‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 56 sur 117 · DE PRAGUE · texte numérisé non relu

DE PRAGUE

avaient embrassé avec le plus d'ardeur le culte réformé, se trouvait ud jeune homme appelé Henri, comte de Thurw, que sa bravoure, son éloquence et sa générosité avaient rendu l'idole de son parti et Tennemi le plus redoutable de la maison Impériale; plein d'audace et de talents, il désirait le trouble pour acquérir de la célébrité, et les mécontents, s'unissant sous le nom de défenseurs de la religion , n'hésitèrent point à le placer à leur tête. Mais de pareils hommes, mes bons amis, sont bien nuisibles dans un pays où les passions populaires sont soulevées, et les protestants de Bohême éprouvèrent bientôt combien il est dangereux de se laisser diriger par ces esprits inconsidérés et téméraires qui se font un jeu cruel du sort de tout un peuple , pour satisfaire leur ambition ou leur vanité.

En effet , vers ce temps-là , Mathias ayant envoyé à Prague , qui est la capitale du royaume de Bohême, quatre seigneurs autrichiens avec le titre de Gouverneurs, pour écouter les plaintes de

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cette nation et rétablir la paix^ s'il était possible, le comte de Thurn, qui craignait de perdre cette occasion de déployer son habileté , résolut d'entraîner son parti dans la révolte la plus désespérée , sans que les protestants eu3(-même$ pussent prévoiries malheurs qu'ils attiraient sur leur patrie.

Un jour que les quatre gouverneurs étaient réunis avec leur secrétaire dans une salle du château de Prague, entouré de fossés profonds comme tous les chà^ teaux de cette époque, un fracas terrible retentit à leurs oreilles, et Taudacieux Tburn lui-même parut devant eux, suivi d'une multitude armée et menaçante ; à cette vue , les gouverneurs ne purent s'empêcher de pâlir; mais le chef rebelle les ayant sommés de déclarer à haute voix, si c'était par leur ordre que les temples avaient été démolis , ces quatre personnages , qui ne manquaient pas de courage, au lieu de répondre à cette question faite avec arrogance , le menacèrent de la colère de l'empereur, et or-

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donnèrent à la foule de se disperser; mais cette fière réponse ne fit qu'irriter les mutins , qui , saisissant aussitôt deux des gouverneurs et leur secrétaire , ouvrirent les fenêtres de la salle où ils se trouvaient , et les précipitèrent du haut eu bas dans les fossés du château , aux applaudissements forcenés de la multi* tude. Cette terrible exécution , que l'histoire a nommée la Défi^estratioh de Paague, ne fut pourtant point aussi funeste aux trois victimes que les rebelles Tavaient pensé; car quoiquMIs fussent tombés, dit-on, de plus de quatre-vingts pieds de haut, aucun d'eux ne périt dans sa chute ; et quelques-uns de leurs amis les ayant arrachés de la vase où ils étaient enfoncés , parvinrent à les soustraire aux fureurs de la populace.

Rien ne peut être comparé , mes jeunes amis, à l'indignation qu'éprouva Tempe", reur Mathias , lorsqu'il apprit la révolte de Prague et la tentative criminelle dont ses gouverneurs venaient d'être victimes ; dans sa fureur, il eût voulu mettre la

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