il continua de songer aux affaires de son royaume, et dicta même à ses secrétaires des ordres secrets qu'il voulait qu'on exécutât après lui. Peu d'instants après, il rendit le dernier soupir ; et son corps , transporté à Upsal ,
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lieu de la sépulture des anciens rois de Suède j y reçut les plus magnifiques funérailles qui aient jamais honoré la mémoire d'un monarque, car il ne se trouva pas dans tout le royaume un seul homme qui ne le pleurât comme un bienfaiteur et un père.
SYirCHROiriSBISS DE I. HISTOIRE DE FBAHCB.
4520. Suite du règne de François I".
1524. Mort du chevalier Bayard.
1525. Bataille de Pavie. — Captivité de Fran-
çois I".
1526. Traité de Madrid.
1529. Paix de Cambrai.
1540. Passage de Charles-Quint à Paris.
1547. Mort de François I". — Henri II, son fils,
lui succède.
1555. Défaite de Saint-Quentin.
1558. Calais emporté d'assaut par le duc de Guise.
1559. Mort de Henri II. — Avènement de Fran-
çois II.
1560. Conjuration d'Âmboise.
L*an 1618.
Pendant que de nouveaux royaumes s'élevaient ainsi dans le nord de TEurope, mes jeunes amis, TEspagne, Tun des États qui avaient occupé avec le plus d'éclat la scène du monde pendant tout le seizième siècle, voyait s'effacer chaque jour davantage les traces de la grandeur que le génie de Charles-Quint lui avait imprimée.
Depuis que ce monarque , fatigué du poids de tant de couronnes, avait abandonné le trône pour aller vivre et mourir à Saint-Just, l'empire d'Allemagne, comme je vous l'ai dit, s'était séparé de la monarchie castillane, et Philippe II, par sa cruauté envers les protestants,
avait forcé les nouveaux États de Hollande à se détacher violemment des Pays- Bas qu'il avait reçus de ses ancêtres^ En même temps TEspagne, si florissante, si peuplée sous les Maures, voyait ses villes inhabitées et ses campagnes sans culture, tandis que Tespoir d'obtenir leur part des trésors du Mexique et du Pérou entraînait en Amérique une foule d'Espagnols robustes et courageux, qui auraient pu faire la force et la prospérité de leur patrie. A la vérité, la plupart de ces malheureux, trompés par une espérance promptement déçue, allaient expirer sous ces climats lointains; mais comme il arrive le plus souvent, leur triste sort ne servait point d'avertissement à ceux que la même cupidité entraînait vers le même tombeau. Les riches galions même qui , chaque année, apportaient à Cadix les trésors entassés à Panama , n'amenaient plus l'opulence au sein de cette nation devenue indolente et ennemie du travail. Les longues guerres de Philippe II, sa désastreuse expédition de
rArmada, sa barbarie envers les Juifs et les Maures , avaient privé ce royaume d'une source de richesses bien plus réelle que les inépuisables mines de Potose ellesmêmes ; car il faut penser, mes bons amis, que le travail et la persévérance sont pour les peuples, comme pour les individus, le seul bien dont ils ne puissent pas être privés.
Ije fils de Philippe II, qui, en lui succédant, avait pris le nom de Philippe III, n'était point comme son père , dévoré de cette ambition impatiente et farouche qui, jointe à la haine de ce prince contre la religion protestante, avait ensanglanté la plus grande partie de son règne ^?Philippe III, au contraire, était doux et timide, mais malheureusement aussi il était faible et indolent, et la faiblesse, ainsi que j'ai eu occasion de vous le faire remarquer dans plusieurs histoires , est un grand défaut pour un roi , qui doit savoir se faire obéir et respecter des peuples qu'il gouverne : aussi le petit-fils de Charles-Quint, au lieu de veiller lui-même
au bien de ses États , chargea-t-îl de ce soin un seigneur nomme Roxas de Sait- DOVAL, auquel il décerna le titre de duc DE Lerme.
Le duc de Lerme, mes jeunes amis, était en effet un homme habile et capable de diriger les affaires d*un grand État, mais il donna de mauvais conseils au jeune roi qui , pour suivre Texemple de son père ^obligea par unédit tous les Maures qui n'avaient pointencorereçule baptême, à sortir dans le délai de six mois du royaume d'Espagne avec tout ce qu'ils possédaient, sous peine d'être livrés aux bourreaux de l'inquisition ; par cette nouvelle rigueur envers ces malheureux, l'Espagne se trouva encore privée d'une multitude de sujets utiles et laborieux qui, abandonnant en pleurant la belle Andalousie, se réfugièrent , les uns en Afrique pour y exercer en paix leur religion^ les autres en France , où notre bon roi Henri IV, qui régnait alors, ordonna que ces pauvres gens fussent reçus avec charité , et que des vaisseaux fussent fournis à ceux qui
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voudraient se retirer dans d'autres pays. Beaucoup de ces fugitifs allèrent ainsi porter ailleurs cette merveilleuse industrie qui avait fait si longtemps la richesse et la prospérité des villes de Cordoue, de Séville et de Grenade, tandis que Philippe III, craignant qu'il ne vînt un moment 011 la terre de son royaume demeurât stérile, faute de bras pour la cultiver, était obligé d'anoblir, c'est-à-dire de dispenser des charges qui pesaient sur le menu peuple , le petit nombre d'Espagnols qui voulaient bien encore se vouer à la culture des champs.
Mais dans le temps même que cette contrée, autrefois si florissante, se dépeuplait ainsi de jour en jour, il arriva un événement qui vous fera voir que la politique mystérieuse de Philippe II ne s'était point éteinte avec lui,/et que si la puissance espagnole ne mettait plus sur pied des armées formidables, elle n'en était pas moins à redouter pour les nations de l'Europe. Outre ses immenses possessions d'Amérique, le roi d'Espa-
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gne régnait encore sur le Portugal , le royaume de Naples et le duché de Milan; mais non content de maintenir ainsi la domination castillane sur une grande partie de ritalie, le duc de Lerme voyait avec peine Topulente Venise couvrir de ses flottes TAdriatique et la Méditerranée, et rivaliser avec Cadix pour le commerce du monde entier.
Dès ce temps-là, c'était Tusage, ainsi que cela se pratique encore aujourd'hui , que chaque puissance chrétienne entretînt un ambassadeur auprès de celles avec qui elle était en paix., Ces ambassadeurs j ordinairement choisis parmi les plus illustres personnages de chaque royaume, jouissent de tous les honneurs dus aux souverains qu'ils représentent, et leur personne est inviolable et sacrée , comme celle des hérauts et des féciaux chez les anciens peuples. ^
A cette époque, l'ambassadeur de Phi-
• lippe III auprès du sénat de Venise se
nommait le marquis de Bedmàr; c'était
un homme habile et spirituel autant que jamais courtisan ait pu l'être , qui , témoin de la prospérité dont jouissait cette république commerçante, conçut l'idée Je la soumettre au roi d'Espagne y et d^accomplir ainsi, par une révolution subite, ce que, cent ans auparavant, tous les princes de l'Europe, ligués à Cambrai , avaient vainement essayé. Tout autre que Bedmar eût pensé que la guerre pouvait servir à ce but audacieux; mais Venise possédait alors un grand nombre de vaisseaux et une armée considérable^ et ce fut par une machination vraiment infernale que Bedmar résolut d'exécuter ce dessein, sans même que le roi d'Espagne parût en être informé , et en employant des moyens d'autant plus dangereux qu'ils étaient plus secrets.
Parmi les étrangers que le plaisir ou le commerce attirait toujours en grand nombre à Venise , se trouvait un vieux capitaine français qui passait pour un homme capable des desseins les plus hardis comme les plus aventureux; cet
homme, appelé Renault, était extrêmement pauvre^ et personne au monde ne savait par quel motif il avait quitté sa patrie pour venir habiter l'Italie; mais Bedmar, qui était doué d'une grande sagacité , ne l'eut pas plutôt aperçu , qu'il jugea ce Français parfaitement propre à servir ses desseins, et ne négligea dès lors aucun moyen de l'attacher à son service. Informé que Renault, qui vivait dans la retraite, regrettait amèrement de n'être pas né dans un rang où il aurait pu acquérir de la richesse et de la célébrité, il sut lui persuader qu'il dépendrait de lui d'atteindre l'une et l'autre, et le décida, par des promesses adroites, à former une conjuration pour renverser le sénat de Venise, et mettre cette république, son arsenal, ses vaisseaux et toutes les richesses qu'elle renfermait, au pouvoir des Espagnols.
Dans toutes les grandes villes, mes jeunes amis, rien n'est plus ordinaire que de rencontrer une foule de mauvais sujets, qui, réduits à la misère par la débauche ou
par le crime, sont prêts à tout oser pour causer du trouble, dans l'espoir que le désordre leur fournira quelque moyen de s'approprier les dépouilles de ceux que la fortune a favorisés de ses biens. Une pareille réunion est toujours dangereuse et nuisible, mais aucune capitale n'offrit jamais une multitude aussi considérable d'hommes de cette espèce que la commerçante Venise, où affluaient de toutes parts des étrangers de toute condition , Espagnols , Flamands , Italiens , Allemands, Grecs, Anglais même, et jusqu'à des Turcs et des Orientaux. Il ne fut donc pas difficile au capitaine Renault de trouver un nombre suffisant de vauriens pour tramer la conjuration dont Bedmar lui avait suggéré l'idée , et quoique le Français leur eût laissé ignorer par quels ordres il agissait, la plupart de ces aventuriers , avides de périls et de pillage , n'avaient point hésité à se vouer corps et âme à ses instigations.
Cependant jamais entreprise criminelle n'avait été conçue avec tant de scé-
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lératesse et de tëmérité^ car il ne s^agissait de rien moins que d^allumer un vaste incendie dans Venise, d'égorger les sénateurs et le conseil des Dix et de mêler des flots de sang à ceux du golfe Adriatique : c'était à la faveur du trouble et des ténèbres d'une nuit obscure, que des soldats espagnols , secrètement introduits dans la ville sous divers déguisements , devaient s'emparer du palais de Saint- Marc et de l'arsenal, tandis que d'autres conjurés, gagnés par Renault sur la flotte vénitienne, poignarderaient les chefs et forceraient les matelots à livrer les navires aux flammes.
Tout était disposé; la nuit même où ce complot devait éclater était fixée , et l'habile Renault avait préparé ses moyens d'exécution avec tant de mystère et d'adresse , que les inquisiteurs d'État euxmêmes, ces terribles magistrats, si dé* fiants et si redoutables , n'en avaient aucunsoupçon, lorsqu'une circonstance imprévue vint sauver Venise du plus grand danger dont elle eût jamais été menacée»
La veille du jour où la conjuration devait éclater , Renault y plus affermi que jamais dans sa résolution par la sécurité qui semblait environner Venise , assembla dans une maison écartée les principaux chefs de cette fatale entreprise, pour assigner à chacun d^eux le poste qu'il devait occuper au moment décisif. L'un devait être chargé de forcer les portes du palais de Saint-Marc, et de distribuer des armes aux prisonniers que renfermaient les plombs et les cachots de cette sombre demeure ; un autre avait pour mission d^allumer un immense incendie dans l'arsenal , afin de jeter l'épouvante dans la cité; plusieurs étaient chargés de surprendre, dans leurs palais, les sénateurs, le conseil des Dix et les inquisiteurs ^ et de massacrer les plus nobles patriciens , avant même qu'ils apprissent par quelles mains ils périssaient. ^Quelques-uns, se rendant dans les quartiers les plus populeux de cette grande ville devaient exciter la populace au pillage , et augmenter le désordre par tous les moyens imagina-
bles. Chacun des conjurés semblait impatient de justifier, par son audace et sa scélératesse, la confiance de ses compagnons, mais avant de se séparer, Renault, pour les stimuler davantage, voulut encore leur présenter en peu de mots le tableau de cette grande ville livrée à Tincendie et au carnage, à la faveur desquels chacun pourrait se venger sans crainte de ses propres ennemis, s'approprier leurs dépouilles, !.et exterminer ces inflexibles magistrats qui depuis tant de siècles tenaient tous les sujets de Venise dans la crainte et la soumission. Ce discours, tout atroce qu'il était, fut applaudi avec fureur par ces forcenés qui n'y répondirent que pp^vulescris de rage, trop fidèle présage dè'ce qu'on devait attendre de ces hommes impitoyables.
Mais, parmi les conjurés, que Renault croyait tous également dévoués à ses projets, se trouvait un autre Français nommé Jaffier, qui n'avait pu se défendre d'une horreur involontaire , en entendant cet homme cruel calculer de sang-froid tant
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de meurtres et de désastres , et quoique ce Jaffier ne manquât ni de courage ni de férocité , il ne put se résoudre à laisser périr un si grand nombre de personnes innocentes ^ lorsque d'un seul mot il pouvait prévenir cette effroyable catastrophe. Depuis ce moment l'image terrible que Renault a présentée à ses complices ne sort plus de la pensée de Jaffîer ; la nuit, ses songes ne lui représentent plus que des palais croulants , des femmes et des enfants^massacrés, et tendant vers lui des mains suppliantes; le jour, il lui semble que tous ceux qui Tentourent le reconnaissent pour un assassin : rien ne peut plus le distraire de cette idée qui Tobsède comme un remords, et, accablé enfin d'une lutte si pénible contre lui-même , il prend la résolution d'aller déclarer au conseil des Dix le danger qui Va fondre sur Venise.
Cependant , en cédant ainsi au cri de sa conscience, que les plus grands scélérats eux-mêmes ne peuvent étouffer, Jaffier ne veut point que sa trahison soit
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funeste à ses amis ; avant de livrer son secret au conseil des Dix, il demande avec instance qu'on lui promette d'épargner la vie de vingt personnes qu'il désignera, quelque coupables qu'elles puissent être ; les magistrats avertis lui promettent tout ce qu'il exige pour obtenir son secret; mais, dès que le complot leur est rëvëlë , ils font à l'instant même jeter Jaffier dans les fers, et envoient des gardes saisir Renault et ses principaux complices, avant qu'aucun indice puisse faire soupçonner qu'ils sont découverts.
Je vous laisse à penser, mes bons amis, quelles furent à la fois la surprise et l'in-* dignation des conjures, lorsqu'ils se virent ainsi trahis au moment même où ifs se croyaient assurés du succès ; quelques-uns d'entre eux, cependant, avertis à temps , furent assez heureux pour s'échapper en se jetant dans des barques de pêdbeurs, avec lesquelles ils quittèrent Venise à force de rames ; mais Renault dédaigna de chercher son salut dans la
fuite; comme il avait conspiré sans crainte , il se vit perdu sans émotion , et se livra lui-même aux soldats que les Dix avaient envoyés pour le saisir; en un même instant y par Tordre de ces magistrats^ tous les étrangers suspects qui se trouvaient cachés dans les différents quartiers de la ville, furent désar* mes et plongés dans des cachots séparés où ils n'attendirent pas longtemps que leur sort fût décidé.
Dans tous les pays , mes jeunes amis , un complot aussi criminel encourrait cer« . tainement un châtiment sévère , mais la justice y pour frapper plus sûrement , serait plus lente à reconnaître les coupables; à Venise, quelques heures suffirent pour qu'une peine terrible vînt les atteindre ; par ordre des Dix , les uns furent étranglés dans leurs cachots, les autres je* tés secrètement à la mer parla fatale gondole noire des inquisiteurs d'État; Renault, comme le chef de ce complot qu'il n'avait pas tenu à lui d'accomplir, après avoir été soumis aux plus épouvantables
tortures sans qu'on pût lui arracher aucun indice contre ses complices^ fut étranglé dans sa prison , et son corps suspendu aux portes de Saint-Marc, fut abandonné aux insultes de la populace.
Quant à Jaffier qui ne cessait de réclamer avec instance la vie de ses compagnons qu'on lui avait promise, le sénat ne tint aucun compte de ses plaintes, et lui offrit une somme d'argent, en récompense de sa trahison , pour aller vivre hors des terres de la république ; mais cet homme singulier refusa toute récompense qui lui eût semblé le prix du sang de ses amis , et, dès que les portes de sa prison lui furent ouvertes , il courut retrouver quelques conjurés qui s'étaient retirés avec leurs armes à peu de distance de Venise, et périt en combattant à leur tête avec l'intrépidité du désespoir.
Peu de jours après ces événements , Bedmar, principal auteur de ce complot qui venait d'être si funeste à tous ceux qu'il y avait entraînés , protégé par sa
qualité d'ambassadeur castillan , se plaignit si hautement devant le sénat qu'on reprochât aux Espagnols d'avoir dirigé les fils de cette trame odieuse , que le doge de la république , pour lui donner satisfaction, défendit sous peine de la vie que personne accusât le roi d'Espagne d'une pareille infamie. Alors , feignant d'être satisfait de cette réparation, le rusé personnage quitta solennellement Venise, où il savait bien que la vengeance des Dix finirait par l'atteindre tôt ou tard, et retourna auprès du roi son maître qui l'accueillit avec des égards proportionnés au zèle qu'il venait de montrer pour son service.
Ce fut ainsi, mes jeunes amis, que Venise échappa au plus grand danger qui l'eût menacée depuis la fameuse ligue.de Cambrai; et cette opulente république se releva plus florissante que jamais jusqu'au temps où elle devait périr par les vices de son propre gouvernement et la dépravation de ses citoyens , que leurs grandes richesses avaient rendus froids et
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insouciants pour la conservation de leur patrie.
STirCH&OiriSME DE L*HISTOTHB DB FRANCK.
1618. Règne de LouU XIII.
LÀ DÉFÉNfiSTRÀTlON DK PRAGUE. 71