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rellement^ aucune ne lui offrait autant d attrait que TAstrologie et TAlchinriE, ces deux prétendues sciences, dont l^une avait pour objet de lire dans les astres la destinée de chaque homme, et Tautre de faire de l'or en mêlant ensemble plusieurs métaux fondus. Malheureusement ce n'est point assez pour un roi d'être savant et studieux; et Rodolphe, dans le silence de son cabinet , oublia tellement les devoirs qu'il avait à remplir envers ses peuples , qu'il perdit entièrement l'affection de ses sujets, qui oublièrent aussi de leur côté l'obéissance qu'ils lui devaient. '
Mais tandis que l'empereur cherchait ainsi à lire au ciel les destinées de son règne, ou que, pâlissant sur les fourneaux de son laboratoire, il se flattait de changer en or pur tout le cuivre ^t le plomb de ses palais , l'empire était menacé d'une longue suite de désastres et de guerres opiniâtres que la fausse science de Rodolphe n'avait su ni pré-* voir ni empêcher.
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Or y il faut que vous sachiez, mes bons amis, que Rodolphe avait un frère nommé TArchiduc Mathias^ qui, voyant Tempereur livré sans partage à ses études favorites , réussit par ses intrigues à s'approprier la couronne de Hongrie, et peu de mois après celle de Bohême, que Tinsouciant monarque lui abandonna presque sans résistance i mais cette faiblesse de Rodolphe ne fit qu'enhardir Mathias dans sa révolte , et bientôt la plupart des princes allemands eux-mêmes, embrassant le parti de Tarchiduc rebelle contre son frère, forcèrent l'empereur à lui céder la plus grande partie de ses États. Le malheureux Rodolphe , ainsi tombé dans le mépris de ses sujets, et trahi par ceux même qu'il avait crus ses meilleurs amis , se vit alors contraint de livrer à son adversaire la viUe de Vienne elle-même, capitale de son empire ; mais on dit qu'au moment où il signa l'acte par lequel il renonçait ainsi à la puissance qu'il tenait de ses pères, il foula aux pieds son chapeau qu'il avait jeté à terre , et déchira avec
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ses dents la plume dont il s^ëtait servi poui* souscrire à sa propre humiliation. Quelques mois après cet événement , ce prince infortune mourut accablé de douleur et de regrets , ne laissant pas même après lui de fils auquel il pût léguer le soin de sa vengeance^ parce qu'il n'avait jamais voulu se marier, ayant lu dans les astres, disait-il, qu'un prince de sa famille lui arracherait un jour Tempire et peut-être la vie.
Mais lorsque dans un grand i*oyaume, mes jeunes amis, des germes de troubles et de désordres se sont élevés, il est bien rare que ceux même qui en ont été les auteurs ou les instruments n'en deviennent pas plus tard les victimes. Ce fut précisément ce qui arriva à l'ambitieux Mathias dès qu'il fut parvenu au trône impérial , où les électeurs de Francfort, qui lui étaient dévoués ^* s'empressèrent de le faire monter après la mort de Rodolphe; car à peine eut-il commencé à posséder cette puissance souveraine dont il ô' était montré si jaloux, qu'il vît les
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mêmes hommes dont il avait fomenté la révolte contre son frère , refuser de se soumettre à une autorité que lui-même leur avait appris à mépriser.
Dans le même temps les Bohémiens , qui pour la ^plupart avaient embrassé le Protestantisme, ayant élevé des temples dans plusieurs villes pour y célébrer les cérémonies de leur religion y l'empereur Mathiasy oubliant que ces mêmes protestants lui avaient prêté secours contre Rodolphe , ordonna que leurs temples fussent démolis, et défendit sous des peines sévères qu'on en érigeât de nouveaux sans sa permission^ Mais cette défense , au lieu d'apaiser cette nation fière et turbulente, ne fit au contraire qu'exciter son indignation contre la maison d'Au^ triche , que les réformés de Bohême accusèrent de vouloir détruire leur religion, et bientôt il fut aisé de prévoir que l'empire allait être troublé par une nouvelle querelle dont la religion serait encore l'occasion ou le prétexte.
Parmi les seigneurs bohémiens qui